Prime, vie chère… 1/n

Publié: décembre 17, 2009 dans 1

Je reprends ici la contribution de Vincent Plovier (CFE-CGC) sur les primes, la vie chère, etc. sachant que, sur ces bases, Aznavour s’est trompé, lui qui chantait « … il me semble que la misère sera plus douce au soleil ». On ne peut pas toujours avoir raison.

Vincent : « Bien que ne me considérant pas comme un expert, je participe aux travaux de la branche et cet article déclenche quelques réflexions…

Difficile d’imaginer un rattrapage pour une convention collective nationale, Michel a raison. Si les écarts du coût de la vie sont réels en outre-mer, il convient de préciser que la métropole n’y échappe pas. Les écarts de la vie « parisienne » et celle de province existent déjà, ne pensons qu’au logement et au transport… Les solutions existent-elles, et sont-elles de la compétence des directions et de la branche?

Pour la branche…

Les négociations sont générales et concernent tous les salariés et toutes les structures sur le territoire national. Les négociateurs cherchent à améliorer l’ensemble des conditions des salariés et pas seulement les salaires : formation, gestion des absences, maladie, retraite… Tout cela s’appliquant à tous. Mais il convient de préciser qu’une convention collective est un minimum et non un maximum. Et que personne n’interdit à un employeur de faire mieux que le minimum surtout si l’environnement le justifie !

Pour les directions et les employeurs… (j’ai plaisir à rappeler que la directrice ou le directeur est salarié(-e)).

Les directions ne peuvent inscrire leur action que dans le cadre fixé par les financeurs. Mais elles ont un rôle auprès des élus locaux pour la définition du montant des subventions accordées. Nos structures sont présidées par des élus locaux, employeurs des personnels, mais aussi employeurs des fonctionnaires territoriaux qui bénéficient des primes de 40 à 53%. N’y a-t-il pas une contradiction ? Les mêmes élus accordant une prime à certains et se référant à la convention collective pour d’autres, alors que tous subissent le même environnement économique?

Chacun comprendra que certains réclament des primes. »

P.L. C’est dit. Merci Vincent. Ceci étant, je ne comprends toujours pas – ce malgré (je dois être obtus) la contribution de Michel Abhervé (« Et non, Philippe, une convention collective nationale ne peut pas prévoir un « rattrapage », puisque par définition, elle est nationale. Elle a un champ d’application, et pour celle des Missions Locales c’est la Métropole et les départements d’outre mer. »), pourquoi le statut de la fonction publique, qui concerne quelques millions de fonctionnaires et qui lui aussi est « national », est parvenu à définir des bonifications sur la base de considérations historiques (sans doute obsolètes aujourd’hui : on trouve des hôpitaux et des écoles à côté des cocotiers) et pourquoi une convention collective – également – nationale, pour seulement onze milles salariés,  ne réussirait pas à pondérer ses critères sur la base de considérations socioéconomiques… y compris d’ailleurs en incluant l’Île-de-France dans la catégorie des régions où la stricte application d’un barème gravé dans le marbre produit, d’une part, des salaires notoirement insuffisants et, d’autre part, une inégalité de traitement (1). Il est certes toujours possible de mettre Paris en région et les DOM dans l’hexagone, comme la ville à la campagne… Par ailleurs, s’il est incontestable que les présidents de mission locale appliquent en cette qualité la CCN alors que, maires, ils sont employeurs de fonctionnaires aux salaires bonifiés, force est de constater que, dans le second cas, c’est la loi qui les y contraint alors que précisément, dans le premier cas, rien ne les oblige. Comme, de plus, nombre de collectivités sont aujourd’hui face au choix cornélien – exclu l’endettement – d’augmenter la pression fiscale sur leurs administrés ou de diminuer leurs subventions… on voit mal s’annoncer une générosité soudaine. Se produirait-elle qu’elle serait variable selon les structures – comme c’est aujourd’hui le cas, ce qui pose (une nouvelle fois) un problème d’égalité.

Toujours est-il qu’avec les difficultés économiques annoncées les professionnels de mission locale, qui font partie de cette « classe intermédiaire » exposée, ce sucre dont la partie immergée fond et gagne la partie émergée, risquent fort de connaître un déclassement social, accélérateur de déclassement moral. Tout cela au moment où l’engagement serait – encore plus – nécessaire face à la jeunesse maltraitée. La gestion humaine des ressources humaines (GHRH) va être au banc d’essai.

J’imagine que d’autres contributions suivront. D’où le « 1 » succédant au titre.

(1) Notons que les mouvements sociaux dans les DOM ont abouti à des augmentations sonnantes et trébuchantes, quoique ne rattrapant pas le coût de la vie chère. Ainsi, pour la Réunion, l’accord régional interprofessionnel (ARI), autrement baptisé « accord COSPAR », revalorise des salaires de 50 à 60 euros mensuellement, l’arrêté d’extension du 27 juillet 2009 ayant rendu obligatoire l’application pour 3 ans de cet accord signé le 25 mai 2009 avec un effet rétroactif au 1er mai 2009. A la Martinique, l’article 6 de l’accord régional interprofessionnel sur les rémunérations des salariés du secteur privé met en place une « prime exceptionnelle de vie chère » de 4% (salaires de 1,4 à 1,6 SMIC) et d’un « minimum » de 2% (salaires supérieur à 1,6 SMIC).

Publicités
commentaires
  1. Parce qu’une convention collective nationale est par définition nationale
    Certaines branches professionnelles, la métallurgie par exemple, définissent des conventions collectives applicables dans un département, une région.
    Chacun peut s’imaginer que dans une petite (par le nombre de salariés concernés) branche, cela n’a pas de sens
    La volonté des négociateurs, employeurs et salariés, de cette CCN était d’unifier le statut des salariés, ce qui a représenté pour plusieurs milliers de salariés une amélioration significative de leur rémunération.
    Il est difficile de vouloir à la fois les avancées permises par un statut unique et une rémunération différenciée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s