Archives de janvier, 2009

Missions locales : retour en grâce ?

Publié: janvier 31, 2009 dans 1

Sous le titre « Le secrétaire d’État chargé de l’emploi ne sait peut-être pas « à quoi sert » une mission locale, mais il apprend. » Benoît Willot rapporte sur Emploi et Création (http://www.emploietcreation.info/article-27121707.html), la visite de Laurent Wauquiez, accompagné de Martin Hirsch, à la mission locale des Bords de Marne (Le Perreux) le 19 janvier 2009.  Tel que le secrétaire d’État la narre sur son blog (http://www.wauquiez.net/?page=detail_actu&id=42).

Chronologie…

On constate qu’outre le sec et le mouillé (« J’arrive totalement trempé, des trombes d’eau me sont tombés dessus pendant le moto-taxi… »), Laurent Wauquiez fait de battre le fer chaud et froid un véritable art puisque, s’il ignorait il y a quelque temps ce que faisaient les missions locales (cf. sur ce blog « Il faut informer Laurent Wauquiez »), celle des Bords de Marne est ointe : « Une mission locale exemplaire, une des toutes premières,  créée en 1990. » Si c’est en 1990, elle n’est certainement pas une des tous premières, l’ordonnance de création des missions locales datant de mars 1982… mais soyons bon prince au regard des subtilités concernant les PAIO et les missions locales.

Ban bourguignon…

Ceci étant, c’est vrai, cette mission locale est, sinon exemplaire, du moins remarquable : on y dispose d’un projet associatif, l’approche globale n’y est pas reléguée au bénéfice du seul emploi, la veille y est organisée (avec un diagnostic socioéconomique glissant), la communication circule (avec un blog, des personnels formés à l’écriture professionnelle…) et il faut avoir vécu la reprise en chœur du « ban bourguignon » lors d’un séminaire en résidentiel de toute l’équipe pour prendre la mesure d’un climat social entretenu par Moncef, le directeur.

Recalibrer P3…

L.W. : « Je ne me lasse jamais de cet exercice : l’emploi, ce ne sont pas des chiffres, c’est avant tout des histoires humaines, des parcours, des réussites et des échecs dont il faut se relever, et une heure d’échange ça vaut tous les dossiers du monde. » Voilà qui nous change radicalement des « indicateurs de performance » et autre placement « rapide » en emploi ! « Une heure d’échange »… Au fait, comment vont faire les missions locales où l’administrateur P3 a paramétré les plages d’entretiens des conseillers sur la base d’une demi-heure en face-à-face, excepté le premier entretien (il y a tant à enregistrer…), + un quart d’heure de saisie ?

Je connais Martin…

Le secrétaire d’État assure qu’il va mener avec le nouveau Haut commissaire à la jeunesse Martin Hirsch « un véritable travail d’équipe » sur l’emploi des jeunes : « Aucun doute qu’on va y arriver : je connais Martin, on a travaillé ensemble il y a quelques années, lorsque j’étais député et lui président d’Emmaüs. » Ce que va pouvoir apporter Martin, c’est « de la cohérence entre différentes dimension, rapprocher l’emploi des problématiques liées à l’éducation, le logement, etc. » Et Benoît Willot d’ajouter finement « L’objet même des missions locales, en quelque sorte… »

Lenteur du métabolisme social…

L.W. : « On sait tous que la crise menace avant tout les plus fragiles, je pense en particulier aux 120 000 jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire » Faisons un petit calcul. En 1981, lorsque Bertrand Schwartz écrit son rapport, ce sont 200 000 jeunes qui sortent ainsi du système de formation initiale. Ce qui lui fait écrire dans la première page du rapport : «  Le problème scolaire pèse aujourd’hui d’un poids que tout le monde s’accorde à reconnaître comme lourd : si ce poids n’est pas rapidement allégé, il serait même à redouter que nos propositions elles-mêmes en soient affaiblies. » 28 ans plus tard, 120 000. A ce rythme – 2 857 par an – et en réfutant le principe d’un seuil incompressible, on peut espérer résoudre la question des sorties sans qualification ni diplôme dans 42 ans, en 2051. Voilà un travail d’équipe qui fêtera des noces de diamant et s’achèvera dans un service de soins palliatifs.

Des commentaires…

Toujours sur son blog, quelques commentaires succèdent au récit de L.W.

Freins… Stéphane (ML de Saint Quentin en Yvelines),  rappelle que « la spécificité d’une mission locale est l’approche globale du jeune c’est-à-dire que l’on ne traite pas que de l’emploi mais avant tout la situation du jeune à un moment donné pour que l’on puisse lui enlever les « freins » qui le conduirait à sa non insertion ! » C’est bien de lever les freins… mais, avant de s’en occuper, prend-t-on le soin et la posture d’identifier les atouts ? « Le regard fait l’objet » écrivait Bachelard et, en écho, Howard S. Becker ajoutait dans Outsiders « On se conforme au jugement porté sur soi. »  Regarder le jeune comme une ressource et s’attacher à ses atouts est, dès le premier regard, une condition favorable à la dynamisation. « Une pédagogie de la réussite », disait-on dans les années 80…

Enthousiaste… François, enthousiasmé d’apprendre que le secrétaire d’État « a fait le pas d’aller rencontrer les missions locales », en appelle au « soutien {de L.W.} pour permettre aux jeunes de réussir leur insertion professionnelle. »

Que le gouvernement s’explique… Fabian et Jérémy plaident pour les missions locales, s’en prennent au contrat d’autonomie « tout juste bon pour alimenter le privé ». Fabian « attend véritablement une explication sur les carences du gouvernement notamment sur l’absence de connaissance ou de reconnaissance du réseau des Missions Locales en France. » alors que Jérémy s’interroge « sur le décalage entre la politique annoncée et la réalité du terrain. »

Républicaine… Pour Bea, il y a nécessité de réformer le système scolaire « avec pragmatisme et écoute », d’autant plus que la prolifération « des cours particuliers, proposés par des entreprises privées et accessibles aux plus riches » va à l’encontre d’« une réussite de tous par l’Ecole de la République ».

Il faut informer les services déconcentrés ! 

Au moment où les effets de la crise se font de plus en plus concrètement sentir – les chiffres du chômage ne seront connus que lundi prochain mais d’ores et déjà L.W. en visite au Pôle Emploi de Colomiers en Haute-Garonne a dit s’attendre à de « mauvais chiffres », « On rentre dans une période de crise dure, ça se voit, on va avoir des mauvais chiffres du chômage. » – il est probable que les missions locales vont gagner en affection. Faisons en sorte que cette sympathie ne soit pas que conjoncturelle et mute en véritable reconnaissance… avec ce que cela signifie en termes de soutien institutionnel et financier, de validation du principe d’approche globale y compris sinon surtout dans l’évaluation des missions locales : si le secrétaire d’État recherche « la cohérence entre différentes dimension, rapprocher l’emploi des problématiques liées à l’éducation, le logement, etc. », il faut prendre sa parole au pied de la lettre et informer non plus Laurent Wauquiez mais ses services déconcentrés que, désormais, l’évaluation n’est plus réduite au seul indicateur d’accès à l’emploi durable. Enfin ! 

PS. Qui a dit « Il ne faut pas rêver ? » Et l’optimisme de la volonté, alors ?

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De choses et d’autres…

Publié: janvier 29, 2009 dans 1

Météorologistes réunionnais…

Cela n’aura échappé à personne, en tout cas pas à moi, blog inhabituellement silencieux… mais les explications ont été données dans un précédent article. Blog ouvert aux contributions des uns-unes et des autres, alors j’attends – ni impatience, ni désespoir – celles-ci. D’autant plus qu’il y a à dire et écrire en ces temps chaotiques… et il ne s’agit pas seulement de la tempête Klaus à partir de laquelle Le Monde du 28 janvier évoque la différence de comportement entre citoyens hexagonaux et de La Réunion… précisément d’où j’écris ces lignes : « A La Réunion, aussi rituellement que des vœux, le préfet répète jusqu’au rabâchage les consignes de sécurité au début de chaque saison cyclonique. Les journaux locaux publient également des cartes de la zone sur lesquelles les lecteurs, transformés en météorologistes amateurs, reportent consciencieusement les coordonnées des phénomènes afin d’anticiper leur trajectoire. » Rassurons-nous, s’il y a des particularismes comportementaux, la continuité républicaine est assurée au moins dans sa version franchouillarde « système D » puisque « à La Réunion, un des sports locaux consiste à se procurer un laissez-passer pour pouvoir circuler en période rouge. »

Foot-ball et J6M…

Cataclysme donc tout-à-fait prévisible comme l’avait annoncé il y a quelques mois Carlos Ghosn, le président de Renault Nissan : « La crise financière va se transformer en crise économique puis sociale enfin politique. » Ceci sur fond de « panique morale » (Ruwen Ogien, 2004, Grasset) que ne viendra pas combler la levée de l’excommunication de Mgr Richard Williamson, évêque antisémite et négationniste. Même dans l’hémisphère sud au climat moins rigoureux, la lecture de la presse – « un grand quotidien du soir » – laisse peu de place à l’optimisme. Quand ce n’est pas à la colère puisque, en cette journée de mobilisation sociale et s’il fallait trouver des raisons à l’ire, il suffirait d’ouvrir la page « Sport » (que je consulte rarement) : l’article « Le salaire des footballeurs flambe dans le championnat de France » révèle que Yoann Gourcuff se contente d’un salaire mensuel de 175 000 €… un gagne-petit face à Thierry Henry qui, juste de l’autre côté de la frontière espagnole, à Barcelone, perçoit 672 000 €. De quoi flâner et faire les boutiques sur les Ramblas. Décidément, je ne suis pas prêt à mettre les pieds dans un stade ou à m’émouvoir devant l’étrange lucarne : panem et circenses… L’illusion a encore de beaux jours devant elle et l’on peut parier sur elle pour la sortie de crise. Baudrillard nous a quitté – hélas – il y a presque deux ans et Le système des objets {1968} ainsi que La société de consommation{1970} sont remplacés par Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête {2009, Seuil}… de Jean-Marie Messier… oui, « J6M », « Jean-Marie Messier moi-maître-du-monde », Vivendi Universal. J6M, donc, invité le 15 janvier à France-Inter au micro de Nicolas Demorand à qui un auditeur a lancé en direct « Je n’ai jamais demandé à un virus de soigner mes enfants ; pourquoi viendrait-il nous donner des leçons sur la moralisation de l’économie ? » Bien vu. Le même type d’argument pourrait être avancé à celui qui promettait l’augmentation du pouvoir d’achat. Entre autres promesses.

Jeunes surdoués…

Retour sur la crise… financière. Caterpillar (les tractopelles, les engins de chantier…) va réduire ses effectifs de 18 %, soit 20 000 personnes qui vont perdre leur emploi. Communiqué du groupe : « Nous pensons que les bénéfices 2009 chuteront par rapport à 2008 ; nous prenons des mesures pour atteindre notre objectif de bénéfice par action de 2,50 dollars. » Heureusement, peu de gens lisent la presse économique : des têtes seraient inéluctablement au bout des piques. En France, « le pire de la crise reste devant nous » (Le Monde, 28 janvier) et « la vague de licenciements n’en est sans doute qu’à ses débuts ». En décembre 2008, les intérimaires ont diminué de 25 %. Logique : les intérimaires sont en linguae GRH (gestion des ressources humaines, ne pas inverser les deux derniers termes) « une variable d’ajustement ». On n’aura pas à attendre longtemps pour que le « noyau dur » du salariat soit grignoté, slogans à l’appui : « flexi-bi-li-té ! » pour ceux du privé et « moins d’État, mieux d’État » pour ceux du public. Tant qu’à faire, cela commencera par les jeunes, on s’y est habitué. Pas eux ? Ils s’y habitueront. La frustration étant le moteur de l’intelligence, nos jeunes ont de fortes probabilités de devenir surdoués. Consolation, pendant la crise la vente continue puisque « Louis Vuitton poursuit sa croissance en Chine ». Caterpillar est terrassé mais Vuitton s’envole : belle métaphore pour une société sans fondations qui s’étourdit de paillettes.

Souriant, alerte et bronzé…

Quant à notre secrétaire d’État à l’emploi Laurent Wauquiez, grand expert pour battre le chaud et le froid, il nous réserve probablement une surprise rhétorique pour la communication des chiffres du chômage : en septembre 2008, il avait annoncé quelques jours avant leur publication « le pire chiffre mensuel depuis mars 1993 », en septembre de cette même année « un chiffre pire qu’en août »… Pour cause de grève, il dispose d’un petit délai de réflexion pour affiner ses qualificatifs (cf. sur ce blog « Pas de gargouzettes pour Laurent Wauquiez » …). Le même, toujours souriant, alerte et bronzé, interviewé par Alliance Villes Emploi (AVE) en janvier, revient sur les maisons de l’emploi dont le nouveau cahier des charges est attendu pour mai 2009 avec « des indicateurs de performance ». On n’a pas fini de tordre les statistiques… A noter cette formule, « L’intégration systématique des PLIE devrait être recherchée » : marier un impératif – « systématique » – et un conditionnel – « devrait » – c’est flirter avec l’oxymore. Et c’est, une fois de plus, l’indication que la boussole est déréglée avec, à l’échelle des territoires, là où le chômage ne se résume pas à l’acronyme « DEFM » (demandeurs d’emploi fin de mois) mais recouvre des situations humaines, une lisibilité de la politique de l’emploi comparable à celle d’un EEG (électro-encéphalogramme) perturbé. Stop and go.

Shadock…

Heureusement, il reste AVE à qui l’on ne saurait reprocher un manque de constance, ni une désertion du champ de la communication : dans La Gazette du 19 janvier 2009, l’article « Intégrer les PLIE dans les maisons de l’emploi ? » est faussement interrogatif puisque c’est un plaidoyer pour ce pseudo-scénario qu’illustre un tableau des « intérêts » et « limites » avec, pour les premiers six patents et pour les seconds deux par définition dépassables… comme nous y invite en conclusion Marie-Pierre Establie, déléguée générale d’AVE : « PLIE, créez une MDE lorsqu’il n’en existe pas sur votre territoire ! » Ce qui, somme toute, correspond à une sorte de logique (en remplaçant le « r » par un « t ») : à défaut de disposer d’une maison de l’emploi pour intégrer le PLIE, créez-en une pour ensuite y intégrer le PLIE. Créer une structure pour une structure, aussi clair que « Plus tu pédales moins vite, moins t’avances plus doucement. Et réciproquement. » Emboîter des petites boîtes dans des grandes boîtes ou la visée packaging des dispositifs et des structures alors que faire travailler ensemble c’est raisonner et agir en transversalité. Pas en verticalité.

Maisons de l’emploi: bébé mal né ?

Publié: janvier 14, 2009 dans 1

Tour de France. Après l’Ile-de-France et l’Alsace, Poitou-Charentes avec David, de Poitiers, qui apporte sa pierre à l’édifice (vacillant?) du débat sur les maisons de l’emploi. On attend le Nord – Pas de Calais, l’Auvergne, l’Aquitaine, la Picardie, etc.

« Les diférentes contributions enchainées sur le thème des MdE font davantage peser la réponse à ta question vers la 1ère hypothèse… sans surprise car : 

1 – le bébé est mal né puisque conçu sur une double ambition : d’une part le contournement de l’impossibilité à fusionner l’ANPE et l’UNEDIC qui a éreinté plus d’un président et d’un ministre depuis 25 ans, ambition devenue sans objet sous l’Empire sarkozien et la réalité de Pôle Emploi depuis le 5 janvier de cette année… d’autre part pour enfin résoudre (ou dissoudre) la prétendue nébuleuse opacité des dispositifs et des acteurs dont, en général, les plus grands contempteurs en ont même été souvent les initiateurs… ambition là aussi mise à mal avec beaucoup de MdE vécues comme une couche supplémentaire.

2 – des réalités de MdE qui, effectivement, peinent à démontrer un apport substantiel dans la production de politiques territoriales de l’emploi innovantes, efficaces et efficientes, sauf lorsque, bien sûr, elles ont pu être instumentaliser avec finesse au service d’un projet de territoire, et/ou d’une stratégie, le plus souvent préexistant.

Dès lors, dans un contexte budgétaire très restrictif (enfin pas pour tout le monde) où la stabilisation de Pôle Emploi,  la paix sociale interne et l’imminence du choc du RSA , il y a fort à penser que les MdE, malgré un lobbying assez malin et efficace, souffrent des mesures d’ajustement budgétaire. Seront-elles les seules ? »

Deux contributions à la suite de l’article sur les maisons de l’emploi, le pousse-pousse, le coucou, etc. L’une de Benoît Willot, animateur d’Emploi et Création, l’autre en provenance d’un acteur d’une MEF alsacienne.

Benoît Willot :

« Merci pour cette analyse fort pertinente.

Un point de vue cependant : dans bien des domaines, à l’échelle d’un territoire, l’enjeu n’est pas la structure, mais la stratégie.

Par exemple pour la création d’activités, si des structures différentes peuvent être en charge d’un dispositif, qui a la légitimité de la constitution d’une filière, de la définition d’une politique : certainement pas un organisme consulaire, une Boutique de gestion ou l’Adie. 

La maison de l’emploi, en tant que structure est parfois plus un problème de plus qu’une solution; mais l’élaboration d’une stratégie, par exemple dans une maison de l’emploi (il peut y avoir d’autres cadres), c’est souvent le début de la réponse. »

C’est dit.

Après cette contribution francilienne, un autre courriel, cette fois mulhousien : du « rôle épuré » des maisons de l’emploi…

« Au delà du débat pour ou contre les maisons de l’emploi, il faut une réponse territoriale aux politiques nationales de l’emploi : la maison de l’emploi est sans doute une des formes les plus abouties, mais n’oublions pas les CBE, et toutes les structures qui remplissent le rôle qu’évoquait Benoit ci-dessus…

Les maisons de l’emploi dans leur rôle épuré de structure d’ingénierie et de construction d’une stratégie territoriale partagée, de construction d’une véritable gestion territoriale des ressources humaines ont toute leur légitimité… »

Tout-à-fait d’accord pour les CBE (comités de bassin d’emploi), comme d’ailleurs des conseils de développement. Tout-à-fait d’accord également sur le fait qu’il ne s’agit pas d’être pour ou contre mais, face à une politique de l’emploi pour le moins chaotique – singulièrement mais non exclusivement en ce qui concerne ces maisons de l’emploi -, il n’est pas inutile de constater que quelques facteurs tels que la valorisation d’actions préexistantes de « partenaires » (le coucou), l’entrée dans le système d’acteurs déjà en charge de coordination (cf. les missions locales pour l’insertion des jeunes) d’un nouvel acteur chargé lui aussi de coordonner (le pousse-pousse) ou les logiques – disons-le gentiment par euphémisation – « affinitaires » (l’aubaine)… ne favorisent pas ces nouvelles structures.

Politiques territorialisées… ou plutôt territoriales ?

Quant à l’intérêt de territorialiser les politiques de l’emploi, personne ne le niera, ni d’ailleurs ne pourra considérer cela comme le scoop des MdE (cf. les missions « locales » et les plans « locaux » d’insertion par l’économie ; cf. la territorialisation des politiques publiques avec la mise en place des SPEL, des PAL, etc.) : une politique, par définition, est « territorialisée » en ce sens qu’elle s’applique sur des territoires, ne serait-ce qu’au niveau national. Par contre, une politique « territoriale » est tout autre chose : ascendante, elle est produite par le territoire (ses acteurs). Ainsi Michel Autès a-t-il tout-à-fait raison lorsqu’il écrit « … on voit bien ici l’existence de deux visions concurrentes. Celle qu’on voit se déployer consiste essentiellement à gérer et à appliquer au plan local des politiques qui restent conçues centralement. Ce sont des politiques territorialisées. Une seconde version consisterait à produire localement des politiques publiques qui seraient en même temps des politiques de production de territoire et de cohésion sociale, fabriquant de l’intégration et de l’appartenance par la démocratie. » (1) 

Enfin, ce que j’en dis…

Réponse du même second contributeur :

« Je parlais bien de politique territoriale ascendante… simplement pour assumer ce que je dis et pour aller dans le sens des propos de Michel Autès ! »

Donc on est d’accord. Ah, la synthèse chère à la dialectique ! Quel bonheur !

(1) Michel Autès, Les paradoxes du travail social, 1999, Dunod, p. 134.

Le (très informé) site Emploi et Création (http://www.emploietcreation.info/), animé depuis 2005 par Benoît Willot chargé de mission au Centre national de l’entrepreneuriat du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) est pour une large partie consacré aux maisons de l’emploi. Fin décembre 2008, pas moins de douze articles y étaient classés sous la rubrique « Gel des maisons de l’emploi », le dernier datant du 26 décembre 2008 et évoquant Michel Terrot, député UMP de l’Orne, qui considérait que « compte tenu des efforts et de l’investissement fournis, les acteurs locaux sont dans une attente forte de l’aboutissement de ce dossier et s’inquiètent de la position du Gouvernement quant à l’avenir du dispositif, inquiétude renforcée au regard du projet de fusion de l’ANPE et des ASSEDIC. ».

Haut-Rhin… Enterrement de seconde classe.

Le 19 novembre 2008, un article titrait «  Maisons de l’emploi : pas de labellisation supplémentaire » : « Le secrétaire d’État à l’emploi passe beaucoup de temps à dire qu’il ne sait rien sur ce qui se passe dans les maisons de l’emploi comme dans les missions locales d’ailleurs. Il vient d’inaugurer, à Saverne (Haut-Rhin) et Lambersart (Nord) deux maisons de l’emploi, mais il semble ne toujours pas en savoir plus. Dans un entretien à l’AEF (13/11/2008), Laurent Wauquiez déclare que « l’État honorera ses engagements financiers pour les maisons de l’Emploi labellisées, car ce sont de bons outils. Mais comme il n’est pas question de jeter l’argent par les fenêtres, je veux que soit évalué chaque dispositif, chaque outil ». Benoît Willot ajoute « Je me demande si l’argent jeté par les fenêtres, ce n’est pas précisément celui qui a été utilisé pour les multiples évaluations que le ministre n’a pas lues… Concernant l’avenir du dispositif, c’est à un enterrement de seconde classe qu’il est promis : « Je ne referai pas de labellisation supplémentaire, pour ne pas avoir de dédoublement partout » faisant allusion, selon l’AEF, au risque de doublon avec les agences du service public de l’emploi unifié, Pôle Emploi. »

Vannes… Financement retiré.

Sous le titre « Vannes : arrêt du financement d’État fin 2009 ? », Emploi et Création rappelle le 10 janvier 2009 que « Portée par le GIP du Pays de Vannes, la maison de l’emploi du Pays de Vannes (Morbihan) a été labellisée au titre du plan de cohésion sociale en été 2005, avant la création de l’association fin 2005. Cette MdE ne reçoit pas le public en direct, mais dispose de Points d’accueil emploi (PAE), structures de proximité pour les demandeurs d’emploi et d’un site Internet, créé en 2007. En 2009, elle devrait mettre l’accent sur les métiers qui recrutent. La structure est financée par le Conseil général du Morbihan, les sept établissements publics de coopération intercommunale du Pays et l’État. Malgré de nombreuses activités développées, le quotidien régional Le Télégramme a indiqué le 23 décembre 2008  que « à partir de la fin de l’année 2009, l’État retirera son financement ».

Plus portées politiquement…

Consulté téléphoniquement il y a quelques jours, un de mes interlocuteurs à la DARES, sur un poste de responsabilité, me disait : « Mis à part AVE {Alliance Villes Emploi}, personne ne porte plus les maisons de l’emploi au ministère. C’est, y compris pour nous, l’incertitude totale. Ce qui est certain c’est que ce projet n’est plus porté politiquement, voire quasi-abandonné. »

De facto, entre l’échéance de la fin de l’aide financière de l’État pour les premières maisons de l’emploi labellisées et conventionnées, ceci signifiant que la charge financière pèsera sur les collectivités, et – malgré les trois plaidoyers pro domo (1) qu’ont été les rapports Dalloz, Boulanger et Anciaux – la question de la place des maisons de l’emploi sur les territoires est loin d’être réglée… même si ces structures sont inscrites dans la loi. On ne gouverne donc pas par décret et pas si facilement « à distance » (2)… a fortiori en plaidant pour une approche territorialisée où la collectivité occupe le leadership. Et l’on ne peut s’empêcher de songer que la stratégie de l’État, particulièrement au niveau local puisque le niveau national apporte peu d’éclaircissements, est de s’assurer que les maisons de l’emploi seront prises en charge par les collectivités… ce qui serait une façon de boucler le dossier MdE à l’heure où la politique de l’emploi est quasi-exclusivement occupée par l’installation de Pôle Emploi.

Lillebonne…

Chaque jour apporte son lot d’incertitudes sur le thème du gel des maisons de l’emploi… Ainsi, toujours sur le site Emploi et Création, on peut lire aujourd’hui :

« La communauté de communes Caux Val de Seine, basée à Lillebonne (Seine Maritime) a engagé en mai 2008 la construction d’une nouvelle structure qui a pour objectif « d’offrir un meilleur service à la population dans les domaines de l’accès à l’emploi et de la formation et apporter des réponses aux difficultés de recrutement actuelles et à venir des entreprises sur le territoire ». Elle accueillera sous un « guichet unique » plusieurs services territoriaux ayant cette vocation.

Çà ne vous rappelle rien ? Eh bien, il ne s’agira pas d’une maison de l’emploi. La collectivité l’avait envisagé, mais le programme étant gelé, il faut pour poursuivre dans la même voie adopter d’autres concepts, trouver d’autres méthode, réinventer parfois ce qui est pourtant déjà prévu.

La communauté de communes, qui est riche d’une taxe professionnelle conséquente avec Port Jérôme et sa raffinerie. Elle peut donc peut-être seule un projet sur le plan financier. Mais est-ce logique qu’un projet de cette nature ne soit pas relié à une politique publique plus organisée ?

Située sur le parc d’activités du Manoir à Lillebonne le bâtiment, construit dans une zone humide, aura un toit végétalisé. L’ouverture est prévue pour septembre 2009. Deux structures devraient s’y retrouver, la Mission locale de Lillebonne et le CLIPS (Comité lillebonnais d’insertion sociale et professionnelle). Surtout, l’imposante construction devra développer des services nouveaux.

Mais le nom lui-même a dû être adapté : il s’agira d’une « maison des compétences ». D’autres agglomérations ont d’ailleurs des projets sous ce même titre, comme la communauté d’agglomération du Val de Bièvre (ouest du Val de Marne). »

Une bonne idée…

Le principe central des maisons de l’emploi, dès lors qu’elles sont également « de la formation » puisque ces deux perspectives sont indissociables, est difficilement contestable. Je l’avais d’ailleurs exprimé : «  Les Maisons de l’Emploi trouveraient leur place dans le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert avec ce commentaire : « nul ne peut être contre ». » (3).

Machine à café…

Difficilement contestable mais insuffisant, les maisons n’étant que « de l’emploi » alors que les difficultés d’insertion sont professionnelles et sociales. Cependant que les professionnels se regroupent, coopèrent, ne peut être a priori que positif mais, s’il faut se défier du syndrome de la machine à café (il suffirait de regrouper dans un même lieu les acteurs), il faut également se méfier du faux postulat « Le tout supérieur à la somme des parties », la systémie enseignant que ce tout peut être supérieur… mais également inférieur à la somme de ses parties. D’autant plus que, si communément mais à juste titre « l’effet mille-feuilles » des dispositifs préexistants est critiqué, le risque patent de création d’une nouvelle structure est d’ajouter une couche à cet empilement. Il faut donc préciser trois points :

Le pousse-pousse…(4)

Le syndrome du pousse-pousse … Premièrement, la place des maisons de l’emploi a été d’autant plus difficile à prendre pour celles-ci qu’elles sont intervenues dans un champ paradoxalement agité : d’une part, structuré avec des acteurs en place depuis plusieurs années, d’autre part en pleine mutation avec la fusion de l’ANPE et de l’Assedic. Qui plus est, cette place revenait à leur confier un rôle de coordination, facilement interprétable en termes de pouvoir. L’exercice était donc très délicat, réclamant beaucoup de doigté, de diplomatie… et plusieurs directions de maisons de l’emploi ont dû rendre leurs tabliers pour ne pas l’avoir compris. Les maisons de l’emploi qui se sont imposées sur la base de l’onction législative et en comptant sur le lobbying de leur instance nationale, plutôt que sur la négociation avec les acteurs locaux, rencontrent inévitablement les pires difficultés de reconnaissance… et ces dernières deviennent d’autant plus fortes que le niveau national n’envoie plus de message univoque de soutien.

Le coucou…(5)

Le syndrome du coucou Deuxièmement, les missions des maisons de l’emploi peuvent, selon les cas, produire une forte ou une faible valeur ajoutée, ainsi que venir compléter ou se substituer aux offres de service préexistantes. Concernant les missions, l’axe 1 d’observation GPEC du territoire peut être productive dès lors qu’elle génère de l’innovation : on n’observe pas pour observer mais pour concevoir de nouvelles solutions sociales et, s’il ne s’agit que de proposer ce que chacun sait déjà en y apposant le label « maison de l’emploi », la réaction immédiate sera celle d’une « plus-value » de pouvoir à l’inverse d’une « valeur ajoutée », c’est-à-dire d’un bénéfice pour la maison de l’emploi sur la base des réalisations d’autres acteurs. J’avais nommé cela, dans le Rapport Anciaux (qui ne l’a pas repris), « le syndrome du coucou ». Quant à la substitution, son risque est inhérent aux missions telles que l’AIOA (accueil – information – orientation – accompagnement), « noyau dur » du métier des opérateurs centraux de l’insertion. A ces difficultés de nouvelles valeurs ajoutées et de substitution s’ajoute le risque de la redondance : l’axe 3 et la création d’entreprise peut parfaitement être rempli sur de nombreux territoires par d’autres structures préexistantes, singulièrement le consulaire mais également l’ADIE, une Boutique de Gestion…

L’aubaine…

Troisièmement, sur beaucoup de sites, les maisons de l’emploi ont été saisies comme des opportunités, des aubaines purement financières grâce à la manne de l’État (y compris avec les 50% pour l’investissement immobilier) et parfois politiques, en y plaçant des « techniciens – amis »… dont la place acquise plus sur du relationnel que des compétences ou des besoins effectifs est évidemment vacillante dès lors que les exécutifs locaux ont changé de majorité. Ce qui s’est produit sur beaucoup de sites.

Myopie et nanoseconde…

« Myopie : (nom féminin), troubles de la vision, difficulté à distinguer les objets lointains » Dictionnaire de la Langue française. Et dire qu’il fût un temps, pas si éloigné, où l’on parlait de l’État en termes de « Maître des Horloges » (6). Il est vrai que, depuis, le temps s’est accentué et que l’on calcule le temps à la nanoseconde (milliardième de seconde). Hélas.

 

(1) Deux des trois auteurs sont membres d’Alliance Villes Emploi.

(2) Renaud Epstein, « Gouverner à distance. Quand l’État se retire des territoires », Esprit n° 11, 2005.

(3) Liaisons sociales magazine, « La création de maisons de l’emploi est-elle une bonne initiative ? », janvier 2005.

(4) Le pousse-pousse est ce jeu avec des lettres dans le désordre qu’il faut reclasser par ordre alphabétique : dès lors que l’on déplace une lettre, c’est l’ensemble du jeu qui est affecté.

(5) Le coucou est un oiseau qui niche chez les autres.

(6) Philippe Delmas, Le Maître des Horloges, 1991, Odile Jacob.

Aujourd’hui, une proposition de charte de fonctionnement et d’usage d’un projet associatif de structure (PAS). J’ai rédigé ce texte il y a quelques mois pour une mission locale et, depuis, j’y ai apporté quelques modifications. Cette charte, construite sur la base de l’architecture d’une démarche de projet, implique bien sûr que la dynamique de PAS ait été conduite et qu’elle ait abouti à l’édition d’un document de référence.

A consommer sans modération.

 1. Objet de cette charte

Cette charte vise à définir les principales conditions organisationnelles d’animation et d’application du PAS. Celles-ci ne sont pas exhaustives, ni figées : d’autres procédures pourront être conçues et, au fur et à mesure de l’avancée dans le PAS, la ML adaptera les conditions, en imaginera d’autres.

Cette charte trouve sa justification dans le risque – inhérent – d’érosion à toute démarche de changement. Ces recommandations doivent précisément permettre de faire du PAS un référentiel pour l’ensemble de la communauté professionnelle de la ML selon quatre perspectives concomitantes :

– Garantir une dynamisation à partir de la professionnalité (sens de l’action et engagement) en rappelant et en inscrivant de façon permanente les valeurs et les missions comme fondements de l’action ;

– Mieux communiquer en externe ;

– Orienter les pratiques professionnelles selon le double principe d’une amélioration permanente de l’offre de services et d’une cohérence entre le projet et les réalisations ;

– Constituer un outil du dialogue social entendu de façon extensive : institué et participatif.

2. Champ de cette charte

Cette charte porte sur l’ensemble de l’activité de la ML, tel que décrit dans le PAS et sur la base de celui-ci actualisé, révisé dans le cadre des évaluations annuelles. Son dessein fort est de rappeler la nécessité d’accorder les écrits du PAS et les pratiques. Ainsi, par exemple, un objectif opérationnel spécifique – et transversal – du PAS pourrait être celui de la participation et de la responsabilisation des jeunes. L’écrire est une chose, le faire vivre implique que chacune et chacun, quelles que soient sa place et sa réalisation, interroge l’action : l’implication des jeunes a-t-elle été recherchée de l’amont (conception de l’action) à l’aval (évaluation de l’action) ? quelles valeurs ajoutées ont été produites par cette participation ? comment concevoir cette participation, pour une autre action et sur la base des enseignements de celle-ci ?…

3. Comité de suivi du PAS

Un comité de suivi du PAS, regroupant le conseil de direction et les représentants du personnel, est instauré, prenant le relais de l’instance qui a suivi, coordonné et validé la démarche aboutissant au document écrit PAS. C’est une instance participative, délibérative mais non décisionnaire, qui se réunit trimestriellement, l’ordre du jour étant préparé par le coordonnateur du PAS, validé par le directeur et transmis aux participants dans un délai suffisant pour leur permettre de préparer leurs contributions respectives. Les débats ainsi que les propositions de ce comité de suivi donnent lieu à une information portée à la connaissance de tous. Les propositions du comité de suivi donnent lieu à des décisions de la direction, transitant par le canal hiérarchique et les modalités habituelles.

4. Coordonnateur du PAS

Un coordonnateur du PAS est nommé par le directeur. Équivalent d’un responsable qualité dans une démarche qualité, il consacre l’équivalent d’un mi-temps à cette fonction et, subséquemment, est dégagé des autres fonctions qui obèreraient ce capital-temps. Ce coordonnateur a pour missions d’organiser la transversalité et d’harmoniser les pratiques directement déterminées par les objectifs opérationnels du PAS (réunion des pilotes…), de favoriser l’expression et la conception de nouveaux plans d’action, de soutenir les groupes-projet, d’inciter l’encadrement de proximité à toujours rechercher la cohérence entre les réalisations et le PAS, d’organiser et de faciliter le fonctionnement du comité de suivi (secrétariat, animation, traçabilité, communication), d’identifier des initiatives susceptibles d’essaimer, de piloter l’objectif opérationnel spécifique, de préparer l’évaluation annuelle du PAS.

Ce coordonnateur du PAS peut, si la ML souhaite inscrire cette fonction dans son activité, être en charge de la démarche générale de R&D recouvrant les garanties apportées à ce que toute l’activité de la ML soit fondée sur une économie des besoins (veille et observatoire), que cette dernière génère de l’innovation (cf. le « devoir d’innovation » dans la Charte de 1990) et qu’enfin l’évaluation soit une pratique « incorporée » de tous les instants et par tous, une évaluation globale et systémique.

5. Veille

La veille constitue un élément fort et original du PAS. Elle s’inscrit dans une stratégie de professionnalisation de chacun et de légitimation de la ML. Chaque professionnel de la ML dispose d’un capital-temps hebdomadaire de deux heures cumulable sur deux semaines, qui recouvre une veille documentaire ou la participation effective à une situation professionnalisante, hors champ de la formation stricto sensu. Ce capital-temps, dont les conditions d’utilisation sont objectivées par l’analyse fine des charges de travail, doit être inscrit sur les plannings. L’encadrement de proximité, responsables d’antenne, doit s’assurer que les temps de veille sont effectifs et que les conditions de réalisation sont favorables. Les thèmes de veille sont proposés par cet encadrement, par le comité de suivi du PAS ou par les personnes elles-mêmes en fonction des caractéristiques des postes occupés et de leurs préoccupations singulières, des priorités et projets de la ML ainsi que d’évènements imprévus justifiant qu’une connaissance par les acteurs soit garantie. L’évaluation des pratiques de veille est intégrée dans l’entretien professionnel annuel.

6. Expertises

Comme la veille, les expertises s’inscrivent dans une stratégie de professionnalisation. Les expertises, correspondant à une compétence exigible de conseiller niveau II dans la convention collective nationale, sont exercées par tous les conseillers II et par les conseillers I sur la base du volontariat. Elles donnent lieu pour ces derniers et selon les modalités ordinaires d’évaluation (entretien professionnel) à une possibilité d’évolution de carrière (niveau II). Entre quinze et vingt expertises peuvent être identifiées, dont certaines « PPO » (points de passage obligé) et sont inscrites dans le PAS, le principe posé étant celui de la constitution de binômes pour chaque expertise (continuité). L’expertise ne se confond pas avec la réalisation d’une mission spécifique (parrainage, mobilité…) : un professionnel en charge effective d’une mission qui, par ailleurs, est expert du même domaine met à la disposition de toute la communauté professionnelle les informations utiles selon les mêmes modalités (sept sous-dossiers). Chaque expert dispose d’un capital-temps hebdomadaire de deux heures cumulable sur deux semaines, qui recouvre une veille documentaire ou la participation effective à une situation professionnalisante dans le domaine défini, hors champ de la formation stricto sensu. Il appartient à l’encadrement de proximité, responsables d’antenne, de s’assurer que les temps d’expertise (veille, situations professionnalisantes, rencontre des binômes) soient effectifs et que les conditions de réalisation soient favorables. L’évaluation des pratiques de veille est intégrée dans l’entretien professionnel annuel. Annuellement, chaque binôme rédige une synthèse des travaux d’expertise : avancée dans la constitution des sous-dossiers, information aux collègues, temps consacrés et perspectives de progression.

7. Objectifs opérationnels

Chaque objectif opérationnel est piloté par un professionnel désigné par le directeur, cette fonction n’étant pas hiérarchique mais transversale. Ce pilotage, comme les réalisations de l’objectif, sont intégrés dans l’évaluation annuelle du PAS.

8. Plans d’action

Chaque plan d’action a son pilote issu du groupe-projet. Ce pilote est mandaté pour la durée de vie du plan d’action dont on rappelle qu’il est un mini-projet à visée opérationnelle, à durée de vie limitée, regroupant pour la résolution d’un problème ou la conception d’un projet des professionnels volontaires, sur la base d’une validation hiérarchique par l’encadrement de proximité et, si nécessaire, par le directeur, ainsi que d’un avis favorable quant au thème par le comité de suivi.  Les participants d’un plan d’action forment un groupe de production et leur premier travail, outre la désignation du pilote, est l’estimation du temps nécessaire pour parvenir à l’objectif qui doit être écrit et est présenté en comité de suivi du PAS.

9. L’Observatoire des Jeunesses et du Territoire (OJT)

L’OJT répond à la mission de repérage (axe 1 de la CPO) et d’observation (axe 4 de la CPO : « Mobiliser les moyens d’informations pertinents pour disposer d’une bonne connaissance des besoins des jeunes du territoire, des dynamiques socioéconomiques du territoire et des dispositifs d’insertion existants. »). Son activité est fondée sur la production d’un diagnostic socioéconomique et social glissant (c’est-à-dire actualisé chaque année) auquel peut s’ajouter une note de conjoncture trimestrielle. Un groupe-projet ad hoc est constitué, copiloté par le coordonnateur du PAS et par un responsable de secteur ou chef de projet disposant d’une expertise sur Parcours 3. Ce groupe doit garantir, outre l’actualisation des données, une progression dans la qualité et la variété des indicateurs, ainsi que dans celle de leur analyse qui doit, selon les domaines investigués, mobiliser les experts concernés. De façon générale, les experts doivent transmettre à ce groupe OJT toutes les informations et données permettant la publication annuelle de ce diagnostic.

Annexe : vocabulaire

Différentes mises en œuvre du PAS configurent une « organisation apprenante » et une structure « matricielle », c’est-à-dire croisant des lignes hiérarchiques et des missions transversales et combinant des logiques décisionnaires et d’autres participatives. De telle façon à éviter des confusions, il est recommandé à chacun d’être vigilant sur l’usage des dénominations :

  • La notion de « référent » est utilisée dès lors qu’il s’agit d’une personne responsable du parcours d’un jeune.
  • Celle de « pilote » est utilisée pour les plans d’action ou pour les objectifs opérationnels.
  • Celle d’ « expert » est utilisée pour les domaines d’expertise arrêtée.
  • Celle de « chargé de projet » est utilisée pour un domaine opérationnel mis en œuvre par cette même personne ou sous sa responsabilité.

 

 

 

Petites, très petites entreprises et insertion

Publié: janvier 7, 2009 dans 1

A pic…

Régis ou, plus exactement, sa proposition tombe (une nouvelle fois) à pic avec cette invitation à une réflexion sur la place des petites et très petites entreprises dans l’insertion : constituent-elles une « cible » intéressante pour les jeunes des missions locales ? quelles sont les conditions pour travailler avec elles ? etc.

J’ai en mémoire quelques missions où l’UPA (Union Professionnelle des Artisans) avait été nettement plus efficace que la CGPME et le MEDEF… 

Travailler plus…

Cela tombe à pic car, entre une charge de travail écrasante, une absence vers la fin du mois et le début février pour la Réunion (oui, du travail !), le groupe évaluation qu’il va falloir alimenter (cf. sur ce blog « Intelligence à l’intelligence collective » : une bonne douzaine de contributeurs vont plancher pour une évaluation systémique de l’insertion), une analyse d’ouvrage pour la revue Territoires de l’Adels… bref, sauf TOC (trouble obsessionnel compulsif) ou information incontournable (type Vatican, cf « Pipi, gras yo-yo »), je vais un peu lever le pied, plutôt les doigts du clavier. Ce qui n’est peut-être pas un grand malheur, certains n’hésitant pas à dire que trop de mots sur un blog c’est comme le trop de notes chez Mozart… Difficile d’évoluer entre l’ascèse linguistique et le « marketing viral » ou le « buzz »!

Si donc certaines et certains d’entre vous souhaitent s’exprimer à partir de la proposition de Régis, ces colonnes vous sont ouvertes : envoyez vos commentaires, ils seront publiés.

La proposition de Régis…

« Une base de réflexion pour 2009 : toutes les approches du marché du travail s’appuient sur le comportement des grandes entreprises… Je pense, je suis persuadé qu’une approche complémentaire devrait être menée sur les très et petites entreprises… Les pratiques des employeurs sont-elles identiques en termes d’embauche, de formation et de rupture ? Je vote non, mais cela mériterait d’être étayé, creusé (sur l’accès à la formation c’est certain, sur le reste je connais peu d’études).

Je me souviens d’une réunion au CNML avant le « lancement » des conventions avec les grands groupes (sans commentaire) où j’avais soumis cette idée d’une réflexion des Missions locales sur les relations envisageables avec les TPE et les PME… Idée restée lettre morte, mais il faut être têtu… Aussi, je suis preneur de toute information, analyse, de tout commentaire sur le sujet… Cela alimentera notre réflexion sur l’insertion professionnelle et sociale… »