Séga et retard à l’allumage

Publié: novembre 19, 2011 dans Insertion/missions locales
Séga…

Voilà le vouiquende, alors un peu de légèreté… en participant, à 10 000 kms de là, au vingtième anniversaire – pardon : « les vintan » – de la Mission Locale Sud, la plus australe du réseau avec celle de Nouvelle Calédonie : au sud de La Réunion. C’est ici.

Retard à l’allumage…

Passée cette séquence – qui, certes, prend le risque de renforcer les stéréotypes selon lesquels le travail n’est pas compatible avec le  cocotier – on pourra s’intéresser au service civique : la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale regrette que les missions locales s’y intéressent peu :

[Extraits] : « Il semble ensuite que les structures accompagnant les jeunes sortis du système scolaire, comme les missions locales, aient été lentes à s’approprier un dispositif perçu comme atypique par rapport à leur coeur de métier. N’offrant pas de perspective d’emploi, le service civique n’a pas attiré d’emblée le public des missions locales ; ces dernières ne l’ont pas non plus spontanément proposé dans le cadre d’un parcours d’insertion, que ce soit en interne ou en intermédiation. De fait, sur les quarante contrats signés d’août à décembre 2010 par les missions locales en métropole (en tant qu’organismes d’accueil et non prescripteurs), trente et un concernaient des jeunes titulaires d’un bac +2, alors que seulement 8 % de jeunes ayant ce profil fréquentent les missions locales, dont le public est constitué à plus de 70 % de jeunes de niveau infra-bac. »

« Pourtant, des réunions interrégionales des directeurs de missions locales destinées à présenter le service civique avaient été organisées aux mois de mai et juin 2010 avec la participation de l’Agence, et l’Union nationale des missions locales (UNML) avait signé en juillet 2010 une convention de partenariat avec l’Agence du service civique et obtenu en août un agrément pour cinq cents contrats d’engagement. On en est loin ! Il apparaît enfin que l’information concernant le service civique n’a pas été suffisamment accessible aux jeunes infra-bac, qui sont les plus éloignés des formes d’engagement associatif. La communication de l’Agence s’est effectuée principalement sur internet – autour du portail http://www.service-civique.gouv.fr ouvert le 16 février 2010 –, support que, selon Mme Claire Fabre, chargée de mission à l’UNML, le public des missions locales consulte très peu, préférant le contact direct avec les conseillers. Par ailleurs, la campagne de communication qui était prévue au mois de juin 2010 pour faire connaître et expliquer le dispositif a été annulée, la dotation de 3,3 millions d’euros qui lui était allouée par le service d’information du gouvernement (SIG) ayant été affectée à la communication sur la réforme des retraites. Aussi, en dehors d’une campagne publicitaire de recrutement diffusée sur plusieurs radios jeunes (Fun, Virgin, Skyrock, le Mouv’…) pendant deux semaines en octobre 2010, et sur le web, en octobre et novembre, l’information sur le service civique s’est limitée à quelques mentions dans la presse à l’occasion de déplacements en régions, de signatures de convention ou de manifestations liées au service civique. »

« De fait, l’Agence a décidé que la priorité serait donnée en 2011 à l’accueil de jeunes de niveau inférieur au bac – sans qualification, issus des quartiers sensibles ou handicapés – afin que la représentation de ce public dans le service civique corresponde à leur proportion dans la population. Dans ce cadre, les missions locales pourraient se positionner comme un acteur pivot du dispositif dont elles mesurent à présent l’intérêt pour l’intégration des jeunes en difficulté. »

C’est dit. Bizarre quand même cette réflexion selon laquelle le service civique serait  « un dispositif perçu comme atypique par rapport à leur coeur de métier »… Signe des temps ? Pourtant le dernier chapitre du rapport Schwartz, trente ans, recouvre deux grandes propositions. La seconde, « Animer l’ensemble au plus près des jeunes », préfigure les missions locales… à l’époque imaginées comme « légères, temporaires, globales et adaptées ». Mais la première, « Un programme de solidarité internationale », outre qu’elle s’inscrit dans la droite ligne de l’éducation populaire, préconise par exemple que l’on permette « aux jeunes de participer à des formes nouvelles de coopération avec le tiers-monde », plus largement d’inscrire les jeunes dans des actions d’aide humanitaire… une des thématiques du service civique.

C’est tout pour l’instant. A suivre.

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commentaires
  1. rbeaune dit :

    Juste une interrogation : pourquoi cette commission base ses analyses seulement à partir du mois d’août 2010 ? la Mission locale de Beaune a proposé en juillet 2010 à 9 jeunes qu’elle suivait (niveau VI à IV) un contrat d’un an en service civique pour expérimenter la mise en place d’un relais santé jeunes : favoriser l’accès à l’information et à la prévention des jeunes par des jeunes en matière de santé… l’action se poursuit avec deux jeunes toujours sous ce même statut avec un double obectif : pérenniser le dispositif et conduire leur projet professionnel… une évaluation est en cours (par un breton en plus)…
    Et quand je lis la base documentaire -de qualité- de l’ANDML, je vois de nombreuses initiatives dans ce sens…
    Mais il faut aussi faire attention à ne pas détourner ce dispositif qui peut être une tentation pour couvrir de véritables emplois par ce statut de bénévole indemnisé….

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