Première rupture dans la trêve des confiseurs. Suivi d’à propos.

Publié: décembre 23, 2011 dans Actualité: pertinence & impertinence, Au gré des lectures, Insertion/missions locales, Politiques d'emploi

C’est une contribution de Jean-Philippe… au front. Cet homme n’aspire pas au repos. Ni, semble-t-il, aux confiseries.

J.P. « Comme c’est la veille des Fêtes et que je tiens à être « in front » (je pourrais dire « au front », cela me conviendrait mieux). Je commente.

Je commente Généreux :

Suis pleinement d’accord avec cette introduction. Je ne sais pas ce qui vient ensuite, mais comme dans le jeu du cadavre exquis je poursuis. Je poursuis en interrogeant ce qui perverti ainsi le discours politique depuis ces dernières années : « La crise ». Tout est justifié pourvu que cela remédie à la crise… Oui, sauf que la crise… c’est la dette. Et la dette, elle remonte en France aux années Giscard et sa Loi interdisant d’emprunter aux banques d’État (loi de janvier 1973). Voilà les trente années (désormais 40)  qu’évoque J. Généreux qui ont vu s’éteindre la promesse d’un monde meilleur.

Soyons optimiste ! Désormais, la Dette est évoquée, les raisons de cette dette sont de plus en plus connues et diffusées … Plutôt qu’un long discours une petite vidéo de rue 89

Si avec cela vous ne comprenez pas… Bonnes fêtes ! »

P.L. A propos de cette dette… Il fût un temps où le leitmotiv était le progrès. C’était celui des Lumières. Le leitmotiv est désormais la dette et l’horizon est sombre. Le progrès renvoyait à l’espoir, émancipait l’individu ; la dette suinte la culpabilité, agrafe les personnes comme les insectes sur le liège. Le progrès traçait une route. La dette n’est qu’obstacles.

A propos de l’ouvrage de Jacques Généreux La Grande Régression est le dernier élément d’une trilogie avec La Dissociété (2006) et L’autre Société (2009). Ces trois ouvrages – en collection « poche », donc financièrement accessibles – sont passionnants, éclairants… et l’on peut lire le dernier sans être passé par les deux premiers. Rien qu’avec celui-ci, on comprend la question posée par la revue Partage de ce mois, « A qui profite la sous-culture économique des Français ? ». Et, surtout, on commence à y apporter des réponses.

A propos de Partage d’ailleurs… Dans ce bimensuel de très grande qualité qui, pour tout dire, devrait faire partie du viatique de lecture de tout intervenant social, on trouvera un dossier « L’insertion des jeunes » avec quatre articles : « Les origines du désarroi de la jeunesse » (Monique Dagnaud), « Le chômage des jeunes : quel diagnostic ? » (Pierre-Edouard Batard et Emmanuel Saillard), « Enquête auprès des jeunes » (Secours catholique), « L’insertion des titulaires de doctorat dans les entreprises » (Nicole Riedinger et Maryam Zaiem) et « Un service citoyen pour les jeunes délinquants ». Ce dernier article est repris des ASH des 14 et 21 octobre 2011.

A propos des ASH A paraître en janvier un article de votre serviteur, « L’insertion soluble dans la performance », condensé de la réflexion plus longue sur l’efficacité et la performance proposée ici il y a quelques semaines (articlepuis contributions de David, Pierre et Daniel). Vous serez tenus au courant.

A propos des dossiers « L’insertion des jeunes » Juste l’introduction d’une prochaine conférence – toujours de votre serviteur – sur les « décrocheurs » qui s’appellera (la conférence, pas votre serviteur) « Raccrocher les décrocheurs. Mais à quoi ? » Idem : vous serez tenus au courant.

Cet individu est un boulet pour la société.

L’Académie des sciences morales et politiques – où siègent à la « section II : Morale et Sociologie » Michel Crozier et Xavier Darcos et qui n’est certes pas une krypto-officine du NPA – publiait en 2007 un ouvrage intitulé La France prépare mal l’avenir de sa jeunesse (1).  Début 2010, l’Observatoire de la jeunesse solidaire présentait un sondage sous le titre « Cet individu est un boulet sur la société. Un Français sur deux déclare avoir une image négative des jeunes… » (2)

Le 4 janvier 2011 et sur une page entière, Le Monde titrait « Les jeunes sont mal partis ». Le 15 septembre 2011, l’OCDE s’alarmait dans un rapport de la hausse du chômage de longue durée et des jeunes, et invitait à investir en faveur des jeunes » (3). Dans la revue Partage de novembre – décembre 2011, on pouvait lire un article avec ce titre : « Les origines du désarroi de la jeunesse » (4) alors que Liaisons sociales de ce même mois de novembre titrait en couverture « Précaires à vie ? »… (5) Depuis des années, il n’est pas une semaine sans qu’un rapport, un livre, un sondage ou un article constate ou alerte sur les conditions déplorables réservées à la jeunesse quant à son accession à l’adultéité (6).  A tel point que, lorsqu’on a fait de l’insertion des jeunes son thème de prédilection, on en arrive à une réelle saturation : tout a déjà été tellement dit et redit tant de fois que l’on redoute, sans doute à raison, de ne produire que de la répétition. On se console avec l’adage selon lequel « la répétition est la mère du savoir ». Elle est également, côté précepteur, mère du dépit.

A suivre…

(1) Préface de Raymond Barre, éditions du Seuil, 2007.

(2) Sondage AFEC « Les Français et les jeunes », réalisé du 6 au 14 février 2010 par Audirep auprès d’un échantillon national de 1000 individus représentatifs de la population française âgés de 15 ans et plus.

(3) OCDE, Perspectives de l’emploi 2011.

(4) Monique Dagnaud, Partage n° 219, novembre-décembre 2011, pp. 38-40.

(5) « Des contrats précarisants qui font s’éloigner l’espoir d’autonomie des plus jeunes et nourrissent les frustrations sociales de tous. » Anne-Cécile Geoffroy, « Précaires à vie ? », Liaisons sociales n° 126, novembre 2011, p. 20.

(6) On pourrait allonger quasi-indéfiniment la liste des publications. Ainsi en septembre 2011, Trésor-Eco, lettre mensuelle n° 92 du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, était consacré au chômage des jeunes (« Enfin, l’accès à l’emploi se fait souvent au prix d’un « déclassement » (acceptation d’emplois moins qualifiés que ce qu’autoriserait la formation des entrants sur le marché du travail). Celui-ci conduit à court terme à l’éviction des moins diplômés et à une utilisation peu efficace du facteur travail. A plus long terme, le déclassement est un facteur d’accroissement de l’instabilité de l’emploi. ») ; en novembre 2011, la DARES publiait dans sa collection « Document d’études » un numéro « Emploi des jeunes » (« L’insertion dans la vie active est marquée par une forte instabilité… La situation des jeunes est très sensible à la conjoncture économique… Plus de la moitié des jeunes connaissent des épisodes de chômage au cours des trois premières années de vie active, un tiers y reste au moins six mois… »).

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commentaires
  1. pioupiou 44 dit :

    Un peu de poésie avec Cabadzi !
    ça change de la dette
    pour ces jours de fête !

    • Jean philippe Revel - syndiqué CGT dit :

      Hello piou piou…
      Je vois que la compétition contributive ne connaît pas de trêve…et si l’on s’y collait chaque jour jusqu’à la nouvelle année …
      Chiche !

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