Du côté du Sénat… et autres considérations.

Publié: décembre 7, 2009 dans 1

Noël…

Mercredi 2 décembre, le Sénat a adopté les crédits de la mission « Travail et Emploi » inscrits dans le PLF (projet de loi de finances). Les sénateurs de gauche se sont prononcés contre le projet de budget. Pour Annie David, sénatrice PC de l’Isère, le budget de la mission « Travail et emploi » est « loin d’être à la hauteur des besoins. Alors que la crise détruit des emplois par milliers, sans espoir d’amélioration avant le second semestre 2010, les crédits sont en baisse de 6 % » à périmètre constant hors crédits inscrits dans la mission « Relance de l’économie ». Christiane Demontès (PS, Rhône) porte également un jugement négatif en relayant les demandes des entreprises d’insertion qui réclament « une juste revalorisation de l’aide au poste » : « Stable depuis de trop nombreuses années, elle est d’un montant de 9 650 euros [par an], qui devrait être réévalué à 12 500 euros pour permettre aux entreprises d’insertion de poursuivre leurs actions auprès de ceux qui en ont le plus besoin. »

Une commission mixte paritaire (sept députés et sept sénateurs) se réunira à l’Assemblée nationale, le 14 décembre prochain, pour élaborer un texte commun aux deux chambres parlementaires avant l’adoption définitive du PLF. Pour Noël.

Damas…

Sans doute inspiré par le président qui promettait aller chercher les emplois avec les dents, Laurent Wauquiez a assuré les édiles que la politique gouvernementale « demeurera offensive » en 2010 : « Nous irons cette année encore chercher les emplois, notamment dans le secteur des nouveaux emplois verts. » C’est étonnant ce Chemin de Damas, quelques années après les emplois jeunes. Faire, défaire, refaire. Décidément, on surfe sur l’écologie. Quitte à louer ce que l’on dépréciait.

France Télécom…

De son côté, Xavier Darcos a jugé que le « projet de loi de finances dégage les crédits nécessaires pour que le ministère du Travail puisse relever les défis actuels ». En priorité, il s’agit de « renforcer la santé et la sécurité au travail » : « Trente millions d’euros y seront consacrés, soit plus de 20 % par rapport à 2009. » Enfin, le bonheur au travail serait un objectif ! Ça change de travailler plus…

L’excellent travail des missions locales…

Le rapporteur des crédits de la mission « Travail et Emploi », Serge Dassault (qu’on ne présente plus) considère que les 11,4 milliards d’euros prévus par le PLF 2010 pourraient être utilisés avec plus d’efficacité pour « réduire le chômage en créant des emplois ». Le fils de Marcel, d’une part, est très critique vis-à-vis du dispositif d’allègement des charges qui coûte vingt-cinq milliards : « Depuis 2003, l’État aura donc dépensé pour cette opération 160 milliards d’euros, sans créer un seul emploi ». Notons que, depuis des décennies, l’allègement des charges pour les entreprises est un levier privilégié des gouvernements de droite. Et que Serge Dassault est sénateur UMP. Aurait-il été irrité que son amendement d’affecter les 150 millions d’euros  au financement des missions locales et du FIPJ (Fonds pour l’insertion professionnelle des jeunes) ait été rejeté à la demande du gouvernement ? D’autre part, le même ajoute :  « On ne connaît pas le rendement de Pôle emploi, qui coûte cinq milliards [d’euros]. Il est sans doute possible de réaliser des économies sur ce montant très élevé. » Par contre, « avec 175 millions [d’euros] pour les missions locales et 90 millions pour les maisons de l’emploi, nous avons des sommes dérisoires vu l’excellent travail réalisé envers les jeunes en perdition. » Jeunes en perdition, sapristi ! On croirait du Schwartz : « Ce qui les unit, c’est leur désespérance… » (rapport de 1981).

A propos de Dassault et d’excellent travail, depuis deux ans la mission locale de Corbeil Essonne – la « MIVE » – poursuit de front deux démarches « qualité », une sur l’observation, l’autre sur l’évaluation. En plus, si l’on va à Corbeil Essonne, on ne peut pas la rater : c’est « flashy », comme on dit. (cf. photo… certes pas très claire, nette-nette… mais, si on leur demande, serviables comme ils sont, ils pourront vous envoyer des originaux).

On pourrait se demander pourquoi des actions prioritaires nationales ne sont pas proposées sur ces thèmes par la CPNEF : ça ne serait quand même pas inutile de proposer aux structures des outils harmonisés sur ces deux bouts du chaînage systémique (entre les deux – « intrants » : l’observation, la veille ; « extrants » : l’évaluation -, ce sont les « processus », ce que l’on réalise)… Enfin, peut-être cela a-t-il déjà été fait… N’empêche, ne serait-ce que l’architecture (données, sources, traitement) du diagnostic socioéconomique du territoire, à la base du « dialogue de gestion », document essentiel pour pondérer réalisations et résultats au regard des ressources et des limites de l’environnement (mais, soit dit en passant, sans qu’à ce stade soient définies les règles de pondération) et production centrale d’un observatoire territorial des jeunesses… Qu’est-ce que cela serait bien !

Maisons de l’emploi : subventions divisées par 26 ?

Par ailleurs, pas très loin, à l’Assemblée nationale, la Commission des Finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire s’était réunie le 21 octobre et, toujours dans le cadre du PLF 2010, un amendement sur les Maisons de l’Emploi avait été déposé par Mme Chantal Brunel, rapporteure spéciale pour les Politiques du travail et de l’emploi. Après avoir indiqué introductivement que « les crédits demandés pour les politiques de l’emploi atteignent 12,6 milliards d’euros, soit 2 milliards de plus que le plafond prévu l’an dernier par la loi de programmation des finances publiques », celle-ci déclarait : « Alors que l’État subventionne les maisons de l’emploi à hauteur de 80 millions d’euros, mon amendement propose de réduire cette somme de 3 millions. J’estime en effet que les maisons de l’emploi doivent évoluer, même si je n’ignore pas que les élus locaux y sont très attachés. Je regrette en tout état de cause qu’aucun bilan de leur action n’ait été effectué. Un groupe de travail, confié à M. Michel Thierry, est certes chargé de préparer la réforme du décret du 25 mars 2005, mais pour l’instant, le Gouvernement s’en tient à une attitude attentiste sur le sujet. Il me semble qu’il faudra y revenir le jour où toutes les structures de Pôle emploi seront en place. » « Gros temps », comme on dit au Conquet lorsqu’on voit la dépression arriver de Ouessant.

Paradoxal…

L’animateur de DocInsert qui, contrairement à ce que certains esprits chagrins imagineraient, ne s’est pas assoupi, fait parvenir cette contribution : « Découvert ce jour dans mes sources « en retard de traitement », et ce, tout à fait par hasard, vraiment, oui, vraiment par hasard… »

[Extrait] : « Paradoxes de la reconnaissance au travail.

Prenons ensuite l’injonction devenue banale faisant appel à la créativité, à l’initiative, à l’autonomie et aux capacités de jugement des salariés. Outre le caractère paradoxal du « soyez libres », il est bien rare que cette exigence ne soit pas immédiatement contredite par une injonction de conformité, appuyée sur des batteries d’indicateurs de processus comme de résultats chiffrés et de court terme qui encadrent strictement cette liberté. L’incohérence est alors dans les décalages fréquents entre l’exigence d’action et de résultats qui pèsent sur le salarié et sa capacité effectivement déléguée et mobilisable. Les psychologues et les ergonomes insistent sur cette source de stress qui consiste pour les personnes à se trouver, en même temps, dans l’obligation d’agir et dans l’incapacité de faire. »

P.L. Eh oui ! Et ça s’appelle une injonction paradoxale. Et l’on s’en sort, façon de le dire, par la schizophrénie.

Au fait, juste un soupçon, une vague crainte… que, le temps s’écoulant, l’intelligence partagée laisse la place à l’intelligence distribuée. Il était convenu que plusieurs d’entre vous proposent un article. J’ai en réserve la suite de l’étude psychomorphosociologique du piou-piou ainsi qu’un article sur le Père Noël, version Lévi-Strauss, et puis aussi le texte d’une conférence jeudi à la mairie de Brest pour l’URHAJ. Samedi, je rejoins les piou-piou de l’hémisphère sud (ceux qui marchent la tête en bas) et serai très peu disponible pour proposer au débat critique une autre contribution. On se comprend ?

A vos claviers ! Merci.

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commentaires
  1. Docinsert dit :

    Désolé, après, j’arrête… :

    Wauquiez : «Il existe une politique sociale de droite»
    [Extrait] : « Qu’est-ce qu’une mesure sociale de droite ?
    Il y a quatre critères pour définir ce qu’elle doit être. D’abord, il faut assumer que le social, ce n’est pas seulement agir pour les plus défavorisés. Les classes moyennes ont souffert dans la crise. Est-ce normal qu’elles n’aient pas accès aux bourses scolaires et aux aides au logement ? Posons la question des seuils. Ensuite, il faut en finir avec la culture du chèque. On doit privilégier des mesures actives, en passant un contrat «donnant-donnant» avec les bénéficiaires des dispositifs. Dans le RSA, ce n’est pas le volet assistanat qui m’intéresse mais l’outil de retour au travail. Il faut développer le «sur-mesure» par rapport aux usines à gaz trop lourdes dont notre pays a le secret. Enfin, une évaluation systématique doit être faite. On doit pouvoir rendre compte. Bref, il faut en finir avec le politiquement social correct. »
    Le Figaro du 07/12/2009
    http://www.lefigaro.fr/politique/2009/12/08/01002-20091208ARTFIG00008-wauquiez-il-existe-une-politique-sociale-de-droite-.php

    Mr Dassault, il n’est pas de droite ? non ?

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