« Piou-piou de toutes missions locales, unissez-vous ! »

Publié: juillet 1, 2009 dans Insertion/missions locales

De Jean-Philippe sur les missions locales picardes : « Un travail de fourmi »

« Le réseau picard (tout comme le réseau des ML/PAIO en général d’ailleurs) n’est pas réellement constitué en réseau en tant que tel. Doit-on lui en vouloir ?

Il a été déjà malmené ces dernières années, comme le rappelle Philippe Labbé. Des amertumes, des ressentiments, des rancunes persistent entre anciens issus ou passés par les différentes structures ML, MDE, MEF, ex-AREAF (sur les AREAF voir lien ). Difficile de mobiliser dans ce contexte les salariés.

Pour sa part la CGT ML/PAIO, vient d’adresser un mail à tous les conseillers régionaux de Picardie pour expliquer sa position. Le réseau CGT a été sollicité, au niveau confédéral, Régional et local. C’est un travail de fourmi qui débute : informer, expliquer que la question de l’existence des ML en Picardie n’est pas une question « corporatiste », ni purement « conventionnelle », et qu’il en va de la politique de l’Etat en matière d’accueil et d’accompagnement des jeunes !

La ML, nous y tenons aussi… et surtout en Picardie ! »

De Jean-Philippe, cette fois sur l’article « Petits arrangements entre amis » : « Jackpot »

« Autant donner l’argent dévolu à C3 directement à la RATP, avec les primes pour les embauches en contrat de professionnalisation prévues ce sera le jackpot, mais on éliminera un intermédiaire !!! Jusqu’où ira F. Amara ? »

De Régis en réponse à David… « Le manifeste, un premier pas »

« Je me lance dans ce redoutable exercice de répondre à David. Tout d’abord, il faut développer la notion de réseau sur la base d’une identité (notre rôle, notre éthique, notre professionnalisation…) et d’une posture commune : il faut être présent dans les instances qui influent sur la (les) politique(s) de la jeunesse sans renier nos fondamentaux (approche globale pour l’insertion professionnelle et sociale et non seulement l’accès à l’emploi). Il faut aussi dénoncer les renoncements : le financement de l’Etat basé sur la seule DGEFP (« BOP 102 » pour être RGPP) porte en soi la volonté de réduire l’action des ML au seul accès à l’emploi.

Par cette participation active, la ML peut être ce « marginal sécant » qui, connaissant bien tous les dispositifs, tire de chaque politique le mieux au profit des jeunes.

De ce réseau consolidé pourra alors émerger une communication qui ne peut se limiter à dire ce qui est fait dans les ML. Non, cette communication doit aussi être source de proposition (un seul exemple qui me tient à coeur : pourquoi personne ne s’empare du problème du salaire des apprentis = 25% du SMIC la première année -sauf dans le bâtiment à 40%- alors que le jeune ne passe qu’un quart de son temps en formation ?) et donner la parole aux jeunes : ce point est essentiel, même s’il n’est pas le plus facile à réaliser. Enfin, cela doit permettre de répondre aux modes. Je n’en citerai que deux : l’orientation à qui l’on fait porter toutes les difficultés liées à l’impossibilité de rénover le marché du travail pour qu’il intègre les jeunes et les jeunes décrocheurs que personne n’est capable de quantifier, ni de qualifier. J’ai gardé pour la fin le mot magique d’évaluation qui, pour beaucoup, n’est que trouver un moyen « scientifique » de faire passer une baisse ou un maintien des moyens.

Sur cette base, le manifeste est un premier pas pour tracer la voie d’une véritable politique de la jeunesse, mais il doit être complété, enrichi et, je l’espère, plus que par de simples échanges sur un blog. »

Jean-Philippe : « toutes les bonnes volontés »

« A David, à Robert,

Je ne pense pas que l’ANDML mérite de se voir associer le vocable « vide intersidéral ». Pour ma part, j’estime que nous avons, pour faire vivre ce manifeste, de toutes les bonnes volontés, de toutes les instances de réflexion, et de toutes « nos intelligences » (est-ce que Philippe Labbé pourrait nous éclairer sur la comparaison des termes intelligences et expertises ?)

En effet un blog, le blog (celui de la campagne) n’est pas suffisant pour construire les suites de notre action. Il suffit de relire notre appel au manifeste de l’an dernier pour retrouver la volonté de la CGT d’associer les acteurs du réseau à ce projet. »

PL. Une ANDML légitime par les faits…

De l’ANDML, on peut dire que, d’une part, c’est une organisation corporatiste et que, d’autre part, cette association comble assurément un vide. Si le corporatisme n’a pas bonne presse, étant associé aux stricts intérêts d’un groupe professionnel souvent aux dépens des autres groupes et de l’intérêt général, je le comprends comme l’organisation d’un « corps » professionnel distinct, directeurs et directrices, ce qui en soi n’est déjà pas blâmable (il existe une foultitude d’associations de ce type… y compris pour les sociologues) mais qui, au regard de son activité, place ceux-ci dans une posture de représentants de leurs structures. Ce fût le cas, me semble-t-il, avec la négociation de la CPO pour laquelle l’ANDML avait d’ailleurs publié un guide à l’utilité peu contestable. On pourra toujours dire que ce (ne) devrait être (que) le rôle des partenaires sociaux mais, si la place de ces derniers est de toute évidence majeure dans ce qui détermine pour une large part le fonctionnement ordinaire d’une mission locale, force est de constater que ce fonctionnement est placé sous la responsabilité des directions et qu’à ce titre on imaginerait mal leur absence en amont.

Ce qui nous amène au second point, le « d’autre part ». L’ANDML occupe actuellement une place désespérément vide, celle de la recherche – développement (R&D). Là également, une objection pourrait être formulée : « est-ce bien le rôle de l’ANDML ? » Cependant, outre que, la nature ayant horreur du vide, il vaut mieux que la R&D existe par ce canal que pas du tout (ce qui n’exonère pas d’interroger une autre voie, suivez mon regard) et qu’un syndicat, le Synami, s’est également et avec raison investi dans une recherche-action alors que stricto sensu ce n’est pas son rôle, si l’on souhaite que l’innovation soit effective dans les missions locales la place de celles et ceux capables de l’organiser et de la mettre en œuvre est un point de passage obligé. Je le constate chaque jour avec les directions qui structurent leurs missions locales en valorisant l’ingénierie, des systèmes de veille partagé, des observatoires, des expertises, etc. On s’y porte mieux que dans les missions locales – godillots même si, bien sûr, d’autres problèmes sont posés tels que le difficile équilibre entre l’autonomie associative et la commande publique. Bien d’autres choses pourraient être avancées mais finiraient par apparaître comme une justification. Notons cependant la contribution de l’ANDML à la culture commune du réseau et à sa dynamique réflexive, par exemple avec le soutien à l’édition : du rapport Schwartz – qui nierait l’intérêt de disposer d’un tel document qui, il y a deux ans, était épuisé ? – au récent ouvrage d’Anne Le Bissonnais…

Quant à un éclairage sur « intelligences et expertises », cela viendra. Ce sera sans difficulté toujours mieux que les aventures de la Mission locale Antipolis dont Nice-Matin se fait l’écho depuis un mois…

Contrat d’autonomie. Suite…

Et, pour faire bon poids, un article transmis par l’animateur de DocInsert , toujours à l’affût, paru dans L’Humanité du 29 juin sous le titre de … « Une politique à court terme » Toujours sur le contrat d’autonomie.

« Zine Boukriche, élu municipal à Gennevilliers, est le président de la mission locale. »

« Qu’évoque pour vous le détournement opéré par le secrétariat d’État à la Ville ? »

Zine Boukriche. « Il marque évidemment toutes les difficultés rencontrées par Fadela Amara pour faire apparaître son plan Espoir banlieues comme une réussite. Pour gonfler les chiffres des contrats d’autonomie, ses services n’hésitent pas à mettre en danger le service public de l’emploi, à savoir les missions locales. Le travail de plusieurs années est en cause. C’est d’autant plus scandaleux que l’opérateur privé est, selon son contrat, censé aller chercher « au pied des immeubles » les jeunes qui sont loin de l’emploi et non profiter du travail accompli par les missions. Dans le cadre de son obligation de résultat, cet opérateur engrange 7 500 euros pour chaque jeune placé en formation qualifiante ou dans un emploi à l’issue de son contrat. Des moyens énormes qui n’ont rien à voir avec ceux dont bénéficient les missions locales. De plus, que l’État mette ce service public dans l’obligation de fournir des listes de jeunes à cet opérateur relève de l’injonction paradoxale, de la perversité idéologique, de l’aberration économique. Pour toutes ces raisons, on ne peut que s’interroger sur l’utilisation des finances publiques sur ce dossier. »

« Comment les jeunes réagissent-ils face à cette situation ? »

Zine Boukriche. « Chaque jeune recruté par l’opérateur privé reçoit 300 euros par mois pendant six mois. Rien du côté des missions locales. Certains jeunes – encouragés par les opérateurs privés ? – clament que les missions sont nulles. De toute façon, ils regardent aujourd’hui ces deux entités comme concurrentes. La réalité est complexe. Dans la boucle nord des Hauts-de-Seine, 80 % des contrats d’autonomie ont été signés à Asnières. Ce n’est pas le fruit du hasard : C3 Consultants y a embauché d’anciens conseillers de la mission locale. »

« Cette concurrence est-elle de bon augure ? »

Zine Boukriche. « Non. En agissant ainsi, l’État s’enferme dans une politique à court terme, il joue avec le feu. L’éthique du service public n’est pas la même que celle d’une entreprise privée. Quand les opérateurs ne seront plus là, les problématiques de la ville et des territoires, elles, seront toujours présentes. On peut craindre un retour difficile pour certains jeunes dans les structures publiques. Il y a des équilibres territoriaux sur lesquels il vaut mieux ne pas agir à la légère. La situation peut se révéler facilement explosive. »

Radical

C’est dans L’Huma et c’est comme ça. Si Le Figaro parle de l’insertion, on s’en fera l’écho… dès lors que l’information parviendra. Pour Le Monde, je m’en occupe. A ce propos, la semaine dernière, un splendide article de Max Dorra « Contre la cécité volontaire ». : « … tout changement véritable est radical, et cette radicalité ne suppose nullement la violence mais exige à coup sûr une conviction forte, rigoureusement argumentée. Donc mobilisatrice. » Radical vient de « racine » : aller à la racine des choses. Posons l’hypothèse que l’époque actuelle tourmentée constitue une opportunité de radicalité et contribuons par le débat libre et éclairé à nourrir cette conviction… forte et mobilisatrice. Le Manifeste prend cette voie. Et, pour rester dans l’obédience du dernier article, à « manifeste » on associerait historiquement « Piou-piou de toutes les missions locales, unissez-vous ! »

Relier plutôt que dissocier. Complexité plutôt que complication.

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commentaires
  1. Docinsert dit :

    Qui a dit que le Figaro ne parle pas d’insertion ?
    Plan banlieue: « pas une réussite »
    Le Figaro du 30/06/2009
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/06/30/01011-20090630FILWWW00415-plan-banlieue-pas-une-reussite.php

  2. David 86 dit :

    Merci Régis, Jean-Philippe et Philippe pour vos contributions-réponses respectives. Oui il est essentiel que le Manifeste soit au coeur de nombreux débats et réflexion dans notre réseau pour l’enrichir et sans le polir, car nous avons une occasion de nous retrouver une nouvelle fois sur un texte que j’aimerais qualifier de (re)fondateur, plus durable j’espère que ce pauvre Protocole de 2005 rapidement foulé au pied à force de cotraitance, de CPO, de FSE et autres par celles et ceux qui l’ont signé…Très modestement, ce travail va faire l’objet de devoirs d’été puis de rentrée avec l’équipe technique et avec les administrateurs de la ML, puis partagé avec nos homologues de la Région.

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