Archives de juin, 2009

On le sait, les missions locales picardes sont menacées d’absorption : une contribution de Richard et une protestation de la CGT.

Richard : soyons clairs…

Les missions locales ont ce « quelque chose » de particulier : elles concentrent toutes les énergies pour faciliter l’insertion sociale et professionnelle des 16-25 ans sortis de l’école. Elles s’appuient sur des partenaires, un territoire, et une approche globale visant à tenir compte de tous les freins possibles et imaginables dans un parcours d’insertion (cf. l’emploi, l’orientation, la formation, l’image de soi, la santé, le logement …).

Les politiques liées à la jeunesse, à l’emploi et la formation sont actuellement amenées à évoluer pour créer une meilleure offre en direction des publics.

Soyons clairs, une démarche menée à terme de fusion des Maisons de l’Emploi et de la Formation et des Missions Locales aurait pour très claire conséquence la fragilisation du réseau des missions locales créé en 1982 à la suite de la rédaction du rapport « Schwartz » sous l’impulsion de Pierre Mauroy.

D’une part, une fusion juridique MEF-Mission Locale et autres structures liées à l’insertion et l’emploi transforme les missions locales en simple « service » en direction des jeunes à l’intérieur des MEF. L’entité juridique « mission locale » en disparaissant entraîne automatiquement une fragilisation du réseau national des missions locales. Pourtant, les missions locales font partie du Service Public de l’Emploi et ont 27 ans d’existence ! Elles ont pu démontrer leur caractère incontournable pour contribuer à la réussite sociale et professionnelle des jeunes âgés de 16 à 25 ans et sortis du système scolaire.

D’autre part, les Maisons de l’Emploi et Maisons de l’Emploi et de la Formation actuelles sont encore plutôt mal identifiées et ne sont pas dotées de moyens aussi importants que les missions locales. Cette fragilité des MDE/MEF laisse imaginer une probable charge complémentaire pour les missions locales.

La fusion de ces structures laisse prévoir de nouvelles sources de difficultés liées à l’offre de services. Si l’on imagine un nouveau service de l’emploi et la formation accueillant un public jeune et adulte, des moyens complémentaires doivent être octroyés à la nouvelle structure. Cette nécessité doit être encore plus vitale si l’on souhaite proposer une offre de services « commune » mettant en avant l’approche globale.

La réflexion de la Région et de l’Etat visant à permettre une meilleure prise en compte des publics, et notamment les plus fragiles, est bien sûr à encourager. La Maison de l’Emploi et de la Formation à imaginer est une piste intéressante. Mon ancienneté dans le réseau me laisse penser que cette maison – pour être efficace – doit regrouper les acteurs utiles à l’insertion socioprofessionnelle des publics. Elle doit aussi permettre à ces acteurs de conserver pleinement leurs identités.

Ces évolutions, pour être harmonieuses, doivent privilégier impérativement une concertation complète avec tous les acteurs concernés : élus, structures, salariés, bénéficiaires. »

La CGT opposée aux dissolutions…

De son côté, la Fédération CGT des Personnels des organismes sociaux diffuse dans le réseau depuis le 25 juin un tract « Disparition des missions locales en Picardie. Le refus de la CGT ! » Le texte, in extenso.

« Pour la CGT la logique engagée par le conseil régional de Picardie, vise la dissolution des Missions locales, sous couvert de rapprochement entre les missions locales, les PLIE et les Maisons de l’emploi pour créer des « MEF » (maisons de l’emploi et de la formation). La CGT s’oppose à ces dissolutions.

Le 18 février dernier, un courrier est adressé à Monsieur Laurent Wauquiez, Secrétaire d’Etat à l’Emploi, pour l’alerter notamment du fait que :

Le Conseil Régional de Picardie méconnaît les dispositions de la Loi du 13 Août 2004 relative aux responsabilités locales en prenant délibérément le pilotage de l’AIOA 16 / 25 ans . Nous citions dans notre courrier un extrait des débats sur l’amendement lié au retrait de l’article 11 de la dite Loi en discussion : «La politique en faveur des jeunes en difficulté, et les missions locales et PAIO doivent faire l’objet d’une politique cohérente à l’échelon national. Au demeurant, les partenariats qui existent aujourd’hui donnent en général satisfaction et il n’est pas opportun de créer une confusion et des sources de contentieux dans ce secteur, qui seraient préjudiciables au final à ces jeunes en difficulté».

– Le Conseil Régional de Picardie supprime les Missions Locales pour les absorber dans des « Maisons de l’Emploi et de la formation » (MEF), sans tenir compte de la Loi évoquée plus haut, ni du devenir des contrats de travail, ni de la mission de service public dévolue spécifiquement aux Missions Locales.

Dans sa réponse récente du 16 juin 2009, le cabinet de Laurent Wauquiez, précise qu’il appartient aux services de la Préfecture de Région d’exercer le contrôle de légalité et qu’il a demandé à la DGEFP d’examiner ce dossier avec attention.

Sur ces motifs, la CGT demande de surseoir à toutes décisions découlant du projet de SPROAFP Picardie, dans l’attente de l’exercice du contrôle par le Préfet de Région, ainsi que de la réponse de la DGEFP.

C’est ainsi que la CGT demande l’annulation de toute décision de dissolution de la Mission Locale auprès des autorités compétentes et rappelle encore une fois : « Il n’est pas opportun de créer une confusion et des sources de contentieux dans ce secteur, qui seraient préjudiciables au final à ces jeunes en difficulté. »

Un réseau ?

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce qui se passe en Picardie ne concerne pas que les Picards. Cela met en effet en cause l’existence d’une politique spécifique à deux titres, pour les jeunes et non contingentée à l’emploi. Bref, ce réseau régional, déjà passé par des moments difficiles, souffre. Je peux en témoigner pour en avoir parlé directement, en Picardie, avec des acteurs locaux. Dès lors que les missions locales sont capables de revendiquer une appartenance de réseau, on peut à juste titre attendre une mobilisation dépassant les « frontières » picardes : que la CGT proteste, cela semble aller de soi. Mais qu’en est-il des autres organisations – signataires d’un très récent Manifeste – qui, à des titres divers, n’hésitent pas à recourir à cette notion de réseau ?

De deux choses l’une : ou le réseau n’est qu’incantatoire, de même que la mission de service public (qui s’exerce dans le cadre de la continuité républicaine sur tout le territoire national), ou le réseau est effectif. Dans le premier cas, il faut laisser ces Picards entre eux, face à leurs cathédrales, betteraves et élus… sachant que, si ces absorptions aboutissent, leur exemplarité ne manquera pas d’essaimer dans d’autres régions. Le ver sera dans le fruit. Dans le second cas, aucune mission locale, aucune ARML, ne devraient se sentir étrangères. Que, comme l’écrit Richard, on encourage « une meilleure prise en compte des publics » ne peut être que soutenu par tous : c’est ici une logique de mutualisation, de mise en synergie, à promouvoir a contrario des concurrences exacerbées par des installations de dispositifs et de structures répondant plus souvent à des aubaines électoralistes qu’aux critères définitoires de la mission de service public que sont l’égalité d’accès, l’égalité de traitement et la transparence. Il est pourtant simple de coopérer… avec a minima une condition, comme l’écrit encore Richard : que « les acteurs conservent pleinement leurs identités ». Si tel n’était pas le cas, il ne faudrait pas s’étonner d’avoir étouffé l’engagement pourtant essentiel qu’exige le travail d’insertion. Il sera temps, à ce moment, de gémir. Autrement dit, il y a deux fautes : une faute stratégique, sur le long terme, qui met en place les conditions d’un désengagement ; une faute tactique, sur le court terme, qui fragilise les structures en front-line face à l’accroissement du chômage des jeunes. Si gouverner c’est prévoir et si les faits sociaux sont têtus, on peut s’interroger sur les causes de « la malédiction picarde »… et trouver sans peine leurs responsables.

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Dans L’Humanité du 29 juin 2009, un article de Dany Stive paru sous le titre « Les petites manipulations du secrétariat d’État à la Ville ». In extenso.

« Pour améliorer le mauvais bilan des contrats d’autonomie pour l’emploi des jeunes, les services de Fadela Amara ont détourné le travail de missions locales au bénéfice d’un opérateur privé.

Jusqu’où les services de Fadela Amara sont-ils prêts à aller pour sauver les apparences et présenter un bilan honorable du plan Espoir banlieues ? Et, plus particulièrement, de l’une de ses mesures phares : les contrats d’autonomie. Ces contrats d’accompagnement dans l’emploi pour les jeunes des quartiers populaires, qu’un appel d’offres gouvernemental a offert à des opérateurs privés, devaient aboutir dans les trois ans (à partir de mai 2008) à l’embauche de 45 000 jeunes dans 35 départements. Un an après le lancement de cette « démarche volontariste », les résultats sont si loin du cap fixé par le secrétariat d’État chargé de la Politique de la ville que ce dernier n’a pas hésité à se livrer à une incroyable manipulation.

Dans les missions locales de la boucle nord des Hauts-de-Seine (Asnières, Clichy-la-Garenne, Colombes, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne), les professionnels qui se battent pour trouver des emplois aux jeunes des quartiers populaires n’en reviennent toujours pas. Ils ont été victimes du détournement par le secrétariat à la Ville d’un travail commencé il y a plusieurs années avec la RATP au bénéfice de l’opérateur privé qui, dans ce territoire, gère les contrats d’autonomie : C3 Consultants.

Depuis 2002, un partenariat lie la Régie des transports parisiens et les missions de la boucle nord pour recruter des conducteurs de bus. Non pour favoriser les jeunes de ce secteur – il n’y a aucune dérogation – mais pour les accompagner efficacement dans un processus qui dure de trois à six mois et qui passe par quatre étapes incontournables : un test de culture générale, des tests psychotechniques, une visite médicale et, enfin, un entretien avec le responsable d’une ligne de bus. Échouer à une des étapes condamne le candidat à ne pas représenter son dossier avant un délai d’un an. Cela étant, plus de 60 personnes ont ainsi intégré la RATP. Résultat appréciable mais insuffisant selon les professionnels. En raison de deux écueils : le laps de temps trop long entre le dépôt du dossier (déjà bien douloureux à monter) et le dernier entretien, qui provoque beaucoup « d’évaporation » de candidats ; et le test de culture générale sur lequel butent trop de novices. Grâce au Fonds d’insertion professionnelle des jeunes, les missions mettent donc en place une préparation spécifique – français, maths, connaissance de l’entreprise… – pour que le premier obstacle ne soit plus rédhibitoire. Quant à la durée du processus, une réflexion avec la RATP est engagée.

Le 4 juin, Fadela Amara visite le dépôt de bus Charlebourg à La Garenne-Colombes. La RATP a, pour l’occasion, invité quelques représentants des missions locales pour qu’ils présentent leur travail commun de recrutement de jeunes. L’exposé est si convaincant que le directeur de cabinet de la secrétaire d’État demande une note de synthèse qui lui est adressée le jour même. Le 10 juin, les missions locales de la boucle nord des Hauts-de-Seine reçoivent un mail de C3 Consultants, qui leur rappelle étrangement quelque chose. La missive commence par : « Dans le cadre de sa stratégie de recrutement, la RATP souhaite recruter 60 machinistes en contrat de professionnalisation », se poursuit par : « L’objectif de cette opération est d’accélérer et de simplifier les procédures de recrutement. En effet, à l’issue de l’information collective, si la candidature est présélectionnée (sic), il sera remis le jour même une convocation pour les tests qui se tiendront le 9 juillet au siège de la RATP », et se conclut par un appel de C3 Consultants aux missions pour qu’elles lui adressent des candidatures potentielles, vu les délais très courts.

Dans les missions locales, on s’étrangle ! Le détournement est évident. La note de synthèse a effectivement retenu toute l’attention du secrétariat d’État. On ne s’attendait pas à ce qu’elle soit ainsi recyclée. Quinze jours entre le dépôt de dossier du candidat et le premier test : les professionnels des missions, depuis des années, en rêvaient. Mieux, ils oeuvraient pour sa réalisation. Mais ils n’en profiteront pas : les services de Fadela Amara ont choisi C3 Consultants pour mettre en place cette procédure accélérée. Le bénéfice espéré de ce tour de passe-passe vaut bien un coup de canif au service public de l’emploi. »

C’est dit. Et ce n’est pas faux. Aux missions locales qui « s’étranglent » de passer du stade de la stupéfaction à celui de la revendication. Debouts plutôt qu’asphyxiées.

Ne pas tuer le temps…

A portée de main sur mon bureau, Edgar Morin l’indiscipliné, une toute chaude – mai 2009 – biographie aussi copieuse que l’est la vie d’Edgar Nahoum dit Morin, presque 570 pages entamées le 27 juin 1931 par le traumatisme de Luna, sa mère cardiaque qui décède dans un train de banlieue alors que son Nahoun a dix ans, et s’achevant un jour d’avril 2009 sous la plume de l’auteur Emmanuel Lemieux par « J’aime cet homme-chantier à ciel ouvert. J’aime l’anthropo-sage et le fou qui sont en lui. » C’est chez Seuil, collection « Biographie » (1). Il faudra en parler, si possible avant la trêve des maillots de bain, pour que quelques-uns le préfèrent aux romans-écume qui tuent le temps… comme si l’on n’avait rien de plus précieux, sapristi !

Tentons l’expertise…

Sous les yeux, également posé sur mon bureau, A quoi servent les experts ?, moins épais (170 pages), un peu plus cher (29 euros contre 25), parution du premier semestre 2009 des Cahiers internationaux de sociologie chez PUF. Je pressens que cette question d’expertise va immédiatement moins stimuler la curiosité : l’imaginaire de la plage n’est pas loin et les grains de sable de la dite plage peuvent enrayer la dynamique de réflexion et de réflexivité. Tentons cependant. Non pas contre la plage, le repos est légitime, mais comme la vague qui recouvre celle-ci qui sera à nouveau découverte. Etc. Temps de repos et temps de travail ne s’opposent pas mais s’alternent.

Une fausse opposition entre polyvalence et expertise.

Et tout d’abord, une question de représentations. Car la notion d’expertise n’a pas nécessairement que bonne presse dans le secteur de l’insertion. Elle vient en effet heurter l’idée de la polyvalence, celle de l’intervenant social bon à tout et, comme tel, capable par ce qu’il est de répondre à la multidimensionnalité de la problématique d’insertion (ou de socialisation). Sauf que, si l’on s’appuie sur l’histoire de l’insertion, il n’est dit nulle part que chacun pouvait prétendre répondre à tout, ce qui serait prométhéen. Il est par contre dit que chacun devait écouter pour comprendre et que les solutions sociales, les propositions pour progresser ensemble par le contrat vers un projet de vie (insertion sociale) et professionnel (insertion professionnelle) émergeaient d’un mode collaboratif entre personnes d’horizons différents, ce que l’on nomme le partenariat. Celui qu’on appelle « le référent » n’est pas omniscient mais, fil rouge de la relation capable de prendre « en charge tous leurs problèmes dans leurs interrelations » (Bertrand Schwartz, 1981), il est le garant dans la continuité d’une cohérence entre les multiples intervenants, internes et externes, susceptibles d’intervenir à des degrés divers dans un parcours pour l’étayer, pour lui offrir des opportunités, pour transférer les capitaux ou supports dont il a été maintes fois question ici. Ainsi l’expertise ne s’oppose pas à la polyvalence, au même titre que chacun, dans sa vie, sait en principe s’adapter aux différents rôles sociaux exigés par la multiplicité des situations tout en cultivant un jardin où poussent ses productions de prédilection, celles-là mêmes à partir desquelles il aimera se retrouver avec lui (introspection) et avec les autres (communication).

Chemin faisant…

A quoi servent les experts ?, également titre de la première contribution (pp. 5-12) d’Isabelle Berrebi-Hoffmann et Michel Lallement qui, comme on le dit, pose le cadre de la problématique et synthétise les thèses en présence, recouvre neuf contributions distinctes et une note de lecture sur trois ouvrages traitant de l’expertise.

Lecture accompagnée chemin faisant, en y ajoutant mes propres réflexions (notées PL), puis conclusion en extrayant de ces contributions ce qui peut aider à stabiliser le concept d’expertise en mission locale.

Richard Sennett : « Nouveau capitalisme et expertise quotidienne ».

PL. De Richard Sennett que dire sinon que, sociologue américain, aujourd’hui âgé de soixante-six ans, il a connu un grand succès avec Le travail sans qualités (2000, Albin Michel), forte dénonciation d’un système économique fondé sur la précarité (« Les nouveaux maîtres ont rejeté l’idée de carrières au sens premier du terme, de chemins que les gens puissent emprunter : dans le domaine de l’action, les voies durables sont devenues des territoires étrangers. », p. 210). Mais on peut également lire Respect. De la dignité de l’homme dans un monde d’inégalités (2003, Albin Michel), retenant par exemple au fil des pages cette proposition concernant l’autonomie « formidable recette d’égalité. Plutôt qu’une égalité de compréhension, une égalité transparente, l’autonomie signifie accepter chez l’autre ce qu’on n’a pas compris : une égalité opaque. Ce faisant, on traite la réalité de leur autonomie comme égale à la sienne. » (p. 140). On est, me semble-t-il, dans une conception de l’autonomie quasi-équivalente de celle de l’altérité. Bref, Sennett c’est bien, ça se lit facilement et ça voisine naturellement avec Morin, Castel, etc.

Des expertises invisibles…

Pour Richard Sennett, le capitalisme ne retient l’expertise que si celle-ci est située en haut de la pyramide sociale alors qu’existent, mais invisibles, des expertises du quotidien : « … le défi pour nos démocraties consiste à limiter le capital de prestige dont bénéficient les élites et, à l’inverse, à faire reconnaître les capacités d’expertise quotidienne d’une multitude d’individus aux compétences invisibles. » (PL : on pourrait associer à cette expertise la notion de mètis qui, dans la Grèce antique, signifiait le savoir-faire, une pratique mâtinée de ruse, d’expérience… guère éloignée du « bricolage » tel qu’en parle Levi-Strauss dans La pensée sauvage – 2).

Ces expertises sont dans la bouche de Sennett synonymes de compétences – à ne pas confondre avec qualifications : « La qualification est une classification, c’est le produit d’un exercice du pouvoir. La compétence relève d’un autre registre. C’est une capacité beaucoup plus répandue qu’on ne le croit. On peut la définir comme la capacité à faire un travail « comme il faut ». »

Des consultants omni-absents…

Dans l’interview qui constitue cet article, Richard Sennett met en cause « une économie de relations {devenue} une économie de transactions » avec, en particulier, les nouveaux sophistes que sont les consultants omniprésents pour imaginer de nouvelles organisation… mais « le problème est qu’il faut un temps d’apprentissage pour expérimenter ce que les consultants peuvent imaginer. Or, au moment où cela se fait, ces derniers ne sont plus là, ils ne font plus partie du processus. » (PL : pan sur le bec !).

Partenaires sociaux…

A la question « N’existe-t-il pas des contre-pouvoirs à cette forme d’expertise ? », la réponse immédiate apportée par Richard Sennett est « Si, bien sûr. Le syndicalisme, le premier, peut toujours servir de rempart. Son histoire n’est pas close. » Un syndicalisme, dans l’esprit de l’auteur, non bureaucratique (« ne pas se doter de directions trop encombrantes… ») et développant des services rendant de réels services à ses adhérents.

PL. On ne peut s’empêcher – en tout cas pas moi – de songer à ce qu’aurait dû être (ce que pourrait être ?) l’organisme de formation prestataire «pour » et non «de » la branche professionnelle des missions locales… mais dans lequel les partenaires sociaux ne sont sollicités que pour financer des formations. Dans la perspective de Sennett, que je partage, une telle entité, outre des formations (à distance ou non), pourrait combiner ressources internes du réseau et ressources externes, s’engager dans une réelle – mais bien pauvre à ce jour – dynamique de recherche et développement, etc. Ce que j’en sais est bien en deçà… alors même que, comme cela vient d’être démontré avec le Manifeste, les capacités sont là et peuvent heureusement monter en mayonnaise (réussie)… dès lors que les ressources sont sans économie ni exclusive mobilisées dans la multiplicité des champs constituant le « secteur » de l’insertion des jeunes.

Tous experts…

Sennett ne pouvait pas mieux conclure, en ce qui me concerne, qu’en disant « … l’important est que les individus puissent travailler en ayant le sentiment qu’ils sont respectés et qu’ils peuvent se respecter eux-mêmes. Il existe des formes d’organisation qui le permettent, notamment parce qu’elles assurent la reconnaissance des capacités d’expertise de chacun. » (souligné par moi). Certains-nes se reconnaîtront ici dans cette démarche qui, saisissant les axes 4 et 5 de la CPO comme un coin à enfoncer dans le billot, progresse vers un modèle de mission locale comme organisation intelligente. Qui maintient solidement les fondamentaux de l’approche globale, qui identifie et ventile les expertises, qui multiplie les coopérations transversales tant il est vrai que, si la modernité s’accompagne de la division du travail, l’exigence pour que cette dernière ne signifie pas l’incommunicabilité et l’ennui dont se meurent les parallèles (en blouse blanche) repose sur l’ « inter », sur le « trans ». Distinguer et relier… comme d’ailleurs le sont l’insertion professionnelle et sociale.

A suivre…

(1) Pour qui a saisi l’indispensabilité de la pensée d’Edgar Morin pour comprendre et agir le social (non pas n’être qu’agi par lui) et qui ne sépare pas le chemin de l’auteur de son œuvre, cette biographie peut être croisée avec l’ouvrage Mon chemin (Edgar Morin, entretiens avec Djénane Kareh Tager, paru chez Fayard en 2008). Le chapitre premier s’appelle « Luna », les derniers mots de l’épilogue « Renaissances » sont les quatorze maximes qu’Edgar Morin fait siennes. J’en cite trois : une première que les lecteurs reconnaîtront, « Ne pas sacrifier l’essentiel à l’urgence, mais obéir à l’urgence de l’essentiel » ; une deuxième très proche de l’adage de ce blog emprunté à Baudrillard, « Garder la révolte dans l’acceptation, garder l’acceptation dans la révolte » ; une troisième, la dernière des quatorze, « Renaître et renaître jusqu’à la mort. »

(2) Proposition de Lévi-Strauss qui a justifié le titre Les bricoleurs de l’indicible : « Car tout le monde sait que l’artiste tient à la fois du savant et du bricoleur : avec des moyens artisanaux, il confectionne un objet matériel qui est en même temps objet de connaissance. » (Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage, 1962, Plon, p. 35).

C’est sous ce titre, « Les missions locales sont reconnues comme légitimes, incontournables et indispensables », qu’une dépêche de l’AEF (n°116204 du 24 juin 2009) fait état d’une interview avec Laurent Wauquiez… non : avec Annie Jeanne, présidente de l’ANDML, qui ne fait pas que sautiller la danse des canards à Saint-Malo contrairement à ce que des esprits chagrins seraient tentés d’imaginer. « Légitimes, incontounables et indispensables » est désormais la trilogie qualificative succédant à celle du Rapport Schwartz de 1981, « légères, temporaires et adaptées ». Autres temps, autres formulations.

L’interview presque in extenso :

AEF. « Qu’attendez-vous du Livre Vert ? »

Annie Jeanne. « Après avoir participé aux travaux de la commission de concertation Hirsch, nous pensons avoir été entendus et nous attendons bien sûr que les propositions du Livre Vert donnent lieu rapidement à une mise en oeuvre d’actions en faveur des jeunes. Il y a une grande désespérance chez les jeunes aujourd’hui, et une défiance des Français à l’égard de la jeunesse. Je pense qu’une campagne destinée à valoriser les jeunes, leurs initiatives et la richesse qu’ils représentent pour l’avenir est nécessaire. »

AEF. « Pensez-vous qu’il y ait suffisamment de concertation entre les différents acteurs de l’insertion des jeunes ? »

Annie Jeanne. « Martin Hirsch veut rapprocher l’Éducation nationale et les missions locales. C’est son cheval de bataille et il a raison. Il faut plus de lien entre les missions locales et l’Éducation nationale, on ne peut pas laisser des jeunes en rupture scolaire, à l’abandon. Il faut renforcer le travail de proximité et le repérage des jeunes. En théorie, il se passe un an  – l’« année de carence » -, entre le moment où les jeunes sortent du système scolaire et le moment où ils peuvent entrer dans le système de formation professionnelle piloté par les Régions. En pratique, il y a des assouplissements et la période de carence peut être de six mois seulement. »

AEF. « L’État doit-il intervenir dans la gouvernance des missions locales ? »

Annie Jeanne. « Non, le pilotage des missions locales doit rester un pilotage local, la méthode même des missions locales est fondée sur la mobilisation territoriale. La commission souhaitait attribuer la gouvernance des missions locales au plus gros financeur de la structure qui varie selon les cas, mais cela a été retiré de la dernière version du Livre Vert. En revanche, il faudrait pouvoir harmoniser les financements pour constituer un socle de base de la part des régions, des départements et des communes. »

PL. Notons cependant que la question portant sur la gouvernance, il semblerait étonnant que l’Etat n’y soit pas impliqué. Il faut distinguer le pilotage, revenant aux collectivités locales, et la gouvernance regroupant tous les financeurs et même plus, les usagers.

AEF. « Martin Hirsh parle également de « missions locales hors les murs pour aller chercher les jeunes qui ne demandent rien ».

Annie Jeanne. « Il faut aller chercher les jeunes qui ne fréquentent pas les missions locales avec l’appui par exemple des maisons de jeunes, des associations ou des clubs sportifs. J’y suis favorable et ceci se précise déjà, mais pour un travail plus appuyé en direction des plus éloignés de toute démarche d’insertion, il faut renforcer les équipes de missions locales dont les emplois du temps sont saturés aujourd’hui par l’affluence de jeunes. Plus ceux-ci sont nombreux et plus nous sommes malheureusement contraints de réduire le temps qu’on leur consacre. »

PL. Etonnant quand même pour un « vieux » du travail social, mais avec mémoire, de réentendre l’expression « hors des murs » qui fût promue par l’analyse institutionnelle dont on pourrait dire, risquant l’anachronisme puisqu’il s’agit des années 70, que les promoteurs Fernand Deligny et Franco Basaglia n’auraient guère été partisans de la politique gouvernementale actuelle. Franco Basaglia dirigea dans les années 60 l’hôpital psychiatrique de Gorizia, en Italie, et, constatant que « le malade est introduit dans un espace qui, né à l’origine pour le soigner, semble de fait, paradoxalement, un lieu construit pour anéantir complètement son individualité, pour faire totalement de lui un objet », avait promu un mouvement de libération des malades mentaux qui aboutit à la fermeture progressive des asiles psychiatriques et la création, si l’hospitalisation était nécessaire, de nouveaux services de petites dimensions à l’intérieur des hôpitaux généraux.

La revue Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux (2002, n° 29, De Boeck Université) conclut un article « Franco Basaglia : 25 ans après, encore un précurseur » par ces mots : « Le chemin à parcourir pour réaliser pleinement la réforme est donc encore bien long. S’il existe une chose que Basaglia n’aurait pas voulue, c’est l’embaumement de son nom et de son oeuvre dans une icône à célébrer et commémorer. S’engager à continuer le parcours qu’il a commencé, développer le processus de changement dont il fut l’inspirateur, et repartir de chaque point d’arrivée apparent, sont les meilleures façons d’honorer sa mémoire. »

Ré-affectant l’expression « hors des murs » à son promoteur, je souhaitais simplement honorer sa mémoire. Et ne pas embaumer Basaglia. Des Grenelle à qui mieux-mieux et des hors des murs à la pelle, le présent s’assoit, me semble-t-il, un peu beaucoup sur le sens du passé… qui n’est pas que passé mais qui est une histoire et du sens.

Voulzy…

Journées professionnelles de l’ANDML à Saint-Malo, on connaît pire comme site. Jamais ces journées, qui sont annuelles, n’ont accueilli autant de participants : presque deux cents. On pourrait poser l’hypothèse d’un tropisme malouin, des corsaires à Voulzy qui chante que, paraît-il, « On a tous dans le cœur des vacances à Saint-Malo et des parents en maillot qui dansent sur Luis Mariano… » Autre hypothèse, un retour sur investissement du dynamisme de l’ANDML qui, après la CPO, s’est mobilisée dans la commission jeunesse Hirsch, qui pilote l’étude sur le micro-crédit, etc. Bref, une activité qui dépasse très largement une défense corporatiste (de corps) pour intéresser tout le réseau. Contrairement à ce qui était prévu, Martin Hirsch n’est pas venu à cette rencontre qui est une formation dont le thème était cette année « Piloter le processus d’orientation ». Il est vrai que l’orientation occupe le devant de la scène depuis quelque temps.

Epistémologie réussie…

Ce jeudi matin deux contributions bien charpentées : Philippe Cormon puis André Chauvet sont parvenus à construire une vraie épistémologie de l’orientation, le premier à partir de la question « Que signifie orienter ? », le second sur le thème de « Piloter un processus d’orientation aujourd’hui ». Espérons que les Actes de ces journées seront plus réactifs pour être édités que ceux de la rencontre de Montpellier – deux ans – qui viennent d’être disponibles : il faudra en effet revenir sur ces interventions denses.

Méthodologie aléatoire…

D’autant plus qu’il faut impérativement remettre l’ouvrage sur le métier de telle façon à passer de la construction théorique aux applications pratiques, ce qui implique la confrontation des expériences vécues à la méthodologie… ce qui ne semble par contre guère avoir été réussi dans les ateliers de l’après-midi : l’un sur l’évaluation de la fonction orientation, l’autre sur le partenariat de l’orientation et le dernier sur le management des représentations des conseillers… toujours sur l’orientation. J’avoue, après avoir été (sagement) présent à l’atelier sur l’évaluation, n’avoir pas eu le courage d’y retourner ce vendredi. Peut-être à tort mais la sagesse a les limites de l’ennui.

Maïeutique…

Toutefois quelques réflexions sur l’évaluation de l’orientation. J’ai retenu, parmi les brillants et savants exposés matinaux – André Chauvet est un vrai « acteur », au sens de Louis Jouvet : une discipline, une respiration, une mise en scène… – une idée-clé, l’itérativité. Autrement formulée, la fonction d’orientation ne peut se résumer à un « diagnostic », ni à une relation « prescripteur – prestataire » (de type bilan de compétence), mais recouvre un travail de maïeutique avec le jeune qui s’effectue tout au long du parcours. Travail incluant l’aléatoire – seule certitude dans la complexité – et dont on rappellera qu’Edgar Morin dit qu’il est « une chance à saisir ». Tout au long du parcours : évidence qui, d’ailleurs, n’est pas sans poser la difficulté de distinguer l’orientation de l’accompagnement : on peut considérer que l’accompagnement est une orientation (réorientation, ré-réorientation, etc.) permanente mais des deux quel est le méta-référentiel, qui inclut l’autre ? Le même Edgar Morin parle de « principe hologrammatique », « Non seulement la partie est dans le tout, mais le tout est dans la partie. » (1).

Substitution…

A ce propos, on entend de plus en plus – sans doute cette accentuation est favorisée par l’axe 2 de la CPO – que « l’accompagnement est le cœur du métier des missions locales »… ce qui ne me lasse pas d’étonner car, jusqu’à présent, je croyais que ce « cœur » était l’insertion professionnelle et sociale, l’accompagnement (n’)étant (qu’)une modalité. Ce déplacement, correspondant à la substitution d’une finalité par une modalité, pose la question du parcours accompagné qui devient la norme plus que son aboutissement. Parlant systémie, on dirait que le processus subordonne les extrants. Parlant évaluation, les réalisations primeraient sur les résultats. Or, sans certes pour autant sacrifier à une seule logique de résultats, les réalisations ne se justifient qu’à la condition de produire des résultats, c’est-à-dire l’insertion professionnelle et sociale… et même plus : l’intégration. A la décharge des intervenants sociaux, directeurs pour l’occasion, le discours dominant de la politique publique de l’emploi n’est pas avare de louanges sur l’accompagnement, l’alpha et oméga, qui est considéré comme « l’expression privilégiée de la cohésion sociale » (2). Je parlerais pour ma part de solidarité, de fraternité. Mais enfin, à chacun ses opinions… sauf que l’on peut s’interroger : si l’accompagnement est une modalité privilégiée, voire exclusive, du travail d’insertion, le surexposer aux dépens de la finalité n’est-il pas révélateur du caractère incertain de l’intégration, de cette histoire de passeur au milieu de la rivière qui ne voit plus les berges pour débarquer ses passagers ? A débattre.

Interminable accompagnement…

Si l’itérativité me semble un concept pertinent, j’ai bien plus de réserve sur la durée présentée comme longue… avec le risque de l’ad vitam et de l’ad libitum. Certes, statistiquement, accompagnement et, donc, orientation sont longs, sinon interminables (quid, au fait, de la question d’une évolution des « vingt-cinq ans révolus » alors que, comme le rappelle le Manifeste pour une politique ambitieuse pour la jeunesse, « un tiers des jeunes Français n’ont pas d’emploi stable quand ils atteignent 30 ans » ?) mais, bien sûr, cette longueur varie selon chaque jeune. On peut constater un allongement, de là à en faire en principe…

Etonnement…

« Dans ma mission locale, je n’ai jamais entendu parler d’orientation. » Sic, texto, littéral, je n’invente rien… Faut-il rappeler que l’orientation est explicite dans la Charte de 1990 ? Que la DIIJ a publié en juillet 2001 un document Le « métier » des missions locales dans une approche processus qualité où l’on trouvera à la rubrique « Le processus insertion » moult informations sur l’orientation (pp. 16-26) ? Il y a quand même dans ce réseau une amnésie inquiétante, parfois épuisante, que certains esprits (mal intentionnés) pourraient traduire en déficit de réflexion.

Croisement…

S’agissant d’évaluation, il eût été possible (sans doute pertinent) de croiser cette juste idée d’itérativité avec celle, centrale pour les missions locales, d’approche globale, holistique. Puis, à partir de cette architecture, d’interroger l’évaluation à partir du champ lexical et sémantique de l’évaluation (3) : en quoi une orientation itérative et non limitée au domaine professionnel, c’est-à-dire combinant projet professionnel et projet de vie (4), pouvait être évaluée à partir de critères, certains points de passage obligé (5), d’autres justifiés par le thème, auxquels auraient été accolés des indicateurs (de contexte, de ressources, de réalisation, de résultat, d’impact)… Peut-être cela aura-t-il été le travail de cette dernière journée et, dans ce cas, j’aurais eu tort de ne pas insister.

En tout état de cause, le congrès ne fait donc pas que s’amuser. Et pourtant tout cela se passe au Palais… des Congrès.

(1) Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe, 1990, ESF éditeur

(2) Rapport Seillier, Pour un contrat d’accompagnement généralisé, rapport au ministre des Affaires sociales, du travail et de la solidarité, 2003.

(3) Très approximativement maîtrisé, les critères étant interchangeables avec les indicateurs parfois synonymes d’indices… On n’était parfois guère éloignés des Experts et d’un faisceau de présomptions. Déménager l’ANDML de Rouen au Quai des Orfèvres ?

(4) Décliné comme proposé sur ce blog en quatre dimensions : individuation, sociabilité, sociétal et économique.

(5) Efficacité, efficience, effectivité, conformité, décentration.

Après cette proposition sur le « je » de la distinction et le « nous » de la reproduction, somme toute la formule d’Hegel « un Moi qui est en Nous et un Nous qui est en Moi », le Nous récessif quand le Moi domine, le Moi récessif quand le Nous domine (1),  poursuivons cette réflexion sur l’engagement avec quatre points. A vrai dire, sans aucun doute beaucoup plus mériterait d’être dit – le sera peut-être grâce à vos contributions – puisque, plutôt que de rechercher les motifs de l’engagement, il aurait également été possible de s’interroger à partir de « pourquoi ne s’engage-t-on pas ? » et multiplier les réponses dont une a été proposée, la reproduction, le confort(-misme) et son opposé, le risque : l’usure et « la fatigue d’être soi » (2), le désenchantement et la désillusion, le divertissement et « le système des objets » (3) accourraient pour emplir la besace d’explications aussi réelles qu’érodantes et parfois désespérantes.

Notons en ce qui concerne le travail social qu’un des facteurs de non-engagement ou, tout au moins, d’un engagement minimal, rivé sur le strict conventionnel, est le regard porté sur les intervenants. Becker, dans son célèbre Outsiders (4), écrit que l’on se conforme au jugement porté sur soi par les autres : considérer quelqu’un comme déviant, c’est mettre en place les conditions pour qu’il le devienne (théorie du « labelling »). Il en est de même dans le secteur social… et pas uniquement pour les jeunes à considérer –  juste titre – comme ressources et non comme problèmes : on ne dénoncera jamais assez l’effet contre-productif, alors qu’il se voudrait stimulant, de postures et discours qui, à force d’user de termes tels que « opérateur » et de déployer des raffinements statistiques de contrôle, font le lit d’incorporation de logiques d’emploi aux dépens de celles de métier, sucent la professionnalité (sens de l’action) et dessèchent le professionnalisme. Expurgeant par un rationalisme strictement budgétaire – et très éloigné de la raison – les engagements souvent vocationnels (soit directement pour le social, soit indirectement contre le marchand), on met en place les conditions d’un minimalisme (5). Notons également que cette « logique » (entre guillemets tant elle apparaît peu logique) ne trouve pas sa source que dans les injonctions institutionnelles et programmatiques mais peut être parfaitement relayée, sinon accentuée, par un management de proximité dont l’objectif explicite d’efficacité recouvre en fait un objectif implicite, conscient ou non, de conformité. S’il y a bien une obligation de loyauté vis-à-vis des pouvoirs publics, il y a également un devoir d’innovation qui implique un dépassement de la seule commande publique et qui devrait s’appuyer sur un autre principe : l’autonomie politique associative. Or des managers, aspirants socio-clercs ou nouvelle baronnie du social, estiment que leur rôle est plus de porter la parole des grands (financeurs) aux petits (piou-piou), d’être le discipliné relais des commandes descendantes, que, exprimant la parole des mêmes piou-piou aux mêmes grands, permettre aux conceptions en alcôve (cabinets de toutes sortes) la mutabilité dont ces dernières se réclament pourtant au titre de la mission de service public.

S’engager convaincu et responsable…

Traditionnellement, depuis Max Weber, on distingue dans l’engagement deux catégories d’éthique : l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité. L’éthique de conviction prend en compte uniquement les raisons pour lesquelles il faut accomplir l’action sans se soucier des conséquences. L’éthique de responsabilité privilégie quant à elle les conséquences de l’action : ce sont ces dernières qui priment et, de ce fait, il faut tout mettre en oeuvre pour que ces conséquences soient les moins lourdes possibles, cela parfois au mépris de certaines raisons que l’on se serait fixées à soi-même et que l’on considèrerait comme étant les meilleures car les plus pures. Pour Max Weber, « le partisan de l’éthique de responsabilité {…} estimera ne pas pouvoir se décharger sur les autres des conséquences de sa propre action pour autant qu’il aura pu les prévoir. » (6). S’engager répond ainsi à des convictions (mais on a vu que celles-ci non seulement n’excluaient pas mais incluaient l’intérêt personnel, les déterminations…) tout en anticipant sur les conséquences de cet engagement. Si tel n’était pas le cas, l’engagement basculerait dans le fanatisme, le sectarisme, la négation de l’altérité. En fait, on peut dire que c’est la conscience puis la prise en compte du point de vue de l’Autre qui socialisent l’engagement et, se faisant, en font un engagement social.

S’engager seul et ensemble…

L’éthique de conviction permet de s’engager seul puisqu’il « suffit d’y croire ». Cependant l’engagement seul ne suffit pas puisque, reconnaissons-le, il est quand même rare de s’engager sans le souci que cet engagement débouche pragmatiquement : on s’engage pour changer (soi-même, les autres, l’environnement). J’ai proposé introductivement de concevoir l’engagement comme le lien durable qui existe entre l’individu et ses actes, une affaire de cohérence interne (« se regarder dans la glace », dit-on). Dès lors, l’engagement vise l’efficacité et, sauf exceptions, celle-ci est plus garantie à plusieurs qu’isolé (de la cohérence interne à la cohérence externe, « l’union fait la force ») : le Sujet peut s’engager seul (distinction), accélérer pour s’échapper du peloton mais c’est prioritairement pour que celui-ci soit aspiré par lui et, éventuellement, qu’il le porte à l’arrivée avec une modeste distance. Si l’écart entre le leader et le peloton était trop grand, le premier (ne) serait (qu’) un marginal et sa proposition, certes remarquable, serait trop exceptionnelle (donc dangereuse) pour être adoptée comme  changement possible.

De la conviction personnelle

De la cohérence interne

Efficacité

A la pratique collective

A la cohérence externe

Pragmatisme

Autant l’engagement appartient au registre du libre choix individuel, autant sa mise en œuvre s’inscrit dans une dynamique collective. On peut donc dire que l’on s’engage seul à s’engager avec les autres. A ce moment, la règle est que les conditions d’atteinte des objectifs comptent tout autant que l’atteinte de ces objectifs, ce qui exclut deux choses. D’une part que la fin justifie les moyens (on retrouve ici l’éthique de responsabilité), d’autre part que l’engagement soit caporalisé par des petits ou grands chefs : dans ce cas, ce ne serait plus d’engagement dont on devrait parler mais d’embrigadement, pas de conviction mais d’opportunisme, pas d’adhésion mais de soumission (7).

Où s’engager ? Les quatre sphères de l’engagement

Quatre personnages constitutifs de chacun d’entre nous dialoguent dans nos têtes, corps et coeurs : le Sujet, la Personne, l’Acteur, le Producteur. Le Sujet (s’opposant au disqualifié) s’exprime dans la sphère de l’individuation et vise l’accomplissement. A la Personne (versus désafilié) correspond la sociabilité qui tisse les liens. L’Acteur (versus spectateur) navigue dans le sociétal et aspire à la citoyenneté. Le Producteur (versus surnuméraire) puise dans la sphère de l’économique les raisons d’une légitimité fondée sur son indépendance, sur sa capacité à répondre de ses actes. Cette partie à quatre produit un cinquième personnage, l’Auteur de sa vie (versus l’agent surdéterminé dont on écrit la vie).

Sphères

Individuation

Sociabilité

Sociétal

Économique

Dimension

Micro

Méso

Macro

3 « M »

Idéaltype

Sujet

Personne

Acteur

Producteur

Contre-idéaltype

Disqualifié

Désafilié

Agent

Surnuméraire

Visée

Accomplissement

Lien

Citoyenneté

Indépendance

Capitaux

Symbolique

Social

Culturel

Economique

Travail d’insertion

Estime de soi

Appartenance

Connaissance

Responsabilité

Si l’on veut poursuivre cette typologie – à éprouver par la critique – pour le travail social, on peut y ajouter les capitaux (« supports » pour Robert Castel) qu’il est nécessaire de transférer aux contre-idéauxtypes, c’est-à-dire à celles et ceux qui ne parviennent pas, à des degrés divers, à être Sujet, Personne, Acteur et Producteur : au disqualifié, du capital symbolique (estime de soi) ; au désafilié, du capital social (des relations, des « liens faibles ») ; à l’agent, du capital culturel (pour objectiver les conditions de l’aliénation) ; au surnuméraire, du capital économique (par des aides financières et par la source de revenus que représente l’accès à l’emploi). Schématiquement, c’est à partir d’une telle construction que pourrait être développé le projet d’une évaluation complète de l’insertion, telle que cette proposition est formulée dans le Manifeste pour une politique ambitieuse pour la jeunesse.

L’engagement n’exige pas que le dialogue entre ces personnages soit synchroniquement équilibré, c’est-à-dire pour le travail social qu’au même moment et dans la même « offre de service » tous les registres soient visés. Ce serait une mauvaise compréhension de l’approche holistique. Tout au contraire, le dialogue intérieur est une sorte de mouvement perpétuel de déséquilibres, le Sujet prenant le pas sur la Personne qui devient ensuite prééminente avant de céder sa place à l’Acteur, etc. Par contre, bien sûr, le pathos serait là dès lors qu’une seule de ces polarités occuperait de façon permanente et exclusive l’individu : dans le secteur de l’insertion, l’emploi et rien que l’emploi mais également son opposé, un social métastasé (des trajectoires psychologisées). Dans une conception holistique, économique et social ne s’opposent pas et constituent une dialogique : l’économique sans le social est inhumaine (inutile d’argumenter, les exemples pullulant : salariés kleenex…) et le social sans l’économique est exsangue.

Comment s’engager ?

Le philosophe allemand Jürgen Habermas explique dans Théorie de l’agir communicationnel (8) que, pour s’entendre avec l’autre de façon à interpréter ensemble la situation et à s’accorder mutuellement sur la conduite à tenir, trois conditions (« prétentions à ») sont requises : l’exactitude, la justesse par rapport au contexte social et à ses normes, enfin la sincérité. Pour cette théorie de l’agir communicationnel, qui est une éthique du consensus, il faut mobiliser deux stratégies et postures : la première s’inspire de Piaget avec le concept de « décentration » : être en capacité d’intégrer le point de vue de l’autre en s’extrayant de soi-même, en se mettant à la place de l’autre. On en a eu un bel contre-exemple lors du débat ( ?) télévisé pour les élections européennes. La seconde est la « structuration », comprise comme une différenciation des multiples aspects de la réalité et des représentations-opinions afin d’en saisir leurs relations. Formulé plus simplement, il faut concevoir chaque partie du tout et, plutôt que les séparer et les opposer, ce qu’Edgar Morin appelle une « pensée disjonctive », il faut établir des ponts, les relier, faire migrer transdisciplinairement les concepts, penser la complexité sans vouloir la réduire au plus petit dénominateur : « A une pensée qui isole et sépare, il faut substituer une pensée qui distingue et qui relie. A une pensée disjonctive et réductrice, il faut substituer une pensée du complexe, au sens originaire du terme complexus : ce qui est tissé ensemble. » (9)

En guise de conclusion…

En s’engageant, on fait société. On produit la société comme on est produit par elle. Reste que ce qu’est la société est loin d’être stable. Nous sommes désormais dans ce que Norbert Elias appelait « La société des individus » (10). Et, si chacun acte qu’il n’y a plus de principe central et que les méta-référentiels se sont écroulés, depuis des concepts tels que la nation jusqu’aux grands systèmes explicatifs en « isme » totalisants avec le risque d’être totalitaires, force est de constater que l’addition des individus ne fait pas une chaîne d’union et que la satisfaction toujours plus segmentée de leurs désirs construits par le marché et pour le marché n’est synonyme ni d’accomplissement, ni d’émancipation. Il faut donc réinventer le vivre ensemble, ce faire société, en combinant la singularité des individus et des groupes avec l’unification du marché et l’interdépendance des humains. Parmi les raisons de l’engagement, j’évoquais la contrainte externe. Il est probable que ce type de facteur nous épargne de trop longues tergiversations. Bien sûr, je pense à la chronique annoncée d’un cataclysme écologique. Mais ce facteur (dont l’hétéronomie est relative puisqu’il est produit par l’homme) n’est pas exclusif. Rappelons cet article du Monde (9) nous apprenant que, en 1920, une famille américaine moyenne affichait une épargne de 1 232 dollars (convertis en dollars 2008) et un endettement de 4 368 dollars, soit un ratio de 1 à 4. En 1960, ce ratio était de 7, de 11 en 1990, de 38 en 2000 et de 300 en 2008, soit seulement 392 dollars d’épargne pour 117 951 dollars de dettes. En dix ans, l’endettement des ménages américains a augmenté de 8 000 milliards de dollars et, fin 2008, la dette globale (privée plus publique) frôlait aux Etats-Unis les 53 000 milliards de dollars, soit la bagatelle de 700 000 dollars par famille. « Ce n’est plus vivre au-dessus de ses moyens, c’est vivre indépendamment d’eux, déconnecté de toute réalité, vivre comme un millionnaire avec un salaire de smicard… » Le problème n’est donc pas de savoir s’il y a une bombe mais de connaître le temps de combustion de la mèche. Plus exactement, il y a plusieurs bombes, plusieurs mèches et plusieurs temps de combustion. L’avenir est aux pompiers. Dont on sait que certains sont pyromanes. Il suffit de regarder autour de soi.

Somme toute, le moindre des paradoxes n’est pas de constater que l’hétéronomie sera à la base de l’autonomie. C’est-à-dire que la contrainte rend libre.

Nota bene : les deux textes sur l’engagement ont été regroupés. Si vous souhaitez en disposer, sur simple demande je vous les adresserai par courriel.

Bonus : contribution de Régis sur le Manifeste…

« Document de base très intéressant que ce manifeste, qui peut-être arrive un peu tard mais qui a le mérite d’exister et qui, surtout, doit vivre.

Quelques remarques :

– Une intervention dès la sortie du système scolaire : je serais partisan d’une intervention avant cette sortie (par exemple pour les jeunes choisissant la voie de l’apprentissage, une validation du projet et une orientation vers l’entreprise la mieux adaptée pourraient être confiées aux ML qui connaissent bien le tissu industriel local) ;

– sur l’allocation d’autonomie et la création d’un fonds d’accompagnement de projets : il faut remettre à plat les FAJ, FIPJ, aides à la mobilité et centraliser au niveau des ML la gestion d’un fonds unique qui permette de donner aux jeunes soit une allocation, soit une aide ciblée ;

– sur la mobilité, le contenu mérite d’être largement développé ;

– sur les financements : il faut que l’Etat reprenne à sa charge le fonctionnement qu’il a fait supporter au FSE et que ce dernier vienne, comme il est conçu, en accompagnement de projets des ML ;

– sur le réseau et la fonction observatoire : il faut que Parcours 3 accepte enfin le transfert de dossiers entre ML pour les jeunes qui déménagent et qu’il s’enrichisse au niveau social.

Une dernière remarque pour les partenaires sociaux : ils ne doivent pas oublier les ML dans leurs accords nationaux (exemple: l’ANI du 7 janvier 2009 sur la formation qui soumet la mise en oeuvre du tutorat externe pour les contrats de professionnalisation à un accord entre les OPCA et Pôle Emploi alors que pour les jeunes les ML ont toute leur place dans ce dispositif).

Maintenant, il reste à faire vivre (l’enrichir et le rendre public) ce document. Je suis persuadé que le réseau a les compétences pour approfondir tout cela. Reste à décider qui va le faire… et le problème de gouvernance se repose. »

C’est dit.

(1) Edgar Morin, L’identité humaine. La méthode. 5. L’humanité de l’humanité, 2001, Seuil.

(2) Daniel Ehrenberg, La fatigue d’être soi. Dépression et société, 1998, Odile Jacob

(3) Baudrillard, Le système des objets,  1968, Gallimard.

(4) Howard Becker, Outsiders. Etudes de sociologie de la déviance, 1985, Métailié.

(5) On connaît ce type d’effets, pervers, avec des « démarches qualité »… dont la qualité est précisément d’être moins des démarches que des applications : « le manuel, rien que le manuel » est évidemment une réponse inadaptée à la complexité, donc à l’imprévu pour lequel « le manuel n’a rien prévu ». Tuant l’initiative par la procédure, on se prive d’une culture professionnelle et également de l’engagement, de « l’amour du métier » : on ne tombe pas amoureux d’une procédure. Enfin, cela doit être rare.

(6) Max Weber, Le savant et le politique (1919), 1959, Plon.

(7) Bien des militants – le militantisme étant une forme d’engagement – ont connu la douloureuse contradiction entre leurs convictions et la « discipline républicaine » ou la nécessité stratégique qui conduit à voter contre ce que l’on pense. Ce grand écart produit des déchirures internes et est d’autant plus prévisible que la conviction (personne) et la cohésion militante (groupale) sont fortes : l’histoire du PCF et des intellectuels (de Morin à Garaudy) illustre particulièrement la contradiction d’Andromaque entre éthique personnelle et morale collective ou loi.

(8) Jürgen Habermas, Théorie de l’agir communicationnel, 1987, Fayard

(9) Edgar Morin, La tête bien faite, 1999, Seuil.

(10) Norbert Elias, La société des individus, 1991, Fayard.

(11) Pierre-Antoine Delhommais « Soigner le mal par le mal », Le Monde 24 et 25 mai 2009 (déjà cité sur ce blog « Rien à voir avec l’insertion ? A voir », 26 mai 2009).

Jean-Philippe répond à « VDDV » qui avait réagi sur l’article « Missions locales picardes. Encore une fois » en écrivant : « Petite précision pour JPR :
 le principe des MEF et MdE est justement de ne pas cloisonner les publics.
Tous les habitants d’un territoire peuvent entrer dans une MEF et MdE de 15 à 100 ans !
 Pourquoi un accueil distinct pour les 16-25 ans ? Derrière ces commentaires, c’est bien le souhait de garder des acquis qui est cherché et non la volonté d’amener une plus-value pour les habitants d’un territoire… »

Jean-Philippe : clair sur la Picardie

« Mon point de vue sera clair :

Quand il s’est agi de créer et d’inscrire dans la Loi dite « Borloo », les MdE (des « maisons de l’emploi » existaient déjà) il n’était nullement question a priori de rendre l’accompagnement des publics obligatoire dans le cahier des charges. Ce qui fondait la création des MdE Borloo était, de mon point de vue, la volonté sur un territoire (bassin d’emploi de préférence) de coordonner, d’observer, pour une meilleur application des politiques en matière d’emploi et d’insertion.

S’il s’était agi de faire en sorte que les chômeurs de plus de 26 ans bénéficient de la même qualité d’accompagnement qu’en ML/PAIO (référent unique, accompagnement global) nous aurions salué l’initiative. Au lieu de cela, à quoi assistons-nous?

– A une multiplicité de contours d’intervention d’une Maison de l’emploi à une autre, pire, il y a des statuts multiples et variés pour ces structures (intégrant, rapprochant, fusionnant à leur guise).

– A la main basse de certains élus sur ces structures, non pas pour améliorer l’accompagnement des chômeurs (jeunes ou moins jeunes) mais pour des visées économico-électoralistes…

Quand la Maison de l’emploi de Nantes s’est mise en place, cela a entraîné 25 suppressions de postes à la Mission Locale !

C’est évident, le syndicaliste que je suis ne défend que cet acquis qu’est le travail (pourtant inscrit comme un droit dans notre constitution) et je ne pense pas du tout au public qui va sans nul doute être mieux accompagné !

Quand la CGT s’insurge contre ce qui se produit en Picardie (nous l’avons encore dénoncé ce vendredi 19 juin à la Maison de la Chimie)  c’est parce que ce projet est inconséquent, en contradiction avec la Loi sur les responsabilités locales, et surtout s’est mis en oeuvre sans l’aval des Conseils d’administration des Missions Locales concernées.

Selon vous, le maintien des acquis serait plus essentiel que le respect du Droit et de la Loi…

Par ailleurs, et nous l’affirmons, les jeunes doivent bénéficier d’un accueil, et d’un accompagnement spécifique.

Nous pouvons citer ici, une structuration exemplaire, celle de la Maison de l’emploi de Nanterre (Hauts-de-Seine, 92). Un lieu où toutes les structures concourant à l’emploi et à la formation sont réunies mais pas fusionnées. Les publics sont accompagnés par les professionnels de chaque institution, ces dernières pouvant coordonner leurs actions et mieux mettre en place de nouveaux projets…

En Picardie, on veut réaliser des économies d’échelle (c’est comme cela qu’on me l’a dit), c’est-à-dire qu’on licencie des Directeurs de ML/PAIO et du personnel administratif… sans aucun doute encore quand on supprime des postes le public a-t-il un meilleur service !

Enfin, poser la question du « pourquoi un accueil distinct 16/25 ans » sur ce blog me parait  surréaliste ! »

Jean-Philippe une nouvelle fois sur « Manifeste pour une politique ambitieuse pour la jeunesse : prometteur et à polir » :

« Réponses à Philippe et à Rose :

– Sur le « quota » de jeunes accompagnés par référent, page 10 et 11 du manifeste (pagination du document support papier édité pour la journée du 19 juin) sur l’accompagnement renforcé, des données chiffrées sont proposées : réduire ce chiffre (130 jeunes par conseiller) au moins de moitié, et aussi la mention au rapport d’information sénatorial qui évoque le chiffre de 50 (Madame le Texier était à la tribune ce vendredi 19 juin).

– Sur les suites du Manifeste :

En effet il nous faut établir un calendrier, mais ce n’est pas le plus compliqué, puisque la volonté est actée… manifestement !

– Sur la place des jeunes : voir la dernière phrase du manifeste, engager la réflexion sur la mise en place d’une enquête de satisfaction auprès des jeunes. C’est à mon sens la première étape, avant d’avoir un recueil de la parole des jeunes et de les associer au fonctionnement de leur mission locale. Ce n’est qu’un début.

Enfin, avec les commentaires de Philippe Labbé (blog ou recueil d’homélies, c’est pas un peu la même chose ? – et pan sur le bec, NPL), je suis en accord.

Ce manifeste a été rédigé à plusieurs mains, c’est un écrit croisé qui finalement s’est constitué en 5 à 6 semaines, sans oublier l’essentiel et en y allant.L’expérience de sa rédaction croisée et à distance restera pour moi exemplaire. »

C’est dit.