Contributions et singularité commune.

Publié: mars 12, 2011 dans Insertion/missions locales

Tour de France.

Pour cette fois, comme indiqué en fin du dernier article, le minimum conventionnel… non qu’il n’y ait rien à dire mais le tour de France avec « Culture commune » en bandoulière et sans EPO, s’il est passionnant de rencontres, est aussi quelque peu épuisant… Ce sera donc, simplement, la parole aux contributeurs : Mahamane et sa critique de la CPO qui n’a pas attendu cette seconde mouture, Hamid peu convaincu, semble-t-il, par la proposition  sur ce qu’est, pourrait ou devrait être l’accompagnement socioprofessionnel et Thierry précisément rencontré autour des trente années d’existence des missions locales… lui qui travaille dans une maison de l’emploi qui a « absorbé » la mission locale.

Mahamane : prendre l’habitude d’un moindre mal…

« La nouvelle circulaire contenait déjà en elle les germes de cette seconde… J’écrivais en juin 2008 ceci :

LA CPO : NOUVELLE ORGANISATION DU FINANCEMENT DU RESEAU ML ET PAIO.

Le Grenelle de l’insertion, la CPO, la  fusion ANPE-ASSEDIC, le Plan Banlieues, etc. Voilà un ensemble de projets ou de programmes qui caractérisent l’année 2008 pour ce qui concerne l’insertion des publics dits en difficultés. Tous, peu ou prou, ont les mêmes objectifs ou visent les mêmes publics. Je m’intéresserai dans ce qui suit du public jeunes, celui dont je crois connaître les problématiques.

Le plan banlieues et le financement des structures jeunes sont de ce point de vue éloquents. En effet, le plan banlieues ne vise exclusivement que les jeunes des quartiers dit sensibles et ces mêmes jeunes sont un public cible dans des rubriques spécifiques de la CPO. Comment les structures d’accueil de ces jeunes vont pouvoir faire la part des choses pour s’y retrouver ? Si le financement des structures répond à une volonté de clarification, et de simplification, il faut reconnaître que cette situation crée plutôt de la confusion.

Pourtant le Grenelle de l’insertion à lui tout seul aurait été suffisant pour mettre à plat un système de financement qui pose question dans le réseau des missions locales. S’il est vrai que la CPO permet une stabilisation financière du réseau pendant une durée déterminée à l’avance, une telle précipitation se justifiait-t-elle réellement? N’aurait on pas pu attendre une année supplémentaire, financer le réseau sur une rallonge budgétaire le temps des conclusions du Grenelle ? Associer réellement les salariés du réseau à la définition des indicateurs mesurables? La concertation d’une instance du réseau, en l’occurrence l’UNML, ne semble pas avoir aplani ces questionnements et sa récente réaction après son Assemblée Générale ne fait que les renforcer au contraire.

Dorénavant, la performance du système de l’insertion des jeunes ainsi que l’efficacité des acteurs se mesureront en résultats quantifiables. Ce principe semble désormais acquis aux yeux des principaux acteurs puisqu’ils ont été « associés » à sa mise en place par leurs instances représentatives, de salariés cadres et de piou-piou* ( CFDT-SYNAMI, CGT, CFTC, ANDML) et d’ employeurs (UNML ou CNML) y compris. Mais parler de performance reviendrait à parler d’évaluation : en d’autres termes, l’Etat qui décide de la mise en place d’un tel dispositif de financement a clairement défini les indicateurs qu’il souhaite dorénavant évaluer. L’accord de l’organisme représentant les structures d’accueil qu’est l’ UNML engage chacune d’entre elles.

Les indicateurs à évaluer qui semblaient satisfaire ces instances risquent de poser bientôt problème au niveau national comme au niveau local. Lorsque ce sera le moment de décrire et de présenter ses résultats, chaque structure ira se défendre de manière isolée. De même quid des structures qui,  supposons-le, ne viendraient pas à atteindre les objectifs chiffrés qu’elles sont sensées avoir contribué à définir ? Pour ces structures là, il faudra bien qu’elles continuent de garantir la rémunération de leur personnel. Si nous acceptons ou laissons faire un scénario de ce type,  nous aurions participé à la mise en place d’un système de recrutement des conseillers au projet. Nous serons ainsi au début du démantèlement de la convention collective nationale des Missions  Locales. Toutefois, nous avons maintenant l’habitude d’entendre que ce genre de propos est alarmiste et que ce ne serait qu’un moindre mal.

* L’expression « piou-piou » est de Philippe Labbé. »

Hamid : des méthodes qui ne réussissent pas ?

« J’ai bien apprécié le sujet sur l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Mais je me pose beaucoup de questions sur le sujet. En effet, peut on franchement croire que c’est une bonne méthode ? Moi, je crois qu’il existe beaucoup d’autres paramètres qui entrent en jeu. Le manque de professionnalisme, l’absence totale de savoir-faire et de savoir-faire comportemental, mais aussi de savoir-être. Ces trois « choses » représentent certainement les compétences de quelqu’un. Ajouté à cela le manque d’organisation flagrant de nos jeunes et leur vie totalement à l’écart de la société pour la plupart, cela fait que ces méthodes ne réussissent que très rarement et laissent souvent le jeune en dehors de toute évolution sociale. »

Thierry : presque converti.

« Bonjour, et merci à toi Philippe que je ne connaissais pas il y a trois jours et qui m’a permis de m’immerger dans cette culture des missions locales et de leur réseau, de mieux comprendre ce militantisme, cet état d’esprit, cette riche histoire à laquelle il me tarde encore plus qu’avant de collaborer et de vivre au quotidien dans l’intérêt des jeunes et de leur projets à venir. Presque converti, tu vois, tu as fais un excellent travail. Merci. »

Pictocharentais.

Tiens, juste pour conclure sans trop d’efforts… Rencontrant de nouvelles têtes dans chaque région, montre en main, je peux me faire silencieusement un pari : « ca sera dit avant quinze minutes ». Je gagne à chaque fois. Mais, au fait, que me disent systématiquement mes interlocuteurs avant le quart d’heure fini ? «  Vous savez, ici c’est particulier. » Chacun a donc le sentiment, plus : la certitude, que ici, bien sûr il y a des ponts communs avec là-bas mais, quand même, c’est « particulier ». Dont acte.

Et démonstration par l’interprétation par les pioupious pictocharentais (habitants du Poitou-Charentes) de la Charte de 1990 en s’appuyant sur le Baudet du Poitou. Deux jours auparavant, les pioupious aquitains (id. Aquitaine) avaient choisi la bouteille comme support de leur expression.

Déjà la Charte de 1990 avait été illustrée en betterave par les Picards… que vont imaginer les Lorrains puis les Bas-Normands ? Suspens.

Se lécher les babines…

Le Monde vient de décerner ses prix à cinq doctorants en sciences humaines qui seront publiés par les Presses Universitaires de France. Sous le titre « Eloge du bricolage et du braconnage », un article du quotidien commence par ces mots véritables mises en bouche : « Qui n’a pas vu notre inusable président du jury du prix « Le Monde » de la recherche universitaire en sciences humaines, Edgar Morin, présenter les travaux des lauréats de l’année n’a pas vu la curiosité intellectuelle en action. On dirait le chef d’un restaurant trois étoiles chargé de détecter les jeunes talents, se léchant les babines en décrivant leurs trouvailles, avec cette générosité gourmande de l’esprit pour détecter ce qu’il peut y avoir de nourricier. »

Montée en charge…

Les missions locales connaissent l’Agence du service civique, présidée par Martin Hirsh. Rappelons que celle-ci a publié cinq documents intéressants, que l’on peut considérer comme les référentiels du service civique dans les domaines concernés : sécurité civile, environnement et développement durable, prise en charge des personnes sans abris ou mal logées, éducation à la santé et promotion de la santé, solidarité et prévention de l’isolement. En page 2 du Monde du 10 mars, « 7 607 jeunes font leur service civique ». 5 400 étaient entrés dans ce dispositif en 2010 – l’Agence a été créée le 12 mai 2010 – et 2 207 depuis le début de l’année. 15 000 jeunes devraient être accueillis en 2011, 20 000 en 2012, 25 000 en 2013. Je me demandais, seul dans mon coin, si les missions locales avaient une réflexion commune sur cette problématique du service civique et de leurs jeunes usagers, quelque chose qui soit du registre d’une mutualisation des bonnes pratiques…

Publicités
commentaires
  1. Jean philippe Revel - syndiqué CGT dit :

    Déjà en 2008, la DGEFP disait donc avoir consulté les « acteurs du réseau » ?!
    Pour ce qui concerne la CGT : Nous avions dû écrire à plusieurs reprises au DGEFP de l’époque pour pouvoir nous exprimer sur ce que nous savions « mortifère » pour le réseau.
    Résultat : Une audition de la CGT, qui avait diffusé à l’époque sa note très critique …
    Rien n’a changé

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s