Ceci n’est pas une pipe

Publié: février 7, 2012 dans Insertion/missions locales


Sacré nom d’une pipe !  Quand il n’y en a plus, il y en a encore. Merci cependant de ces courriels qui font chaud au cœur.

Pour autant, chers amis, diserts ou silencieux, c’est une décision. A vous d’imaginer désormais comment produire ensemble – je m’y inclus, bien entendu… mais je ne l’organiserai pas – de l’intelligence partagée. Mes commentaires, comme ceux de l’ami Michel, demeurent quoiqu’on en pense participant d’une « intelligence distribuée » alors que, décidément inspiré par l’éducation populaire, j’aspire à une « intelligence partagée ».

Voyez-vous, les amis, je sors de deux jours d’une formation que votre branche m’a confiée, que je réalise depuis cinq ans, « Culture commune ».  Cette formation m’a permis de rencontrer et de partager avec pas loin de 2 000 professionnels, un sixième du réseau. J’ai vécu ces deux jours avec des pioupious un peu « soutiers » du travail en mission locale : des CAE, des « service civique », des « agents administratifs »… Pourtant chacun avait une pierre à apporter à l’édifice des missions locales. Magnifiquement. A condition toutefois qu’on leur permette.

C’est de cette permission – à forcer, à arracher, donc transgression – dont il était question avec ce blog tant je crois qu’être acteur sur le système, et non agent agi par le système, appelle à contribuer, à écrire, à communiquer. Habermas appelle cela « l’agir communicationnel ». Je sais bien que cela pourra être interprété comme élitiste mais je crois qu’un acteur est nécessairement auteur.

Je souhaite à présent prendre un peu de recul vis-à-vis de tout cela, particulièrement le tumulte de l’actualité, l’illusionnisme social : celui des politiques d’insertion mais également, peut-être surtout, celui des missions locales qui se défendent tant bien que mal, plutôt mal, selon une philosophie avec son père tutélaire et emblématique (B.S.) tout en, finalement, jouer des opportunités (financières) et être capables de se soumettre à cette logique imbécile de causalité et de quantitatif qui parviendra – pas besoin d’être prophète – à les réduire à pas grand chose, sinon à rien. Et oui, on est peu de choses ! Et oui, il faut bien faire avec ! Et oui, l’utopie c’est bien mais, en attendant, il faut vivre… Antiennes connues, rabâchées. Principe de réalité écrasant la belle utopie qu’on ne sollicite qu’aux moments cathartiques. Eventuellement autour d’un verre : on le sait, le surmoi est soluble dans l’alcool, le moi y prolifère…

Pour tout vous dire, les missions locales m’apparaissent « mal barrées ». De toute évidence, leur financement de structurel, d’ailleurs sous couvert d’« expérimentations », évolue vers le projet, vers l’appel à …, vers la mise en concurrence. Prises à la gorge, elles « jouent le jeu » dans leur coin, bricolant et grappillant ici et là de quoi maintenir leurs effectifs. Mais, progressivement, de locales elles deviennent hyper-locales, c’est-à-dire, hormis quelques manifestations encore une fois cathartiques, intéressées par le seul objectif de se maintenir à flot : chacune. Tout l’inverse de ce qu’appelle et exige la logique de réseau : compétition contre coopération, concurrence contre collaboration.

Incantation

A vrai dire, personne n’est coupable de cela : les directeurs font ce qu’ils peuvent, en perpétuelle tension entre ce qu’ils voudraient être et ce qu’ils doivent être ; les présidents pourraient augmenter la valeur du point mais leur décision serait de toute façon irresponsable puisque non suivie d’effets : à budget constant, il faudrait licencier pour rémunérer celles et ceux qui restent. Après tout, nos collègues des DOM pourraient légitimement voir leurs salaires augmenter de la bonification perçue par les fonctionnaires… mais qui acceptera de payer ? Les communes et EPCI accordent aujourd’hui environ 1,40 euro part habitant et par an aux missions locales… Une misère : un demi café dans le TGV ! Sans pour autant être avares de « La jeunesse, devoir d’avenir! »

Tout cela s’organise et s’accepte sous couvert du consensus : ne pas choquer, obtenir l’agrément de la majorité. Or, cela j’en suis convaincu, nous sommes à un moment de basculement du modèle sociétal : la métaphore de la chenille devenant papillon dans les derniers écrits d’Edgar Morin. Les seules forces de résistance devant l’inévitable sont celle de la peur et du conformisme. A la logique d’innovation et de courage radical – au sens étymologique : aller à la racine – s’oppose celle de la reproduction. A cinquante-neuf ans, le peu d’années qu’il me reste à consacrer aux missions locales m’incite exactement à l’inverse. Quasi-exégète des écrits de Bertrand Schwartz, j’y puise la force de croire que les missions locales peuvent être « une belle utopie » comme cela est écrit dans la conclusion de Moderniser sans exclure.

Nous nous reverrons assurément. D’ici là, j’ai le besoin de comprendre toutes ces choses et, pour m’aider, je m’engage dans un nouveau doctorat, cette fois de philosophie. Ce qui me demande du temps. Philosopher, dit-on, c’est apprendre à mourir. Pas si pressé que cela, ce sera pour moi apprendre à comprendre tant il est vrai que nous sommes d’éternels apprentis. Comprenne qui pourra.

Vos mots… encore une fois qui font chaud au cœur. On hésite entre « L’humour est une révolte supérieure de l’esprit » (André Breton) et « L’humour est une étincelle qui voile les émotions » (Max Jacob). Dans les deux cas, ça ne manque pas d’humour !

De Hervé Divet (Conseil Général Loire-Atlantique)…

Un instant je t’ai rêvé « Compagnon de la chanson » ponctuant chaque nouvelle contribution sur ton blog d’un « si si, cette fois, c’est la dernière » pour y revenir plus incisif que jamais dès le lendemain. Mais le ronron du tour de piste ne ressemble pas à ta « décence ordinaire ».

C’est certain si tu quittes ces drôles de tuyaux c’est pour mieux revenir à la coda ailleurs, sur une autre scène. Sifflera bien mieux le merle moqueur !
Merci pour tout cela en attendant tout le reste.

De Jean (Castel, ex-responsable CFDT)…

« Salut,

Effectivement je suis étonné de cette production massive !

Je crois à la collaboration. Dernièrement, j’ai été invité à collaborer à « Miroir Social », site ouvert sur nos thèmes préférés (entre autres) que je propose à chacun de rejoindre si le coeur lui en dit.

Bien à vous. »

De …  (anonymisé), un poème…

« Ahhh !!! Mission Locale, que de tragédies on écrit en ton nom !!!

Où donc nous mèneras-tu

Infidèle Institut

Qui chapeauté de haut

Ne donne rien de beau ?

Crois-tu qu’en un seul acte

Tout se réduit en Pacte ?

Avec une fine Union

Avec des Compagnons

Avec des Missionnaires qui marchent sans renom ?

Regardes autour de toi,

Observes l’horizon

Un réseau qui se fige

Des rameaux et des piges

Des milliers de bons mots

Des commentaires en friches…

Regardes autour de toi,

Vois-tu lente Insertion

Attendre qu’au détour

La réflexion sereine

Se lève sans retour

Advienne qui comprenne

Et de là des missions

Un acteur qui ne triche

Que d’essais en tension

Que démission rend riche

En espoir de lever

Une armée de Croisés

Mais qui du bord se tait

Et n’ose s’engager, et n’ose s’enrager

Pour la cause en noblesse

Lutter pour sa jeunesse

O Institut de l’ombre, que d’écrits ont péri en ton nom ! »

De l’ami Michel Abhervé (finistérien et ex président de l’UNML)…

« Kenavo ar wech all avec cette phrase : « Et, Philippe, si te vient un jour l’envie de pousser un coup de gueule ou de nous faire partager une réflexion, c’est bien volontiers que tes écrits seront accueillis ici. »

De Jean-Philippe (Revel, CGT)

« Que dire ? Qu’écrire ? Je perds un espace de réflexion et de pensée… »

De Fréderic, directeur de la mission locale de Dijon…

« Je reviens de la montagne… et je tombe de plus haut que je ne l’aurais cru. Tout petit contributeur, mais ardent lecteur de ce blog qui soulageait, soignait, prévenait… de la bêtise technocratique environnante, je ne sais que dire…sinon merci et bon vent… (celui qui te ramènera peut-être). »

De Régis, directeur de la mission locale de Beaune…

« Un breton qui voit un peu de neige et hop il se met au chaud pour hiberner…

Partant du principe qu’il n’y a que les idiots qui ne changent pas d’avis et que dans notre monde asphyxié par les mille feuilles, les mille étiquettes, le quantitatif, il faut une soupape de sécurité pour trouver le relâchement intellectuel nécessaire à la concentration et à l’engagement raisonné, mais pas forcément raisonnable pour tout le monde, je propose que ce blog soit déclaré d’utilité publique et de mobiliser les forces de l’ordre pour garantir son ouverture… La grève de l’écriture ne passera pas…

Je soumettrai d’urgence au Parlement un projet de loi allant dans ce sens dans les deux semaines qui viennent… »

Ce à quoi répond Michel…

« Il faut faire vite car il n’y aura bientôt plus de Parlement ! »

De Serge (Papp, SYNAMI mais pas que cela).

« Salut Philippe,

Moi, je n’y crois pas, Philippe Labbé ne doit pas, ne peut pas, et ne pourra pas se taire…. Il n’y arrivera pas…., et c’est bien comme cela, …un réseau des ML sans sociologie bretonnante engagée c’est comme une Bretagne sans la résistance du granit, sans la persistance du crachin, et sans l’éloquence que donne le chouchenn, ca n’existe pas !

Ceci-dit, mon cher Philippe, je veux bien comprendre ta lassitude, – visible sur ta photo dans cet au-revoir, je n’ai jamais compris comment tu pouvais produire autant en continuant de dormir – , et ta déception de ne pas avoir franchi le cap du blog coopératif qui aurait porté ton initiative dans une dimension plus collective. Je fais d’ailleurs partie des milliers de fautifs qui, lecteur attentif, n’ont jamais pris le temps de collaborer (sauf les 2 ou 3 fois où tu m’as énervé syndicalement, c’est trop peu…).

Coïncidence étrange, tu fermes boutique au moment où le Synami ouvre –enfin- la sienne sur la toile (http://synami.free.fr/ , un peu de pub au passage), et qu’on se demandait où on allait mettre dans notre page d’accueil les liens indispensables comme le tient. C’est vraiment dommage, ton blog était tout de même le seul espace non institutionnel et décapant sur l’insertion des jeunes, partant et parlant des ML, ca va nous manquer. Pour ne rien arranger, « Emploi et Création » de Benoit Willot est en sommeil (http://www.emploietcreation.info/ ) et l’indispensable Michel Abervhé (http://www.alternatives-economiques.fr/blogs/abherve ) annonce qu’il se tâte de poursuivre après les présidentielles. La prédiction des mayas sur la fin du monde aurait-elle été mal interprété, et s’agirait-il en fait de la fin du monde des blogs indépendants parlant des ML et faisant réseau entre nous ?

J’espère bien que non, et qu’elle soit la manière dont tu décideras de continuer tes aventures, n’hésite à venir réagir quand tu le souhaites sur nos pages, ta plume alerte et ta critique acérée y seront toujours les bienvenues si tu y trouves utilité.

Amicalement, Serge Papp

PS : On a quelques désaccords non purgés, je n’ai pas encore eu le temps de construire les textes et argumentations nécessaires, mais n’espère pas y échapper en fermant ton blog… »

De David, directeur de la mission locale de Poitiers…

« Salut Philippe et merci pour cette fenêtre ouverte sur la pensée critique de l’insertion et de la (non) prise en compte des jeunes ! Beaucoup de professionnels des ML vont regretter cet espace de respiration dans un quotidien qui ne stimule pas, au contraire, la réflexion et la réflexivité ! A bientôt sans doute dans d’autres espaces virtuels… et réels ! »

De « pioupiou 44 »…

Vais-je participer moi aussi à l’hommage quasi-obligé suite à cette annonce de départ, que dis-je, de lâchage en pleine campagne par notre pioupiou breton ?

Eh bien, non, je n’y participerai pas car, pour paraphraser un de nos grands ministres du moment : « Toutes les contributions ne se valent pas ! »

En effet, et je pèse mes mots, mon cher Philippe ! Soit tu reprends immédiatement l’écriture de ce blog, soit nous montons avec une brigade de pioupious volontaires désignés d’office une chorale qui te suivra et chantera à chacune de tes interventions publiques (sur un air bien connu que tous les pioupious vont reconnaître …) :

Quand il reviendra, il fera amende honorable (il fera amende honorable)

Lui qui inventa l’insertion durable (l’insertion durable)

Au fond de la Bretagne, il naquit dans le maquis

Les pioupious sur le net attendent beaucoup de lui

(Refrain)

Philippe reviens, Phi-ilippe reviens

Philippe reviens parmi les tiens

Du haut de ton blog indique-nous le chemin

Toi qui le connais si bien

Toute sa vie, il a prêché la révolte et l’intelligence (la révolte, l’intelligence)

Le travail et la justice sont sa loi (sont sa loi)

Quand il reviendra, il nous pardonnera

De ne pas écrire si bien que ça

(Au refrain)

Et quand il reviendra sur notre netosphère (sur notre netosphère)

Il donnera à manger à tous nos pioupious (à tous nos pioupious)

Car comme à Cana, il multipliera

Le pain et le vin sur la netosphère pioupiou

Philippe reviens, Phi-ilippe reviens

Philippe reviens parmi les tiens

Du haut de ton blog indique-nous le chemin

Toi qui le connais si bien

Dans une grande clarté il apparaîtra (il apparaîtra)

Comme il le fit pour tous les pioupious d’ici et là-bas

Le monde entier laissera éclater sa joie

En chantant : Philippe est là !

Allez hop, on arrête de rigoler et au boulot, les jeunes nous attendent ! »

De Libertad Montes au Mexique…

« Philippe

Je suis une autre lectrice silencieuse mais assidue… ici à Mexico.

Il y a toute une histoire: j´ai travaillé pendant 7 années dans un projet mexicain crée avec la collaboration de Bertrand Schwartz en 1999 à Mexico… les missions locales mexicaines -c´est trop- ( les cousines quand même).

Aujourd’hui, je suis en train de faire une mémoire au sujet des missions locales… J’ai beaucoup apprécié votre œil critique, créatif, sociologique… sur ce sujet. Votre blog m´a éclaircit pleins des notions… bref, je me sens un peu isolée avec l´idée de votre adieu du Blog.

Amicalement, Libertad Montes »

C’est, ouf, dit.

Advertisements
commentaires
  1. Puisque tu as éprouvé le besoin de faire un article supplémentaire (même si pour l’essentiel il met dans un article ce qui figurait déjà en commentaiires), il me semble que le sevrage n’est pas complet
    Alors, une petite rechute !

  2. Piton de Pierre dit :

    Cher Philippe.

    Mais non je ne manque pas à l’appel, sur la grand-mare des canards. D’ailleurs en parlant de canard, j’ai cueilli cet extrait pour toi :

    « Fidèle, à notre amour, je suis resté fidèle
    J’oublie tes cris et j’oublie tes querelles
    Pour revenir dès que tu me rappelles »

    Oui je sais c’est du Julio dans le texte. De quoi te dégoûter d’aller ouvrir la porte des philosophes et de vouloir serrer dans un étau les gonades des crooner espagnols.

    Mais tinkiete : je reviens à nos canons et pour te faire faire demi tour rien ne vaut un petit coup de Georges.

    Je suis un pauvre type
    J’aurai plus de joie
    J’ai jeté ma pipe
    Ma vieille pipe en bois
    Qu’avait fumé sans s’fâcher
    Sans jamais m’brûler la lippe
    L’tabac d’la vache enragée
    Dans sa bonne vieille tête de pipe
    J’ai des pipes d’écume
    Ornées de fleurons
    De ces pipes qu’on fume
    En levant le front
    Mais j’retrouv’rai plus ma foi
    Dans mon coeur ni sur ma lippe
    Le goût d’ma vieille pipe en bois
    Sacré nom d’une pipe

    Voila mon cher Philippe. Nous quitter c’est te dénier. Tu sais nous avons toutes et tous notre fameux « nez-dans-le-guidon ». PPAE par la, ANI par ci, CPO tout la haut et RCA tout en bas. Alors si l’EPO que tu es pour nous se dissoute dans la pénurie de contributions et dans les sirènes philosophiques, alors comment allons nous pédaler dans le sens de Schwartz notre directeur du tour ?

    Bises insulaires et plus si corollaires.

    PI. R.

  3. rbeaune dit :

    Ceci n’est pas de moi…

    « La présence d’indicateurs de résultats au centre de ces dispositifs tend à accroître chez ces personnels une intériorisation de la contrainte de résultats jusqu’à en faire
    une dimension centrale de leur travail. »

    C’est tiré d’un rapport du Centre d’études sur l’emploi concernant les PLIE…

    Mais c’est transposable…

  4. rbeaune dit :

    Clic envoi trap rapide : http://www.cee-recherche.fr/fr/connaissance_emploi/87-plie-contraintes-resultats-risques-eviction.pdf

     » Les entretiens réalisés mettent en évidence le dilemme devant lequel se trouvent les salariés de l’insertion, dont le travail oscille entre la prise en compte des besoins d’aide et d’accompagnement
    des demandeurs d’emploi, surtout de ceux qui sont le plus en difficulté, et la réalisation de leur objectif de sorties positives. Certes, les arbitrages effectués par ces acteurs peuvent varier, en dépit du cadre institutionnel commun. Mais la précarité de statut qui affecte ces derniers
    tend à limiter leur capacité de résistance ».

    Dans les Missions locales -hors période de moyens supplémentaires non pérennes- , la précarité ne tient pas au statut des personnels, mais à la pression sur les financements futurs. Cette pression peut être gérée au niveau du Réseau, du couple Président – Directeur ou reportée sur les conseillers… avec, dans ce dernier cas, un risque de dérive important par rapport aux enjeux d’insertion professionnelle et sociale….

  5. pioupiou 44 dit :

    Très intéressant, ce commentaire de Régis : à faire tourner dans toutes les ML !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s