Au sujet de la précarité. Et de la circulaire DGEFP CPO-CIVIS.

Publié: février 28, 2011 dans Non classé

Sainte-Luce.

Ouf, on trouve Le Monde Economie du 22 février à Sainte Luce, petit port de pêche tout au sud de la Martinique où l’on trouve également une mission locale, « Espace Sud », qui recrute son-sa nouveau-velle directeur-trice ! Ouf… d’autant plus qu’on ne peut assurément pas le rater (pas le futur directeur : le journal), ni même patienter, puisqu’il titre « 2021. Comment sortir des jeunes de la précarité ». Sans point d’interrogation, ce qu’on pourrait traduire par l’annonce – enfin – d’une solution.

Sauce dieppoise…

Plutôt que « la » solution,  ce sont des propositions encore au stade du débat  car, au bout du compte, la seule convergence est celle du diagnostic… évidemment sombre. Le Monde s’appuie, entre autres, sur le rapport déjà cité ici du Conseil d’Orientation pour l’Emploi (COE), Diagnostic sur l’emploi des jeunes : la précarité des jeunes ne fait qu’augmenter et est devenue structurelle, la forme normale du contrat de travail pour les jeunes est le CDD, etc. Une belle résolution également : « Le fait que le capital humain soit une richesse qu’on ne peut plus considérer comme une variable d’ajustement du marché de l’emploi fait à peu près l’unanimité. » Précisons que cette dernière concerne les économistes, sociologues et autres intellectuels des think tank, paraît-il de droite comme de gauche. Pas nécessairement les employeurs et là, sans doute, est le hiatus. Civiliser les employeurs, écrivait Dominique Méda dans Qu’est-ce que la richesse ?… Continuons les vœux : « La question est de savoir comment valoriser ce capital afin que l’embauche d’un jeune soit, enfin, perçue comme un investissement plutôt que comme un coût. » Il faut se préparer apostoliquement à faire preuve de beaucoup-beaucoup de pédagogie et de force de conviction car, hormis les adhérents, quasi-apôtres, du Centre des Jeunes Dirigeants et quelques autres patrons perles – rares, l’embauche des jeunes est bien plus associée par les employeurs à des charges et à une période insuffisamment productive qu’à un investissement. Et la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) ? C’est un peu comme les coquilles sauce dieppoise : beaucoup de sauce, peu de chair… Ainsi nombre de retours de conseillers ou de chargés de relations entreprises font état de « la » question de l’employeur à qui une candidature de jeune est présentée : « combien je vais toucher ? » On est loin de l’investissement… ou, tout au moins, s’exprime ainsi une conception originale de l’investissement : qu’il rapporte immédiatement sans coûter… Lot de (piètre) consolation : si les jeunes sont considérés comme une charge, outre que cela signifie qu’on n’est plus dans une logique de transmission des métiers, cela les rapproche des seniors – voilà de l’intergénérationnalité ! – puisque ces derniers ont vu s’évaporer en obsolescence leur expérience. Jeunes et vieux, même combat… reste à secouer les inclus terrés dans leurs niches cdistes!

Coup de pouce systémique.

Et il n’est même pas certain qu’on parvienne à cette unanimité sur le capital humain puisque, celle-ci à peine indiquée, on peut lire : « Les unes {convictions} insistent sur la nécessité d’abaisser le coût du travail… », ce qui revient exactement à l’inverse de la conception d’investissement. Pour permettre aux jeunes d’accéder à l’emploi, baissons les charges : on connaît de très longue date cet argument – les exonérations des CDD lors des « plans Barre », avant même la création des missions locales – qui revient à considérer le coût du travail des jeunes comme une dépense qui, subséquemment, justifierait un coup de pouce des pouvoirs publics. Et comme nous sommes dans la complexité, marquée d’interactions et d’incertitude, ce coup de pouce ici produit des effets systémiques là et, de la sorte, on en vient à mettre en cause par des SMIC jeunes ou assimilés les minima conventionnels. Cela rappellera quelque chose au tout nouveau président de la toute nouvelle mission locale parisienne.

Parmi les pistes, bien sûr, on trouve celle de Terra Nova dont nous avons déjà parlé, le « capital formation »… qui inspire Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, avocat d’affaires et aussi – quel homme ! – président du think tank Génération France, puisque ce dernier préconise « de créer un compte individuel de formation dont le capital serait inversement proportionnel au niveau de formation initial. » Pour ce même Copé, « la première cause de l’exclusion des jeunes est le coût du travail. Aussi, compatissant avec les pauvres employeurs, propose-t-il de transférer une partie des charges salariales et patronales vers la TVA ou la CSG. » Ce qui, retour à la case départ, revient à considérer comme une dépense l’embauche de jeunes. Terra Nova, par contre, préconise « un taux de cotisation patronale variable en fonction du taux d’emplois précaires de l’entreprise »… ce qui n’est pas du tout la même chose : la carotte pour les « bonnes » entreprises, qui jouent le jeu d’emplois stabilisés, et le bâton pour les « mauvaises » entreprises aux CDD variables d’ajustement… pas certain que la dame aux yeux bleus, Parisot, s’en satisfasse. Pas plus d’ailleurs que de la proposition de la Fondation Jean-Jaurès qui « estime que la lutte contre la précarité passe par un regain du rôle de toutes les parties prenantes de l’entreprise », en particulier en accordant plus de pouvoirs aux représentants du personnel : « Un droit de veto du comité d’entreprise, par exemple, permettrait de lutter efficacement contre la précarité. » Les pioupious pourront s’étonner que le COE plaide pour la systématisation de l’alternance en dernière année de cursus puisque, précisément, leur géniteur Bertrand Schwartz promouvait l’alternance mais… en début de cursus. C’est ainsi qu’il a d’ailleurs réformé l’Ecole des Mines de Nancy : « Je privilégie pour commencer le savoir faire pour acquérir une expérience que l’on transforme ensuite en savoirs… » Pour Philippe Askenazy, « la véritable réponse consiste à cesser les politiques d’emplois précaires et à construire une nouvelle stratégie de croissance en répertoriant les besoins du futur, susceptibles de générer des emplois qualifiés et pérennes comme, par exemple, dans le secteur de la santé. » Ce qui ne sera pas sans rappeler à certains un programme des années 2000… les « emplois jeunes ». Quant à combattre la précarité des postes proposés aux jeunes, rien de nouveau sous le soleil puisqu’on peut lire dans la lettre de commande de Pierre Mauroy à Bertrand Schwartz (1981) : « … de telle sorte que les jeunes de cet âge ne soient jamais condamnés au chômage, ni à des emplois par trop précaires… » Faire, défaire, refaire.

K.M.

Le même Askenasy, toujours économiste, ne mâche pas ses mots dans Marianne n° 722 (19-25 février 2011), avec un article « Le bataillon de réserve du capitalisme », clin d’œil au barbu K.M. et à son « armée de réserve » de travailleurs précaires et chômeurs. Précisément, cet hebdomadaire consacre son dossier à la précarité avec, à sa Une, « 750 euros par mois ! Six millions de salariés doivent s’en contenter. » L’éditorial de Jacques Julliard donne le ton, sans concession aucune : « Le travail précaire n’est pas une fatalité. Son développement continu, depuis une vingtaine d’années, ne correspond pas à une nécessité technique, mais à la volonté du patronat de peser sur les salaires à la baisse, au mépris de la notion de salaire minimum, qui correspondait à l’origine à une exigence de dignité élémentaire pour le travailleur. Qu’avec les progrès de la technique et de la productivité le quart des salariés émargent aujourd’hui largement au-dessous du Smic dit assez l’ensauvagement social et moral du capitalisme actuel, qui se sert de la concurrence qu’il se fait à lui-même pour justifier la combinaison de l’ère de l’informatique avec celle des bas-fonds de Dickens. » Tout l’éditorial est du même tonneau, rien à envier aux plumes de la place du colonel Fabien : « … ce n’est pas seulement le principe de la démocratie que l’inégalité est en train de détruire, c’est l’idée même de société. », « Il se pourrait que la merveilleuse accoutumance des pauvres à l’injustice sociale se révèle bientôt illusoire. », « Basta ! Nous ne devons plus tolérer ce nouvel apartheid. Voilà le vrai programme de la gauche pour les prochaines échéances. », etc. Revenant à l’article d’Askenazy, citons sa conclusion qui, pour le moins, n’est pas dans l’air du temps ergépépéiste et du slogan « Moins d’Etat, mieux d’Etat » : « Le premier pas devrait être accompli par un Etat exemplaire. Qu’il cesse d’embaucher des temps partiels ou des CDD, qu’il offre de vrais emplois et de vrais salaires, et par simple capillarité cela devrait déteindre sur le secteur privé… {ceci étant plus un vœu qu’une probabilité, PL} On peut prendre les sommes considérables consacrées à des politiques de l’emploi contre-productives, environ 20 milliards d’euros par an, et embaucher. De fait, on manque d’effectifs dans de trop nombreux services publics. »

Le bruit des glaçons.

Chacun l’aura constaté, la circulaire pour la nouvelle CPO crée beaucoup de remous, logiquement du côté des syndicats salariés (lire l’analyse très détaillée, mot-à-mot, du Synami dans Synami Flash n° 112) mais également du côté employeurs, l’UNML appelant les présidents à « réaliser {leur} dialogue de gestion sur la base de la précédente circulaire en vigueur jusqu’à la fin 2010. » (Flash UNML n° 145). Par association d’idées, on peut se reporter à un article de Christophe Dejours dans Le Monde du 22 février 2011, « Sortir de la souffrance au travail » : « Parmi les outils de gestion, on a montré que le plus délétère de tous pour la santé mentale était l’évaluation individualisée des performances. Couplée à la menace sur l’emploi, cette méthode d’évaluation se mute en management par la menace. Elle introduit la peur comme méthode de gouvernement, et elle monte tous les travailleurs les uns contre les autres, déstructurant ainsi les solidarités et le vivre-ensemble. » Mettre en concurrence entre elles les missions locales et, selon une logique restreinte de résultats strictement en termes d’accès à l’emploi, faire varier le curseur de la subvention – bâton, c’est faire porter au collectif de la mission locale la responsabilité de la suppression d’emplois. Autrement dit, chacun devient le licencieur potentiel de son collègue, celui arrivé récemment, moins protégé. Ceci, comme indiqué précédemment, dans un système de concurrence entre structures (d’après le Synami, « on a même parlé d’un top 50 des ML ! »), organisé au niveau régional par des agents également sommés d’injonctions de « performance » : bien des agents de l’Etat local sont aujourd’hui en position plus que délicate et on voudrait mettre en place les conditions d’une défiance et d’un découragement généralisés, totalement contre-productifs, que l’on ne s’y prendrait pas d’une autre façon. Suggestion : que dans le cadre de la refonte de la convention collective nationale – tiens, au fait, où en est-on de ce côté ? Sur les terrains s’organisent des équipes emploi dédiées, parfois même mutualisées avec le grand frère Pôle emploi, et toujours sans qu’existe conventionnellement l’emploi de chargé de relations entreprises… – soit intégré pour chaque conseiller un traitement pris en charge par la commission paritaire « Prévoyance » : du Prozac ou son équivalent générique, ou encore du whisky en perfusion, sans même les glaçons, histoire d’oublier…

Des taux : couverture… ou patchwork ?

Bref retour, particulièrement, sur les indicateurs de contexte dont on attend a priori un effet de pondération sur les indicateurs de résultat et de réalisation. Prenons l’exemple des taux de couverture, c’est à dire les JDI sur les 16-25 inactifs et sur les DEFM. Notons en passant que, si le dénominateur est les DEFM de niveaux IV à VI, le numérateur devrait également retenir le critère de niveau de diplôme. Notons également que ces taux de couverture ne sont pas les mêmes que ceux utilisés par l’Inspection Générale des Finances dans son rapport. Pour celle-ci, on a trois taux de couverture :

Le nombre de premiers accueils rapporté au nombre de jeunes de 15 à 24 ans : « Les missions locales reçoivent chaque année 1,2 million de jeunes sur les 8,3 millions de jeunes de 15 à 24 ans que dénombrait le recensement INSEE de 2006, soit 15% de la population. Ces taux de couverture sont suivis localement par les DIRECCTE et varient sensiblement pour atteindre jusqu’à 40% de la population jeune du territoire. » (p. 7, annexe III). On imagine, sans que cela soit précisé, que l’année supplémentaire INSEE des 15-16 ans est considérée comme équivalente à celle manquante ML des 24-25 ans. Un inconvénient de ce taux de couverture est que sa base est celle de la population jeune INSEE, donc recensée, et que plus le territoire est petit (bassin), moins les projections tendancielles sont fiables à T + 2, 3, 4 ans…(1) A titre d’exemple, la population jeune du bassin rennais (DL_ZE19905341.pdf) est celle du recensement de 2007.

Le nombre total de jeunes suivis (une actualité au minimum dans les douze derniers mois) rapporté au nombre de jeunes actifs recensés par l’INSEE : « Les taux de couverture sont alors plus importants, la moyenne nationale s’établissant à 34% avec des écarts importants entre 23% et 24% en Alsace et de 71% à 74% en Martinique… » (p. 8, annexe III). L’inconvénient est le même au regard de la fiabilité des données INSEE. C’est l’enquête Emploi qui permet de mesurer au niveau national le chômage au sens du BIT mais cette enquête, désormais trimestrielle, est réalisée sur la base d’un échantillonnage.

– Le nombre total de jeunes suivis rapporté au nombre de jeunes DEFM catégories A, B et C. Si l’on se réfère aux données DEFM, sur le même exemple rennais, c’est celles du 31 décembre 2009 qui sont utilisées par l’INSEE : il vaut donc mieux s’appuyer sur les données, elles mensuelles, de Pôle emploi ou de la DIRECCTE. « Les jeunes demandeurs d’emploi en fin de mois qui figurent sur les listes de Pôle emploi sont la troisième population de référence à laquelle peuvent être comparés les effectifs en suivi. » (p. 8, annexe III). Sans vouloir brusquer quiconque, un peu d’harmonie entre grands corps et administrations centrales ne serait pas superfétatoire…

Imprécision brouillonne.

Autres réflexions sur ces indicateurs… Qu’est-il écrit page 14 de la circulaire ? « Si l’un des deux (ou les deux) taux de couverture est (sont) en dessous de la moyenne régionale, la DIRECCTE pourra relever progressivement les objectifs pour tendre vers cette moyenne régionale afin de se placer ainsi dans une recherche permanente de meilleure « couverture » territoriale par les ML de sa région. » Or, à ce moment…

– Le raisonnement ne prend pas en compte les spécificités locales mais, tout au contraire, considère que la région est le standard vers lequel doit impérativement tendre chaque mission locale. Formulé différemment, les particularités infra-régionales sont ignorées alors que, de toute évidence, on rencontre des situations très contrastées selon les territoires (bassins dynamiques et atones, urbanité et ruralité…). En d’autres termes et contrairement à ce qui est écrit page 12, les données de contexte ne sont pas là pour pondérer les résultats obtenus mais pour uniformiser les résultats sur une base régionale… et, au bout du compte, même nationale puisque les « 50% d’accès à l’emploi dont 40% à l’emploi durable » sont, d’une part, un objectif national et, d’autre part, applicable à chacune des missions locales… Le problème de la vigie au sommet du mât est qu’elle ne voit pas les reliefs du pont; il faut être matelot pour cela.

– Que se passe-t-il pour les missions locales dont le taux de couverture est supérieur à celui de l’échelle régionale ? Doivent-elles infléchir leur taux de couverture, ce qui évidemment serait absurde, mais, si elles ne l’infléchissent pas, cela signifierait-il que la pondération ne fonctionne que dans un sens… comme d’ailleurs l’exprime la circulaire qui ne retient que l’hypothèse de taux « en dessous de la moyenne régionale » ?

– Sauf erreur de lecture, aucune modalité de calcul n’est proposée pour utiliser les indicateurs de ressources tels que les équivalents temps plein en « offre directe » (chargés d’accueil, chargés d’animation, conseillers et pour partie chargés de projet), alors que résultats et réalisations ne peuvent être comparables que s’ils sont corrélés aux moyens.

– Enfin, les deux pauvres indicateurs des axes 4 et 5, « nombre de jours/homme », révèlent tout l’intérêt porté à l’ingénierie de projet…

Considérons, avec mansuétude, que « le moratoire dans l’application de la circulaire en attendant qu’elle soit renégociée avec l’ensemble des représentants du réseau des Missions Locales » (UNML) sera tout compte fait une occasion pour parvenir à un document moins brouillon. Dans l’intérêt de tous.

Enfin, c’que j’en dis…

(1) Déjà au niveau national, un biais peut se révéler. L’IGF indique d’ailleurs que les taux de couverture progressent légèrement « ce qui est en partie dû à la référence fixe à la population jeune recensée en 2006. » (p. 7). En fait, ce biais pourrait être corrigé en appliquant le taux de croissance annuelle, modalité par contre beaucoup plus aléatoire sinon risquée sur un petit territoire : plus le territoire est grand, plus les inerties sont fortes et les évolutions prévisibles.

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commentaires
  1. Jean philippe Revel - syndiqué CGT dit :

    ça y est, Philippe Labbé a lancé son analyse dans la mare …
    sur la souffrance au travail, en effet il ya hélas matière à étude pour les salariés du réseau.

    Donc, maintenant que tous les acteurs du réseau sont unanimes pour demander l’abrogation pour renégociation de cette circulaire DGEFP, que va-t-il se passer ?

    une révolution dans le réseau ? ou un remaniement à la DGEFP ?

    à suivre

  2. David dit :

    Tu continues de tirer fort opportunément sur le corbillard qui, souhaitons le, emmène cette infâme circulaire au musée des horreurs technocratiques ! Tu pointes ce que les rédacteurs de cette bouillie estiment être la géniale adaptation à l’économie sociale et parapubliques des méthodes du privé qui les fait tant rêver. Nonobstant le conseil qu’on pourrait leur donner d’aller rapidement pantoufler dans ce monde de l’entreprise qu’ils idolâtrent sans jamais y avoir mis les pieds, faudrait leur expliquer qu’avec ce qu’ils veulent nous imposer comme pilotage et autre management de la performance sur la base d’indicateurs foireux, ils seraient capables de nous couler L’Oréal ou EDF en un rien de temps ! Mais le sujet est trop grave pour même les mépriser alors entonnons vigoureusement comme la jeunesse d’outre Méditerranée un vibrant « DEGAGE » !!!
    Mais à qui nous adressons nous au fait ? M. MARTINOT, DGEFP en chef qui a signé ce chef d’œuvre ? Bien sûr que non, la DGEFP tant éprise des ML – et oui, elle n’a plus que les ML à ennuyer puisque toute la politique de l’emploi a été confiée aux mains expertes et privatisées de pôle emploi – doit envoyer des signaux aux grands trésoriers de Bercy devant lesquels les ministères rivalisent en danse du ventre et en batteries d’indicateurs de manière à préserver les primes des plus gradés (cf. primes aux recteurs…). Mais vous n’y pensez pas, à Bercy (c’est qui d’ailleurs dans le bunker ?), on ne fait que se conformer aux exigences du Pacte de stabilité, des critères de convergences et bla bla bla, donc c’est la faute de l’Europe ! Nouvelle erreur, vous voulez parler de cette course à la compétitivité que nous imposent les allemands, ce sont eux les coupables ? On va pas encore se chercher des noises quand même, pas même un siècle écoulé depuis nos dernières escarmouches ? Bien sûr c’est la faute aux chinois, nouveaux maîtres de la planète économie, des agences de notation ou pourquoi pas du FMI qui pourraient vouloir nous faire passer pour un vulgaire SMICARD sur-endetté du monde dit développé ? Bref il y a tellement de coupables de cette circulaire honnie qui veut accabler ce qui fonctionne et se trouve efficient – les ML – qu’on n’a même personne à qui lancer notre « DEGAGE » ! Après tout, ils et elles se reconnaîtront et puis, pour nous qui poussons ce cri, ça soulage !

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