Des nouvelles du front

Publié: septembre 23, 2011 dans Actualité: pertinence & impertinence, Insertion/missions locales, Politiques d'emploi
Pôle emploi vendu aux Chinois.

Le Monde.fr Economie titre le 21 septembre « Le Pôle emploi devrait enregistrer 125 millions d’euros de pertes en 2011 ». Bigre… Poursuivons : « Fin juin, le service public de l’emploi enregistrait un résultat négatif de 121,914 millions d’euros, selon la « présentation du résultat au 30 juin 2011 et de l’atterrissage budgétaire 2011 » transmise aux membres du conseil d’administration, qui se réunit jeudi. Cette somme devrait atteindre 124,624 millions d’euros en fin d’année, selon la même source.

Cependant, le quotidien économique Les Echos a relevé cette semaine que « si le gouvernement n’avait pas décidé de reporter sur l’opérateur certaines dépenses de politique de l’emploi, le compte de résultat de Pôle emploi serait à la fin de cette année en excédent, comme l’an dernier d’ailleurs ». Les Echos ont notamment fait état de quelque 150 millions d’euros non versés en 2011, après 130 millions en 2010, liés au transfert des psychologues de l’AFPA au Pôle emploi et à l’allocation de solidarité spécifique (ASS). »

On peut s’étonner d’une telle information qui positionne Pôle emploi comme une ordinaire société avec, ici, des pertes et, subséquemment, dont on pourrait attendre non seulement un budget équilibré mais, pourquoi pas, des profits !

Pioupiou 44, décidément très mauvais esprit, commente : « Pôle Emploi va perdre son triple A. Les économistes bien-pensants vont lui proposer une bonne cure d’amaigrissement. L’institution va être obligée de vendre ses actifs chômeurs aux Chinois ! Les premières enchères sont prévues le 6 mai 2012 vers 20h15 à Paris… »

On ne saurait mieux dire.(1)

C’est parti…

Ca y est, ça n’a pas traîné : le gouvernement va expérimenter des contrats aidés de sept heures par semaine pour des allocataires du RSA, comme le préconisait le rapport de M. Daubresse dont il a été question dans le précédent article. Mme Roselyne Bachelot annoncera officiellement aujourd’hui vendredi l’expérimentation de 10 000 contrats aidés rémunérés, à expérimenter dans des départements volontaires.

Commentaire de Jean apporté sur ce blog : « La proposition de ce sous-CUI est révoltante et fait fi des personnes. Mais en place et lieu de répondre aux besoins des allocataires, elle répond aux besoins des employeurs, privés et publics puisqu’une étude récente montre que 25% des missions d’intérim dure une journée, qu’un intérimaire travaille en moyenne 60 jours par an soit environ un jour par semaine, et 46% ont moins de 30 ans, donc beaucoup public des missions locales. »

Enfermement

Rappelons ce qu’écrivait Dominique MEDA dans « Le Revenu de Solidarité Active en question » (2) :  « Cela {permettre aux personnes de surmonter les contraintes auxquelles elles sont confrontées et qui les empêchent de retrouver un emploi} suppose d’accepter une augmentation du nombre de personnes recensées comme demandeurs d’emploi et de consacrer les moyens humains nécessaires au renforcement de la capacité d’action du nouvel opérateur issu de la fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC. C’est à ce prix – et à ce prix seulement – que l’on peut espérer que les sommes consacrées au RSA produiront pleinement leur effet, à condition aussi que l’on soit capable d’éviter, ensuite, un enfermement des allocataires du RSA dans des durées d’emploi très faibles. » (souligné par nous)

Peau de banane ?

Il faudra également revenir à l’occasion sur cette problématique – un peu plus complexe, semble-t-il – de l’intérim puisque, tout-à-fait récemment (hier), étaient présentés à une ARML les résultats d’une étude concernant les bonnes pratiques des missions locales dans leur rapports aux entreprises dont une partie s’appelle… « Intérim : marche d’escalier ou peau de banane ? »

Pain sur la planche.

L’Association nationale des directeurs de missions locales (ANDML) s’est dotée hier d’un Bureau après un conseil d’administration où la quasi totalité des administrateurs – directeurs étaient présents. Six directeurs-trices accompagnent donc Annie JEANNE donc désormais à l’épicentre de l’ANDML : trois vice-présidents – Antonio CORREIA (Paris), Philippe JOURDAN (Rennes)  et Marie RONDWASSER (Beaulieu-les-Loches), Marie Michèle PISANI (Trésorière, Nanterre), Christine BEGUINOT (Secrétaire, Reims) et Ahmed KASSIM-ISSE (Saint Just-en-Chaussée). Espérons qu’ils-elles n’aspirent pas au repos car il y a du pain sur la planche et même plus.

A suivre, donc.

(1) Le logo reporté ici est emprunté au – toujours – excellent site « La fusion pour les nuls » « L’humour est une révolte supérieure de l’esprit. » André Breton.

(2) La Vie des Idées, 24 avril 2008.

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commentaires
  1. rbeaune dit :

    un peu de silence pour qu’on se « thèse »….
    une maladie de l’avenir, docteur???

  2. rbeaune dit :

    allo Docteur… la mise en oeuvre de l’ANI présente les mêmes symptômes que les contrats d’autonomie, mais avec beaucoup de moyens en moins… je me trompe sur le diagnostic ????

  3. rbeaune dit :

    mais j’avais oublié un symptôme : les jeunes relevant de l’ANI ne peuvent être dans CIVIS pour une histoire de double financement…. mais ceux relevant du contrat d’autonomie oui… = le double financement ne joue qu’au sein d’une même entité… euh mais comment on fait les Missions locales qui mettent en oeuvre conjointement le contrat d’autonomie et le CIVIS…
    Docteur la situation devient complexe…. un éclairage ????

  4. Jean philippe Revel - syndiqué CGT dit :

    Pour répondre sur ce point : Il est à noter que c’est la DGEFP qui s’est empressée de demander l’impossibilité d’intégrer CIVIS pour un jeune intégrant « l’ANI ». ANI ou CIVIS il faudra choisir.
    Ce qui est tout de même surprenant c’est que concernant Pôle emploi, personne n’est allé spécifier qu’un jeune ne pouvait pas être dans le PPAE.
    La question du double financement ne se poserait donc que pour les ML et uniquement parce que la DGEFP s’en est mêlée.
    Par ailleurs, s’agit-il d’un double financement ou d’un autre financement ?
    On voit ici clairement le jeu de l’Etat: Qui spolie largement le FPSPP, qui oriente les financements des ML dans le cadre de cet ANI du 7 avril 2011 (plusieurs ANI sont signés chaque année), et définit cahier des charges (pour les partenaires sociaux) et l’appel d’offres (en direction des ML) dans l’affaire.
    Les partenaires sociaux sont en train de constater cette mainmise de l’Etat sur les ML.
    La CGT fait partie des partenaires sociaux, mais elle est non signataire de cet ANI; elle siège aux différentes réunions pour essayer de signaler certains écueils de la mise en œuvre de cet accord. Dans la délégation CGT, il y a des syndiqués des Missions Locales, ce qui n’est hélas pas le cas pour les autres confédérations syndicales. Si tel avait été le cas, je ne suis pas sûr que l’ANI du 7 avril ait été signé, ou qu’il ait eu cette teneur …mais on ne refait pas l’histoire….

  5. Alors docteur, on n’écrit plus !

  6. PJ dit :

    En pleine crise des dépenses publiques comment est il encore possible de disserter sur des politiques d’emploi destinées à des jeunes qui de tout façon sont incapables de s’insérer et pire, coûtent plus qu’ils ne rapportent ?

    A quoi subventionner tout le temps le logement, travail aidé, santé, formation ?

    Toutes ces guerres internes, CIVIS or Not CIVIS, c’est un peu ridicule ….. Ce sont encore les PME et classes moyennes qui se font plumer et taxer pour cette bande de fainéants

    vive le regroupement familial !

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