Le Figaro et l’insertion

Publié: juillet 1, 2009 dans Au gré des lectures, Insertion/missions locales, Politiques d'emploi


Dont acte

L’incontournable animateur de DocInsert me fait parvenir un courriel avec une laconique interrogation « Qui a dit que Le Figaro ne parle pas d’insertion ? » et un lien.

Si, cédant à une facilité rhétorique, il faut en convenir, le cerveau krypto-reptilien faisait résonner le manifeste  par un vibrant « piou-piou de toutes missions locales unissez-vous », constatons que Le Figaro, dont la proximité avec le gouvernement actuel n’est pas un secret, met en application la devise de Beaumarchais dont il a fait son adage, « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » . Reprenant une dépêche AFP du 30 juin, Le Figaro titre : « Plan banlieue : pas une réussite ».

L’article.

« Le « contrat d’autonomie », lancé par le gouvernement avec le plan Espoir Banlieue, n’est « pas une réussite », a estimé aujourd’hui la fédération patronale de l’intérim, associée au plan. « On a signé à l’époque avec enthousiasme cet accord avec le gouvernement, et finalement, on sait que ce n’est pas une réussite sur un plan global », a déclaré le délégué général du Prisme, François Roux, lors de la conférence de presse annuelle de cette fédération patronale.

Enfonçant le clou, le président du Prisme, Arnaud de la Tour, a ajouté : « Ce n’est pas un jugement, c’est un constat ». Selon le Prisme, des problèmes se sont posés, dus à « la crise » mais aussi au fait que ce sont « surtout des associations qui ont été choisies » comme opérateur de cette formule d’accompagnement vers l’embauche (ou « coaching ») prévue pour des jeunes déscolarisés des quartiers dits sensibles.

Fin avril, l’entourage de la secrétaire d’Etat à la Ville, Fadela Amara, affirmait que les objectifs quantitatifs annoncés, lors du plan Espoir Banlieue, étaient « tenus », jugeant prématuré de tirer un bilan des 6 700 « contrats d’autonomie » signés à cette date.
Lancé début février 2008, le plan Espoir banlieue bénéficiait de peu de financement de l’Etat, mis à part 500 millions d’euros pour améliorer les transports en commun dans ces quartiers dont l’isolement est un obstacle à l’emploi.

Postulant qu’il ne fallait négliger aucune piste et ne pas se priver du privé, le gouvernement avait lancé des appels d’offre, plutôt que de rallonger les moyens des Missions locales, qui accueillent environ un million de jeunes déscolarisés et disposent d’un budget annuel d’environ 250 millions d’euros, dont moins de la moitié versée par l’Etat. »

Il n’y a donc que Fadela Amara pour persister – parfois singulièrement (sur ce blog, « Petits arrangements entre amis »). Quant à l’intérim, il se défausse sur ses petits camarades non ETT avec, bien sûr, « la crise » en plus. C’est beau la concurrence. Ce n’est pas jugement. C’est un constat.

Post-scriptum. On trouve parfois de drôles de choses sur le net. Exemple. C’est une question posée aujourd’hui à l’ensemble des adhérents d’un réseau national d’échanges auquel participent un grand nombre de Conseils Généraux : « Est-ce que des départements qui ont internalisé la fonction d’accompagnement (conseiller emploi-formation) peuvent prescrire des formations région sans passer par le Pôle emploi ? » Le net distrayant.

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