Pause plaisir

Publié: octobre 9, 2009 dans 1, Insertion/missions locales

Une fois n’est pas coutume, laissons-nous bercer par la douceur de l’été indien qui enveloppe de sa tiédeur les chargés d’accueil des missions locales, par le souffle des zéphyrs qui caresse les cheveux blonds des conseillers et conseillères, par le glougloutement du ruisseau qui rafraîchit les nuques des chargés de projet , etc. etc. Au baromètre de la côte d’amour des missions locales, elles ont gagné cinq points. A l’appui cette interview de Bernard Perrut, président du Conseil national des missions locales (CNML), parue sur  Localtis.info vendredi 9 octobre…

« Enfin de la reconnaissance. C’est sans doute ce qu’ont éprouvé les missions locales à l’issue de l’allocution du chef de l’Etat, le 29 septembre dernier à Avignon sur l’emploi des jeunes. Après des mois de doutes sur leur place dans la nouvelle organisation du service public de l’emploi, être considérées comme le « pivot de l’accompagnement des jeunes » n’est pas anodin. La page du « contrat d’autonomie » confié à des organismes privés est bel et bien tournée. Les missions locales seront amenées à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre « décrochage », a assuré Nicolas Sarkozy. Elles travailleront aux côtés des CFA et des rectorats au sein de « plateformes régionales d’orientation », un dispositif qui doit être expérimenté cette année avant d’être généralisé en 2010. Reste à savoir s’il s’agit des structures d’orientation labellisées prévues à l’article 3 du projet de loi sur la formation qui doit passer cette semaine en commission mixte paritaire. Le président a par ailleurs garanti des moyens « à hauteur des résultats obtenus ». Chaque « décrocheur » se verra proposé un parcours d’insertion, avec droits et devoirs.

Pour Bernard Perrut, et député-maire de Villefranche-sur-Saône, cette reconnaissance marque un tournant même si certaines zones d’ombres restent à clarifier. »

Localtis : Comment avez-vous réagi aux mesures pour les jeunes annoncées le 29 septembre par Nicolas Sarkozy ?

Bernard Perrut : « Je les ai prises de manière très positive dans la mesure où Nicolas Sarkozy a cité les missions locales comme « pivot de l’accompagnement des jeunes ». C’est une grande satisfaction, je ne pensais pas que ce mot serait employé ! Il y a quelques mois encore, on se demandait quel serait l’avenir des missions locales. Là, on reconnaît leur existence et on leur donne les moyens avec 40 millions d’euros dégagés en 2010 et 80 millions d’euros supplémentaires pour le contrat d’insertion dans la vie sociale (Civis). L’Etat leur fait confiance. »

Localtis : Pensez-vous avoir franchi une étape ?

Bernard Perrut : « Depuis quelques mois, j’estime que les missions locales ont fait un bond. Je dois reconnaître que Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat chargé de l’emploi, a pris ses responsabilités sur le sujet et a compris qu’il fallait garder les missions locales. Nous avons aussi acquis une reconnaissance nationale, grâce à une enquête menée auprès des parlementaires, des réunions avec Martin Hirsch et Laurent Wauquiez. Nous avons aussi participé à l’élaboration du livre vert… Les missions locales ont ainsi acquis une certaine crédibilité et c’était nécessaire. Si les chiffres parlent d’eux-mêmes, un million de jeunes accueillis, dont 48% bénéficient d’un emploi ou d’une formation à la suite de leur passage dans nos structures, les missions locales ont du mal à communiquer sur leurs résultats car ce ne sont pas des structures nationales comme Pôle emploi, mais des structures locales reliées au niveau national par le biais de conventions signées entre les régions et l’Etat. »

Localtis : Quelles sont vos attentes maintenant ?

Bernard Perrut : « On attend de savoir comment ces mesures annoncées par le président vont se décliner, et notamment comment va se faire le « suivi systématique des décrocheurs », prévu dans le plan Jeunes. Ce système anti-décrochage doit être mis en place à travers des plateformes régionales d’orientation, créées dès la rentrée 2010 pour garantir le repérage et le suivi de tous les décrocheurs scolaires, et les missions locales qui seront donc les pivots de l’accompagnement des jeunes. Nous attendons de savoir comment va se faire cet accompagnement et si les missions locales seront chargées d’accompagner tous les jeunes sortis du système scolaire, ce que nous souhaitons. »

Localtis : Etes-vous en concurrence, dans ce domaine, avec les maisons de l’emploi ?

Bernard Perrut : « Je pense qu’il faut s’adapter aux réalités du terrain. Certaines maisons de l’emploi ont hébergé des missions locales, d’autres non… Ce qui compte, ce n’est pas le lieu, c’est que les missions locales relèvent toutes d’une même stratégie d’ensemble pour les jeunes. »

Au fait, le contrat d’autonomie ?

Au 21 septembre 2009, on recensait 13 339 contrats d’autonomie  signés dont 8 727 en cours et 1 162 en issue positive sur un objectif de 45 000 contrats en trois ans. 13 339 – 8 727= 4 612 – 1 162 = 3 450. Soit à cette date un taux de sorties positives de (1 162/13 339) 8,7%. Et un taux d’abandon de (3 450/13 339) 25,9%. Toujours sur Localtis.fr mais cette fois le 21 septembre («  Contrats d’autonomie : le précieux coup de pouce des missions locales »), on peut lire concernant ce taux de réussite « Un taux relativement faible si on le compare aux 24% de sorties positives affichés par le contrat d’insertion dans la vie sociale (Civis), qui est mis en œuvre par les missions locales. {…} … les résultats sont décevants. D’autant plus que les budgets consacrés à ces nouveaux contrats sont très confortables : 6 000 euros par jeune dans le cadre d’un contrat d’autonomie, contre 1.098 euros dans le cadre d’un Civis et 2.839 euros pour un Civis avec un emploi durable à la clé pour le jeune. »

On serait tenté de reprendre certains écrits du lancement surmédiatisé du Plan Banlieues et du contrat d’autonomie (engagements d’entreprises « croix de feu, croix de pierre… » et volontarisme conquérant d’impétrants qui, sapristi, allaient montrer comment il faut travailler) ainsi que les réserves exprimées par d’autres. Sans malice. Juste pour respecter à la lettre la philosophie de la LOLF, « à l’euro près », et vérifier par une évaluation in itinere (en cours actuellement, d’ailleurs, sous la direction de la DARES) les hypothèses de l’évaluation ex ante… Aussi parce que, de temps en temps, sans abuser, cela ne fait pas de mal de se dire qu’on n’avait pas tort.

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commentaires
  1. Il est aussi instructif de lire « Le Canard Enchainé » de cette semaine et son intéressant article intitulé  » « Coachs » en toc pour jeunes de banlieues  » qui montre comment certains opérateurs privés détournent le montant des bourses qui devraient aller aux jeunes et l’affectent à leur fonctionnement.

    Et on peut aussi se reporter à la chronique de Benoît Willot dans le site « Emploi et Création » intitulée « Modification des règles pour les opérateurs du contrat d’autonomie », et à son interrogation intéressante. Est ce que les modifications apportées en cours d’éxécution d’un marché ne font pas que des compétiteurs, qui avaient été rebutés par l’aspect financier initial de l’opération, pourraient s’estimer lésés ?
    http://www.emploietcreation.info/article-36653217.html

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