Marché du travail, MdE, projet territorial, UIMM…

Publié: février 20, 2010 dans 1

Jeunes diplômés : tension

Zurbains.com titre « Le bac+4 ne protège plus du chômage ! » à partir de la lecture de l’enquête annuelle de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), publiée jeudi dernier 11 février, qui a mesuré l’effet négatif de la crise sur les jeunes diplômés.

Selon cette étude, les chiffres sont inquiétants et risquent de perdurer. Les postes à pourvoir se raréfient d’autant plus que les seniors hésitent à partir.
Cette enquête montre que la crise pour les 3,4 millions de cadres est loin d’être finie et qu’elle ne fait même que commencer pour les Bac+4. Il apparaît que, après déjà deux années de baisse, aucune amélioration des recrutements n’est prévue en 2010 et cet « attentisme » inégalé depuis le début de la crise, pénalise surtout, parmi les cadres, les jeunes diplômés.
Ne parlons pas des jeunes non-diplômés… Si, en plus, ce sont des jeunes femmes résidant en ZUS, c’est sans doute à désespérer.

Ainsi, le volume prévisible des recrutements de débutants (21 000 à 23 000 cette année) est très insuffisant pour les 120 000 jeunes sortants de cohorte.
 « Cela nous ramènerait au niveau connu lors de la récession de 1993, à la différence qu’en 1993, il y avait moins de 70 000 jeunes Bac+4 sortants sur le marché du travail », souligne Pierre Lamblin, directeur études. « Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de recrutements, mais il faut aller là où les entreprises embauchent dans des bassins géographiques pas toujours attractifs ».

Marasme ambiant.

Le ralentissement des recrutements affecte tous les secteurs, mais frappe particulièrement l’industrie (-14% à -23% prévu en 2010). Tous les secteurs sont touchés, sauf le commercial, l’informatique et la recherche & développement, ces deux derniers servant souvent de tremplin pour un premier emploi.

Après les embauches records connues en 2007 (208 900), les petites annonces pour cadres ont plongé et « 130 000 à 138 000 cadres devraient être recrutés en 2010, soit une baisse comprise entre -10% et -4% ».

La chute des recrutements a atteint 28% en 2009, après – 4% en 2008. 
 « Cela ne redécollera vraiment qu’en 2012, et de manière progressive, mais on devrait toucher le fond cette année », pronostique encore Pierre Lamblin.

 « Dans le marasme ambiant », souligne l’Apec, la Bretagne et le Languedoc-Roussillon se distinguent avec davantage d’entreprises prévoyant d’accroître leur effectif-cadre, alors que l’Alsace, la Champagne-Ardenne et la Franche-Comté connaissent un moment difficile.

Autre enseignement de l’étude : le marché des offres d’emploi-cadre passe à 81% par une annonce internet.
La raréfaction des postes à pourvoir s’explique par la baisse du niveau des investissements dans les entreprises.
De plus, « pour le même volume d’investissements, on aura un volume de cadres inférieur. Les employeurs découvrent qu’on produit autant avec moins de monde et vont continuer à serrer les boulons », déclare le directeur général de l’Apec.

Parmi les cadres que l’Apec accompagne, ils ne sont plus que 35% à retrouver un emploi en six mois.

Parallèlement, la mobilité externe « s’est effondrée » et, pour la première fois en 2009, les départs en retraite de cadres ont diminué (32 400 cadres, -12% comparé à 2008). « C’est l’effet de l’allongement de la durée de cotisation. En plus, quand ils reçoivent leur décompte de la Cnav et voient ce qu’ils toucheront à la retraite, 20 à 30% nous disent qu’ils préfèrent conserver leur rémunération d’activité plutôt que s’arrêter », poursuit l’Apec.

Probablement qu’avec l’ouverture des négociations sur l’avenir des retraites, allongement de la durée des cotisations et introduction des capitalisations individuelles (les fonds de pension…) ne vont qu’accentuer cette tendance.

« Des jeunes qui ne peuvent pas entrer et des anciens qui ne veulent ou ne peuvent plus sortir, le marché du travail est structurellement bien malade », conclut le site Zurbains.com. Structurellement ? Ceci semble bien être le cas puisque « Le risque d’une rechute économique se précise » selon Le Monde du 17 février, ce qui n’empêche pas BNP Paribas d’annoncer 5,8 milliards de profits pour 2009. La crise… mais pas pour tout le monde.

Jeunes diplômés et engagement syndical…

En juillet 2009, l’APEC publiait une autre étude, Les jeunes diplômés et le syndicalisme, et la résumait ainsi : « Le syndicalisme ? Oui, mais pas pour moi ! » Cette enquête auprès des jeunes diplômés d’un Master 2 ou plus pour recueillait leurs opinions concernant le syndicalisme : un type d’engagement qui ne les tentait pas vraiment.

Pourtant les jeunes diplômés dans leur ensemble ont une image positive des organisations syndicales : 86% pensent que leur existence est plutôt une bonne chose, une large majorité estimant les syndicats utiles pour améliorer les conditions de travail (85%) ou pour défendre les droits de tous les salariés (78%).

L’efficacité est un critère d’appréciation : ces jeunes ne sont pas adeptes de la tabula rasa et voient le rôle syndical plutôt tourné vers la « proposition » et la « négociation » que vers la contestation. Les enfants des enfants de 68 se distinguent de leurs parents… Ainsi, « les syndicats doivent être constructifs et ne pas s’opposer au bon fonctionnement de l’entreprise. » Toutefois, si l’efficacité est attendue, elle apparaît limitée dans le contexte de crise : seule une minorité de jeunes pense que les syndicats peuvent être efficaces pour défendre le pouvoir d’achat, pour limiter les licenciements ou pour éviter les délocalisations. Les syndicats seraient donc plutôt utiles mais, de là à s’engager, il y a plus qu’un pas ! En effet, une infime minorité des jeunes diplômés (2%) est syndiquée. Un quart dit en avoir l’intention, mais sans vraiment savoir quand. Les trois quarts des jeunes diplômés ne songent pas adhérer à une organisation syndicale… Restent les vieux diplômés. Consolation.

AVE-P.E.-MdE

Le « nouveau » cahier des charges des maisons de l’emploi (MdE), approuvé par le Conseil national de l’emploi le 18 septembre 2009, précisait que « Les maisons de l’emploi n’ont ni vocation à doublonner les structures préexistantes, ni à devenir des opérateurs de placement. Il s’agit donc de mettre en avant leur fonction d’ensemblier. » Au moment de la publication de ce cahier des charges, j’avais commis un article (« Maisons de l’emploi : un nouveau cahier des charges » 20 septembre 2009) probablement remplissant ma boîte à inimitiés mais m’amusant – c’est l’essentiel – plus particulièrement de ce qui était prévu concernant les relations entre MdE et missions locales : « Ce qui est défini mérite la « noix d’honneur » de l’hebdomadaire palmipède et tient en deux lignes et demi : « Les relations entre les maisons de l’emploi et les missions locales s’organiseront en fonction des réalités locales. Il est précisé que l’Etat n’encouragera pas financièrement ces rapprochements mais ne les découragera pas. » Sic. Cela n’est pas sans rappeler la circulaire elliptique du 3 juin 1982 adressée aux préfets pour la création des PAIO : « Le maillage territorial ne doit être ni trop lâche, ni trop serré. Toutes les communes d’une certaine importance doivent disposer d’une permanence. » Ni trop, ni trop… certaine importance… autrement dit la précision d’un certain temps, celui du refroidissement du fût du canon selon Fernand Raynaud. »

Stratégie non impérative.

Et bien, me semble-t-il, on poursuit sur le même registre avec l’accord-cadre portant sur les maisons de l’emploi 2010-2014 entre Pôle emploi et Alliance Villes Emploi signé le 11 février 2010. Sur son site Emploi et Création, Benoît Willot use d’euphémisation, parlant avec modération de « texte assez vague » qui, d’ailleurs, se présente comme « un document d’orientation stratégique national sans caractère impératif. » Voilà qui arrangera les affaires d’un certain nombre (toujours F. Raynaud) de services déconcentrés de l’État qui, soit dit en passant, n’ont jamais été aussi peu contactables pour motif de RGPP et, subséquemment, de cartons dans les bureaux, de numéros de téléphone modifiés et de fonctionnaires-déménageurs glissant d’un service à un autre. Bref, l’État local c’est aujourd’hui très « indirrect » et, semble-t-il, stressant : « Les restructurations dans la fonction publique pèsent sur le climat social », titre Le Monde du 17 février. C’est peu de le dire et cela ne concerne pas que les enseignants de l’académie de Créteil.

Capitalo-marxiste.

Au fait, qu’est-ce qu’un « ensemblier » ? C’est, selon le dictionnaire, une « entreprise réalisant l’installation de matériels complexes ». On s’attendrait donc à ce que les MdE ensembliers assemblent. Sauf que Pôle emploi lui aussi assemble. En fait, la lecture de l’accord-cadre renvoie à l’ennui dont se meurent les parallèles (qui ne s’assemblent, ni se rencontrent), même s’il est écrit dans l’article premier qu’il « organise la coopération » entre les parties. Passons sur le fait que « Pôle emploi et les maisons de l’emploi concourent à apporter une plus-value au territoire » : d’une part cette alchimie reste à démontrer, d’autre part et s’agissant de plus-value, rappelons que celle-ci, indifféremment nommée « survaleur », est « l’excédent de valeur produit par l’ouvrier salarié pendant son temps de travail global, une fois qu’il a reproduit la valeur de sa force de travail (son salaire). C’est une réalité propre au mode de production capitaliste. » (1) Et, accessoirement, un concept central de la théorie marxiste de l’exploitation capitaliste. P.E. et MdE poursuivraient donc trois objectifs : « complémentarité », « synergie » et « culture commune » avec, pour ce dernier item, « le développement d’une culture commune aux agents de Pôle emploi et des maisons de l’emploi {qui} est recherché »… sachant qu’en son sein P.E. a déjà fort à faire entre les ex-ANPE et les ex-ASSEDIC.

On verra.

Article 2, « Gouvernance » : « Les directeurs régionaux de Pôle emploi, qui ont reçu délégation du directeur général pour représenter l’institution, détermineront le niveau de leur représentation au sein des instances décisionnaires de la maison de l’emploi. » Autrement dit, pas grand chose, chaque directeur régional verra que faire.

Caddie.

L’article 3, « Axe Développer une stratégie territoriale partagée du diagnostic au plan d’actions », est un peu plus copieux. Grosso modo, P.E. s’engage à proposer à chaque MdE un « panier {c’est nouveau, pourquoi pas un caddie ?} standard de données statistiques » pour que celle-ci puisse réaliser son diagnostic de territoire. Rappelons à toutes fins utiles que ces diagnostics de territoire ainsi que les plans d’action en découlant ont été conçus puis mis en œuvre dans le cadre de la territorialisation de la politique de l’emploi, en 1998, qu’ils étaient co-animés dans des SPEL (services publics de l’emploi locaux) par les DDTEFP (souvent les coordonnateurs emploi-formation) et l’ANPE… et que, sur de nombreux bassins, ils ont été abandonnés faute de combattants dans les services de l’État. Du neuf avec du vieux. Faire, défaire, refaire… Etc. Côté MdE, elles fourniront à P.E. leurs productions, ce qui est la moindre des politesses, et, « en fonction de la réalité locale et des données disponibles », elles rechercheront et produiront « des données, des observations et des analyses  sur un périmètre territorial plus large que celui de la maison de l’emploi », ce qui ne manque pas d’originalité : les MdE pourront donc réaliser des études sur des territoires dépassant le leur. J’avoue quelque circonspection.

L’article 4 est elliptique : sur les trois axes des MdE (anticipation des mutations économiques, développement de l’emploi local et réduction des inégalités d’accès à l’emploi), P.E. « participe à l’élaboration du plan d’actions et à sa déclinaison opérationnelle ».

Déclinaisons de pouvoir.

L’article 5, « Actions en matière d’accueil, d’information, d’orientation ou d’accompagnement des personnes à la recherche d’un emploi », enfonce le clou de l’imprécision : les MdE « peuvent demander l’accès à DUDE en consultation » et « une action expérimentale pourra être conduite au sein des maisons de l’emploi situées dans les zones rurales, dans le respect du nouveau cahier des charges, afin d’accroître la présence du service public de l’emploi sur ces territoires. » Sachant que 1) la RGPP va exactement dans le sens inverse quant à la présence de proximité des services de l’État ; 2) le cahier des charges des MdE balisait très sérieusement (2) les velléités d’accompagnement (« Si la maison de l’emploi ne respecte pas ces conditions, le préfet de région lui refusera tout financement et ce quel que soit son champ d’intervention. »), on a là un nouvel exemple de ce qui, inévitablement, va générer à l’échelle des terrains de la confusion.

Les articles 6 et 7, « Mobilisation des moyens » et « Organisation de la coopération locale », poursuivent sur le mode hypothétique des possibles : « La contribution de Pôle emploi à l’activité des maisons de l’emploi peut prendre plusieurs formes… Du personnel de Pôle emploi peut être mis à la disposition de la maison de l’emploi… Les conventions bilatérales {…} pourront intégrer ces éléments… »

L’accord-cadre commençait par l’emphase – complémentarité, synergie et culture commune -, il se conclut par la déontologie, sujet qui ne fâchera pas : « L’Alliance Villes Emploi invite les maisons de l’emploi à respecter le fonctionnement du service public… » L’inverse aurait été amusant.

Idée…

J’ignore si le hasard de mes pérégrinations ne me fait rencontrer – à quelques exceptions près – que des territoires où, faute de caisses remplies, les Départements au mieux maintiennent « à moyens constants » leurs subventions aux missions locales, plus largement au secteur de l’insertion, au pire se désengagent. Cependant force est de constater que l’effort financier de l’État, traduit par certains comme une « reprise en mains » et par d’autres comme un réel soutien, comporte le risque d’une approche de plus en plus sériée au domaine de l’emploi et de l’insertion professionnelle, grignotant en route ou en douce l’approche holistique et glissant de l’obligation de moyens à celle de résultats. Que Pôle emploi et les MdE, là où il y en a, se coordonnent a minima n’est évidemment pas inutile mais ne doit-on pas s’interroger sur la stratégie des missions locales qui pourrait être, sinon « offensive », du moins plus innovante et dynamique ? Je réfléchissais ces jours à l’idée d’un « pacte territorial pour l’emploi et l’insertion », proposition à construire.

Ce qu’est un pacte territorial pour l’insertion…

Issu du Grenelle de l’insertion, ce dispositif vise à coordonner les différents acteurs œuvrant pour l’insertion sur un même département. La loi instaurant le RSA précise que le Conseil général doit, avant le 31 mars de chaque année, adopter ou adapter le programme départemental d’insertion (PDI), mais que, avant la mise en œuvre de ce dernier, le Département conclut avec les parties intéressées un « pacte territorial pour l’insertion ». Ce pacte doit définir notamment les modalités de coordination des actions entreprises pour favoriser l’insertion sociale et professionnelle des bénéficiaires du RSA. Si le Département décide librement des institutions qu’il souhaite associer ou non au pacte, la loi désigne cependant les parties prenantes possibles : l’Etat (au titre des contrats aidés et du cofinancement des SIAE), les organismes du service public de l’emploi (Pôle emploi, mais aussi les missions locales, les Plie et, éventuellement, les Maisons de l’emploi), les CCAS, les autres collectivités territoriales, et notamment la Région en raison de ses responsabilités en matière de formation, « les organismes compétents en matière d’insertion sociale » et les associations de lutte contre l’exclusion (ce qui ouvre un large champ possible), les organisations syndicales d’employeurs ou de salariés représentatives à l’échelon national et les chambres consulaires (CCI, chambres d’agriculture et chambres des métiers).

Ce que pourrait être un pacte territorial pour l’emploi et pour l’insertion…

Si le PTI est à l’initiative du Département, on remarque qu’il s’agit bien d’insertion professionnelle et sociale et qu’en théorie y participent, outre l’État, les organismes de la politique de l’emploi. Rien ne s’oppose, tout au contraire, à proposer un cadre se rapprochant d’un PTI mais original et expérimental… sans avoir à attendre que le Département se décide. D’où l’idée d’un « pacte territorial pour l’emploi et l’insertion », c’est-à-dire d’un cadre souple, formalisé par une charte, qui soit sur un territoire homogène une instance de coordination pour la mise en œuvre des politiques publiques d’emploi et sociales. Là où il n’y a pas de maison de l’emploi, cette instance, outre la rencontre et l’échange entre acteurs, pourrait réaliser le « diagnostic territorial sur la base d’une analyse du marché du travail et les potentialités du territoire en matière d’offres et de demandes d’emploi », c’est-à-dire l’axe 1 du (nouveau) cahier des charges des MdE ou, si l’on veut, le travail qui était fait par des SPEL souvent mal en point.

Bonne(s) pratique(s)

.

Un peu comme le regard suit la bille qui roule et, heurtant le bord du tapis puis le pied d’une chaise, change de trajectoire, ce PTEI imaginé me rappelait ce qu’il est commun d’appeler une « bonne pratique »… et qui en est effectivement une : la Charte des structures d’accueil – information – orientation (AIO) de Lorraine, conclue pour la période 2009-2012. Ce document, regroupant de très nombreux acteurs, de la Région à l’association des missions locales (AMILOR), de l’AFPA aux chambres consulaires, de Pôle emploi au CRIJ et à la DRDFE, a été signé le 18 novembre 2009. Je me contente ici de rapporter le début de l’article premier, « Préambule » :

« Bien que le cadre légal ne lui confère pas le pilotage régional de l’Accueil, Information, Orientation (AIO), la Région Lorraine souhaite impulser une démarche de coordination et de mise en réseau des acteurs lorrains de l’AIO.

Par rapport à sa compétence en matière de formation et d’emploi, la Région Lorraine a la nécessité de permettre aux lorrains de disposer d’une bonne information/orientation vers les actions de formation qu’elle met en place ainsi que vers tout dispositif contribuant au maintien, à l’évolution ou au retour à l’emploi des lorrains. Cela signifie, pour les lorrains, une information/orientation de qualité quel que soit leur statut ou leur lieu d’habitation.

C’est la raison pour laquelle, la Région Lorraine a pris l’initiative conjointement avec l’État (DRTEFP) de réunir dès octobre 2007 un groupe de travail réfléchissant à cette problématique. Après avoir réalisé un annuaire des structures AIO en Lorraine, ce groupe a proposé la rédaction de cette charte. Le principe d’une charte fédérative des acteurs lorrains de l’AIO au sein d’un réseau a été retenu en 2009 par la Région Lorraine dans son Plan Lorrain pour l’Accès aux Compétences pour l’Emploi Régional (PLACER).

Par ce texte, la Région Lorraine, l’État et les grandes têtes de réseau régionales de l’AIO acceptent de fonctionner dans un esprit d’échanges et de coopération au sein d’un réseau régional. Ainsi, les signataires s’inscrivent pleinement dans la résolution du Conseil de l’Union Européenne « Mieux inclure l’orientation tout au long de la vie dans les stratégies d’éducation et de formation tout au long de la vie » du 21 novembre 2008. »

Naïveté.

D’autres exemples pourraient probablement être rapportés tels que des conférences de financeurs, des conventions pluriannuelles d’objectifs pluri-institutionnelles, la fongibilité des aides (Avenir Jeunes 29 dans le Finistère…), etc. Reste que ce réseau des missions locales manque sérieusement d’une synergie, d’une circulation de l’information qui incite à s’extraire du cadre trop étroit de la seule mise en œuvre d’un programme…

Enfin, ce que j’en dis… Allez, je me replonge dans un aussi volumineux (719 pages) que passionnant ouvrage, Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours (3). De ce côté-là, on sait s’organiser. Ça c’est sûr. Il y a un index de 32 pages, très utile. Par exemple, au mot « UIMM » (Union des industries métallurgiques et minières), on trouve 81 renvois de page. Et on en (ré)apprend des bonnes. Si le rapport à l’entreprise est de toute évidence un point de passage obligé de la professionnalisation des piou-piou, cela n’implique pas de la naïveté…

(1) Labica-Bensussan, Dictionnaire critique du marxisme, PUF, « Quadrige », 1999, p. 1113.

(2) Cahier des charges. 3.2. : « Dans l’hypothèse où une maison de l’emploi, compte tenu des spécificités territoriales, souhaiterait développer sur la base d’une initiative locale, des actions d’accompagnement sans le financement de l’Etat, elle devra respecter les conditions cumulatives suivantes :

respect du schéma territorial de Pôle emploi tel que validé en CRE, dans le sens où l’intervention d’une maison de l’emploi en matière d’accueil, d’orientation et d’accompagnement de personnes à la recherche d’emploi doit répondre à un souci de présence des services publics en milieu rural, et non à doublonner la présence de Pôle emploi au niveau local ;

validation du projet, formalisé dans le cadre d’une convention spécifique conclue entre la maison de l’emploi, Pôle emploi et l’Etat, par le conseil régional de l’emploi. »

(3) (sous la direction de) Benoît Collombat et David Servenay, 2009, La Découverte.

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commentaires
  1. rbeaune dit :

    Du risque de l’ingestion à celui de l’indigestion…
    2007-2008 : les Missions locales sont promises aux griffes des maisons de l’emploi ou de Pôle emploi dans le cadre de la fusion ANPE-ASSEDIC… Il suffit de relire les débats au Parlement ou certains rapports pour voir certains députés et sénateurs souhaiter ces rapprochements, sous le signe d’une meilleure gouvernance des territoires et d’une seule vision : l’accès à l’emploi, par tous les moyens… Le lancement des contrats d’autonomie symbolise bien cette période de remise en cause du rôle des missions locales.

    fin 2008 début 2009 : la surchauffe en Grèce, la crise financière qui devient économique et sociale… et qui touche très fortement les jeunes… Martin Hirsch nommé Haut Commissaire à la Jeunesse… Des groupes de travail sont lancés qui donneront lieu au livre vert sur la jeunesse dont une phrase mérite d’être mise en avant : « La crise économique, la crise sociale, la crise écologique et la crise des valeurs montrent que le moule se fissure. Ce n’est pas dans ce moule qu’il faut faire rentrer les jeunes. C’est sur les jeunes qu’il faut compter pour transformer le moule ». Certes, le moule était déjà bien fissuré, certes imaginer que tout le monde entre dans un moule est réducteur en terme de libertés individuelles, mais l’idée de donner la parole aux jeunes paraît essentielle (une enjeu majeur pour les Missions locales).
    Les Missions locales à travers le CNML, l’UNML et l’ANDML ont participé fortement à ces travaux où il est apparu qu’avec son implantation nationale et ultramarine et son professionnalisme, ce réseau pouvait être le fer de lance d’une politique ambitieuse pour la jeunesse… A Avignon, par qui vous savez, les missions locales deviennent le pivot de l’accompagnement des jeunes… il ne faut pas oublier de lire la phrase suivante : « Nous leur attribuerons des moyens à hauteur des résultats obtenus dans la prise en charge des décrocheurs ». Alors quels jeunes : Tous ? les jeunes sortis sans diplôme ? mais constatons -énorme progrès??? – que le terme de jeunes en difficultés n’apparaît pas…

    Fini le temps où tout le monde voulait s’abattre sur les Missions locales (sauf en Picardie), celles- ci sont mises à toutes les sauces :
    – incluses dans les plate-formes d’orientation
    – actrices du placement en emploi avec les CIE et les CAE Passerelle
    – prochainement fer de lance pour la mise en oeuvre du service civique volontaire (ce dernier mot est essentiel : en incluant dans la proposition de loi sur le service civique volontaire, un amendement sur le décrochage scolaire, il pourrait apparaître à certains qu’il deviendra la voie priviligiées -obligatoire ?- pour les jeunes qui quittent le système scolaire sans diplôme)
    – partenaires avec les MGI et les CIO du repérage des décrocheurs scolaires
    – partenaires renforcés du Pôle Emploi pour l’emploi des jeunes
    – actrices de l’appui à la mobilité des jeunes avec une dotation scpécifique de 30 millions d’euros du Fonds pour l’insertion professionnelle des jeunes (et non pérenne ?)et la prochaine mise en oeuvre du permis à 1 € sans caution familiale (celle du Fonds de cohésion sociale)
    – enfin, les Missions locales ont largement répondu aux appels à expérimentation lancées par le Haut Commissariat à la Jeunesse…
    Une liste très longue à laquelle on pourrait rajouter (?) la mise en oeuvre du RSA jeunes ou les moyens alloués dans le cadre du plan de relance.

    Mais, sous le feu de l’actualité, de la nécessité d’obtenir des résultats immédiats, de cet élargissement du champ d’action, de la remise en cause -partielle ou totale ? – de deux principes fondateurs des Missions locales : démarche volontaire du jeune et faire faire, il apparaît important que le réseau, pour éviter une indigestion, prenne le temps de la réflexion pour inscrire toutes ces évolutions dans une nouvelle charte qu’elle pourra traduire dans un nouveau protocole avec tous ses partenaires… Ce temps de la réflexion est essentiel pour tenter d’inscire la politique de la jeunesse dans la durée…
    C’est le meilleur vaccin contre les feux de la rampe…

  2. DB dit :

    Bravo et merci pour cette proposition de programme qui me semble à la hauteur des enjeux, pour les jeunes et pour les ML !

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