De choses et d’autres…

Publié: septembre 1, 2010 dans Non classé

Ne pas insérer idiot…

Bien, on-je recommence… moderato, doucement et, comme cela a été remarqué, quasi reproché, avec retard à l’allumage… Sans doute explicable par le sentiment que chacun ressent à certains moments : parler pour tenter de ne pas insérer idiot, oui, mais répéter ad libitum avec devant soi le sentiment renvoyé par les faits que ça ne va pas dans le bon sens, que ces mots s’évaporent, sont absorbés dans une sorte de trou noir entropique qui troque la nécessaire rationalité dans l’absurde rationalisme, qui dissout la riche complexité dans le brouet de la complication, et risquer le repli, le « après tout que chacun se débrouille ». Il faut une sacrée force de caractère pour conserver la foi (laïque, s’entend) et pour ne pas rejoindre paradoxalement – puisqu’il associe le grégaire et le particulier –  le troupeau du « chacun pour soi ». Edgar Morin avec son hypothèse toute d’espérance dans l’humanité de la « métamorphose », plusieurs fois évoquée, dispose de cette force ou, plus exactement puisqu’il dit qu’il ne possède pas ses idées mais que ce sont ses idées qui le possèdent, est capable de cette force en y étant contraint. J’avoue l’envier. Souvent.

Commençons par les raisons du dépit, du moins deux de celles-ci pour ne pas inciter à une surconsommation de Prozac, et concluons par celles de l’engagement puisqu’il paraît que c’est mieux didactiquement, que c’est une règle didactique.

Dépit. 1. De l’accompagnement au contrôle.

Avez-vous remarqué que, depuis quelque temps, les échos du grand frère – entendons Pole Emploi, précédemment ANPE – ne sont guère amènes ? Dans les années 80, ce qui transpirait de la culture de l’ANPE était la défense des chômeurs, l’investissement pour eux : porter la parole des petits aux grands et non l’inverse. Depuis quelques années, peu, l’image du grand frère est celle d’un appareil de coercition : il sert le pouvoir plus que les chômeurs. Un feu avait été allumé par Fabienne Brutus avec Chômage : des secrets bien gardés. La vérité sur l’ANPE (1). Mais ce feu couvait sur les braises de Jacques Nikonoff, Chômage : nous accusons ! (2), de Patrick Salmon, Chômage. Le fiasco des politiques (3), de Simon Wulh, Insertion : les politiques en crise (4) et d’autres… aussi pertinents que peu lus. La notion de contrôle s’est progressivement substituée à celle d’aide. Or, dès lors que l’on croise le contrôle avec le critère – point de passage obligé de toute évaluation – d’efficacité, on en arrive aux radiations. De la sorte, ce qui s’est dit hier de l’ANPE et se dit aujourd’hui de Pôle Emploi n’a guère plus qu’un vague cousinage avec l’aide et l’accompagnement ; l’efficacité s’apprécie désormais à l’aune des résultats statistiques selon un indicateur simple : la diminution du nombre de chômeurs, ceux de la catégorie « A » que seules retiennent les médias et la communication gouvernementale.

Utile.

Ainsi Le Canard enchaîné du 18 août consacrait un article, « Pôle emploi s’est converti au karcher pour faire du chiffre », à partir du site Recours radiation. Voici une adresse bien utile (avec des modèles de courriers et recours, un forum, ce qu’il faut faire selon le motif de la radiation, etc.) à mettre en favori car on imagine que plus d’un jeune de mission locale fait partie des 500 000 radiations annuelles (5)… L’initiative de ce site revient à AC ! (Agir contre le chômage !) et, si on descend jusqu’en bas de la page d’accueil, on y lit : « Ce site a donc pour objectif de présenter, le plus clairement et précisément possible, la procédure à suivre afin de contester une décision de radiation abusive adoptée par Pôle emploi ou la DDTEFP. Ce site s’adresse tant aux demandeurs d’emploi qui disposent des ressources nécessaires afin d’effectuer personnellement ces démarches qu’aux associations et collectifs oeuvrant pour la défense des droits des chômeurs et précaires. » Juste en dessous :  « Avec le soutien de la Région Rhône Alpes ». Ce que doit particulièrement apprécier le SPER.

Misérable.

Dans le même numéro de l’hebdomadaire palmipède, page suivante, « Payer pour bosser ». C’est l’histoire de Julie qui dégotte en mars dernier dans son agence une chouette annonce pour un « CDD de un jour » (sic). Ca ne manque déjà pas de sel mais Julie décroche le pompon : il faut téléphoner à un numéro surtaxé, le 10 61 62. « Au bout du fil, une standardiste d’Alpha Travex lui fait débiter son CV : âge, adresse, disponibilités… Quinze minutes de téléphone, 5,10 euros dans la vue. « Et le travail ? », demande Julie. « Il est pris. » Les 5 euros, c’était sûrement un test de motivation. »

Voyou.

Un cran supplémentaire semble avoir été atteint avec cette tentative, aussi illégale que misérable, de récupérer trois francs – six sous que rapporte cette semaine le même « journal satirique paraissant le mercredi » – on ne se refait pas –. « Gilles a reçu, le 29 juillet, un courrier plutôt raide : Pôle Emploi lui réclame 600 euros pour un trop-perçu qui remonte… à janvier 2006. D’autant plus que rien ne lui a jamais été réclamé auparavant. Mais Pôle emploi ne… » La suite ci-dessous…

ROME. ROMS. RHUM. RHUME.

Ce n’est pas dans la presse mais c’est la contribution d’un (très) fidèle lecteur dont je tairai le nom. Disons que c’est un cadre de mission locale doué d’un style. La consultation des contributions étant moins simple que celle des articles en front-line, je la reproduis.

« Au secours les ROME reviennent !

Oui je sais ca fait un peu l’Équipe en plein mois d’août, quand les bons titres font relâche. Quoiqu’il en soit, nous avons besoin de toi. Notre rapprochement avec les gardiens du ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois), devient au fil des ans de plus en plus conventionné, tutellé et gratifiant financièrement.

Sans tomber dans une vision Lafontainiste du chien et du loup, j’ai bien peur que nous ayons mis la main dans le pot de confiture et qu’il va falloir laver le chaudron, et faire blanchir le tablier de la grand-mère.

Que ces euros étaient tentants, surtout en période de disette de subvention. Alors avec une exhortation étatique à travailler plus pour gagner plus nous ne nous sommes pas fait prier pour les cotraiter afin d’équilibrer des budgets prévisionnels. Attention, non nous n’avons pas encore vendu notre âme aux ROME, mais telle la palombe à l’approche des cotes landaises, notre approche globale et notre individualisation de l’accompagnement ont du plomb dans l’aile.

Aussi et en prévision de la fin de l’état de grâce avec le coup de rabot voir de dégau-(chisseuse) sur le plan de relance cela nous ferait du bien de te lire sur cette cotraitance et ses effets pervers et induits.

Si en plus tu peux nous dire comment prévenir le harcèlement des cadres, alors nous demandons à ta compagnie aérienne préférée de te surclasser pour le retour des vacances.

Sur ce bon bretonnissage, et comme on dit chez toi : « Ce n’est pas le tout de danser : il faut payer le musicien. »

Plutôt que de « {me} lire sur cette cotraitance », je préfère m’en tenir à ce que nous apprend ce qui précède cette contribution. On sait qu’entre les missions locales et l’ANPE l’histoire rappelle plus la tectonique des plaques ou « l’attirance – répulsion » chère aux psychanalystes que le long fleuve tranquille où couleraient le doux lait et le sirupeux miel du partenariat de la cotraitance. Là comme ailleurs, deux dimensions me semblent devoir être considérées : celle, macro, des logiques institutionnelles et celle, micro, des mises en œuvre locales. Au niveau macro, l’évolution de Pôle Emploi n’est guère – euphémisme – un modèle pour les missions locales… pas plus d’ailleurs qu’elle ne doit l’être pour nombre d’ex-agents de l’ANPE. Au niveau micro et probablement au grand désespoir des « grands » qui en haut concoctent leurs programmes, les acteurs « s’arrangent », arrondissent les angles, gomment les aspérités… bref, coopèrent parce qu’ils savent qu’ils y ont intérêt, qu’ils ne peuvent faire autrement. Reste que le niveau micro ne peut se résumer à l’addition, même policée et aimable, de stratégies individuelles. Usure, manque de moyens ou je ne sais quoi fait que localement beaucoup de dynamiques de « SPEL » (service public de l’emploi local) sont au point mort : on a remplacé la synergie par le(s) bilatéralisme(s) : pour les missions locales, la « cotraitance » avec Pôle emploi, c’est-à-dire, somme toute, une relation de prestations. Même si l’accord cadre CNML – Pôle emploi – DGEFP avance d’autres ambitions, l’essentiel est là : pour tant de PPAE, la mission locale percevra tant… Subséquemment l’enjeu me semble être désormais dans la réactivation du projet commun avec deux caractéristiques :

– Réserver le bilatéralisme à sa dimension instrumentale, financière, et s’appuyer sur le « multi » ou « pluri » ou, encore mieux, le « trans » institutionnel, c’est-à-dire mobiliser les forces vives que l’insertion des jeunes intéresse à un titre ou à un autre, central ou périphérique.

– Trouver, outre un dénominateur commun qui est l’insertion des jeunes, un médiateur commun… qui ne peut être que le territoire entendu comme l’espace de l’intérêt général concret, saisissable parce que physiquement maîtrisable.

« Les radis sont terribles, ils empoisonnent le sol et empêchent les autres plantes de pousser à côté d’eux. » (6)

L’expérience de projets associatifs de structure (PAS) de mission locale m’incite à songer que, une fois la cohérence interne trouvée ou du moins en marche, la seconde phase est celle de la cohérence externe, c’est-à-dire l’ajustement entre elles de toutes les entités, structures et institutions qui agissent. Tout simplement parce que, sur le même lopin de terre, on ne peut se comporter comme les radis, satisfaits de se développer. Repassant les plats, l’histoire est pour partie un éternel recommencement, dit-on. Rien de bien original donc… mais s’inspirer de l’histoire – les comités de bassin d’emploi (l’actuel président du CNML, Bernard Perrut, était président du Comité de liaison des Comités de bassin d’emploi – CLCBE -), la territorialisation de la politique publique de l’emploi, les contrats d’étude prospective territoriaux… – et remettre l’ouvrage sur le métier avec ce que j’appelle un « Pacte territorial pour l’insertion et l’emploi des jeunes » dont la mission locale – parce qu’elle est légitime au titre de sa présidence par le maire ou par le président de la communauté de communes – devrait être l’animateur. Or combien de missions locales parviennent-elles à répondre à cette mission de concevoir, d’impulser et de piloter une politique locale d’insertion des jeunes… et combien se contentent-elles, disciplinées ou aliénées, d’appliquer les politiques publiques d’emploi et de formation ? Entre ces deux postures (acteur et prestataire), force est de constater que la seconde est très largement majoritaire alors que les deux missions – piloter une politique territoriale jeunesses et mettre en œuvre les politiques emploi de l’Etat et formation de la Région – ne s’opposent pas et devraient être conduites de front. On en reparlera à l’occasion.

Quant à « prévenir le harcèlement des cadres », derrière cette originale pirouette – un vrai salto dont ce contributeur et ami est expert – se cachent deux vraies problématiques dont on peut parier qu’elles feront sous peu parler d’elles en termes de « troubles psychosociaux » : la schizophrénie des cadres écartelés entre leurs positions de gardiens du temple des fondamentaux (approche globale, etc.) et relais de la pression exercée sur les conseillers… somme toute « la banalité du mal » comme l’exprimerait Annah Arendt ; l’instrumentalisation des conseillers dont la professionnalité se dissout à l’épreuve d’exigences (im)purement quantitatives. On n’est pas sorti de l’auberge. Sauf que, là comme ailleurs, l’expérience des terrains apprend que, toutes choses étant égales par ailleurs, c’est-à-dire concrètement que chaque mission locale est confrontée aux mêmes exigences (des objectifs multipliés par deux, des crédits diminués de 10%), ici les professionnels parviennent à articuler profession, professionnalisme et professionnalité alors que là ils se rétractent, ne s’y retrouvent plus, s’épuisent, désertent mentalement. Ce qui invite à interroger le management, n’est-ce pas ?

Des dessous pas chics…

C’est sur un blog du Figaro, « Les dessous du social », un article signé de Marc Landré, daté du 31 août :

« Encore un ouvrage sur l’enfer de Pôle emploi qui devrait donner quelques sueurs froides à son directeur général, Christian Charpy, et à son ministre de tutelle, Laurent Wauquiez. Le 7 octobre prochain sort aux éditions Plon un nouveau pamphlet intitulé 183 jours dans la barbarie ordinaire. En CDD chez Pôle emploi.

Il ne s’agit nullement, contrairement à ce que son titre pourrait laisser penser, d’un brulot anti Pôle emploi mais d’un témoignage parfois émouvant. L’ouvrage retrace sur 236 pages – que « Les dessous du social » ont pu lire en avant-première – le quotidien de Marion Bergeron, jeune graphiste de 24 ans au chômage recrutée en CDD pour six mois début 2009 pour renforcer les effectifs de l’agence qui avait fusionné, au 1er janvier, l’ANPE avec les Assedic. De son arrivée – non annoncée dans l’agence et en pleine crise d’hystérie d’une demandeuse d’emploi – à son départ 183 jours plus tard, un mois tout juste après s’être fait plaquer par son amoureux, Marion retrace ses journées de conseillère, toujours les mêmes entre la peur de se faire agresser par des demandeurs d’emploi sous tension et l’envie de venir en aide à des gens qui n’ont rien.
Marion Bergeron – c’est son vrai nom – relate, page après page, les affres d’une fusion qui bloque, la complexité du système, les relations humaines compliquées entre les ex-ANPE et les anciens de l’Assedic, l’impossibilité d’appliquer le suivi mensuel personnalisé quand les portefeuilles dépassent 150 chômeurs, les absences des conseillers pour surmenage qui ne surprennent plus personne, les rumeurs les plus folles qui courent sur les salariés de l’agence qui se suicident ou sont assassinés par des chômeurs en colère, les altercations quotidiennes avec les demandeurs d’emploi, les trucs et astuces de ses collègues pour trafiquer les chiffres de rendement, les demandeurs d’emploi qui ne viennent pas aux convocations. Mais aussi les radiations à tout va, le 3949, les entretiens de présentation du site internet de Pôle emploi à des chômeurs qui n’ont jamais touché un ordinateur de leur vie, les réunions d’équipe du vendredi après-midi où personne n’écoute personne, l’enfer des sigles internes (ECCP, EMT, EMTPR, DE, EXD, PPAE, GU, ZT…) et de l’informatique préhistorique, le changement de direction, l’absence de perspectives à offrir, les employeurs qui veulent un BAC+4 avec dix ans d’expérience payé au smic et si possible blanc, le zèle de certains de ses collègues, les syndicats qui bloquent l’installation dans le site unique ultra-moderne de l’autre côté de la rue…
Bref son quotidien de conseillère précaire pendant six mois dans une agence Pôle emploi du sud de Paris. Son quotidien de conseillère sans expérience RH recrutée un peu par hasard et bombardée, sans aucune formation et en pleine explosion du chômage, du jour au lendemain, au milieu de la détresse humaine, de la misère. Le récit est chronologique, donc parfois répétitif et indigeste. Qu’importe, il est surtout bourré d’anecdotes dans lesquelles chaque conseiller Pôle emploi se reconnaitra. »

Pluralisme.

Virage à 180° : après Le Figaro, L’Humanité – voilà du vrai pluralisme ! – qui titre le 19 août : « Jeunes. Les missions locales à l’écoute ». C’est la première raison de l’engagement. Pas uniquement parce qu’il y est question d’une (bonne) mission locale bretonne.

« Dans leur recherche d’emploi, les jeunes trouvent un indispensable soutien auprès
de ces professionnels qui s’évertuent à entretenir un rapport de confiance avec eux.

L’objectif des missions locales est d’informer, d’orienter et d’accompagner des jeunes de seize à vingt-cinq ans afin de les aider à trouver un emploi, un logement ou simplement pour les conseiller. «Nous réalisons un travail d’écoute au quotidien. Il est essentiel d’établir un rapport de confiance avec ces jeunes qui ont besoin de considération», nous explique Nathalie Hubert, directrice-adjointe de la mission locale de Lannion (Côtes-d’Armor).

Les missions locales doivent de plus en plus faire face à la désillusion des jeunes face à l’emploi et à la vie professionnelle, qui est souvent corrélée à une défection parentale. «Chez certains jeunes, il y a un véritable abandon de la part des familles. Ils perdent tout socle d’appui. Leur souffrance psychologique est souvent l’émanation de la situation précaire et de la souffrance de leurs parents, qui ont du mal à les assumer», poursuit Nathalie Hubert.

Malgré ce mal-être, ces jeunes n’oublient cependant pas leurs priorités. «Aujourd’hui, les jeunes ont tendance à hiérarchiser leurs souffrances. Ils viennent dans les missions locales et leur objectif est de trouver rapidement un emploi. Ils sont persuadés que cela résoudra tous leurs problèmes», nous confie Philippe Rehel, directeur adjoint de la mission locale de Sens (Yonne). Il semble pourtant qu’ils soient piégés dans une spirale d’échec. «Souvent, ils viennent demander un logement, mais pour un logement, il faut de l’argent, et pour de l’argent, il faut un travail», continue Nathalie Hubert.

Les missions locales peuvent aussi se heurter à des cas complexes. «Nous ressentons parfois un sentiment d’impuissance, puisque la prise en charge de la souffrance dépend uniquement de la volonté de la personne», souligne Nathalie Hubert. Malgré cette limite, elles tentent tout de même d’assurer un suivi psychologique et d’écouter cette jeunesse quelque peu bousculée par la société. »

Il n’y a que ce dernier « quelque peu » que l’on devrait ôter. « Une société se juge à la façon dont elle traite ses exclus », disait Michel Foucault. On se prépare un sacré tribunal. A moins de trouver une instance capable de débourser de quoi nous exonérer de ce procès. Il semblerait que cela se fait à Paris entre la rue de la Boétie et l’Hôtel de Ville. Sans doute au titre de l’égalité de traitement entre justiciables.

La misère… moins dure au soleil ?

Seconde raison de l’engagement. C’est un film de Xavier Gasselin, La piste aux étoiles (7), et ça raconte l’histoire de vingt jeunes martiniquais, récemment diplômés des métiers de l’hôtellerie-restauration et sélectionnés par la mission locale de La Cabesterre pour rencontrer cent quarante chefs d’entreprise lors du salon de l’emploi saisonnier d’Albertville en Savoie.

« Poussés par un chômage endémique depuis la crise qui a secoué l’île l’hiver dernier, Teddy, Emmanuel, Pierre-Line et Kevin vont passer des plages ensoleillées de la Martinique où ils ont grandi aux sommets enneigés des Alpes. L’objectif est simple : trouver du travail.

Entraînés et coachés aux méthodes de recrutement des DRH métropolitains, ils vont d’abord apprendre à mettre en place une stratégie d’embauche par une formatrice expérimentée avant de s’envoler pour Albertville, où les professionnels du tourisme alpin, en recruteront seulement une poignée pour la haute saison des sports d’hiver.
Outre le contraste saisissant pour ces jeunes qui n’ont pour la plupart jamais quitté la Martinique, ce film s’attache à suivre leur progression, à vivre leurs angoisses et leur volonté de réussir, leur combat quotidien pour s’adapter à cette nouvelle vie. Les préjugés s’alliant avec leur manque évident d’expérience professionnelle, ces jeunes ont vraiment tout à prouver… »

Suggestion.

Les 28 et 29 octobre prochains, se tiendront les 1ères journées nationales des missions locales. Le programme annonce un atelier « mobilité » qui débattra « des enjeux de la mobilité pour l’insertion des jeunes à partir de l’intervention d’Eric Le Breton, sociologue » (8). La projection de ce film serait aussi bienvenue. En attendant, pour mettre en bouche, un extrait

Autres débats : samedi 11 septembre au Campus du Forum social à 11h, « Crise: quel emploi pour les jeunes ?» et, même date et même lieu mais à 14h, « Mobilisation de la jeunesse : du zapping à l’engagement ». Où ça? Ah oui, bien sûr : à la Fête de l’Huma, à la Courneuve. Pour celles et ceux qui n’aiment pas débattre le week-end, restent Dutronc (Jacques), Simple Mind et les stands de merguez. Le programme complet.

A suivre…

(1) 2006, éditions Jean-Claude Gawsewitch.

(2) 1998, éditions Arléa.

(3) 2006, éditions Balland.

(4) 1996, éditions PUF.

(5) Chaque mois, l’ANPE radie environ 40 000 demandeurs d’emploi, dans 95% des cas pour absence à convocation.

(6) Edgar Morin in Boris Cyrulnik et Edgar Morin, Dialogue sur la nature humaine, 2010, éditions de L’Aube.

(7) 2010, diffusion RFO. Xavier Gasselin me disait hier au téléphone qu’il serait tout à fait disposé à faire le saut de Paris à Tours pour présenter le film. Sans aucun doute avec Jean-Michel Loutoby, le directeur de La Cabesterre, qui de toute façon sera à ces journées… Bouteille à la mer.

(8) Eric Le Breton, comme son nom l’indique, est sociologue à Rennes 2 (la même université que la mienne). Il est l’auteur de Bouger pour s’en sortir (2005, Armand Colin). Extrait : « Dans une société archipel, les insulaires sont ces personnes durablement assignées à des territoires très étroits, la commune, le quartier, parfois même simplement leur domicile. L’insularité, qui combine l’isolement social et un rapport contraint aux territoires, est observable en milieu rural, dans le périurbain mais aussi au cœur des grandes agglomérations. » (p. 87).

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commentaires
  1. Jean philippe Revel - syndiqué CGT dit :

    Enfin !
    « Enfaim » serait légitime …
    Manque juste un couplet « La retraite et les jeunes » pour être complet en cette rentrée.

  2. rbeaune dit :

    Bonne reprise Philippe (encore merci pour l’accueil d’un bourguignon de l’autre côté du couesnon)…
    J’ai constaté de visu que tu avais pris de la hauteur, mais quel pessimisme en cette rentrée…
    Le RSA jeunes qui entre en vigueur, les entreprise du CAC 40 qui font plus de 41 milliards d’euros de résultats nets au premier semestre, un nouveau protocole, … La vie n’est pas belle…
    Et Jean-Philippe qui voudrait que l’on parle de la future retraite des jeunes…
    Je pense que la matière ne va pas manquer pour échanger dans les mois qui viennent…

  3. Michel Abherve dit :

    Et bien, tu as fini par reprendre le travail !

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