Invitation aux lectures

Publié: mai 2, 2010 dans 1

Pour soi, pour nous, pour eux…

Voici un bout de temps que je n’avais aussi rapidement – dès les premières pages – éprouvé du plaisir en ouvrant un livre, exceptions faites des plus récents ouvrages de La Méthode d’Edgar Morin (tomes 5 et 6), tous évoqués sur ce blog, L’identité humaine (1), L’éthique (2) et son carnet de bord amoureux, Edwidge l’inséparable (3). C’est donc Michel Adam et ça s’appelle Réinventer l’entrepreneuriat (2009, L’Harmattan). S’ajoute à ce titre « Pour soi, pour nous, pour eux » et, très rapidement, dès le premier chapitre, Michel explique cette proposition ternaire (trilogie ?) : « pour soi », c’est se mettre à son compte ; « pour nous », c’est grosso modo les coopératives ; « pour eux », c’est tout aussi grosso modo ce que l’on connaît sous le nom de « structures d’insertion par l’activité économique » (SIAE). Il me pardonnera ce résumé simplificateur : contraintes du genre… (4)

Bon, pas plus que Les bricoleurs de l’indicibleRéinventer l’entrepreneuriat, j’espère me tromper, ne sera un best-seller : 1 000, 1 500, allez 2 000 exemplaires vendus si tout va très-très bien : on lit de moins en moins, le zapping sur Internet via Google faisant office de réflexion et réflexivité. De profundis, la Galaxie Marconi enterre la Galaxie Gutenberg (5), la numérisation de l’écrit ne résolvant pas cette opposition. Racornissement de l’intelligence à la compilation de savoirs épars ou émergence d’une nouvelle intelligence capable de relier des commentaires inégaux et dispersés, je ne sais… Le problème de l’intelligence artificielle est qu’elle est artificielle, donc pas intelligente, énonçait je ne sais plus qui.

L’évidence de le lire…

Alors que… alors que… le chapitre 2, à lui seul, mériterait qu’on se précipite chez son libraire favori (6). « On » ? A minima, les new-papy-crashers, ex-papy-boomers, enfants de 68. Mais aussi les post-68 pour comprendre le laboratoire social et sociétal que furent leurs années 70 – 90 avant que, faisant de nécessité sinon vertu du moins raison, beaucoup se rangent, passant « du col Mao au Rotary », comme l’écrivit Guy Hocquenghem dans un pamphlet en 1986, deux ans avant sa mort, s’adressant à la génération dont il avait lui-même fait partie. Que les quadras bien sonnés lisent ce chapitre est, pour moi, une évidence. Que d’autres plus jeunes s’y mettent sans attendre cette médiane des 40 ans ne peut être qu’un pari sur une germination de l’innovation sociale. Car ces années furent créatives et cela peut donner envie. Réduits à moins mal consommer et à défendre le bon sens (travailler moins pour partager le travail) contre le sens commun (travailler plus etc.), nous en avons besoin. C’est peu de le dire.

Un chapitre qui en dit plus.

Le chapitre 2, un peu didactiquement intitulé « Histoire des entreprises alternatives », mériterait à lui seul un ouvrage, voire plus. Pour au moins trois raisons et, d’abord, parce qu’il n’est pas que l’histoire des entreprises alternatives.

Panseur penseur.

Tout d’abord, c’est l’écrit d’un acteur et penseur, penseur parce qu’acteur : l’action fonde la réflexion, Bertrand Schwartz serait ravi. Quelqu’un qui fût (est) un acteur, j’oserais dire au sens situationniste du mot : il a été un créateur de situations, celles-là mêmes que les situationnistes (géniteurs de mai 68, du mouvement du 22 mars, etc.) définissaient comme les moments où le spectateur devenait acteur. On pourrait, sinon remplacer du moins compléter le terme de « spectateur » par celui de consommateur : consommateur de la société du spectacle et spectateur de la société de consommation. Il fût acteur avec d’autres… par exemple des collègues et amis de Geste : René Eskl, Alain Chataignier. Contrairement à certains universitaires, Michel Adam a vécu et a produit de l’intérieur ces innovations (p. 51). Ce n’est pas rien.

Généalogie impressionniste.

Deuxième raison, en moins de trente pages, Michel reconstruit avec une très grande force de synthèse ce qui, pour beaucoup, demeure dans la mémoire sous forme d’impressions éparpillées, sans que toutefois notre talent artistique – qui n’est pas celui des impressionnistes – permette à partir de points multiples de présenter un tableau cohérent et harmonieux pour ceux qui ont été les acteurs-auteurs-producteurs de cette histoire : il « relie les connaissances », pour reprendre l’expression d’un penseur sur les épaules duquel, l’un et l’autre, nous grimpons pour voir plus loin.  De Maspero à Actuel et au Guide du routard, des communautés ariégeoises, Catalogue des ressources en bandoulière, du drop-out – refus du système – (manque juste Môrice – ou Maurice – Benin, « quand ton masque craquera, nous serons des millions derrière… » – 7) à Woody Guthrie et Pete Seeger (dont une musicienne était la fille de May Picqueray, directrice du Réfractaire, amie et plus de Louis Lecoing, venue terminer ses jours chez moi), de la théorie guevariste du « foco » à Alma Gare et à la naissance des régies de quartier, tout y est ou presque. Peut-être faudrait-il y ajouter tous les mouvements « anti », issus des thèses foulcaldiennes et autres, des Libres enfants de Summerhill (8) de Neil à Franco Basaglia, de Pour décoloniser l’enfant de Gérard Mendel (« l’autorité, c’est le masque de la violence ») au Family Life de Ken Loach, mise en film du « double lien » de l’école de Palo Alto… Enfin quoi, un chapitre qui rétablit de la jonction où il y avait de la disjonction, qui remémore là où il y avait de l’amnésie. Bref, on se régale.

Position et mouvement…

La troisième raison se lit à plusieurs reprises, au détour de telle ou telle idée, d’une référence glissée, d’un argument théorique avancé,  en quelques lignes ou mots… par exemple la référence à Gramsci et son concept d’hégémonie culturelle. Concrètement… Je débats par les temps qui courent et au demeurant sympathiquement avec un service déconcentré de l’État sur les conditions d’évolution du réseau local, actuellement dispersé avec quatre missions locales qui ne coopèrent qu’exceptionnellement. On connaît la thèse marxiste : les infrastructures (entendez l’économie, les rapports de production) déterminent les superstructures (entendez la morale, les normes, le droit). Je pense, de mon côté, que les infrastructures ne peuvent évoluer qu’à la condition d’un consensus explicite sur les superstructures (je me réfère à « l’agir communicationnel » d’Habermas), c’est-à-dire en l’occurrence sur l’objectif finalisé, ici et selon moi une mission locale unique. Faut-il « partir du petit pour aller vers le grand » (précepte cartésien), position prudente et progressive de l’Etat local, ou affirmer le primat et même l’impératif de l’intérêt général et de l’égalité de traitement (superstructure) à partir duquel, bien sûr, on laisse aux acteurs locaux le temps des expérimentations et de l’acculturation sans toutefois leur laisser d’autre alternative que celle rationnelle ? Pour Gramsci, la « guerre de position » (qui précède « la guerre de mouvement », toutes deux contre le capitalisme) est progressive et pragmatique. En a-t-on le temps ? On peut se poser la même question face aux méga-enjeux sociétaux et écologiques (d’un volcan islandais à une nappe de pétrole géante, etc.) qui appelleraient en toute logique une radicalité immédiate : la voie douce du réformisme, par exemple de l’éducation populaire, qui par définition ne peut être radicale, est-elle encore possible ? Peut-on encore se contenter du « pessimisme de la raison » et de « l’optimisme de la volonté »… du même Gramsci ? Le premier ne grignote-t-il pas le second jusqu’à en laisser suffisamment peu pour que le sursaut optimiste devienne un pur jeu rhétorique ?

Tectonique.

Mais l’ouvrage de Michel Adam ne s’arrête évidemment pas au deuxième chapitre… Le suivant, « Trois types de projet, trois types de créateurs », poursuit sur la triade initiale –« pour soi, pour nous, pour eux » – l’enrichit, la tord, la dynamise par des zones partagées, des passages, des évolutions (« glissements, dérives, mutations ») : « Chaque pôle porte en lui des effets pervers s’il est en situation hégémonique ou s’il la cherche. Le « pour moi » risque l’oubli des autres et leur mépris, devant le rouleau compresseur de l’intérêt du seul créateur. Le pôle « pour nous » est guetté par le piège des utopies de l’autosuffisance collective, alternative au méchant capitalisme individualiste… et au déguisement des pratiques pour continuer à croire aux valeurs. Le pôle « pour eux » peut s’enfermer dans la charité, la bonne conscience, l’hypocrisie et l’essoufflement, la transformation insidieuse des liens en fins et le « retour » discret mais bien réel à l’économie du « pour moi ». » (pp. 88-89).

Je me suis amusé à compléter cette typologie de la création d’entreprise, ci-dessous présentée en tableau à défaut d’un diagramme à trois branches comme dans l’ouvrage (obstacle technique), en y ajoutant ma propre vision des dimensions du social non dissocié de l’économique, fondée initialement sur les travaux d’Hall (la proxémie : La dimension cachée…), plusieurs fois exposée ici et ailleurs (en vert, mes ajouts).

Trois chemins vers l’entreprise

Pour moi

Pour nous

Pour eux

Auto-organisation individuelle

Auto-organisation collective

Hétéro-organisation

Sociétés commerciales, travailleurs indépendants, professions libérales

Coopératives, SCOP, CUMA, mutuelles, groupements d’employeurs, GAEC…

CAT (ESAT), Ateliers protégés (ETA), EI, AI, ETTI, CI, régies, GIEQ…

Economie privée

Economie de coopération

Economie d’inclusion

Liberté

Egalité

Fraternité

Individuation

Sociabilité

Sociétal

Sujet

Acteur

Citoyen

Indépendance

Altérité

Responsabilité

S’accomplir Se lier

Réparer

Producteur

Homo oeconomicus – faber – cogitens

Petite et grande histoires…

Le quatrième chapitre, « Les premiers pas des boutiques de gestion », n’est pas sans évoquer bien des similitudes avec d’autres premiers pas, ceux des missions locales : le bouillonnement militant… bien assagi depuis. « Institutionnalisation », dit-on. Une lecture stimulante parce qu’impliquée… pas seulement du fait de l’auteur-acteur mais parce qu’on a le sentiment qu’on y était : « Le matin du 5 décembre 1980, 31 personnes se retrouvent au Centre d’animation de Cognac… {…} La matinée est vite passée. Le fondateur d’Autrement rend les armes sans combattre… » (pp. 94-95). Comprendre la grande histoire par la petite histoire faite par les gens…

Invitation à penser.

Voilà, c’est le premier mais certainement pas le dernier commentaire sur ce livre que je recommande : 19 euros, ce n’est pas grand chose à dépenser pour penser. Michel Adam, Réinventer l’entrepreneuriat.

Revue de salle d’attente

Retour un instant sur la revue Capital évoquée dans mon avant dernier article qui, cela m’avait échappé en première lecture, n’hésite pas à évoquer l’auteur de Das Capital. Misérable audace – grassement rémunérée cependant – des « communiquants » dont le cadet des soucis est le respect humain car, s’il est une certitude, c’est bien que Karl n’aurait assurément pas abondé les analyses de ce mensuel. Par exemple, l’article « Comment faire des économies à l’hôpital sans douleur » avec « six exemples de dépenses taillées au scalpel ». Six propositions donc que l’on peut résumer à supprimer des emplois. Je cite. Centre hospitalier de Rambouillet, « Economie : 13 équivalents temps plein, 450 000 euros par an » ; hôpital de Poitiers, « gagner {comprendre « supprimer »} 50 emplois sur 250 » ; les Hospices de Lyon, « économiser 60 postes (10% des effectifs) » ; etc. Il s’agissait, rappelons-le, de faire des économies « sans douleur ». La main visible du néo-libéralisme caresse les uns, les « manipulateurs de symboles » selon l’expression de Reich, c’est-à-dire ceux qui ont tout, et étrangle vite les autres, « les gens de peu » selon l’expression de Sansot. Donc sans (trop de) douleur pour ces derniers.

Dans la même revue, un éditorial peut s’extasier devant Samsung et considérer que la croissance en orient est un indicateur de sortie de crise pour l’occident tout en titrant page 58 « Commerce : les pays émergents vont rafler la mise ». Ce qui, déductivement, signifie que les autres, non émergents, vont boire le bouillon. Que Capital doit sans doute considérer comme synonyme de convalescence. Tout est question de sémantique. Celle de Capital est aisément décryptable. C’est une revue que l’on peut feuilleter à condition de n’avoir rien à faire et de ne pas l’acheter. Autrement dit, une revue de salle d’attente.

Picoler…

Pour conclure, certes c’est un peu hétéroclite, Le Monde du 30 avril consacre une pleine page aux « apéros géants », ces nouvelles manifestations qui combinent réseaux sociaux, convivialité et ivrognerie : « Facebook saoule la préfectorale ». Outre mon divertissement sur l’essai de Montaigne, « De l’ivrognerie » (9), je me sens géographiquement un peu concerné, l’Ouest ne faillant pas à sa tradition puisque ces évènements lancés par un ou quelques individus – une invitation à se retrouver pour boire sur une place publique – ont commencé à Nantes (10 novembre 2009, 3 000 participants), puis à Rennes (25 mars, 5 000 participants), Caen, etc. avant d’arriver à Clermont–Ferrand (29 avril), Paris étant annoncé pour le 23 mai. Le phénomène, nouveau, semble promis à un bel avenir. Une épidémiologiste de l’INSERM, Marie Choquet, analyse le phénomène sous le titre « Aujourd’hui, être ensemble, c’est picoler ». Extraits :

« Ca veut dire qu’on n’a pas réussi à mettre en place autre chose pour être ensemble sans être obligé de boire. »

Au sujet du « bench drinking », situation consistant à devenir ivre le plus rapidement possible, par exemple en buvant une bouteille de vodka le temps d’un aller-retour d’ascenseur d’immeuble… : « Cette façon de boire vite et beaucoup est plutôt anglo-saxonne. {…} ces jeunes… utilisent l’alcool comme une drogue légale pour les effets secondaires de l’alcool ».

« (L. M.) Filles et garçons boivent-ils de la même façon ? (M.C.) Les filles qui boivent dans ces occasions jusqu’à l’ivresse sont, plus souvent que les garçons, des jeunes {P.L. : mis} en difficultés. »

L’optimisme de l’épidémiologiste – « il vaut mieux boire beaucoup et rarement que peu et souvent » – pourrait être pondéré car, derrière le symptôme du bench drinking, ne doit-on pas  décrypter très simplement deux choses : d’une part, le vide de sens du modèle de société proposé à la jeunesse, chacun pour soi, les relations amicales étant purement instrumentalisées au bénéfice de la réussite individuelle (je te reconnais parce que tu me sers et le temps que tu me serves) ; d’autre part, l’acculturation trop rapide alors que le temps est précisément une condition de cette acculturation ? Aux adultes les psychotropes, aux jeunes – ne serait-ce que parce que les médicaments leur sont moins facilement accessibles – l’alcool ? En tout cas, on est loin, très loin, de la sociabilité des soirées interminables où, le surmoi étant soluble dans l’alcool et le moi y proliférant, on refaisait le monde… quitte à donner rendez-vous au matin au désenchantement sur fond migraineux, dit SKSSP (« syndrome des kangourous sautillants à semelle de plomb »).

Enfin, c’que j’en dis…

(1) Edgar Morin, L’identité humaine, La méthode 5. L’humanité de l’humanité, 2001, Seuil

(2) Edgar Morin, Ethique, La méthode 6, 2006, Seuil.

(3) Edgar Morin, Edwidge l’inséparable, 2009, Fayard.

(4) Les limites d’un article ne permettent pas des questions telles que celle du (trop) peu de place accordée à l’économie publique, assez sinon trop vite classée dans l’économie « pour soi » (« L’hypothèse d’un acteur hégémonique et de son « pour moi » nous semble la plus satisfaisante dans notre société encore très jacobine et notre histoire mouvementée », p. 27) qui me semble balayer une peu vite le principe de l’intérêt général, donc « pour nous » et « pour eux », ainsi que la révolution paradigmatique du « même service pour tous » à « à chacun selon ses besoins » (d’une économie de l’offre, social-colbertiste, à une économie de la demande). De même, l’économie domestique n’est pas abordée. Peut-être dans les chapitres suivants…

(5) Marshall Mac Luhan, La galaxie Gutenberg. La genèse de l’homme typographique, {1962}, 1977, Gallimard.

(6) Regret : c’est chez L’Harmattan, que beaucoup de libraires ne proposent plus. Je l’ai dit à Michel : voilà un ouvrage que la collection « Les panseurs sociaux » aurait accueilli avec bonheur. Ce sera pour le prochain.

(7) « L’auteur qui le connaît bien pour l’avoir hébergé chez lui et invité au café restaurant coopératif pour un gala de soutien, reconnaît cet oubli majeur qui sera réparé dès la prochaine édition ! » (commentaire de Michel Adam)

(8) « Merci de ce rappel d’autant que nous avons activement soutenu le mouvement Freinet et la pédagogie institutionnelle en sauvant une petite école de campagne menacée, nos enfants en sont durablement imprégnés. Et Family Life fut un des grands succès de notre cinéclub La Curieuse Bobine. » (commentaire de Michel Adam).

(9) Sur ce blog, « Les mouettes ont pied », 27 juillet 2009.

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commentaires
  1. Claude Labbé dit :

    Promis, je l’achète !
    Magnifique ta prose

  2. Vincent PLOVIER CFE-CGC dit :

    Propos en vrac…
    -Charge de travail:
    Un fichier de 500 jeunes et une durée d’entretien de 10mn! Je crois rêver… Dois-je préciser que c’est un cauchemar!
    Je ne peux que comprendre les collègues qui me parlent de souffrance au travail, tout en restant perplexe en entendant ceux qui s’étonnent de cette réflexion dans un réseau comme celui des missions locales.
    Ce qu’absorbe un conseiller (comme un autre collègue) dans une journée, dans une année, dans une carrière ne peut que laisser des traces. L’usure professionnelle est une réalité pourtant niée mais qui inquiète les partenaires sociaux. La nouveauté vient sans doute du facteur qui accentue cette usure: la cadence, le rythme, les organisations imposées du travail…sans parler des injonctions contradictoires!
    Je me pose la question de la responsabilité de l’encadrement.
    « On n’a pas le choix, c’est la conséquence de la CPO » m’expliquait un directeur; « Pas de chiffre, pas de moyen »!
    Evidemment, je ne contredirai les incohérences de la CPO. Mais je rejoins Jean Philippe Revel et je souligne la contradiction! Un réseau enfin reconnu comme le seul en capacité d’accueillir 1200000 jeunes « mis » en difficulté et qui « met » en difficulté ses forces vives: ses salariés.
    Il conviendrait sans doute de faire une étude des organisations au sein du réseau en analysant l’évolution de la représentation relative de certains emplois. Bien que souvent présentées comme une volonté de cohérence et d’économie les fusions et absorptions diverses (MDE, PLIE, ML) n’ont pas toujours privilégié certains emplois.La part relative des CIP devrait augmenter avec le nombre de jeunes en suivi et la taille des territoires.
    L’augmentation de la taille des structures peut aussi provoquer la spécialisation et la division du travail sans favoriser la transversalité et la polyvalence.
    – « Etre un citoyen »:
    Au delà de favoriser l’accès à l’emploi, les ML veulent aider aussi chaque jeune a « être un citoyen ». On peut donc en déduire quelles sont des exemples en ma
    Sans aucun mépris dans mon propos, dans la pratique de l’aviron, chaque bateau quelle que soit sa longueur et donc le nombre de rameurs, n’a qu’un barreur!…
    Et le dialogue social

  3. Vincent PLOVIER CFE-CGC dit :

    Propos en vrac…
    -Charge de travail:
    Un fichier de 500 jeunes et une durée d’entretien de 10mn! Je crois rêver… Dois-je préciser que c’est un cauchemar!
    Je ne peux que comprendre les collègues qui me parlent de souffrance au travail, tout en restant perplexe en entendant ceux qui s’étonnent de cette réflexion dans un réseau comme celui des missions locales.
    Ce qu’absorbe un conseiller (comme un autre collègue) dans une journée, dans une année, dans une carrière ne peut que laisser des traces. L’usure professionnelle est une réalité pourtant niée mais qui inquiète les partenaires sociaux. La nouveauté vient sans doute du facteur qui accentue cette usure: la cadence, le rythme, les organisations imposées du travail…sans parler des injonctions contradictoires!
    Je me pose la question de la responsabilité de l’encadrement.
    « On n’a pas le choix, c’est la conséquence de la CPO » m’expliquait un directeur; « Pas de chiffre, pas de moyen »!
    Evidemment, je ne contredirai les incohérences de la CPO. Mais je rejoins Jean Philippe Revel et je souligne la contradiction! Un réseau enfin reconnu comme le seul en capacité d’accueillir 1200000 jeunes « mis » en difficulté et qui « met » en difficulté ses forces vives: ses salariés.
    Il conviendrait sans doute de faire une étude des organisations au sein du réseau en analysant l’évolution de la représentation relative de certains emplois. Bien que souvent présentées comme une volonté de cohérence et d’économie les fusions et absorptions diverses (MDE, PLIE, ML) n’ont pas toujours privilégié certains emplois.La part relative des CIP devrait augmenter avec le nombre de jeunes en suivi et la taille des territoires.
    L’augmentation de la taille des structures peut aussi provoquer la spécialisation et la division du travail sans favoriser la transversalité et la polyvalence.
    – « Etre un citoyen »:
    Au delà de favoriser l’accès à l’emploi, les ML veulent aider aussi chaque jeune a « être un citoyen ». On peut donc en déduire quelles sont des exemples en matière de dialogue social.
    Force est de constater le contraire! Le dialogue social est tendu. Pour exemple, la dernière commission paritaire de conciliation a étudié la demande d’un salarié syndiqué à qui sa direction refusait l’application de l’ARTT du fait de ses absences pour mandats nationaux!

    En conclusion, une note d’humour, sans aucun mépris dans mon propos: dans la pratique de l’aviron, chaque bateau quelle que soit sa longueur et donc le nombre de rameurs, n’a qu’un barreur!… ni barreur général, ni barreur général adjoint…

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