Climat agité et souffle de l’apprentissage.

Publié: février 10, 2011 dans Actualité: pertinence & impertinence, Insertion/missions locales

Agitation : crêpes et moutarde.

Aujourd’hui, un article intégralement rédigé par l’un des plus récurrents contributeurs, Régis Barbier, directeur de mission locale dans une région vinicole célèbre. M’étant absenté une dizaine de jours pour soutenir les pioupious qui marchent la tête en bas entre Maurice et Madagascar et qui, malgré cette posture délicate, sinon acrobatique, démontrent un véritable engagement tant dans un projet associatif de structure (très beau… et avec du sens) que dans une équipe emploi dédiée, j’avoue que ce texte de Régis arrive à point nommé pour combler un déficit d’écriture dont l’explication est à rechercher dans le travail est non l’émollience tropicale, c’est dit. Il n’est pas tout à fait achevé, un troisième paragraphe au titre énigmatique, « Pour un saut qualitatif de l’apprentissage : passerelle et tabouret à quatre pieds… », devant sans trop tarder trouver sa place ici. Bien entendu, on reviendra d’ici peu sur « la » circulaire CIVIS-CPO qui provoque quelques remous… pas exclusivement via ce blog mais dans la presse. Ainsi…

A l’article de 20 minutes concernant les missions locales de Bretagne…

« Emploi Les missions locales vont devoir faire face à des moyens en baisse.

Coup dur pour les 17 missions locales pour l’emploi des jeunes de Bretagne. Leurs présidents viennent d’apprendre la baisse des subventions de la part de l’Etat. A Rennes, ce sont 11 postes sur 75 qui pourraient disparaître. La mission locale pour l’emploi, chargée d’aider les jeunes de 16 à 26 ans à se réinsérer dans la vie professionnelle, pourrait bientôt épauler ses propres salariés. Le ministère du Travail vient d’annoncer le non-renouvellement du plan de relance pour 2011. « C’était à prévoir », selon le directeur de la mission locale de Rennes Philippe Jourdan. Etc.»

… répond le communiqué de l’Union Démocratique Bretonne (UDB) sur son site :

« Le groupe des élu(e)s du pays de Brest exprime sa consternation à l’annonce de la réduction par l’Etat du budget des Missions Locales, la Bretagne étant particulièrement visée par cette mesure. S’il y a un domaine qui devrait être intouchable et qui devrait même se voir développer, c’est bien celui de l’accueil, de l’orientation et de l’accompagnement des jeunes vers l’emploi, sans compter l’accompagnement vers l’accès aux droits fondamentaux comme le logement ou la santé. Faut-il rappeler à ce gouvernement que le chômage frappe en France 26% des jeunes de 16 à 25 ans qui ne sont plus dans un parcours de formation (pour une moyenne de 21% dans l’Union européenne) ?

Le travail de proximité et de suivi personnalisé des Missions Locales en direction des jeunes les plus défavorisés est gravement mis en cause, avec le risque de creuser encore plus l’écart entre les jeunes directement employables et les autres dont l’Etat va en quelque sorte institutionnaliser de fait l’exclusion. Et ce choix-là intervient dans un contexte où l’Etat, se déchargeant de plus en plus sur les collectivités, a décidé de rogner les marges de manœuvre des Régions et des départements en supprimant quasiment leur autonomie fiscale. Etc.»

Tout ceci n’étant pas contingenté en Bretagne puisque, logiquement, la moutarde monte également au nez du côté de Dijon avec un article dans Bien Public et grande photo de Frédéric Rémond, sympathique directeur de la mission locale de ce même Dijon : « Emploi. Missions en péril. La Mission locale de Dijon va perdre 10 % de son effectif, alors que le nombre de jeunes accueillis et suivis augmente. Constat. Le taux d’accès à l’emploi des jeunes des Missions locales est faible, mais comparable à celui des autres dispositifs.

Comment faire davantage, accueillir toujours plus avec moins de financements, donc moins de personnel ? C’est à ce paradoxe que sont confrontées aujourd’hui les Missions locales. Etc. »

Dans ce même dernier article on peut lire que « Régis Barbier, directeur à Beaune, va même plus loin, en disant que certes le non-renouvellement du plan de relance l’amène, avec ses équipes, à faire plus avec moins. Mais il souligne aussi que depuis 2005, la dotation qui lui est attribuée n’évolue plus. Ce qui signifie qu’avec l’inflation, et des hausses de coûts structurels, « en 5-6 ans, nous avons perdu près de 10 % de possibilités d’action. » Et bien précisément, puisqu’il s’agit de Régis, voilà qui fournit une excellente transition pour lui donner la parole.

L’apprentissage : pour un saut qualitatif, par Régis Barbier.

Avant-propos…

Cette analyse se fonde sur l’expérience de huit années de mise en œuvre d’un dispositif de médiation qui avait un double objectif :

Premier objectif, réduire l’abandon de leur formation par des jeunes apprentis du secteur de l’hôtellerie-restauration (et non réduire le taux de rupture, le changement d’entreprise pouvant  être la solution de maintien)…

– il s’adressait à tous les jeunes engagés dans cette voie et non seulement à ceux connus de la mission locale ;

– il n’intervenait, dans la très grande majorité des cas, qu’après la signature du contrat ;

– il se faisait en partenariat avec le syndicat UMIH Côte d’Or, la Chambre de commerce et d’industrie et le CFA.

… Ce taux d’abandon a pu être ramené à moins de 8%.

Second objectif, éviter de laisser un jeune sans accompagnement après rupture (ce qui est désormais appelé « lutte contre le décrochage »).

… Le niveau a été ramené à zéro.

Ce  dispositif est devenu en 2009 une expérimentation au niveau départemental sur la même base avec les deux autres missions locales du département, toutes les chambres consulaires et tous les CFA concernés, avec une extension aux secteurs viticulture et vente-commerce.

L’apprentissage, une réponse adaptée…

L’apprentissage est présenté comme une voie privilégiée pour permettre aux jeunes d’accéder à l’emploi. Selon l’analyse de la DARES de novembre 2010, 86% des jeunes sont en emploi trois ans après la fin de leur apprentissage. Taux remarquable qui doit cependant être un peu modulé selon le niveau du diplôme obtenu et selon la relation entre la formation suivie et l’emploi occupé. L’apprentissage apparaît donc comme une réponse adaptée pour les jeunes qui ne veulent ou ne peuvent pas suivre un cycle de formation initiale classique ou qui veulent lier formation et embauche à l’issue de celle-ci. Pour autant, l’apprentissage n’est pas une mécanique parfaite où, en augmentant simplement le nombre d’entrées, on règlerait –de toute façon pour partie – le problème de l’accès à l’emploi des jeunes.

Toute volonté de le développer quantitativement ne saurait le soustraire à une amélioration qualitative pour remédier à ses faiblesses et paradoxes, amélioration qui doit aussi prendre en compte son hétérogénéité pour répondre au mieux aux besoins des jeunes et aux objectifs que l’on veut se fixer.

1. Faiblesses et paradoxes…

La faiblesse essentielle de l’apprentissage tient aux données de son pilotage qui ne permettent pas de mesurer le nombre de jeunes qu’il laisse en chemin (l’enquête génération 1998 réalisée en 2001 annonçait que les apprentis représentaient 16% des sortants de la formation initiale et 33%  des sans-diplôme) :

Ainsi, les entrées en apprentissage ne portent pas sur un nombre de jeunes, mais sur un nombre de contrats enregistrés. Des ruptures suivies de la signature d’un nouveau contrat vont améliorer l’atteinte des objectifs fixés en termes de contrats sans apporter plus de solutions aux jeunes.

De même, il n’apparaît nulle part le nombre de jeunes qui ont émis le souhait d’entrer en apprentissage, mais n’ont pas pu le faire, faute d’avoir trouvé un employeur (perspectives économiques, défiance vis-à-vis des jeunes, âge du jeune, discrimination, non-concordance par rapport aux besoins,…).

Les ruptures font l’objet du calcul du « fameux » taux de rupture, c’est à dire du nombre de ruptures divisé par le total des contrats enregistrés. Mais cet indicateur présente des limites pour servir de base à un plan d’amélioration. En effet…

– Il ne distingue pas deux étapes décisives dans le déroulement du contrat : la période d’essai et celle postérieure à  l’obtention du diplôme qui permet aux jeunes de rompre le contrat (après un préavis de deux mois) ;

– Il porte sur des contrats, mais ne permet en rien de préciser le devenir des jeunes : après rupture, ont-ils signé un nouveau contrat d’apprentissage dans le même secteur, dans un autre ou sont-ils retournés en lycée ou suivis par une mission locale ou décrocheurs ?

– Il ne donne aucune explication à la rupture ;

– Enfin, il ne peut être ramené à zéro car il faut reconnaître le droit à l’erreur pour le jeune dans son orientation.

Une autre faiblesse de l’apprentissage apparaît avec la mise en œuvre de la loi sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie sous son aspect de lutte contre le « décrochage scolaire ». Si, à partir des données de l’Education nationale, on peut connaître les jeunes qui ont émis comme vœu en premier choix l’apprentissage, rien ne permet ensuite de dire s’ils ont mis en œuvre cette volonté et si celle-ci court toujours (sauf à interroger tous les CFA et les missions locales). Cette absence de passerelle traduit parfaitement la séparation des mondes de l’Education nationale, des CFA et des missions locales, source de beaucoup de difficultés pour les jeunes. Certes, il est prévu de faire communiquer entre eux tous les systèmes informatiques des différentes structures (système interministériel d’échange d’information), mais l’absence de continuité entre la fin de l’année scolaire, l’entrée au CFA ou l’inscription à la mission locale et la mobilité voulue ou subie par les jeunes permettent d’avoir des doutes sur l’atteinte des objectifs (tout jeune décrocheur mineur doit se voir proposer une formation ou un accompagnement dans les deux mois suivant la rupture).

Un premier paradoxe de l’apprentissage : la sécurisation minimale du parcours du jeune.

Celle-ci repose sur  un trépied :

– Le maître d’apprentissage qui n’a aucune obligation d’être formé à cette fonction. Il faut cependant noter que certaines branches professionnelles entendent rendre obligatoire la formation du maître d’apprentissage (par exemple, le groupe de travail de Régis Marcon dans l’hôtellerie-restauration) ;

– Le CFA qui ne commence à intervenir qu’après la rentrée avec un décalage possible de trois ou quatre mois avant la première visite en entreprise ;

– Le jeune qui, très souvent, découvre le monde du travail (42.9% des apprentis sont mineurs, 63% étaient en scolarité avant leurs contrats) avec, en sus, la nécessité de suivre des cours dans un nouvel établissement qui peut être éloigné du domicile et du lieu de travail.

Si la pression est trop forte sur le pied le moins résistant, en l’occurrence le jeune, tout le montage s’écroule…

Si on  compare l’apprentissage avec son voisin proche, le contrat de professionnalisation (circulaire DGEFP du 3 mars 2010), qui pourtant s’adresse à un public souvent plus âgé (donc souvent avec une expérience du monde du travail), on remarque des différences notables (qui proviennent certainement de la participation des organisations syndicales à sa mise en œuvre), avec notamment un contrat de professionnalisation renforcé pour les jeunes non détenteurs d’une qualification équivalente au baccalauréat (ou titulaires de minima sociaux ou anciens bénéficiaires d’un CUI) :

– Indemnisation du tutorat interne : les fonctions d’accueil, d’intégration en entreprise et de suivi de la progression professionnelle sont reconnues et doivent, devraient permettre aux jeunes d’avoir un interlocuteur disponible ;

– Possibilité d’un tuteur externe à l’entreprise traitant des questions qui ne concernent pas directement celle-ci, mais qui sont déterminantes pour le salarié (transport, logement, santé, garde d’enfants…) : on peut s’interroger sur cette frontière entre social et professionnel, mais le jeune peut ainsi bénéficier d’un support externe à l’entreprise et à l’organisme de formation, donc neutre.

Alors que tous les contrats aidés et la nouvelle circulaire CIVIS mettent l’accent sur le suivi dans l’emploi, l’apprentissage reste sur sa construction initiale du seul suivi pédagogique de l’apprenti.

Mais cette faiblesse dans le suivi en emploi vient renforcer celle du montage initial. Toutes les analyses menées sur les ruptures soulignent en effet que :

– Celles-ci touchent beaucoup plus les très jeunes, les niveaux de diplôme préparé égal ou inférieur au baccalauréat (les études ne prennent pas encore en compte le nouveau bac pro en trois ans), le secteur tertiaire et les petites entreprises, bref là où le plus de jeunes à la recherche d’une première qualification s’engagent…

– Le processus d’orientation se limite très et trop souvent à la recherche d’une entreprise, sans validation préalable du projet (stage, vérification des aptitudes physiques, pré-requis, découverte du CFA), sans véritable accompagnement (choix de l’entreprise et conséquences de ce choix telles que le logement, la mobilité).

Un second paradoxe majeur qui concerne… les missions locales.

Reconnues comme pivot de l’accompagnement des jeunes, notamment les moins qualifiés, « adoubées »  par les rapports de l’Inspection Générale des Finances et l’Inspection Générale des Affaires Sociales sur leur capacité à mettre en œuvre un accompagnement socioprofessionnel et un partenariat actif, on pourrait penser qu’elles sont un acteur majeur de l’apprentissage « voie privilégiée d’accès à l’emploi pour les jeunes ».

Hors le constat est tout autre : seulement 4.5% des jeunes accompagnés, soit 25 500, accèdent à l’apprentissage (données CNML 2008) alors que 299 000 contrats ont été signés (source DARES).

Cela voudrait-il dire que :

… les jeunes suivis par les missions locales n’ont pas le profil pour entrer dans cette voie ?

… les missions locales n’ont pas une démarche « proactive » (selon la terminologie à la mode) pour favoriser l’accès des jeunes à cette voie ?

Mais pire encore (ou explication ?), l’apprentissage est une source importante du travail des missions locales :

– Elles vont accueillir un nombre important de jeunes qui n’ont pas trouvé d’employeurs. Cela veut dire faire admettre aux jeunes, soit que leur projet n’est pas réaliste par rapport à leur profil et que le travail d’orientation est à reprendre, soit qu’il ne l’est pas par rapport aux ressources du territoire et qu’il convient donc, soit d’en changer, soit d’envisager une mobilité, soit que les démarches pour trouver l’employeur n’étaient pas les bonnes ou en phase avec la situation économique et donc que la mise en œuvre doit être différée dans le temps….

– De même, dans un délai plus ou moins long, les jeunes qui rompent leurs contrats vont frapper à leurs portes pour chercher une nouvelle voie d’orientation. Cela représente un accompagnement très lourd car les jeunes ont bien évidemment perdu confiance en eux ; leur vision du monde du travail dont, très souvent,  ils viennent de faire la première expérience est très négative (plus le délai entre la rupture et l’accueil en mission locale est long, plus les aspects négatifs prennent l’ascendant) ; enfin, pour les jeunes qui ont terminé leur cycle de formation, elles vont en aider une partie à trouver un emploi dans le secteur où ils ont été formés, mais pour une autre tout aussi importante à trouver une nouvelle voie professionnelle.

L’apprentissage est donc, pour les missions locales, plus source de travail que de solutions… Il pourrait alors être de bon sens de leur demander d’intervenir plus en amont dans la chaîne… mais préalablement, il apparaît nécessaire de creuser plus la nature de l’apprentissage pour en appréhender toute la  diversité et ainsi mieux déterminer les points d’amélioration.

2. Hétérogénéité de l’apprentissage.

Selon le sociologue Gilles Moreau, on peut distinguer trois types d’apprentis que je présenterai ainsi :

– Les « vocationnels » qui ont fait le choix du métier auquel ils se forment et qui feront tout pour réussir ;

– Les « pourquoi pas ? » qui font un choix plus ou moins par défaut et ne s’intégreront que si un soutien fort maintient leur motivation et/ou explique toute l’importance d’aller au terme de la formation ;

– Les « salariés » qui s’engagent pour soutenir leur famille ou maintenir leur autonomie et donc font très peu de cas de l’aspect diplômant et n’hésitent pas à changer d’entreprises, à abandonner ce statut pour un plus  rémunérateur.

On retrouve un triptyque similaire au niveau des entreprises :

– Celles qui forment un apprenti dans la perspective de le recruter et donc mettront l’accent sur son intégration et sur la formation. Ce n’est pas la majorité : 37% des jeunes restent dans la même entreprise à la fin de leur contrat ;

– Celles qui forment pour améliorer le niveau de qualification de leur secteur, mais encouragent à la mobilité ensuite. C’est en quelque sorte le modèle allemand où les entreprises importantes forment plus d’apprentis qu’elles n’en embaucheront pour permettre à leurs sous-traitants d’avoir une main d’oeuvre qualifiée. En France, les secteurs de l’hôtellerie-restauration et de la coiffure sont les principaux concernés…

– Enfin, celles qui cherchent une main d’œuvre à bas coût et qui ne méritent pas plus développement.

L’analyse quantitative de la DARES de février 2011 présente un tableau complet de cette diversité et des évolutions récentes parmi lesquelles on peut retenir :

– Pour les jeunes, un « vieillissement » des nouveaux apprentis et une hausse des niveaux d’entrée et de formation préparée. Mais l’apprentissage concerne encore 48.6% de jeunes qui préparent un CAP et 42.9% de mineurs et le genre masculin reste très largement surreprésenté (67.8%) ;

– Avec 40% des embauches pour les entreprises de moins de 5 salariés, 18,3% pour celles de 5 à 9 et 19,8% pour celles de 10 à 49, les TPE et les PME restent les principaux employeurs d’apprentis (différence essentielle par rapport au modèle allemand), même si on note une croissance sur celles de plus de 250 salariés.

– Le secteur tertiaire (dont surtout hôtellerie-restauration, commerce, coiffure et réparation automobile) représente 55,5% des embauches, en progression au détriment du bâtiment (21,8%), de l’industrie (20,1%) et de l’agriculture (2,6%).

Cette diversité peut permettre de trouver les moyens d’améliorer qualitativement l’apprentissage pour permettre à un maximum de jeunes :

– D’éviter de tomber dans le décrochage scolaire dont l’Union européenne a fait une de ses priorités ;

– D’arriver à un premier niveau de diplôme, meilleure garantie contre le chômage et une des conditions pour gagner par la qualification la guerre mondiale des prix de production et donc de la compétitivité.

P.L. A suivre donc avec une prometteuse histoire de « tabouret à quatre pieds » qui présente, a priori, toutes les garanties de la stabilité !

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commentaires
  1. frdijon dit :

    Bonjour,

    Je ne pensais pas, Philippe, que tu posais un oeil avisé sur la presse régionale (autre que bretonne bien sûr…).
    Toutefois, un petit commentaire relatif aux informations relatées dans la presse, notamment ce qui est indiqué entre guillemets (sans vouloir relancer la polémique sur les guillemets), qui hors leur contexte (ou coupe sauvage du journaliste) peuvent prendre, en l’occurence, un tout autre sens. Exemple « le taux d’accès à l’emploi des jeunes des Missions locales est faible, mais comparable à celui des autres dispositifs » était évoqué dans le contexte actuel d’une situation économique dégradée et d’un marché de l’emploi atone, particulièrement en Bourgogne.

    Pour le reste et pour l’anecdote, le jour de la parution de cet article, la DIRECCTE informait le réseau des MILO de Bourgogne, lors d’une réunion avec les directeurs (les Présidents n’étaient pas invités), de la réduction du budget 2011 de fonctionnement d’environ 5%, en plus, évidemment, de la suppression du plan de relance. Lors de cette même réunion, en préambule, une étude synthétique du SEPES sur le marché de l’emploi en Bourgogne, nous a été présentée, insistant sur la situation difficile de la Région Bourgogne au regard du marché de l’emploi, et de perspectives sombres ou, pour le moins, pas très roses.
    Simultanément ou presque, le lendemain, la nouvelle circulaire relative à la CPO et au CIVIS, était communiquée, indiquant notament que l’accès à l’emploi de 50% des jeunes CIVIS serait particulièrement examiné, pour atteindre, précison notable, le niveau atteint avant le retournement de conjoncture. Joile formule pour dire que ça va s’arranger, ce qui est moins sûr (n’y aurait-il pas un de structurel dans tous ça ?).
    Trois informations qui mises bout à bout, donnent a peu près ceci : Faites mieux (50 % de jeunes CIVIS à l’emploi), avec moins (10 à 15 % d’effectif en moins), mais nous savons le challenge impossible à tenir (perspectives économiques défavorables). La feuille de route est pour le moins confuse, à moins qu’il y est une vraie logique la derrière…nous avons besoin de ton éclairage…

  2. rbeaune dit :

    Sur les financements, j’ai dit deux choses. Une que j’avais déjà écrite ici : on ne peut se satisfaire -comme depuis 2006 et la mise en oeuvre sur une année pleine du plan de cohésion sociale- d’une simple reconduction des financements car avec l’inflation et la hausse normale de la masse salariale (ancienneté, point, baisse des allègements,…) on aboutit à une lente érosion de nos moyens… Une autre qui est encore plus forte depuis l’annonce de nos financements pour 2011 : en 6 ans le financement de l’Etat a baissé de 8.8%… donc si l’on conjugue les deux on ne doit pas être loin de 20%… Ainsi on ne va bientôt plus être à même de lutter contre le chômage des jeunes, mais en plus on va contribuer à sa hausse… cherchez l’erreur…

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