En parlant de…

Publié: octobre 26, 2011 dans Au gré des lectures, Insertion/missions locales, Politiques d'emploi
Pinocchio

En parlant de mammouth, celui-ci n’en finit plus de maigrir… Sous le titre « Confidentiel.  Budget 2012 : 5 700 postes seraient supprimés dans le premier degré et 6 550 dans le second degré », Marie-Caroline Missir signe une dépêche (n° 154119) de l’Agence Emploi Formation selon laquelle 5 700 postes dans le premier degré et 6 550 dans le second degré pourraient être supprimés à la rentrée 2012 dans l’Éducation nationale. « Avec 1 350 postes en moins dans l’enseignement privé et 400 postes de personnels administratifs non remplacés, le total des suppressions d’emplois prévues au budget 2012 devrait s’élever à 14 000 postes, conformément au chiffre présenté en juin par François Baroin, alors ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Dans le premier degré, ces suppressions d’emplois porteraient ainsi sur des postes d’assistants de langue (900) et sur les postes de stagiaires en responsabilité en M2 (600), dont la formation serait ramenée à trois semaines. 4 200 postes d’enseignants « hors les classes » (enseignants de Rased, assistants pédagogiques, surnombres) pourraient également ne pas être remplacés.

Dans le second degré, les 6 550 suppressions d’emplois se répartiraient entre 300 postes d’assistants de langue, 1 000 postes de stagiaires en responsabilité, et 5 250 postes d’enseignants.
L’enseignement privé devrait « rendre » 1 350 emplois : 322 stagiaires en responsabilité et 1 028 postes d’enseignants.

Au total, 10 478 postes d’enseignants ne seront pas remplacés, 1 922 postes de stagiaires en responsabilité, 1 200 assistants de langues et 400 administratifs. »

Si demain vous entendez que la jeunesse est la priorité absolue et que, donc, l’enseignement ne peut être bradé, a fortiori au regard de la « stratégie de Lisbonne » qui voulait faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » (sic), regardez le nez de l’orateur : il devrait s’allonger. Du moins si l’on croit aux contes de fées, ce qui de toute évidence est le pari de ceux qui fondent leur politique sur le postulat « Moins d’Etat, mieux d’Etat ». Rappelons que, par définition, un postulat est indémontrable. Il est donc une question de croyance, ou de foi, ou d’idéologie.

Stratégie ?

En parlant du « grand frère », Pôle emploi, même raisonnement. Face à l’augmentation de la charge de travail entraînée par la crise économique et l’afflux de chômeurs, Pôle emploi avait obtenu un renforcement exceptionnel de ses moyens à l’été 2009 : 1 840 équivalents temps plein supplémentaires lui avaient été accordés », une deuxième augmentation des effectifs avait eu lieu à la fin de l’année 2009 sous la forme de 1 000 CDD et s’y étaient ajoutés au 1er avril 2010 850 ETP transfuges de l’Afpa. En 2011 par contre, la loi de finances a en effet prévu une baisse des effectifs de 1 968 ETP (1 668 CDD et 300 CDI) « en raison de la baisse du chômage début 2011 et de la décroissance des licenciement économiques » et d’ « importants efforts d’optimisation des processus et de redéploiement des fonctions supports ». Oui, on a bien lu : en raison de la baisse du chômage début 2011. Rappelons qu’une stratégie implique une visée à moyen-long terme, un peu de stabilité dans l’instabilité, une capacité projectale qui ne soit pas qu’une succession d’ajustements tactiques…

Le mode industriel de Pôle emploi.

En parlant de Pôle emploi précisément… Benoît Genuini, ancien médiateur de Pôle emploi, a été audité par la mission d’information du Sénat  qui a rendu son rapport, Pôle emploi : une réforme nécessaire, une dynamique de progrès à amplifier. (1) Extraits : « Le premier constat a été extrêmement dur. Nous nous retrouvons en effet face à des personnes qui vivent des situations douloureuses. Elles sont fragilisées par la perte d’emploi mais également souvent par une cascade d’évènements négatifs qui en résulte. Elles sont désorientées. Elles font face à une grande institution avec laquelle le dialogue est quelque peu difficile. Les entretiens sont rapides. Les personnes sont désemparées. Il leur est posé des questions sur leur projet professionnel alors qu’elles ne demandent qu’à retrouver un emploi. » Et : « Pôle emploi est en effet une énorme machine dont il est souvent dit, par le directeur général notamment, qu’elle assure « un traitement de masse » {P.L. à notre sens, lorsqu’on compte 25 conseillers pour 12 000 jeunes comme par exemple en Guadeloupe, l’individualisation est une jolie chanson qu’on se fredonne pour s’étourdir… et le traitement est aussi « de masse »}. L’expression m’a frappé. Nous ne pouvons, au premier abord, qu’être d’accord avec cette formule puisque plus de quatre millions de personnes sont au chômage. Un traitement de masse est donc indispensable. Cependant, l’ensemble de l’institution s’est organisé dans cette perspective de traiter une grande masse de personnes le plus rapidement possible. Ainsi, il est devenu nécessaire de « faire entrer chacun dans le moule » {P.L. Forcer les individus patatoïdes à entrer dans un moule parallélépipédique…}, pour traiter chacun à l’identique en espérant que l’ensemble des demandeurs d’emploi trouveront ainsi leur place {P.L. Ce qui participe d’une auto-illusion : pas plus que les missions locales, Pôle emploi ne crée des emplois ; donc, de toutes façons, tous les DE ne trouveront pas leur place… sauf à ce que le marché du travail revienne à la situation des années soixante-soixante-dix avec un simple chômage résiduel ou frictionnel de 300 ou 400 000 personnes}. Il est vrai que ce dispositif peut fonctionner pour une grande majorité des demandeurs d’emploi. L’approche mise en œuvre, quasiment industrielle {P.L. plutôt médicale en missions locales : on prescrit, on diagnostique…}, peut dès lors se légitimer. En revanche, une telle approche retire évidemment une part d’humanité à la relation avec le demandeur d’emploi. » Une part seulement ?

Collecter ou ne pas collecter ?

En parlant de ce même rapport des sénateurs, on peut y lire qu’« un problème plus complexe, également soulevé par Jean-Patrick Gille, est celui de la collecte des offres d’emploi : « Un critère vient d’être introduit qui nous pose problème dans nos rapports avec Pôle emploi : la collecte d’offres d’emploi. Pour l’instant, cette activité, très importante dans les statistiques de Pôle emploi, restait entièrement de son ressort. Si nous sommes placés en compétition sur la collecte d’offres d’emploi, cela pourrait créer des tensions. » La mission n’est pas certaine qu’il soit pertinent de positionner les missions locales sur le créneau de la collecte des offres d’emploi. Certes, un conseiller d’une mission locale peut recueillir des offres à l’occasion de ses contacts avec les entreprises. Il est alors important que l’offre soit également communiquée à Pôle emploi, la mission locale n’ayant pas nécessairement dans son portefeuille de demandeurs d’emploi le profil adéquat. En revanche, développer une activité systématique de collecte d’offres d’emploi, comparable à celle de Pôle emploi, risque d’occasionner des doublons, le partage des tâches n’étant pas évident à opérer entre les deux organismes. Il n’y aurait pas grand sens à ce que les missions locales, une fois qu’un contact a été établi avec une entreprise, collectent uniquement les offres d’emploi destinées aux jeunes par exemple. La mission appelle donc à la prudence sur ce point, à moins qu’une articulation satisfaisante pour les deux parties soit trouvée. » Rien à redire concernant une « articulation satisfaisante » : qui pourrait être contre ce qui satisfait ? Par contre, qu’est-ce qui justifierait que la prospection en vue de récolter des offres sans s’en tenir au marché institutionnel, dont on sait que la qualité des offres est médiocre et inférieure à celle du marché caché, « risque d’occasionner des doublons » ? Aujourd’hui et ce n’est pas nouveau, ce sont plusieurs intervenants, formateurs, conseillers ou intermédiaires de la politique de l’emploi qui prospectent les entreprises… et le marché du placement est totalement ouvert, ne serait-ce qu’avec les très nombreux sites dédiés où « l’offre de service », pour reprendre un vocabulaire bien connu en mission locale, s’apparente aux contenus des traditionnels ateliers de techniques de recherche d’emploi (TRE)… y compris avec du « coaching »à distance, des « cercles virtuels de recherche active d’emploi », etc. Bref, tout le monde pourrait prospecter… sauf les missions locales – sur lesquelles s’exerce la pression des résultats, carotte et bâton. Cependant, si au hasard de visites d’entreprise des offres d’emploi leur étaient exprimées, elles pourraient bien sûr la recueillir… à condition de la transmettre à Pôle emploi ! Ceci ressemble fort à un volatile que l’on encourage à voler après lui avoir coupé les ailes… Quant au fait que, dans le cas de la prospection, « le partage des tâches n’est pas évident à opérer », il semble qu’un critère (pas trop compliqué) pourrait être retenu : en-deçà ou au-delà de 25 ans révolus… De plus, rien ne s’oppose à ce que, sur les territoires, soient constituées des « équipes emploi dédiées et mutualisées » avec des conseillers emploi et des chargés de relation entreprises de mission locale, des agents de Pôle emploi, des conseillers de maisons de l’emploi et de PLIE, etc. Des équipes mutualisées, cela signifie des professionnels venant de différentes structures et institutions, domiciliés professionnellement au même endroit (se voir, parler…), engagés dans un travail collaboratif avec des objectifs partagés (les résultats n’étant pas re-ventilés dans les structures d’origine sauf à biaiser le système en y introduisant la compétition)… Cela ne rappelle-t-il rien ? Ah, si ! 1982 : la genèse des missions locales avec des équipes exclusivement composées de personnes mises à disposition… Bref, nos sénateurs, bien connus pour leur train de sage lenteur, en ont un de retard.

Mounier.

En parlant de genèse, celles et ceux qui ont participé à la formation « Culture Commune » se souviendront qu’en amont des missions locales sont évoqués l’éducation populaire (de Condorcet à l’éducation permanente et à la formation tout au long de la vie) et un courant philosophique, le Personnalisme, aussi peu connu que son impact sur le monde politique, syndical et du social fût majeur. Le fondateur du Personnalisme, Emmanuel Mounier, est le personnage choisi par Jacques Le Goff qui a dirigé un ouvrage paru aux PUR (Presses Universitaires de Rennes… avec Le Goff, on est dans la celtitude), Penser la crise avec Emmanuel Mounier… le tout étant précédé d’une préface de Jacques Delors, celle-ci étant reproduite dans la dernière livraison de l’excellente revue Partage (n° 218, septembre-octobre 2011) dont le fondateur fût Maurice Pagat qui « a été influencé, tant par le Sillon de Marc Sangnier, que par le personnalisme d’Emmanuel Mounier qui fût son véritable maître à penser. » Cet enchaînement de noms peut sembler laborieux – Condorcet, Mounier, Delors, Pagat… – mais on pourrait y ajouter Pierre Mauroy, figure tutélaire de l’éducation populaire (toujours président d’honneur de la Fédération Nationale Léo Lagrange) et Premier ministre du premier gouvernement Mitterrand qui commanda « le Rapport », Bertrand Schwartz (qui travailla avec Jacques Delors) et… la perdante du second tour des primaires socialistes, maire de Lille (qui fût le fief de Mauroy) et fille de son papa… Pourquoi ces liens ? Pour identifier la constellation (2) à partir de laquelle les missions locales sont nées, le système de valeurs que Mounier définit ainsi : « « Nous appelons « personnalisme » toute doctrine, toute civilisation affirmant le primat de la personne humaine sur les nécessités matérielles et sur les appareils collectifs qui soutiennent son développement. » (3) La place prédominante et essentielle – au sens de l’essence d’un Camus – de la personne en récusant le capitalisme (« nécessités matérielles ») et le communisme dans sa version « guerre froide » ou L’aveu – 4 (« appareils collectifs ») : ce que l’on a appelé la « deuxième gauche » ou la « nouvelle gauche » et où l’on trouve Pierre Mendès-France, Michel Rocard, Jacques Delors, Pierre Rosanvallon (5)… Connaître ses pères est sans doute un prérequis pour ne pas perdre le nord lorsque tout est sens dessus dessous.

In-dis-so-ci-able !

En parlant de la préface de Delors, celui-ci écrit : « Le personnalisme, c’est le rapport constant entre soi-même et autrui, ce rappel que l’homme se définit non pas dans l’isolement mais dans sa capacité d’établir une relation avec son environnement. C’est donc le contraire de l’individualisme exacerbé qui fait tant de ravages. » Si le choix du personnalisme renvoie à des convictions qui impliquent une croyance religieuse, car le personnalisme est le catholicisme social, et auxquelles d’autres pourraient opposer la synthèse qu’appelle de ses voeux Edgar Morin à partir des trois courants que sont le socialisme, le marxisme et l’anarchisme auxquels s’ajouterait l’écologie, force est de constater qu’un de ses concepts-clés est l’indissociabilité : entre l’individu et la société, entre l’économie et le social, entre la théorie et l’action. Ainsi, loin de demeurer dans leurs alcôves pensantes, celle entre autres de la rédaction d’Esprit que Mounier fonda, les philosophes personnalistes furent des acteurs politiquement engagés, par exemple dans les luttes de libération anti-coloniale. Cette indissociabilité a inspiré l’approche globale qui est au cœur du paradigme des missions locales.

IBS

En parlant de missions locales, l’assemblée générale constitutive de l’Institut Bertrand Schwartz se tiendra prochainement, le 10 novembre à Uniformation. A cette occasion, sera constitué le « conseil scientifique et pédagogique » de cet institut dans lequel on trouvera votre serviteur mais également François Dubet et Hervé Sérieyx.

De l’efficacité à la performance.

En parlant de François Dubet, depuis La Galère : jeunes en survie (Fayard, 1987), celui-ci a tracé son sillon dans la sociologie de la jeunesse et de l’éducation, mais également dans celle du travail social : à lire particulièrement son ouvrage Le déclin de l’institution (Seuil, 2002) où il développe son analyse sur « le travail sur autrui » à partir de trois groupes professionnels, les soignants, les enseignants et les travailleurs sociaux. Extrait qui devrait « résonner » aux oreilles des acteurs des missions locales passés de l’engagement à l’institutionnalisation : « Dans tous les cas, cette professionnalisation opère un déplacement de la légitimité, car la légitimité en valeur, celle qui repose sur le caractère « sacré » de l’institution, cède le pas devant une légitimité rationnelle, fondée sur l’efficacité du travail accompli et sur des compétences estampillées par des procédures légales. Et comme cette efficacité est souvent le produit d’un travail collectif, il en résulte un transfert des arguments de légitimation ; ils passent d’un registre vocationnel et individuel à un registre technique et collectif. » (p. 62). Ce à quoi on pourrait ajouter aujourd’hui ce glissement, pour ne pas dire cette dérive, de l’efficacité à la performance, car si l’efficacité est collective (ne serait-ce que parce que l’égalité de traitement, pour une structure qui a une mission de service public, nécessite le travail en équipe), donc coopérative et collaborative, la performance (contrainte par la CPO) renvoie à la concurrence, à la lutte de chacun contre tous… quitte à ce qu’on ne soit pas moins économe des mots sirupeux du « partenariat ».

Prolifique.

En parlant d’Hervé Sérieyx qu’on ne présente plus, rappelons simplement que cet ancien DIIJ est un auteur prolifique, depuis Changer le changement. On peut abolir les bureaucraties (avec Isabelle Orgogozo, Seuil, 1989), où les auteurs plaidaient pour les cercles de qualité et tentaient d’inspirer l’innovation dans les services publics à partir des enseignements de l’école de Palo Alto, jusqu’à « La mutation des organisations productives », un article très didactique reprenant et expliquant les différents « principes » de la théorie morinienne appliquée à la sociologie des organisations (6) : principes « de destination et de cohérence dynamique », « d’articulation entre coopération et autonomie », « de la nécessaire diversité des talents et de leur impérative reconnaissance », etc. A chaque principe succèdent des questions que tout acteur dans une mission locale pourrait et probablement devrait se poser pour que celle-ci (re)devienne un laboratoire d’innovation sociale. On en est loin, de toute évidence. Peut-être, la foi fait vivre, que les cinq principes d’action de cet institut Bertrand Schwartz nous en rapprocheront…(7)

A suivre. En parlant de.

(1) Tome 1 : Rapport, tome 2 : Comptes rendus des auditions et des déplacements, Rapports d’information n° 713 (2010-2011) du 5 juillet 2011 par M. Jean-Paul Alduy.

(2) Constellation où l’on trouverait également Ivan Illich, André Gorz, Hubert Beuve-Mery (fondateur du Monde)…

(3) Emmanuel Mounier, Le Personnalisme, {1949}, 2005, 17ème édition, PUF.

(4) L’Aveu est un film de Costa-Gavras, réalisé en 1970, adapté du livre d’Artur London, avec Yves Montand. L’histoire d’un apparatchik tchécoslovaque torturé parce que accusé d’espionnage au profit des Etats-Unis.

(5) Un de ces jours, nous parlerons de son dernier ouvrage, La société des égaux

(6) in Hermès. La Revue, Edgar Morin, aux risques d’une pensée libre, CNRS éditions, 2011, pp. 127-133.

(7) Les cinq principes d’action : « Penser l’insertion sociale et professionnelle des jeunes dans sa complexité et sa globalité ; écouter les jeunes et s’assurer qu’ils trouvent leur place dans les interventions de l’Institut ; soutenir l’approche territoriale et réaffirmer le rôle des acteurs locaux ; comprendre et favoriser les conditions de l’innovation et de l’action au plus près des jeunes et des territoires ; concevoir la recherche sans la dissocier de l’action en impliquant l’ensemble des acteurs. » On le voit, la place des jeunes dans l’Institut est nettement affirmée. Il ne serait pas superfétatoire qu’elle le soit autant dans les missions locales… en tant qu’acteur collectif et pas uniquement en tant que sujets individuels. Missions locales : encore un effort pour les conseils consultatifs jeunes ! Exhortation… guère éloignée du Coup de gueule en urgence, ouvrage du même Hervé Sérieyx (2004, Eyrolles).

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