Le site collaboratif : ça progresse !

Publié: février 17, 2012 dans Insertion/missions locales
De Régis…

« Je suis prêt à continuer – si cela est souhaitable et souhaité- à faire partager mes humeurs du moment.

Mes interrogations actuelles portent sur les raisons pour lesquelles la situation ne s’embrase pas, surtout quand on voit le traitement mis en oeuvre en Grèce.

Voltaire faisait dire à Candide que l’homme était né pour vivre les convulsions de l’inquiétude ou la léthargie de l’ennui…

Pierre Viansson-Ponté annonçait en avril 1968 que « la France s’ennuie » et la situation s’enflammait quelques jours après…

L’ennui serait donc plus porteur pour déclencher des contractions violentes et « volontaires » ou la société de consommation a-t-elle enchaîné les hommes pour rendre impossible toute idée de changement de modèle ? »

P.L. Elément de réflexion en transposant l’interrogation à partir de la situation grecque dans le champ de l’insertion : compte-tenu de ce que l’on fait subir à la jeunesse populaire – remarquons qu’en Grèce, c’est la même chose : le SMIC a été plus diminué pour les jeunes que pour les adultes ! -, la question est celle de la résilience. A partir de quelles ressources internes, des jeunes mal considérés, mal traités (en un et deux mots), parviennent-ils à jouer les règles du jeu de l’insertion ? Discutant hier avec un professeur de philosophie universitaire, il me disait que la résilience n’était pas un concept explicatif (« heuristique », dit-on dans la cité savante) mais tout juste un mot mis sur un comportement. N’empêche… la question demeure, même, si la résilience n’explique pas ou insuffisamment.

Une autre question se pose à partir de l’article du Centre d’études de l’emploi, cité par Régis : « … les acteurs des PLIE se trouvent confrontés à un dilemme… etc. » Dans beaucoup de structures on se pose la question des valeurs et du sens, ce que j’ai appelé la « professionnalité », une des trois composantes de la professionnalisation. Assez souvent, cette question des valeurs n’est malheureusement traitée que comme une façon d’expulser la culpabilité du professionnel (phénomène dit « cathartique ») qui est conscient de son porte-à-faux entre une logique officielle de projet et de contrat social, avec la bénédiction du père tutélaire, et une logique effective de programme et de coercition douce, avec l’injonction des financeurs. La question des valeurs pourrait pourtant être traitée de façon quasi binaire, en répondant par oui ou par non à cette simple question : « Suis-je là pour apporter la parole des Grands aux Petits ou celle des Petits aux Grands ? » Et, si c’est la seconde option qui est la bonne, interrogeons-nous : bien entendu les missions locales doivent mettre en œuvre les politiques publiques, aussi en les adaptant pour que de « territorialisées » elles deviennent « territoriales » mais, face à la situation critique réservée à la jeunesse – j’agrège volontairement les jeunes, tant les mauvaises conditions de socialisation concernent la quasi-totalité d’une génération -, quel discours « politique », au sens plein et entier, tiens-je ? Il y a eu, par exemple, un manifeste : où en est-on ? Point par point, où sont les avancées de ce manifeste, où sont les stagnations, où sont les oubliettes ? De façon générale, le rythme d’évolution des missions locales, mais pas qu’elles, n’est pas et plus adapté à celui d’une société qui bascule. Celles et ceux qui furent, au moins au titre de la lignée généalogique de l’éducation populaire puis permanente, aux avant-postes de l’innovation sociale sont aujourd’hui bien silencieux, comme des insectes agrafés sur le liège. Bien sûr, ici et là, des innovations germent, portées par des missions locales. Mais l’alchimie à l’échelle nationale, qu’impose une situation générationnelle et non locale, ne se produit pas. Sans doute que celles et ceux qui sont aux commandes n’ont-ils finalement pas grand intérêt au changement…

On peut songer à Kant : « Qu’est-ce que les Lumières ? La sortie de l’homme de sa Minorité, dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui, minorité dont il est lui-même responsable, puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement, mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. » (La philosophie de l’histoire, Paris, Aubier Montaigne, 1947). A trente ans, l’âge des missions locales, il est temps de sortir d’une Minorité… d’autant plus que, très bizarrement, lorsque celles-ci n’avaient que dix ans et moins, elles étaient plus adultes qu’aujourd’hui si l’on considère que l’adultéité est l’âge de l’autonomie alors que la minorité est celui de la dépendance, de l’hétéronomie (= ce qui est décidé de et par l’extérieur).

Ah, zut, j’avais dit que j’arrêtais ! L’ami Michel va ironiser, je l’entends d’ici. Bon, mais si la proposition de Denis, alias pioupiou44, suivie par Régis, est reprise par quelques-uns, je ne sais pas, une dizaine, chacun s’engageant pour un article, une réflexion, un compte-rendu, par mois, c’est gagné… et, dans ce cas, promis, j’apporterai ma pierre à l’édifice. Peut-être le plus difficile est-il de trouver un administrateur mais – c’est l’événement – ce n’est pas certain car, si Jean propose de rejoindre un autre site, Jérôme se lance…

Jean

« Faut-il multiplier les sites ? Pourquoi pas utiliser http://www.miroirsocial.com qui me semble adapté et correctement tenu ? »

Jérôme

« Mes cher(e)s compatriotes, mes cher(e)s collègues,

En cet instant si triste et néanmoins porteur d’espérance et d’avenir, où notre Maître à Panser à tous, Philippe, s’en va sous d’autres horizons (mais pas tout à fait quand même), nous laissant seuls et fins, face à notre destinée…..
 Je vous propose, si vous le souhaitez, deux choses : 
1°) que, et afin de contre argumenter la proposition forte intéressante de Jean (Miroir Social demeurant en effet un excellent site d’informations), nous restions sur l’idée d’un site (blog) exclusivement marqué « Missions locales » : noyer celle-ci dans un site généraliste ne me parait pas très judicieux. Le « Réseau » ayant déjà bien du mal à se faire (re)-connaître…
 2°) mon temps (éventuellement) pour collecter vos textes et les mettre en ligne (l’écriture n’étant pas mon fort, bien que disposant de pas mal d’idées sur pas mal de questions, et pas mal de questions.. sur pas mal de (grandes) idées…)

En somme, restant à votre disposition…

J. LARRIEU, ex-PDGA (Possible Documentaliste Généraliste et Administrateur) de feu Docinsert. »

P.L. L’adresse courriel de Jérôme pour le contacter et construire les modalités de ce futur site collaboratif : larrieujerome@yahoo.fr A mon humble avis, il faudrait sauter sur cette proposition telle la vérole sur le bas-clergé léonard !

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commentaires
  1. pioupiou 44 dit :

    Bonsoir
    Pour les non-bretons, dont je fais presque partie (la Loire-Atlantique est-elle en Bretagne ou pas ?…mais ce n’est pas le sujet de mon commentaire !), utiliser l’expression « telle la vérole sur le bas-clergé léonard ! » est inadaptée. Elle oblige à se creuser la cervelle et quand on voit la tête des pioupious actuellement : ils s’arrachent leurs dernières plumes à grands coups de bec rageurs pour loger l’ANI et faire les chiffres CIVIS en même temps ! Donc je dis NON, Philippe, ce n’est pas du jeu !
    Comment en effet savoir que ce bas-clergé léonard n’a rien à voir ni avec Léonardo Da Vinci, ni avec un bas clergé se promenant en tepue de léonard, euh pardon en tenue de léopard, ce qui pourrait expliquer la vérole … ni que ce bas clergé s’appelât obligatoirement léonard … bref, utilisons un outil collaboratif pour trouver la réponse : oui qui pédia ! http://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_de_L%C3%A9on
    Et voici un élément de la géographie léonarde :
    Le Léon est baigné par la mer d’Iroise et la Manche, que sépare la pointe de Corsen. C’est un plateau granitique surélevé par rapport au niveau de la mer, ce qui donne à ses côtes envahies par la mer un relief marqué par des rias, appelées aber en breton, et deux baies d’un intérêt géographique de premier ordre, la rade de Brest et la baie de Morlaix. Ces deux baies se prolongent dans l’intérieur des terres par des vallées encaissées, celle de l’Elorn et celle de l’Horn, qui constituent à elles deux la limite naturelle du plateau. Au-delà, montent les contreforts gagnés sur la lande des monts d’Arrée et dominés par un affleurement rocheux. Le plateau en revanche est aujourd’hui un damier très serré de bocage. Son avancée dans la mer lui permet de bénéficier de la douceur du climat (« Ceinture dorée »), en des endroits abrités du vent jusqu’à l’illusion (cf. Jardin Exotique de Roscoff (en), ou Jardin Georges Delaselle (en) sur l’île de Batz).

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