De choses et d’autres…

Publié: février 18, 2011 dans Actualité: pertinence & impertinence, Au gré des lectures

Morpion.

Selon Le Monde.fr du 16 février 2011, « 20 000 milliards de dollars, c‘est le volume de transactions traitées par an par les Bourses de New York, Paris, Francfort, Amsterdam, Lisbonne et Bruxelles. De son côté, la Société Générale a sextuplé son bénéfice net, soit 3,917 milliards d’euros. » Au palmarès des sociétés du CAC 40, parmi les cinq premières entreprises quatre sont des banques : Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole et Natixis.

Est-il utile de rappeler qu’il y a très peu de temps, la socialisation des pertes était organisée (la larme à l’œil)  par le gouvernement, avec donc l’argent des citoyens justifiant que les poches (caisses) soient vides et que la RGPP 2 lamine les services publics et réduise les subventions par exemple pour l’emploi, alors que, bien entendu, ces bénéfices seront privatisés, c’est à dire iront dans les poches des actionnaires ? Tout compte fait, heureusement pour la paix sociale que nos compatriotes se contentent d’addiction à TF1 ou M6 en grattant des Grolo, Morpion et autres imbécilités de la Française des Jeux.

Partenariat mission locale – Moving…

On le sait, entre la circulaire DGEFP et la fin du plan de relance, l’agitation gagne beaucoup de missions locales. Une d’entre elles va – en partie – compenser le manque à gagner grâce à un procès qu’elle vient de gagner, soit 4 500 euros d’indemnisation. L’affaire est rapportée par clicanoo.re, la version numérique du Journal de l’Ile de la Réunion. Copier-coller :

« Le patron de Moving défonce un muret et terrorise la mission locale Ouest.

Dossier pas banal hier après-midi, entre les affaires de violences et celles de conduite en état d’ivresse traitées durant l’audience correctionnelle à juge unique. Frédéric Lemoosy, patron des salles de remise en forme Moving, comparaissait pour avoir détruit, en mars 2009, un muret construit par la Mission locale ouest (MIO) à l’entrée d’un parking. L’organisme partage l’étendue de béton avec le club Moving installé à Savanna. Depuis 2006, un litige les oppose sur la jouissance du fameux parking que les deux locataires revendiquent. Le jour des faits, Frédéric Lemoosy arrive torse nu et pénètre avec fracas dans les locaux de la mission locale, terrorisant les employés. Le directeur, qu’il cherche, est absent. Menaces et insultes fusent selon les témoins. « Il est où ce petit Chinois ? »(1), aurait-il crié. Il lance un parpaing dans l’une des vitres du local et va ensuite démolir le muret encore frais, quasiment à main nue ! « S’il est reconstruit, je le casserai à nouveau ». Il a en effet sévi par deux fois auparavant… « Moi, je fais ma justice et vous allez voir ce qui va se passer si vous commencez à m’énerver ! (…) Vous ne savez pas qui est mon père ! J’ai du fric, je fais ce que je veux ». Lecture des propos est faite à l’audience. « Vous auriez pu engager une action en justice si cela mettait effectivement votre activité en péril, relève la juge, agacée. On n’est pas au Far West ! » Le climat est tendu. « Je n’ai pas agi, j’ai réagi… à tort », répondra Frédéric Lemoosy. Me Thierry Codet, avocat de la Mission locale ouest, demande 18 000 euros au total. « Je constate que vous avez déjà été condamné pour outrage en 2009…, note la vice-procureure Danielle Braud. Vous avez un peu de mal à vous contenir quand même… »

« VOUS NE SAVEZ PAS QUI EST MON PÈRE ! »

Avant ses réquisitions, la représentante du parquet déplore l’attitude, incorrecte à son sens, qu’adopte le chef d’entreprise durant l’audience. Et même sa façon de s’asseoir ! Me Alexandra Martinez parviendra à obtenir la relaxe sur les menaces effectivement proférées par son client, mais antidatées. Interviewé dans 7 Magazine en mai 2009, ce dernier affirmait avoir « trois ou quatre grosses colères par an » et que, bien que « peut-être impulsif », il était « quelqu’un de juste » n’aimant pas que l’on doute de « sa » justice. La justice, la vraie, l’a en tout cas condamné à indemniser la Mission locale à hauteur de 4 500 euros. S’il paie l’organisme avant juin prochain, le tribunal pourrait le dispenser d’une sanction plus lourde. »

On achève bien le réseau.

La CGT est cinéphile : clin d’œil à Sidney Pollack qui réalisa en 1969 On achève bien les chevaux, film qui, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer spontanément, ne promeut pas la boucherie chevaline. Il y est par contre question de marathons de danse au début des années trente, celles de la Grande Dépression aux Etats-Unis. Bref, avec en en-tête « On achève bien le réseau », la CGT organismes sociaux dénonce vigoureusement la nouvelle circulaire, déplorant « qu’aucune de ses préconisations d’évolution n’aient été prises en compte ». A savoir :

« Interdiction d’individualiser les objectifs, source de souffrance et de stress au travail.

Prise en compte de la qualité du management, de l’organisation du travail et des aspects ressources humaines.

Mise en avant du projet associatif et du service rendu aux jeunes comme fin de la CPO et non l’inverse.

Intégration d’une enquête de satisfaction et d’une démarche d’autoévaluation. »

Si j’étais président d’une mission locale dont la section syndicale se mobilisait pour de telles revendications, je lui offrirais des fleurs… car ces « préconisations » s’extraient – et de loin – du strict cadre de défense des intérêts particuliers, ce qui ne signifie pas qu’ils soient oubliés, pour insuffler du sens, de la professionnalité… finalement pour remettre à l’endroit ce qui a une fâcheuse tendance à être mis la tête en bas par les temps qui courent.

Tu peux m’appeler Jeannette.

S’agissant de tête en bas, on lira sur Rue 89 d’autres préconisations de l’inspirée Jeannette Bougrab, la secrétaire d’Etat à la Jeunesse et à la Vie associative. Celle-ci était l’invitée de l’émission « Libre antenne » de Fun radio. Soit plus d’une heure de discussion pour évoquer les actions menées par le gouvernement en faveur des jeunes.

Jeannette Bougrab, elle, veut « parler directement » aux jeunes : « Je ne veux pas faire compliqué et que personne ne comprenne. […] Je veux simplement aujourd’hui que tous les jeunes se sentent à l’aise dans leurs baskets. […] Tu peux m’appeler Jeannette. » Suivant le principe de la libre antenne, les auditeurs prennent la parole.

Nabil, 26 ans, d’Argenteuil (Val d’Oise) est au chômage et, malgré son BTS banque, il ne trouve pas de travail dans cette branche.

– Réponse de la secrétaire d’Etat : « Moi, ce que j’ai envie de faire, c’est encore de prendre le CV de Nabil, parce qu’on a des partenariats avec deux grandes banques, la Société générale et la BNP, et donner un coup de pouce. Quand on est des quartiers populaires, on n’a pas forcément le réseau […]. En tant que ministre des jeunes, ce que je fais quand je suis en déplacement, j’essaie de prendre deux ou trois CV, et je donne un coup de main. […] Si ce soir, je me dis que j’ai réussi à vous trouver un job, je pourrais me regarder dans un miroir. »

– Nabil : « Votre proposition est très gentille, maintenant je n’ai pas envie d’entrer dans une société grâce à Jeannette Bougrab. Une des banques dont vous parlez, j’y ai postulé deux fois, en tant que Nabil d’abord et en tant que Marc. Marc a été retenu, mais pas Nabil… »

– Jeannette : « Non, vous ne serez jamais embauché grâce à moi […] mais je peux vous aider à décrocher le premier entretien. Faire en sorte que votre CV reste au-dessus de la pile, ça c’est de mon ressort. »

Piston.

Rue 89 conclut : « Pour faire baisser le taux de chômage chez les jeunes, la secrétaire d’Etat (et non ministre) prend donc le problème à bras le corps. Tant pis pour le modèle républicain, voila le piston érigé en principe politique. Avis aux 640 000 jeunes au chômage : envoyez vos candidatures au ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative. Après tout, ça ne fait qu’un CV de plus à envoyer. »

Réussissez votre plan social.

Plan social est un jeu de cartes présenté comme « impitoyable {et} qui réveillera vos instincts prédateurs et votre cruauté intrinsèque. Tous les joueurs sont actionnaires. Chaque carte représente un salarié. Cadres supérieurs, techniciens, employés, ouvriers… le premier joueur qui parvient à se débarrasser de tous ses salariés réussit son « Plan social » et gagne le droit de délocaliser en Chine. » Selon le site jeuxsoc.fr, « L’intérêt de Plan social réside bien davantage dans son humour grinçant et politiquement incorrect. Les joueurs sont des actionnaires qui essayent de licencier au plus vite tous leurs salariés pour délocaliser leur société en Chine. Chaque carte représente donc un salarié, avec un titre truculent (Pousse-Mulot, ingénieur R&D chargé des arômes artificiels pour suppositoires, pilote de transpalette, concepteur de sites pornographiques et de sites bancaires, poseuse d’amiante, etc.) et une frimousse adéquate. L’auteur incarne tous les personnages et le résultat vaut son pesant de cacahuètes. » On vit une époque formidable.

Peau lisse.

Hier et avant-hier, réconciliation avec une ville qui, pour beaucoup de bretons, aura été bien trop longtemps associée au nom de son maire Marcellin, Raymond de son prénom, ministre de l’Intérieur de 1968 à 1974 : une session « Culture Commune », un régal. Quelques extraits des évaluations : « En totale adéquation avec mes attentes visant à réinsuffler du sens à l’heure de certaines interrogations au regard d’objectifs… » ; « Maître-mot : regarder le jeune comme ressource et non comme problème. Ne pas commencer par diagnostiquer les freins mais calculer au contraire les atouts à l’accès à l’emploi. » ; « Une formidable séquence de rappel sur les origines, le sens du travail… » Il est des situations qui chassent l’usure.

Oui, je sais, il faut parler de « la » circulaire. Ca vient, ça vient. Ca mature. Ca s’enquiert. Ca furète…

(1) Le directeur de la mission locale Ouest s’appelle Ah-Von…

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commentaires
  1. Claude Labbé dit :

    Super !

  2. Jean philippe Revel - syndiqué CGT dit :

    Philippe, tu es sûr que cette circulaire maudite mérite qu’on se penche sur elle …qu’on s’incline …ce serait trop d’honneur que de lui donner de ton analyse.

    Abrogation …ce sera notre dernier mot …!

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