Vœux d’ailleurs qu’ici. 3.

Publié: janvier 9, 2012 dans Insertion/missions locales
Addition.

C’est aujourd’hui Régis qui, de Bougogne, adresse ses vœux aux lectrices et lecteurs. Il nous annonce « un double vœu »… mais c’est juste une mise en appétit rhétorique car, manifestement, ses espoirs ne se limitent pas à deux : on peut en ajouter trois. Ce qui fait cinq.

Régis. De deux à cinq.

« Tous mes voeux aux lectrices et lecteurs de ce blog… et formulons quelques voeux !

En cette période de disette des fonds (la seule reconduction des subventions de l’année précédente conduit à une baisse des moyens… surtout que le système perdure depuis 2005), je formulerai un double voeu :

– Qu’enfin soit reconnue aux Missions locales , membres du service public de l’emploi, bénéficiaires d’une convention collective, une augmentation annuelle de leurs moyens sur la base du niveau d’inflation et d’un GVT (glissement vieillesse technicité) qui permette d’augmenter les salaires et de reconnaître les compétences acquises ;

– Que l’accès au FSE soit facilité, notamment par le bénéfice de la forfaitisation des frais indirects, qui ne leur est pas permis, à mon sens sans aucune raison valable, et qui simplifierait le montage des dossiers et la justification des dépenses.

En cette période de réflexion autour de l’évolution du système Parcours 3 (P4 sera dur à porter), la construction d’un véritable observatoire de la situation professionnelle et sociale de plus d’ 1 200 000 jeunes éclairerait beaucoup plus les politiques publiques qu’un outil de comparaison entre missions locales et entre conseillers.

En cette période de galettes après le mille-feuilles, il serait intéressant que, dans notre partenariat avec Pôle Emploi, aux 235 € si gracieusement accordés soient joints des fonds pour permettre le montage d’actions, de projets à destination des jeunes.

Enfin, dès lors que les partenaires sociaux investissent dans l’insertion des jeunes, il serait intéressant que le FPSPP s’intéresse encore plus à l’alternance et renforce l’accompagnement des jeunes qui choisissent cette voie. Très souvent, c’est leur première expérience du monde du travail, et un échec – malheureusement ils sont trop nombreux – compliquera encore plus leur parcours futur. Car ils devront retrouver confiance en eux et dans les employeurs, voire dans les organismes de formation. Pourquoi ne pas faire de la prévention plutôt que de partir à la pêche aux décrochés ??? C’est peut-être plus rentable pour en revenir au dossier sur l’accompagnement et sa rentabilité. Tutorat interne et tutorat externe sont les voies de la sécurisation des parcours professionnels des jeunes. Les Missions locales, par leur expertise en matière d’accompagnement, par leurs connaissances et relations avec les entreprises, doivent jouer un rôle majeur. »

Tant qu’à faire, mettons en front-line une contribution synchrone, toujours de Régis, à l’article « L’accompagnement individualisé pour l’insertion est-il rentable ? ».

Régis. Les risques de « la pure logique formation – emploi ».

« Mais, si c’est rentable, c’est qu’on est performant et, si on est performant, alors plus de souci pour trouver des fonds : il suffit de s’introduire en bourse.

La densité et la qualité de l’accompagnement sont des facteurs de réussite pour l’insertion professionnelle – sans oublier quand même que l’environnement économique dicte sa loi : la crise touche les extrêmes (jeunes et séniors) qui sont en emploi et réduit les chances d’accès à l’emploi pour ceux qui ont le moins d’expérience et encore plus pour ceux qui ont le moins de diplôme.

Mais, de cet accompagnement imaginé uniquement sous le vocable d’individuel, je voudrais ajouter deux choses :

Il doit aussi permettre aux jeunes d’accéder à l’autonomie dans sa relation au monde du travail… Il peut paraître plus efficace à court terme de multiplier les lieux de rencontres jeunes – employeurs (job dating, forum…), mais il est aussi nécessaire de donner aux jeunes la culture économique de leur territoire et la volonté de se débrouiller seuls pour qu’ils entreprennent d’eux-mêmes des démarches et intègrent cette nécessité de mobilité pour évoluer.

Il est essentiel que cet accompagnement se couple à des actions collectives, à des projets où les jeunes se rencontrent, échangent, prennent les choses en main, se dynamisent, s’investissent. C’est aussi un moyen pour les conseillers de voir les jeunes sous un autre angle et d’éviter de tomber dans une logique de prescription. Cela permet aussi de revaloriser leur image si écornée dans notre opinion publique. Malheureusement, de moins en moins de portes s’ouvrent sur ce champ. La pure logique « formation – emploi » oublie que, pour celui qui a rencontré des difficultés vis-à-vis d’un modèle unique, uniformisateur, seules des voies détournées peuvent lui permettre d’accéder aux clés de ce monde. »

P.L. Finalement, ne pas s’en tenir à cette « pure logique formation – emploi » c’est défendre – mordicus – l’approche globale, non ? Un peu comme ceci, peut-être…

A suivre…

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commentaires
  1. rbeaune dit :

    Quand on aime on ne compte pas…

    Je parlais de double voeu car je voulais mettre en avant d’autres points…

    Le premier concerne la durée d’accompagnement dans un dispositif (CIVIS pour ne pas le nommer) liée au niveau de diplôme… Cette méthode facile pour encadrer les financements a deux inconvénients majeurs :

    – il est très pénalisant pour les jeunes femmes qui, souvent poussées par leurs familles à avoir un premier niveau de diplôme, se sont engagées dans des formations où l’absence de débouchés est total (notamment dans le domaine administratif). Dès lors, il faudra mener un double travail : d’abandon des espoirs dans ce type de métier (sauf à poursuivre jusqu’à minimum bac + 2) et de travail sur un nouveau projet plus réaliste par rapport aux opportunités du monde du travail…

    – il nie le droit au changement, à l’erreur : je me suis formé dans un métier, mais, pour différentes raisons, je veux changer de voie… pourquoi demander aux jeunes ce que peu d’entre nous ont réalisé = une rectitude dans la vie professionnelle ??? pourquoi celui qui a bossé à l’école pour atteindre un diplôme serait pénalisé dans la suite de sa vie professionnelle par rapport à celui qui n’a rien fait scolairement ??? ne dit-on qu’un jeune devra obligatoirement changer 4 ou 5 fois de métier dans sa vie professionnelle??? pourquoi cet avis partagé serait valable si le changement est imposé par l’économie et non valable si la personne en est à l’origine ???

    Le deuxième voeu concerne les contrats aidés… Cette mesure entre dans le cadre du traitement social du chômage… où est l’aspect social des choses car peut-on imaginer qu’en assurant un revenu portant sur 20h de travail on permette le maintien en autonomie d’un jeune??? Que lui reste-t-il après avoir assumé ses charges fixes???… quand pourra-t-on en faire un instrument de la politique d’insertion??? sur la base de trois jours de travail et de deux jours de formation rémunérée… Il y a une complémentarité -et non concurrence- à rechercher avec les contrats en alternance…

    Le troisième concerne la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle… Si mes sources sont bonnes, la dernière revalorisation date de 2000. Comment un jeune mineur peut-il, avec 130.34 €, assumer les charges qu’entraîne une entrée en formation dès lors qu’il a assuré des frais de transport, de repas, d’équipement ??? Comment avec 333.35 € ou 652.82 € (s’il a travaillé) peut-il rester dans une démarche d’indépendance vis-à-vis de ses parents??? Certes, il est avancé qu’une rémunération trop élevée pourrait inciter des élèves à quitter la formation initiale… Mais, pour autant, en empêchant financièrement les jeunes qui n’ont pas un soutien familial suffisant d’accéder à la formation, on crée, on aggrave une inégalité… Ne peut-on pas imaginer une rémunération et une prise en charge des frais???

    Le quatrième serait un peu la synthèse de tout cela en dotant chaque jeune d’un capital lui permettant de bénéficier d’une durée de formation, d’une durée d’accompagnement renforcé et d’une allocation d’autonomie… Alors peut-être un troisème voeu…

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