Pour l’exemple, le gouvernement interdit le cumul des mandats et diminue de 50% le salaire des ministres (1)

Publié: mai 31, 2010 dans Non classé

0,37% de dépassement…

Très court ce jour, juste en feuilletant Le Monde daté des 30 et 31 mai 2010. En page 10, « Santé : le gouvernement veut économiser 600 millions d’euros », on apprend que « le dépassement prévisionnel, surtout imputable aux hôpitaux, est pourtant d’un niveau classique, et loin du seuil d’alerte fixé à 0,75% (soit 1,2 milliard sur 62,4 milliards d’euros. » L’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (dit « Ondam », ce temps raffole des acronymes) « pourrait être dépassé de 600 millions d’euros en 2010 ». Soit, si l’on calcule bien, 0,37% de dépassement. Certes, ce n’est pas rien en masse et cela  semble justifier que N.S., jamais à court d’idées, annonce dare-dare des mesures telles que le gel de 180 millions d’euros de crédits pour les instituts médico-éducatifs, les maisons de retraite et les hôpitaux ; également, pour 70 millions d’euros, « le changement de calcul des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie ». Il est vrai que, par les temps qui courent, l’enfance inadaptée, les vieux et les malades ne constituent pas le réservoir activable pour « le sursaut français », comme aimerait à l’exprimer Jacques Attali, sherpa de Mitterrand avant de changer, élections obligent, de mentor. Simples questions de productivité pour les premiers, de rentabilité pour le second.

Deux pages avant, la 8, « Un député socialiste s’attaque au salaire des ministres cumulards ». En substance, un ministre perçoit, avantages (nombreux, dont le logement de fonction) non inclus, un salaire mensuel de 14 129 euros brut auquel il peut ajouter, si tel est le cas, un salaire d’élu local, « ce qui permet d’arriver à un total de 21 193 euros. » Confortable, dira-t-on en euphémisant. Tout-à-fait logiquement, avec l’exemple espagnol (- 5% dans la feuille de paye des ministres), la question de l’exemplarité est posée par quatre députés : René Dosière, Aurélie Filipetti, Jean-Jacques Urvoas (un Finistérien : je le connais !) et Jacques Valax. Que croit-on que répondît Matignon ? Les salaires des ministres « sont alignés sur ceux de la haute fonction publique » or « il n’a pas été décidé de baisse des salaires de la fonction publique ». Ce n’est pas qu’on veut pas mais qu’on ne peut pas. CQFD ou « s’cusez, m’ssieurs-dames ! » Changer les règles du jeu, c’est bon pour la burqua mais pas pour le portefeuille des Grands.

Derrière un ministre se cache un Ribeiri…

S’il fallait séance tenante geler les crédits pour le travail social et la santé, la question du salaire des ministres, elle, peut bien attendre, étant entendu que ce débat serait « démagogique », selon un ministre s’exprimant courageusement « en off ». Celui-ci, bon prince, serait prêt à baisser son salaire même « s’il est cinq ou six fois plus faible que ce qu’{il} peut espérer dans le privé. » Soit, second calcul, entre 15 et 20 000 euros multipliés par cinq ou six, entre 75 000 et 120 000 euros par mois. Probablement, ce discret ministre – qui s’insurge vertueusement toutefois contre les notes de frais des conseillers ministériels dans les restaurants luxueux – s’imagine-t-il auréolé de la gloire sonnante et trébuchante des stades. En attendant, on a envie de lui recommander d’y aller dans le privé.

Intelligents, riches et en bonne santé…

Mais, bien sûr, oser parler d’exemplarité des élites c’est à coup sûr être taxé de populisme. En attendant, jeunes déficients en IME, personnes âgées en maisons de retraite et salariés en arrêt maladie doivent s’attendre à plus de difficulté. Les ministres, qui ne sont pas issus des IME, qui jouiront d’une bonne retraite et qui disposent d’une couverture sociale à toute épreuve, leur en sauront gré.

Au fait, quel est le second terme du triptyque républicain ? Ah, oui : « Egalité ».

(1) C’est une blague.

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commentaires
  1. Antoine dit :

    …et le troisième terme du tryptique est « Fraternité », que l’on peut aussi traduire par « solidarité ».

  2. David dit :

    Décidément on n’apprend rien, la scandaleuse indécence de ces « élites » est à vomir ! Sommes nous des moutons ou des êtres excessivement civilisés pour supporter sans violences ces crachats qui nous sont jetés à la figure chaque jour ?

  3. toutou dit :

    Que les mémoires sont donc courtes ou inexistantes. L’époque du président François Mitterand est elle si lointaine que l’on ait oublié les « errements » tous terrains confondus qui ont marqués cette période de notre histoire. Quelles dispositions concrétes a-t-on adopté pendant les deux septennats de ce « grand homme » pour une réelle transparence et équité du monde politique français. Après tant de grandes et belles formules, passons enfin et maintenant aux actes…et cessons ces bêlements digne des moutons de Panurge !

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