Patchwork : apprentissage, politique, évangile et manifeste

Publié: juin 18, 2009 dans Actualité: pertinence & impertinence, Au gré des lectures, Insertion/missions locales

Toujours plus…

Exhaustif et à la suite de « Dans la besace des chargés de relations entreprises », piou-piou 44 complète les trois décrets issus du discours présidentiel par un quatrième, le n° 2009-695 du 15 juin 2009 instituant une aide à l’embauche d’apprentis pour les employeurs de onze salariés et plus. C’est dit.

Gagner plus…

Pour Régis et toujours au sujet de « Dans la besace des chargés de relations entreprises »,  « Est-ce qu’un employeur ne va pas finir, avec toutes ces aides qui se cumulent, par gagner de l’argent en embauchant un apprenti qu’il ne rémunère qu’à 25% du SMIC, sans charge ou presque, et qui ne passe que 400 heures en centre de formation ? Les Chinois peuvent se faire du souci. On n’a pas de pétrole, mais on a des idées : une main d’oeuvre qui rapporte à la fois par le travail qu’elle fournit et par les aides qu’elle apporte. On est fort quand même. »

Ce à quoi Jean-Philippe (voir également ci-dessous, note n° 1) ajoute « Sans oublier, le racket organisé par les CFA auprès des jeunes et de leur familles s’agissant de frais en tous genres : inscription, matériel professionnel, ou autres achats assimilables à de la vente forcée… »

Pas content…

Pas content, RD le fait savoir introductivement : « Déjà, une remarque je n’ai pas vu publier « mon » commentaire sur « le témoignage des jeunes » et l’opération « je tiens à ma ml »… » De fait et après vérification, je n’ai pas reçu de commentaire de RD et le lui ai directement indiqué, précisant en outre qu’aucun commentaire n’avait été censuré depuis la création de ce blog et l’invitant à me renvoyer le sien qui doit probablement circuler dans le cosmos électronique. RD poursuit sur la base de l’article « Commission Hirsch : rajeunir les missions locales »: « Je rejoins pour partie la partie 3 du commentaire de DAVID 86 {qui contestait le rôle politique pris par certaines directions aux dépens des élus}. En effet, le conseiller n’est pas politique, il agit, avant tout, me semble t-il dans un cadre légal strict. Le politique c’est un autre champ que chacun peut s’approprier ou non hors cadre M.L. Les pros en interne, où en sont-ils des rapports avec les directions, globalement ? Que faisons nous? Que disons nous, que proposons nous? J’ai l’impression que le « locus externe » prime sur une introspection de nos propres pratiques (et de nos manques). Faute aux directions, faute au(x) gouvernement(s), faute à la crise, faute à l’éduc. nat. et aux process d’orientation et même faute aux jeunes pour certains pros qui confondent injonctions diverses et variées et accompagnement… et j’en passe et des meilleures. C’est un peu court, binaire et sans nuances. » Pas de commentaires particuliers… sinon sur l’affirmation que « le conseiller n’est pas politique » : si l’insertion n’est pas un problème politique, je souhaiterais qu’on me l’explique… et je pense éprouver quelques difficultés à être convaincu… car tout-à-fait d’accord avec Bertrand Schwartz plusieurs fois cité lorsqu’il écrit dans Moderniser sans exclure : « Mon propos sera donc également politique. Parce que traiter de la formation, de l’insertion, de l’emploi, de l’organisation du travail, et préconiser des actions en la matière, n’est ni anodin, ni neutre. Toute innovation sociale est politique. défendant des valeurs humaines et sociales, je préconiserai, aussi, une certaine politique. » (p. 9 de l’édition de 1997 à La Découverte). Quelle que soit la position que l’on occupe, on est donc bien, incontestablement, dans un champ politique. Evacuer du champ professionnel pour les professionnels la dimension politique, qui n’est évidemment pas à confondre avec la fonction politicienne, ni avec l’idéologie (comme l’engagement, absolument nécessaire dans le travail social, n’est pas synonyme de militantisme), serait une grave erreur, une amputation. La question soulevée par David ne me semble d’ailleurs pas contester cela mais, fort justement, pointe une substitution des rôles politiques, ce qui est bien différent… et problématique dès lors qu’elle encourage un désinvestissement des élus. A la décharge des directions concernées, si d’un côté la tentation de la notabilisation est patente et créée une nouvelle catégorie de socioclercs, d’un autre côté on est bien souvent dans une dialectique hégélienne de responsabilités largement partagées… certains conseils d’administration se révélant d’une pauvreté désespérante : être président de la mission locale est rarement la responsabilité sur laquelle on se précipite après un succès électoral… Il faudrait sans doute que les missions locales deviennent des sociétés d’économie mixte.

Onzième heure…

Dans Le Monde du mercredi 17 juin, on peut lire dans l’article « Nicolas Sarkozy plaide pour un monde social régulé » (p. 16) que le président « veut aussi que la mondialisation ne soit plus régulée par la seule concurrence. », idée jugée « généreuse » par l’Organisation internationale du travail devant laquelle il s’exprimait. Si à cette générosité, quelque peu forcée par les évènements et que les économistes néoclassiques qui nourrissent les think tank libéraux ne préconisaient guère il y a six mois, il ne serait pas inopportun d’ajouter une cohérence car, si par définition la mondialisation est globale et donc inclut des sous-systèmes, dont par exemple l’insertion, la logique voudrait que leurs modes de régulation soient similaires. S’il ne faut pas jeter la pierre aux ouvriers de la onzième heure (1), il ne semble pas que l’on se dirige dans ce sens.

Manifeste…

Le Manifeste pour une politique ambitieuse pour la jeunesse est paru et sera présenté vendredi. « Construit comme un outil devant servir de référence à l’ensemble des parties intéressées dans la conception, la construction ou l’évaluation d’une politique en direction des jeunes », ce document de dix-huit pages écrit par les partenaires sociaux de la branche professionnelle, syndicat employeur et syndicats représentant les salariés – hormis F.O., on attend de savoir pourquoi -, part de constats, affirme des principes et émet neuf propositions. On ne va pas le déflorer avant la manifestation à la Maison de la Chimie (2). On en parlera après.

(1) Les ouvriers de la onzième heure, parabole de l’évangile selon Saint-Matthieu (versets 1 à 6, 20), arrivent sur le chantier en fin de journée mais, malgré cela, sont accueillis et reconnus comme ceux qui y travaillaient depuis le matin. Je ne peux m’empêcher de noter que, sur Wikipedia, un lien (qui n’aboutit pas) est proposé au terme de l’article sur cette parabole « Une homélie par le frère Jean-Philippe Revel » Je n’invente rien. L’homme est (enfin) démasqué. L’animateur de DocInsert, jamais en reste, m’a fait parvenir un autre lien: si vous souhaitez lire l’homélie de Jean-Philippe Revel, vous pouvez cliquer sur http://moinesdiocesains-aix.cef.fr/homelies/careme/deuxieme-semaine/319-mardi/538-les-ouvriers-de-la-onzieme-heure.html Ca marche.

(2) A laquelle, avec regret, je ne pourrai assister étant ce jour à Tourcoing. Bon, mais la tradition d’accueil du Nord est une consolation.

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commentaires
  1. Jean Philippe REVEL (syndiqué CGT ML/PAIO) dit :

    quelle homélie !
    mais cela ne nous dit pas si les ouvriers travaillent le dimanche …

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