Voeux

Publié: janvier 7, 2010 dans 1

Il faut croire que les fêtes ne reposent pas toujours. Bref, un peu fatigué et/ou un peu en panne d’inspiration et/ou d’énergie, alors que la seconde partie de la dernière contribution est là, sous mes yeux, enfin sur l’écran. Aucune excuse donc mais on verra plus tard. Demain, un autre jour, etc.

Piou-piou et cui-cui, le retour.

Le bonheur ! Une contribution de piou-piou 44. Une contribution ? Non ! De la recherche appliquée… sur un sujet grave, le signifié de piou-piou, vaste champ d’investigation (1). Je lui laisse, bien volontiers, la parole.

Piou-piou 44 :

« Bonne année à toutes et tous les piou-piou de la terre et d’ailleurs {PL : « d’ailleurs » ?}.

Je cherchais l’occasion depuis quelque temps d’intervenir sur le sujet qui nous préoccupe tous – enfin presque – , c’est-à-dire les pioupiou.

J’ai lu avec délectation le début d’analyse morpho-psycho-socio-duvetologique de Philippe Labbé. Je l’ai partagé avec mes collègues aussi.

Mais, depuis, un doute m’habite ou m’assaille sur l’origine de cette appellation. Le hasard de mes lectures m’a amené à découvrir un auteur du 19e : Alphonse Allais – La Barbe et autres contes (découvert dans les allées d’une bourse aux livres d’Amnesty). Au détour d’une phrase qualifiant une personne, j’ai découvert l’adjectif « pioupioutesque » et mon doute a grandi. En ce temps-là, les pioupiou que nous sommes n’existaient pas : alors de qui parle-t-on ?

Je suis donc parti à la recherche de l’origine des pioupiou. J’ai commencé par le Littré : « PIOUPIOU [piou-piou] s. m. Terme populaire. Soldat du centre, dans l’infanterie. »

Certains, qui ont l’esprit mal placé, vont s’offusquer de suite, je les rassure : « s.m. » ne veut pas dire ce que vous croyez mais « substantif masculin ».

Soldat, oui,je vois, mais soldat du centre, je ne vois pas trop. J’ai continué mes recherches sur internet : d’abord wiktionary. « Étymologie : (XVII e siècle) Onomatopée du cri des jeunes poussins (→ voir piou et piaf) avec redoublement. (XIX e siècle) Avec le sens de « jeune soldat ». Nom commun masculin. Singulier : pioupiou /pju.pju/  Pluriel : pioupious /pju.pju/. 1. Cri des poussins (« Le pioupiou des poussins autour de leur mère-poule attentive. »). 2. Jeune soldat, bleu, troufion (« Je le voyais sur des photographies, déguisé en pierrot, en garçon de café, en pioupiou. » Simone de Beauvoir, Mémoire d’une jeune fille rangée, 1958, p.28). »

On retrouve le soldat. Philippe nous aurait trompé, nous ne serions pas un oiseau duveteux mais, en fait, des troufions. Continuons sur internet : sur le dictionnaire des excentricités entre « pioncer » et « pipe (casser sa) » : « PIOU,  PIOUPIOU : Soldat du centre. Corruption du vieux mot « pion »: fantassin. (v. Roquefort ; « Militairement parlant, le pioupiou, comme l’euphonie de ce nom semble l’indiquer, est au « jean-jean » et au « tourlourou » ce que musicalement parlant le demi-ton est à deux tons naturels qui se suivent dans l’ordre de la gamme. » ; M. Saint-Hilaire, 1841 : « Hier, la cuisinière de mon propriétaire a fait tourner son lait et la tête d’un pioupiou. »).

En fait nous sommes des pions (cela m’arrive très souvent de me sentir un pion quand on me parle des objectifs de la CPO…) ou des fantassins (je me sens souvent comme un fantassin désarmé). Notre ennemi : le marché du travail que nous devons combattre avec les jeunes ou plutôt ses portes qui restent fermées à un trop grand nombre. Nous essayons vainement de les enfoncer à coup de CIVIS, CUICUI – désolé, mais c’;est le surnom du CUI, tout trouvé pour les pioupiou que nous sommes – CAE Passerelle …).

Bon, trêve de plaisanterie, je me demande aujourd’hui pourquoi Philippe nous a caché cette origine soldatesque qui a dû influencer notre inconscient collectif.

Alors, pioupiou de tous les pays, êtes-vous prêts à vous unir pour démolir les portes blindées de ce marché ?

Et encore merci à Monsieur Pierre TAPIE de nous expliquer pourquoi on ne doit pas intégrer trop de jeunes boursiers dans les grandes écoles : http://www.liberation.fr/societe/0101612083-la-tradition-meritocratique-n-est-pas-une-tradition-de-quotas »

PL. Que dire, que faire devant tant d’érudition sinon s’incliner et, toute honte bue, revêtir une robe de bure, se couvrir la tête de cendres et tenter, poitrine nue et pieds déchaussés, enchaîné, d’implorer la compassion, le pardon, l’absolution, en plaidant l’ignorance contre la malignité ? Peut-être aussi promettre une introspection psychothérapeutique pour résoudre enfin – à 57 ans ! – une relation « difficile », c’est le moins, avec la Grande Muette. Peut-être, aussi et enfin, rappeler que le champ théorique ici sollicité dans les multiples analyses, la systémie et plus encore la théorie de la complexité, laisse la place, une large place, à l’incertitude – « une chance à saisir » selon Edgar Morin – et que, quoique piou-piou, fantassin (-ssin-ssin) ou pion (-pion), chacun, d’où il est, est en mesure de déplacer les montagnes comme Yu Kong ? A condition, me semble-t-il, que la bifurcation qu’un seul permet soit amplifiée par la coopération. Faire que le tout soit supérieur à la somme des parties, produire des effets émergents…

Parlant d’Edgar Morin, pour celles et ceux qui redouteraient une difficulté, une aridité, je recommande son dernier ouvrage, Edwidge, l’inséparable (2009, Arthème Fayard, 19 €). C’est beau, tendre. Ce sont les mots d’un homme pour celle avec qui il a vécu et qui est décédée il y a presque deux ans : « Quand, au matin du 29 février 2008, je l’ai découverte morte, son dernier visage tout penché sur le cou était celui d’une petite fille… (Mais quand je l’ai fait habiller et parer dans son cercueil, elle était une belle petite dame.) » (p. 25).

Ah oui, les vœux ! Pour 2010 et pour chacun, faisons simple : tout ce que vous souhaitez. Mais, toujours pour 2010 et la suite, cette fois pour tous, question d’opinion : que l’on dessille les yeux. A ce propos, pour les piou-piou de la Galaxie Gutenberg une autre lecture recommandée et, pour les piou-piou de la Galaxie Google, une vidéo.

Lecteurs : Regards sur la crise (2009, Hermann, 14,8 €), avec les contributions de dix-huit intellectuels invités par France Culture à porter un regard sur ce qui, contrairement à ce qui est véhiculé, n’est pas derrière nous… il suffit d’observer que le monopoly financier des banques reprend de plus belle. J’aurai l’occasion de revenir sur certains de ces textes. Ca se lit assez facilement, chaque contribution faisant moins de dix pages et le tout pouvant être picoré au gré des humeurs : on peut, par exemple, sauter Alain Finkielkraut qui s’enferme dans la réaction (« Pour une décence commune », pp. 75-84) et déguster Miguel Benasayag (« Re-territorialiser », pp. 23-32). Enfin, chacun fait comme il veut.

Visionneurs : on a parlé de Copenhague, de l’article de Corinne Lepage… On peut y revenir et, cela dure moins d’une heure, regarder et écouter Hugo Chavez. C’est « du » politique. C’est aux antipodes de « la » politique, celle qui, exprimée par le sens commun et appuyée de haussements d’épaule, avance que « Le pouvoir d’achat a progressé en 2009, c’est sérieux, c’est les statistiques qui le disent ». Les mêmes statistiques qui, selon Pierre Bourdieu, sont « la science de l’erreur ». Même si le président vénézuélien n’est pas à l’abri de critiques, depuis la modification de la Constitution pour qu’il puisse se présenter au suffrage autant de fois qu’il le désirera jusqu’à son soutien à l’élection truquée d’Ahmadinejad, c’est à  ne pas rater : 1ère partie : http://www.dailymotion.com/video/xbjtod_hugo-chavez-a-copenhague-12-vostfr_webcam; 2ème partie : http://www.dailymotion.com/video/xbjtod_hugo-chavez-a-copenhague-12-vostfr_webcam.

Bizarre, ça n’est pas passé sur TF1.

Pour conclure, un autre dessin d’Éric Appéré. Cet homme n’arrête pas.

Bonne année.

(1) Sur ce blog, « Psychosmorphosociologie du piou-piou » 1 et 2, les 6 et 9 décembre 2009.

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commentaires
  1. rbeaune dit :

    Tous mes voeux notamment de santé aux lectrices (tiens le blog ne respecte pas trop la parité…) et aux lecteurs de ce blog et aussi à son producteur essentiel : Philippe…
    La panne d’inspiration n’est pas due à une pollution de l’air en Bretagne???
    Je crois qu’il y a des sujets intéressants à mettre sur la table.
    Comme cela à brûle-pourpoint :

    – la réalité du faire faire et donc du partenariat à une époque où chaque acteur a des objectifs à tenir, objectifs qui conditionnent sa survie ;

    – les perspectives des missions locales dans cette nouvelle décennie quand il faut se rappeler (et c’est encore d’actualité) que tant les maisons de l’emploi que Pôle emploi auraient pu les « absorber »;

    – la relation à l’argent pour des jeunes complètement pris dans notre société de consommation qui leur impose une voiture, un téléphone portable, …, pour être jugés « employables » et la façon de prendre en compte ce changement dans l’accompagnement ;

    – la capacité des missions locales à mettre en place un observatoire du million de jeunes qu’elles accompagnent et tant au niveau local que départemental, régional ou national, leur capacité à saisir l’opinion publique et les décideurs ;

    – la façon, au niveau du réseau des missions locales, de sortir de cette trop facile culpabilité du jeune que l’on qualifie de « en difficulté » alors qu’il fait tout pour s’en sortir (quand on a utilisé le terme JDI = jeune en demande d’insertion, celui-ci a été tout de suite traduit en Jeune en DIfficulté).

    Bon Philippe, avec cela et un petit tour en Bourgogne, je pense que tu as tout pour relancer la machine, mais c’est vrai aussi que tu comptais sur des contributeurs ou trices…

  2. pioupiou44 dit :

    Des pioupiou qui ont des problèmes avec la Grande Mouette, je trouve cela tout à fait normal.

    J’avoue sincèrement que j’aimerais bien contribuer de façon plus sérieuse à ce blog mais mon absence d’ailes (traduction : pas de bagage théorique en insertion, vous remarquerez que je suis plutôt indulgent avec moi-même, j’aurais pu dire mon cerveau atrophié …) ne me permet pas vraiment de faire autrement. Par contre, je pourrai être plus disert sur ce qui concerne le développement local et je suis d’ailleurs à la recherche d’expériences sur des observatoires des jeunesses (de la jeunesse supposerait que cette période de la vie serait relativement uniforme et me dérangerait, je crois qu’il en a déjà été question dans ce fabuleux blog que vous êtes en train de lire) qui auraient pu être mis en place localement.

  3. pioupiou44 dit :

    Merci Docinsert pour votre aide. Si d’autres ont des exemples sur des territoires plus petits qu’une région (un pays par exemple), je suis preneur.

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