Archives de juin, 2010

Entre blues et colère…

Publié: juin 30, 2010 dans Non classé

Beaucoup de tergiversations pour cet article tant il apparaissait doublement problématique de ne pas parler des « affaires » innombrables révélées par Le Canard Enchaîné – qu’on ne présente plus – et Médiapart – remarquable journal d’information par le net (1) –  : d’une part, cela ne serait qu’ajouter un commentaire aux commentaires ; d’autre part, comment ne pas en parler alors qu’on ne peut échapper au climat délétère perceptible dans toutes les conversations, toutes sans exception ?

Des woerth et des pas mûres…

Que dire en effet devant un tel déferlement d’informations où de l’appartement de fonction, dans le VIIème avec cuisinier et maître d’hôtel, pour la famille de la secrétaire d’Etat à la Ville aux fumeux 12 000 € de cigares d’un autre secrétaire – toujours d’Etat – aux frais du contribuable, de la première mesure prise par la nouvelle présidente de la Halde, doubler son salaire, aux deux appartements de fonction d’un, cette fois, ministre qu’un autre (ministre) concurrence en se rendant à Haïti en jet privé et en transgressant avec la complicité d’un petit édile les règles de l’urbanisme pour sa propriété… ? Economisons, économisons : il y a trop de choses à dire et, de toutes façons, on en oublierait.

La tête est pourrie, comment le corps peut-il réagir sinon très vigoureusement… ce qui annonce, passée la trêve des maillots de bain (pas pour tous), une rentrée sociale tendue ? Cette gangrène ne ronge pas que le gouvernement mais, bien plus généralement, la quasi-totalité des élites politiques – c’est d’ailleurs ce qui lui permet de progresser : une sorte de solidarité sur l’air de « je te tiens par la barbichette »… : il n’est qu’à voir les résistances à gauche – efficaces avec le lobby des sénateurs – pour retarder le projet de limitation, toute construite de relativité et de pondération, des cumuls de mandats. La soupe est si bonne en certaines gargotes étoilées…

Se goinfrer…

A minima spectateurs, nous assistons donc, en écran géant, trois D et dolby stéréo, aux voiles du temple qui se déchirent. Ce qu’il y a derrière n’est pas reluisant : se servir et faire croire que l’on sert. Ce qu’il y a derrière ne mobilise même pas le minimum d’intelligence car, ne serait-ce que l’intérêt égoïste de pouvoir continuer à se repaître, un bon sens ordinaire aurait du inciter à la prudence. Mais non, il, s’agit de se goinfrer à toute allure, toujours ça de pris. Les élites politiques creusent de leur cupidité le caveau des belles valeurs de citoyenneté et de démocratie, emportant dans leur lie les exceptions qui refusent, aussitôt promues, de plonger leurs doigts dans le pot de confiture.

Bal tragique…

Il faut s’attendre, en totale conformité avec la société du spectacle, à deux ou trois sacrifices ministériels cathartiques : demain ou après-demain, l’air à la fois digne et affligé, l’étrange lucarne tentera le coup de l’honneur bafoué, du retrait face à la chasse à l’homme. Sans doute, quelques pour cents de gogos s’y laisseront prendre : le troupeau a la larme facile et la mémoire aléatoire. D’autres pour cents s’engouffreront sur l’autoroute tracé par ces VIP mobilisés par leurs avantages au désavantage de celles et ceux qui ne sont et ne seront jamais des « grands » : la fille du borgne va surfer. D’autres deviendront, si ce n’était déjà bien engagés, misanthropes… mais ils n’auront même plus la possibilité de se consoler, l’humour une révolte supérieure de l’esprit, à l’écoute des humoristes (2) qu’un ex-compagnon de Patrick Font et directeur d’un hebdomadaire satirique (pas palmé) issu d’un mensuel qui titra en son temps « Bal tragique à Colombey : 1 mort » (3), devenu patron de radio, a virés… pour cause d’irrévérence et d’humour à l’antenne d’une radio de service public dont « l’actionnaire principal {l’Etat} est mal considéré ». (4)

Pendant ce temps, les gens de peu se résignent : 40% des employés ont renoncé à partir en vacances cet été… ne parlons pas des ouvriers, encore moins des temps partiels et autres contrats « atypiques ». En Martinique, d’où je reviens, la situation n’est guère reluisante : le chômage des jeunes atteint 62%, nombre de collectivités sont en cessation de paiement… Les pioupiou, vaille que vaille, tentent de faire face mais, désespérément, les enceintes du marché du travail sont fermées et, derrière elles, on entend les craquements des dépôts de bilan. Ce sont eux, ces pioupiou, que l’on devrait décorer, pas les gestionnaires d’officines sensées valoriser la fortune des grands. Le pouvoir rend fou. Le seul contrefeu est la démocratie large, représentative et participative, le contrôle citoyen, l’éducation populaire qui permet à chacun de comprendre et d’exiger probité et transparence.

Pareto

Tout cela rappelle étrangement la thèse de la circulation des élites de Pareto : pour qu’une société fonctionne, elle doit être animée d’un double mouvement, ascendant et descendant, que les membres méritants au bas de l’échelle sociale accèdent aux responsabilités (principe de méritocratie ») et que les membres défaillants du haut de la pyramide soient renvoyés à la simple exécution… Si tel n’est pas le cas, une « société bloquée » pour reprendre l’expression de Michel Crozier (5), le sommet et la pyramide s’écroulent d’un coup : de l’empire romain à l’URSS, les exemples ne manquent pas… Les pires nouvelles sont, paraît-il, pour cet été, 50% des Français étant moins attentifs. La seule question est : combien de temps tout cela va-t-il tenir ? Et non plus « peut tenir ».

S’il apparaît clairement impossible de dissocier l’engagement professionnel de l’engagement sociétal et politique , comment peut-on néanmoins demander aux pioupiou de s’engager, voire de renforcer leur implication au titre d’une éthique professionnelle et sur le principe d’équité, alors que tout l’environnement craque et qu’une certaine « réussite » apparaît clairement corrélée à l’égoïsme et à la cupidité ? Reçu hier, avec le CNML (Conseil national des missions locales), par une commission (large) de la CPNEF (Commission paritaire nationale emploi formation), j’entendais des représentants syndicaux évoquer l’inéluctabilité d’un travail sur la déontologie. Inéluctabilité ? Je crains que celle-ci soit toute relative et que, une fois encore, les valeurs soient reléguées derrière, loin derrière, les urgences pratico-pratiques. A la panique morale on répond par le patch instrumental. J’entendais aussi – et ce n’est pas faux – des critiques sur le double discours : « schwartzien » (sic) dans certaines instances et néotayloristes sur les terrains… Les garanties d’inefficacité et même, oui, de contre-productivité sont bien là, dans la vacuité du sens, dans ce – bis repetitas placent – « A force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on parvient à en oublier l’urgence de l’essentiel. » Mais comment faire ?

Méduses sur le sable…

Tant pis, il ne fallait pas lire un article dont le titre annonçait plutôt la dépression que l’enthousiasme ! Toutefois, afin de ne pas laisser lecteurs et contributeurs comme des méduses sur le sable (6), j’ai quelques pépites en réserve pour de prochaines écritures : un bô journal – le n° 3 – de la mission locale de l’agglomération Rouennaise, une « Piste aux étoiles » DVD de la mission locale de La Cabesterre (du côté du Robert, en Martinique)… preuves, s’il en est, que des énergies sont toujours là, actives. Il y a déjà plusieurs années, peut-être même une vingtaine, j’avais lu qu’un programme américain – il me semble nommé « Un million d’étoiles » – avait recensé aux USA des initiatives « positives », heureuses, de citoyens sur les thèmes de la solidarité, de l’innovation, de la cohésion… Ce réseau des missions locales serait bien inspiré de poursuivre, par exemple sur cette voie des « bonnes pratiques », ce qui fût esquissé en juin 2009 avec le Manifeste pour une politique ambitieuse pour la jeunesse… Il y a un besoin existentiel de sens et, au gouffre de l’exemplarité des élites, devrait répondre un Annapurna d’initiatives professionnelles et citoyennes heureuses.

Enfin, ce que j’en dis…

Supplément

Quelques heures après la publication de cet article, une dépêche du Monde me parvenait indiquant que le président procéderait à une « réorganisation du gouvernement » en octobre en tirant « sévèrement les conséquences du comportement des ministres ». Sapristi ! Qui fêtait son élection au Fouquet’s, Rolex au poignet, le 6 mai 2007 au soir du second tour de l’élection présidentielle… une fête à laquelle n’avaient été conviés que les PDG-propriétaires les plus puissants, de Bernard Arnault jusqu’à Martin Bouygues, en passant par Vincent Bolloré, Albert Frère ou encore Paul Desmarais ? Qui poursuivait par une « retraite » sur le yacht de Bolloré ? Qui bénéficiait des généreux donateurs réunis par le ministre du Budget , synchroniquement trésorier de l’UMP, deux ou trois fois par an dans un Palace parisien, le Bristol ? Qui s’augmentait de 172% avant de déclarer, contrit, que les caisses de l’Etat étaient vides (pour les autres) ? Qui touchait – parce qu’il le valait bien, sans doute – un chèque de Mme de Bettancourt en même temps qu’Eric Woerth et Valérie Pécresse ? Remaniement… en octobre ? Faut-il être à ce point déconnecté des réalités pour croire que cela peut tenir encore trois mois !

(1) http://www.mediapart.fr/

(2) Didier Porte et Stéphane Guillon. On peut encore – pour combien de temps ? – visionner les chroniques de Stéphane Guillon sur le site de France Inter.

(3) Hara-Kiri, novembre 1970, pour le décès du général de Gaulle. Dix jours auparavant un incendie dans une discothèque à Saint Laurent du Pont avait fait 146 morts.

(4) Suppression également de la bonne émission qui faisait rêver et voyager, Allo la planète pour motif de nouvelle « grille de rentrée ». On doit s’attendre à d’autres coupes des ciseaux d’Anastasie : sur France Culture, Les pieds sur terre (du lundi au vendredi, de 13h30 à 14h), Du grain à moudre (du lundi au jeudi, de 18h20 à 19h)… et d’autres espaces d’intelligence et de démocratie.

(5) Michel Crozier, La société bloquée, 1971, Seuil.

(6) A ce propos, j’ai chaque jour un ou deux visiteurs de ce blog qui y arrivent par le mot clé qu’ils ont du taper sur leur moteur de recherche, « méduse ». La complexité, c’est l’aléatoire et l’imprévisible. Vraiment.

Vuvuzela de l’évaluation et pari pascalien

Publié: juin 20, 2010 dans Non classé

Cette fois, c’est Régis qui apporte une contribution qui, du foot à la retraite, parvient au plan « Espoir pour la jeunesse » et s’achève sur une certaine circonspection vis-à-vis de la démarche d’évaluation telle que débattue dans les deux précédents articles. La parole à Régis…

« On en a pris deux.

Non, ce n’est pas de foot que je veux parler… même si dans la rigueur ou l’austérité des salaires de 150 000 € nets par semaine sont complètement inadmissibles. Vivement que cette bulle, enfin ce ballon explose et que l’on retrouve les vraies valeurs du sport… cela libérera des moyens car combien coûte le professionnalisme fou à l’Etat et aux collectivités locales ?

Non, ce n’est pas non plus du report de l’âge de retraite à 62 ans, même si on peut s’inquiéter pour les jeunes qui, pour avoir une retraite pleine, devront – périodes sans activité obligent – aller jusqu’à 67 ans…

Non, « deux » ce sont les coupes sombres dans le plan « Espoir pour la jeunesse » (plus certain de son nom tellement il a été vite enterré…).

– Plus de CIE pour les jeunes (sauf à avoir été demandeurs d’emploi plus de 24 mois dans les 36 mois). Même si cette aide sans contrepartie aux entreprises est critiquable, elle était un bon moyen de négocier l’absence d’expérience. On se retrouve dans la même configuration que le RSA jeunes : une mesure qui ne touche pas sa cible.

– La seconde concerne les aides à la mobilité. D’une annonce de 30 millions d’euros, on est à des arbitrages qui les ramènent à la moitié, voire moins. Une prise de conscience immédiatement remise en cause par la dure réalité budgétaire qui m’inquiète encore plus pour 2011.

Alors parler évaluation dans un environnement, qui est remis en cause en permanence et qui est totalement déprimé et déprimant, implique une analyse contextuelle très poussée pour intégrer tous ces éléments extérieurs afin d’avoir une lisibilité dans le temps.

Avant d’en arriver là (pour rappel, l’évaluation inscrite dans la loi vise à répartir les moyens financiers alloués au réseau et à rien d’autre), pourquoi ne pas se fixer des indicateurs très simples : combien de jeunes accompagnés par une conseiller ? Un éphémère secrétaire d’Etat avançait 60 ou 70… Alors mesurons l’écart par rapport à cette donnée : combien de jeunes accompagnés par les Missions locales? Il a été mis en place un indicateur, le JDI (« jeunes en demande d’insertion ») ; il devait être mis au même niveau que la DEFM de Pôle Emploi… qui en connaît l’existence ?

Déjà fixons ce cadre, mesurons les écarts et ensuite mettons en place l’évaluation.

Franchement, toutes ces démarches d’évaluation en même temps me donnent le bourdon, enfin non, pour revenir à la période actuelle, me prennent la tête comme le vuvuzela pour nos pauvres supporters ou commentateurs… »

Le crépuscule des Bleus…

P.L. Evidemment, rien à redire ou, plus exactement, il y aurait tant et tant à dire sur le foot bisness, l’indécence de ces milliardaires qui partent en retraite à moins de trente-cinq ans… eux. La presse, unanime, s’en charge à tel point qu’il va bien y avoir une belle âme pour protester contre un « lynchage » alors que, s’il fallait s’élever contre quelque chose, on pourrait considérer que cette prise de conscience est bien tardive et que, somme toute, elle est moins déterminée par le fond que conjoncturellement  par l’échec sportif : si les Bleus s’étaient qualifiés, les millions d’euros auraient tout au plus suscité l’envie, voire l’admiration. Or l’indécence précédait les résultats, quels qu’ils soient, et il est à redouter qu’on la mette sous le boisseau pour peu que cette « équipe » parvienne à marquer des buts. En tout état de cause, tout ceci, délétère, est bien loin de se limiter au football mais affecte l’ensemble des élites dont l’exemplarité apparaît désormais comme un attrape-gogos : des cumuls de mandats, missions-parachutes et retraites aux imbrications politico-financières, le sommet craque de béances et sa base hésite entre la rétraction, la révolte ou le cynisme.

Vuvuzela

Concernant l’évaluation, Régis avance l’indicateur de « JDI », posant une question – « qui en connaît l’existence ? » – qui m’étonne tant cet acronyme me semblait entré dans les mœurs statistiques des missions locales. Reste que cet indicateur n’est que de réalisation, pas de résultat, et qu’il recouvre une activité minimale, au moins un entretien au cours des cinq derniers mois ce qui, on en conviendra, n’est quand même pas synonyme d’accompagnement… Le JDI est donc un indicateur médiocrement fiable et, ne renseignant que sur l’activité, il est partiel puisque celle-ci ne devrait pas être déconnectée de sa finalité. On remarque d’ailleurs un déplacement avec tout un discours sur l’accompagnement qui se substitue à son objectif … sauf à imaginer que l’on accompagne pour accompagner ou que l’on ait perdu tout espoir de faire aboutir l’accompagnement (1). Autant la focale des institutions vise-t-elle tendanciellement  les résultats, autant celle des missions locales, peut-être par effet de balancier, par compensation, surexpose les réalisations. Bien sûr, raisonner en termes de résultats sans en amont les corréler aux réalisations est partial, incomplet, incapable de fournir des explications qui permettraient de progresser… mais raisonner en termes de réalisation sans en aval les corréler aux résultats semblerait signifier que l’on ne recherche pas l’efficacité ou que l’on se contente d’un postulat, l’accompagnement (relatif ) valant l’insertion. Or, par définition, un postulat est indémontrable.

Quant au vuvuzela version prise de tête par l’évaluation, on ne peut certes esquiver en recommandant ce qui est possible pour le football, ne pas allumer son poste de télévision ou du moins en couper le son, car de deux choses l’une : ou on l’ignore et, à défaut d’une évaluation autonome, on court tête baissée vers une évaluation hétéronome ; ou on la fait évoluer pour y inclure du JDI et autres indicateurs et l’on a une chance d’en faire un outil utile pour chacun (reconnaissance individuelle), pour la structure (légitimité) et pour le réseau (visibilité).

Maintenant demeure cette contradiction –  « parler évaluation dans un environnement, qui est remis en cause en permanence et qui est totalement déprimé et déprimant » – vis-à–vis de laquelle la philosophie peut être d’un grand secours… en particulier Pascal dont on connaît le « pari ».

Ouf, zut, zut et zut…

(très) Librement inspiré dudit  Pascal, reprenons les termes de son pari en substituant Dieu par l’évaluation. Certes, c’est osé, probablement sacrilège.

Hypothèse 1 : l’évaluation sera utile (Dieu existe, dans le pari pascalien)

a) Vous pariez sur elle : vous gagnez (ouf, vous allez au paradis)

b) Vous ne pariez pas sur elle : vous perdez (zut, vous allez en enfer)

Hypothèse 2 : l’évaluation ne servira à rien (Dieu n’existe pas)

A) Vous pariez sur elle : vous perdez…mais vous auriez perdu de toute façon (zut, vous retournez au néant)

B) Vous ne pariez pas sur elle : vous perdez aussi mais vous auriez perdu de toute façon (re-zut, vous retournez au néant).

Dans trois cas (b, A et B), vous perdez et dans un cas (a) vous gagnez.

Reconnaissons (mais cela reste entre nous) que cette transposition est hasardeuse. Cependant et grosso modo, l’esprit de cette « démonstration » est que, face à une évaluation où l’on a la possibilité de la faire progresser, de l’adapter, de combiner indicateurs de contexte, de ressource, de réalisation, de résultat et d’impact, plutôt qu’une évaluation unidimensionnelle arc-boutée exclusivement sur les résultats, le bon sens (qui n’est pas le sens commun) invite à l’engagement. Le langage populaire parle d’éviter la politique de la chaise vide… Autrement dit, nous n’avons la garantie de rien ou de si peu, hormis du fait que, si nous ne parions pas, nous sommes assurés de ne pas gagner. Certes, rien n’étant certain, c’est mince… mais pour progresser il est plus judicieux de parier et de s’engager… même si le vuvuzela de l’évaluation prend la tête.

(1) A ce propos, on note que l’essentiel semble être aujourd’hui le « parcours » alors qu’en 1989 on visait une « place » comme exprimé dans la Charte de 1990 (« Une place pour tous les jeunes »). Serait-ce un indicateur sémantique de ce déplacement, la visée d’une stabilité (output) étant abandonnée au bénéfice d’un processus (le parcours) dont l’aboutissement est aléatoire? Rappelons la métaphore de Robert Castel dans « Du travail social à la gestion sociale du non-travail » dans la revue Esprit (A quoi sert le travail social? n° 241, mars-avril 1998, p. 42) : « Le travailleur social est alors comme un passeur qui s’apercevrait en cours de traversée qu’il n’y a plus de berge où conduire son passager. »

Dialogue social élargi sur l’évaluation

Publié: juin 12, 2010 dans Non classé

Après Serge, Jean-Philippe… ou après la CFDT, la CGT. Jean-Philippe (Revel) apporte sa contribution à la question de l’autoévaluation.

Jean-Philippe : « Certitudes CGTistes ! Avis CGT exprimé lors de la présentation de la démarche d’autoévaluation à Paris le 6 Mai 2010 : cette démarche avec sa pléthore d’indicateurs a été initiée « ante CPO » … quand elle a été remise au goût du jour, en 2008, on a fait comme si la CPO n’avait pas existé. C’est un tort ! Encore des indicateurs, encore des chiffres … cela ne va pas dynamiser la mise en oeuvre de la démarche! Il faut donc l’intégrer à la CPO afin de la rendre obligatoire (l’évaluation doit être une obligation). Cela permettra d’emblée la complémentarité « qualitative escomptée » sans repasser par la case du trop d’indicateurs à renseigner …

Cette auto évaluation ne fait pas mention d’une enquête de satisfaction auprès du public. Pour la CGT c’est essentiel. Rappel : le code du travail implique désormais que les financements des ML/PAIO se fondent également sur la qualité de l’accueil et de l’accompagnement. Encore une raison pour intégrer cette autoévaluation à la CPO qui doit obligatoirement évoluer !

Conclusion : l’autoévaluation, un truc, facultatif, mais qui vise le qualitatif, mais en passant par de multiples indicateurs et qui doit valoriser le travail des ML/PAIO …! »

P.L. Quitte à passer pour un chantre de l’unité syndicale à tout crin et même, sacrilège, du « compromis de classe » avec les employeurs, mes observations sont de même teneur que celles concernant le SYNAMI et rejoignent le discours de l’UNML présente lors des interrégionales. Je m’explique. Ce que dit Jean-Philippe, pour la CGT, est juste… hormis « la pléthore d’indicateurs » car, à Paris et dans d’autres rencontres interrégionales, sauf amnésie, peu d’indicateurs ont été cités. Ceci étant, on peut comprendre que les indicateurs, données chiffrées (1), ne soient pas un levier enthousiasmant pour des professionnels subissant largement le diktat des résultats quantifiables. Et, s’il ne s’agissait que de chiffres, sans aucun doute cela ne dynamiserait guère la mise en œuvre de la démarche… Or, précisément, il n’est pas question que de chiffres et, même, tout au contraire ou presque.

Changer de braquet : de l’uni à la multidimensionnalité…

Entendons-nous tout d’abord sur ces « chiffres » dont le défaut n’est pas de l’être mais de n’être que certains chiffres, ceux des résultats et, encore pire, ceux restrictifs de l’accès à l’emploi… non qu’ils soient négligeables mais, dès lors qu’ils sont exclusifs, ils viennent percuter le concept central des missions locales, subséquemment leur identité : l’approche globale. L’évaluation ou autoévaluation, si elle est saisie par les acteurs et si chacun apporte sa pierre à l’édifice pour la dégrossir, pourra élargir le spectre des résultats aux réalisations, mobilisant des indicateurs correspondant à la multidimensionnalité d’un parcours d’insertion et de son aboutissement, l’intégration. Le problème à résoudre est donc moins celui du « trop de chiffres » que celui de chiffres signifiant un jeune unidimensionnel alors qu’il est multidimensionnel. De plus, ne nous leurrons pas : y compris si ces chiffres prennent au maximum en compte ce cristal à multiples facettes qu’est tout individu, ils ne parviendront pas à tout dire… il y a une dimension humaine irréductible aux calculs, fort heureusement d’ailleurs, une imprévisibilité qui exclut le raisonnement causal de A sur B = C, somme toute une complexité puisque A sur B = C’… ce « ‘ » recouvrant la marge d’incertitude mais aussi de liberté de tout individu et de tout dénouement d’une interaction. C’est ce que j’avais exprimé en parlant des Bricoleurs… de l’indicible.

Interpréter le factuel…

Deuxièmement, quels que soient ces chiffres, ils ne sont qu’un épisode dans la démarche, renvoyant aux faits et ouvrant l’espace du dialogue, des échanges et des interprétations car la signification de « cent jeunes ayant accédé à l’emploi durable » est en elle-même pauvre… ne serait-ce, déjà, parce qu’une qualité des statistiques est leur diachronicité (quelle évolution dans le temps) qui permet une mise en perspective bien plus qu’une simple mise à plat. Par contre, savoir comment ils y sont parvenus, à partir de quelles ressources propres et externes, et quelles vont être les conditions pour que réellement ils parviennent à se stabiliser… enfin bref toutes ces questions sont celles à partir desquelles, apportant des réponses sinon consensuelles du moins convergentes, l’expertise du quotidien des missions locales pourra s’exercer. En d’autres termes, plutôt que de partir d’opinions (par nature changeantes), s’appuyer sur des données factuelles qui ne disent certes pas tout mais qui constituent une introduction à l’interprétation dialectique… passer des données statistiques aux données sociales et sociologiques.

Une démarche systémique…

« Intégrer l’évaluation à la CPO »… préconise avec sagesse Jean-Philippe. Pour reprendre le fil du processus ayant conduit à cette proposition méthodologique, force est de constater qu’au départ cette jonction n’était pas envisagée, ni même souhaitée par certains pour une raison compréhensible mais erronée : ne pas créer de confusion entre une commande institutionnelle hétéronome, celle de l’Etat, et une démarche autonome, celle du réseau. Les expérimentations de terrain ont rapidement démontré que, sauf à obérer toute chance d’appropriation, le projet d’évaluation devait être corrélé à la CPO. Autrement formulé, il fallait coordonner les deux dynamiques et, singulièrement, enrichir le dialogue de gestion, très variable selon les sites (d’un réel débat à un monologue du machin), par l’autoévaluation. J’ajouterais à cette combinaison un troisième élément, le diagnostic socioéconomique territorialisé et « glissant » (c’est-à-dire actualisé chaque année), ne serait-ce que pour deux raisons :

– Ce diagnostic déplace le regard d’une perspective d’offre vers une perspective de demande ou de besoins, c’est-à-dire interroge la mission locale à partir de sa capacité à répondre aux besoins (des jeunes, de l’environnement, des entreprises) bien plus qu’à partir de son exécution des commandes institutionnelles. Autrement dit, le projet (ascendant, partant du terrain) reprend la place que lui grignotait le programme (descendant, partant de l’institution).

– Ce diagnostic permettra de progresser sur l’épineuse question de la corrélation entre les indicateurs de contexte et de ressources et ceux de réalisation et de résultat. A ce stade, les réponses ne sont pas apportées mais elles devront être construites. « Co-construites » plus exactement.

Question d’éthique…

« L’évaluation doit être une obligation… », écrit Jean-Philippe. Oui, elle doit l’être mais beaucoup plus au sens d’une obligation éthique que de l’application d’une norme professionnelle, ce qui, d’ailleurs, serait en totale opposition avec le principe d’auto-administration, d’auto-saisine du conseil d’administration, tel qu’il est posé. Il peut sembler vaniteux de se citer… tant pis, je prends le risque avec cet extrait du chapitre 13, précisément « L’évaluation de la démarche de projet », du premier tome des Bricoleurs de l’indicible (2003).

Interaction au centre…

Enfin, pour Jean-Philippe, « Cette auto évaluation ne fait pas mention d’une enquête de satisfaction auprès du public. »… Alors là, en toute sympathie, non car, tout au contraire, la proposition méthodologique s’appuie sur le principe des « parties prenantes » (stakeholders), au premier rang desquelles les jeunes qui constituent le groupe social point de passage obligé de la validité des informations recueillies. Et il s’agit d’aller bien plus loin qu’une « enquête satisfaction », sujette à de nombreux biais… dont la nécessité pédagogique de refuser une demande ce qui, inévitablement, créerait une insatisfaction (2). Entendons-nous, une « enquête satisfaction » n’est pas à jeter aux orties et peut être à la source de nombreuses améliorations du « bien travailler » et du « bien travailler ensemble »… mais elle est à manier avec précaution car elle tend à substituer, au moins un temps, la subjectivité du professionnel au centre de la mission locale par la subjectivité du « jeunocentre ». Or, ce faisant et outre qu’on ne sortirait pas d’une mono subjectivité, on invaliderait l’importance du professionnalisme qui a « son mot à dire » : au centre, ce n’est ni l’un, ni l’autre mais c’est l’interaction et la négociation « jeunes – professionnels » qui sont productrices de changement. C’est pour cette raison que, bien mieux que des enquêtes ponctuelles, il faut saisir cette évaluation comme une opportunité pour, si ce n’est déjà fait, concevoir et développer l’expression collective et pérenne des jeunes, Acteur collectif, au sein des missions locales. Entre l’enquête satisfaction et le conseil consultatif jeunes, il y a – expression que Jean-Philippe connaît bien – un « saut qualitatif » qui fait la différence.

(1) « L’information fournie par un indicateur est une donnée quantitative mesurant des faits ou des opinions. {…} Parmi les qualités d’un indicateur, on notera qu’il doit produire une information simple, facilement communicable et comprise à la fois par le fournisseur et l’utilisateur de l’information. », Commission européenne, Evaluer les programmes socio-économiques. Glossaire de 300 concepts et termes techniques, 1999, « collection Means », volume 6, p. 69.

(2) J’avais eu, en son temps, cette discussion avec Hubert Peurichard qui souhaitait tester puis systématiser un questionnaire de satisfaction pour le réseau.

Dubitativité synamiste

Publié: juin 11, 2010 dans Non classé

Dans son numéro Synami Flash 88, le syndicat consacre quelques lignes au « référentiel d’évaluation des missions de service public des missions locales » (ouf…) présenté lors de journées interrégionales ou, plus exactement, en matinée de celles-ci, les après-midi étant consacrées au plan de relance. Restent à ce stade et après l’interrégionale de Tours, hier, à deux pas de Chérèque plebiscité et dans une colossale marie inaugurée par Félix Faure (dont on connaît la fin singulière, une histoire de pompe funèbre), deux rencontres, l’une à Marseille, l’autre à Nancy.

Trois points particuliers attirent l’attention du Synami, qui n’appellent pas polémique mais explication.

Synami : « La direction devra nommer« un professionnel dédié ». Il s’agira d’un salarié de la structure qui devrait être volontaire… Le Synami sera très attentif aux modalités de désignation du « professionnel dédié » et notamment à l’allègement de sa charge de travail (on n’imagine pas que le nombre de jeunes en accompagnement reste le même si ce salarié est conseiller par exemple !). »

Non seulement le Synami a raison mais cela est précisé lors de la présentation : ce professionnel dédié, dont on attend des compétences en conduite de projet et ingénierie, exercera une réelle « expertise »… et c’est d’ailleurs pour cela qu’il est préférable de parler d’« expert » que de « référent », cette dernière notion étant un peu vague et devant être réservée à la relation avec le jeune : « référent d’un jeune » et « expert d’un domaine ». Lorsque je présente cette fonction, je la compare à celle d’un responsable qualité ou d’un coordonnateur de projet associatif de structure, estimant le temps consacré exclusivement à la tâche d’évaluation à un quart ou tiers temps. Ceci étant, il est peut-être temps de réfléchir à des modalités de structuration interne des missions locales – cela est fait avec certaines – où, à côté des pôles habituels « emploi » (parfois une équipe elle aussi dédiée), « formation » et « social », on identifie un pôle « ingénierie » qui, d’ailleurs ne doit pas se limiter à l’évaluation mais inclut l’amont, c’est-à-dire l’observation, l’aval, c’est-à-dire l’innovation, et le transversal, c’est-à-dire le centre de ressources documentaire et de valorisation des réalisations (communication).

Si, dans ce pôle, on doit retrouver les expertises correspondant aux axes 4 et 5 de la convention pluriannuelle d’objectifs (mais également aux missions originelles des missions locales : l’observation et l’innovation sont explicites dans la Charte de 1990), celles-ci doivent être – tautologie – exercées et nécessitent du temps. D’autre part, si l’expertise appelle logiquement l’expert, celui-ci est un personnage à deux facettes. Car il peut être un professionnel entièrement dédié dans des missions locales disposant d’une taille critique suffisante, par exemple en charge de l’observatoire et du diagnostic socioéconomique glissant, mais il peut et, sans doute, doit coexister dans chaque professionnel : à côté de la polyvalence de tout conseiller, répondant au principe d’approche globale, construire une expertise dans un domaine est une garantie de reconnaissance (collective pour la structure qui est crédible dans les réunions partenariales et individuelle pour le professionnel qui devient centre de ressources pour l’ensemble de l’équipe)… et que le bon à tout ne soit pas synonyme de bon à rien. Concevoir les domaines d’expertise, les répartir, fournir les feuilles de route et donner les moyens (le temps) pour que santé, logement, citoyenneté, formation tout au long de la vie, égalité, lutte contre les discriminations, etc. correspondent à des connaissances affutées est à mon sens un enjeu désormais de plus en plus patent. Qui plus est, dans la mesure où la multiplication des expertises porte en elle le risque de l’incommunicabilité, cela contraint à synchroniquement à porter l’effort sur la transversalité, l’« agir communicationnel ». Ainsi, de cette façon, on s’approche d’une structure matricielle où se croisent des verticalités (domaines d’expertise) et de l’horizontalité (situations de débat et d’analyse collective). Une organisation forte de ses connaissances, reliant celles-ci à l’action par l’évaluation et l’innovation, un système d’intelligence partagée à la fois stimulant, légitimant et générateur de satisfaction, de « professionnalité ». Passionnant, non ?

Synami : Le conseil d’administration de la structure devra se saisir de la démarche d’évaluation. Nous demandons que les délégués du personnel soient invités lors de la mise en place de cette démarche pour garantir une démarche d’évaluation collective et participative. »

Là encore, la vigilance du syndicat devrait trouver l’occasion d’être satisfaite (que du bonheur !) car cette démarche d’évaluation, à proprement parler plus exactement d’auto-évaluation, ne peut être conduite et aboutir qu’à la condition expresse d’être totalement participative… ce qui implique une conception large, ouverte et même maximale du dialogue social. Ceci signifie que les paroles du dialogue social, compris au sens large « parler du social », soient tenues par les professionnels mandatés et par l’ensemble de la communauté (élus et professionnels)… et même plus : par les jeunes, puisqu’on imagine difficilement que ceux-ci ne soient pas consultés dès lors qu’il s’agit d’évaluer les réalisations de la mission locale. Lecteurs et contributeurs de ce blog savent que ce thème de l’expression des jeunes en tant qu’acteur collectif organisé au sein de la structure est ici récurrent (obsessionnel ?) : un espoir est qu’un bénéfice collatéral de cette évaluation soit précisément l’occasion saisie – enfin – de mettre en place des conseils consultatifs jeunes.

Synami : « Des indicateurs seront mis en place. Pour l’instant, nous n’avons vu qu’une proposition compilant des indicateurs de chiffres et des requêtes P3, ce qui nous laisse « dubitatif » sur l’approche qualitative. Pour nous, les indicateurs de résultats devraient être des indicateurs collectifs, rendre compte de l’accès à l’autonomie sociale des jeunes, permettre d’indiquer si la ML initie ou participe à des projets ou des actions. »

Décidemment, Serge et consorts auront toutes les raisons de se réjouir car, de ces indicateurs, on peut rapidement dire deux choses. D’une part, cette autoévaluation va déplacer la focale aujourd’hui exclusivement fixée sur les résultats en la complétant par une focale sur les réalisations (les processus : par exemple, qu’est-ce que bien repérer, bien accueillir, bien informer, bien orienter, bien accompagner ?… le « référentiel » des missions pédagogiques – « RAIO » – à partir duquel on pourra mesurer l’écart avec le « référé », ce qui est fait). D’autre part, en cohérence avec l’approche globale, indicateurs de réalisation et de résultat devront être identifiés ou classés selon les quatre domaines constitutifs de toute personne (et de tout projet d’insertion) : le Sujet, individuel qui recherche l’accomplissement, le bonheur (individuation) ; l’Acteur, collectif qui est inscrit dans des réseaux sociaux (sociabilité) ; le Citoyen, qui s’émancipe, connaît ses droits et remplit ses devoirs (sociétal) ; enfin le Producteur, qui subvient à ses besoins (économique). Les expérimentations accompagnées devraient apporter des réponses pratiques à cet enjeu de complétude. Ajoutons que, le chemin se faisant en avançant, d’autres enjeux devront être remportés tels que la corrélation, actuellement inexistante, entre les indicateurs de contexte (environnement) et de ressources (moyens) et les indicateurs de réalisation et de résultat.

Voilà, en substance, ce qui me semblait pouvoir être (rapidement, trop sans doute) dit afin que la « dubitativité synamiste » ou circonspection syndicale, expression bien naturelle du doute cartésien, se métamorphose heureusement en contribution active pour que ce réseau progresse… en professionnalité et professionnalisme.

Ca se passe près de chez vous…

Publié: juin 9, 2010 dans Non classé

Inspirés…

C’est un petit ouvrage issu de la mission locale Innovam!, une structure intercommunale recouvrant les villes d’Arcueil, Cachan, Gentilly, Le Kremlin-Bicêtre et Villejuif. Bref, pas tout-à-fait en bord de mer mais ça n’empêche pas les auteurs – huit professionnels de la mission locale et deux sociologues de TESSITURES – d’être, sinon iodés, du moins inspirés.

En le feuilletant, l’écriture évoque une oscillation entre deux conceptions de l’humour, pas nécessairement opposées : celle de Max Jacob (un Breton) pour qui « L’humour est une étincelle qui voile les émotions » ; celle d’André Breton (pas un Breton) selon lequel « L’humour est une révolte supérieure de l’esprit. »

Cela raconte ce qu’est une mission locale : une journée qui défile, des paroles de jeunes, d’élus également, des courtes biographies, des tests comme « Quel genre de conseiller seriez-vous ? » (« Une jeune femme vous demande un 4ème rendez-vous « urgent » après avoir planté 3 de suite sur 4 mois. » a) Vous lui dites que vous ne voyez pas où est l’urgence et lui donnez un rendez-vous ; b) Vous la menacez en lui disant qu’il n’y aura pas de 5ème rendez-vous ; c) Vous vous dites qu’il y a peut-être vraiment urgence et lui donnez un rendez-vous pour le lendemain. »), etc.

Inspirations…

Décidément, après l’ « A.G. chouette » de la mission locale de Rennes, le « Propos sur le bonheur » inspiré par celle du Poitou, la (belle) contribution d’Innovam! nous berce d’optimisme. C’est le temps des profondes inspirations qui permettent d’autres temps probables en apnée. Ce serait dommage de s’en priver (1)

J’y reviendrai.

(1) J’ignore si Innovam! prévoit une large diffusion – c’est à espérer – mais voici les coordonnées : http://www.missionlocale-innovam.fr et (courriel) innovam@ml94.reseau-idf.org