Goyave de France

Publié: septembre 23, 2009 dans Actualité: pertinence & impertinence

Une contribution d’Edmond Albius (1) sur « Le politique, espace de l’engagement sociétal » paru le 18 septembre, qui mérite, à mon sens, une surexposition que ne favorise pas l’emplacement sur ce blog des commentaires. Contrairement à ce que pourraient imaginer certains, mon analyse de la situation politique réunionnaise, élargie à plusieurs reprises au périmètre hexagonal, n’est pas une expression épiphénoménale, pas même d’irritation ou de dépit, mais elle invite (ou, du moins, veut inviter) au sursaut (l’engagement politique, le politique) qui, comme ce contributeur le souligne, doit s’appuyer sur les ressources endogènes. Doit s’appuyer prioritairement mais non exclusivement (adverbe dont la racine est « exclusion »). Ainsi le « goyave de France », expression réunionnaise pour se moquer d’importations de la métropole de produits et, par extension, de l’ignorance sinon du dédain des  ressources qui existent sur place, est-il sans conteste une absurdité (non seulement culturellement, ce qui est essentiel, mais même économiquement)… avec deux réserves.

Territoire géographiquement (dé)limité comme toute île, La Réunion ne facilite pas la prise de parole indépendante, l’effet-boomerang menaçant toute tentative de paroles libres et de bonnes mœurs. J’ai quelques exemples en tête. Ainsi le « goyave de France » a-t-il une fonction d’intermédiation… quitte d’ailleurs à ce que les protagonistes locaux se réconcilient et que le prix de leur entente soit le bûcher pour l’intermédiateur, processus cathartique des plus banals.

Seconde réserve issue des enseignements systémiques et même thermodynamiques, comme d’ailleurs indiqué dans mon article : un système doit communiquer avec son environnement sauf à se condamner à l’entropie,  la désorganisation. De la sorte, le développement endogène ne peut ni doit être qu’endogène mais doit recouvrir une alchimie « endogène – exogène ». Là comme ailleurs, ce qui est vivant repose sur l’interaction et sur l’altérité.

Qui bene amat, bene castigat.

Edmond Albius…

« J’ose à peine vous l’écrire sous peine d’être à la manière du Préfet Charbonniaud qui n’avait pas su épargner à notre président un accueil chaleureux à Saint-Lô, muté à Crozet pour m’occuper de l’insertion des manchots, mais je me dois de marquer une certaine addiction à vos propos.

Ainsi, et même si je dois vous avouer quitte à paraître un tantinet érudit ne pas avoir tout « imprimé » à la lecture de votre prose, je partage votre analyse sur notre 2PR (Paysage Politique Réunionnais). Je serais même prêt à étendre votre analyse à leurs complices des hautes sphères qui dirigent administrativement leurs collectivités territoriales.

Pour moi le seul salut ne peut venir que des « Réunionnais du monde » qui comme l’Ulysse de Brassens ont vu cent paysages, et puis ont retrouvé après maintes traversées le pays des vertes années. De leur attitude dépend notre sauvetage. Soit ils reviennent capables d’éjecter la nomenklatura ethnique, politique, familiale et affairiste et dans ce cas, la reconstruction est possible, soit ils entrent dans le moule, et dans ce cas c’est l’une de vos trois solutions qui sera retenue.

Maintenant bien sûr que nous avons besoin aussi de goyaves de France pour avancer, à doses plus homéopathique que par le passé certes, et ceux qui prétendent le contraire ont souvent en ligne de mire l’éventualité de nous placer un goyavier péi véreux assermenté.

Merci Labbé. »

C’est (joliment) dit.

(1) Edmond Albius, un pseudonyme bien sûr, le « vrai » étant l’esclave réunionnais qui a découvert à 12 ans le procédé de pollinisation de la vanille. Malheureusement décédé depuis plus d’un siècle.

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