Nouvelles du front de la crise : superstition, spiritualité et gratuité

Publié: juin 17, 2009 dans Actualité: pertinence & impertinence, Au gré des lectures

Aujourd’hui, du désagréable et c’est stratégique. Plutôt que de saupoudrer les articles d’informations calamiteuses, autant les agréger. C’est plus dur à passer mais ça passe d’un seul coup. Du grand vers le petit, exactement à l’inverse du précepte de Descartes.

Europe : croiser les doigts…

De la Direction générale pour l’économie et les affaires financières de la Commission européenne et dans leur revue ECFIN de mai 2009 (attention, c’est en anglais) : « L’impact de la récession mondiale commence à se faire sentir fortement sur les marchés du travail européens. À la lumière des révisions à la baisse des perspectives de croissance et de l’incertitude créée par le crash financier, les perspectives d’emploi se sont considérablement détériorées. Cette situation correspond à l’expérience des récessions précédentes, où l’impact complet sur le marché du travail ne s’est matérialisé qu’après deux ou trois trimestres. Sur la base des politiques actuelles, la Commission prévoit une décroissance de l’emploi au cours des deux prochaines années, de pair avec une forte croissance du chômage, qui pourrait atteindre 11,5% dans la zone euro en 2010. Les développements sur le marché du travail dépendent cependant de manière cruciale des politiques qui seront adoptées. La bonne nouvelle est que les premières évaluations montrent que les mesures mises en place jusqu’à présent dans le cadre de Plan de relance économique européen semblent prometteuses. […] » Croisons les doigts.

Europe encore : allumer des cierges…

Un communiqué de presse d’Eurostat, daté du 2 juin 2009,  annonce que « L’UE27 {Union européenne à vingt-sept} a consacré 26,9% du PIB à la protection sociale » et que « les ratios les plus élevés {sont} en France, en Suède et en Belgique. » En 2006, la part des dépenses de protection sociale en pourcentage du PIB atteignait en France 31,1%. Par habitant, cela correspond à 8 200 euros. En Slovaquie, c’est 2 387 euros, en Roumanie 1 277 (soit dix fois moins qu’au Luxembourg). On va vérifier, tant que l’Europe sociale ne sera pas faite, c’est-à-dire garantira un niveau comparable de protections sociales entre les pays de l’Union, si la responsabilité sociale des entreprises suffira pour éviter les délocalisations. Allumons des cierges.

Outre-Manche : le travail gratuit est arrivé…

Le Monde.fr aujourd’hui : « British Airways, qui a fait état le mois dernier d’une perte annuelle record, a annoncé mardi avoir demandé à ses salariés de travailler gratuitement. La compagnie aérienne bataille pour sa « survie » dans des conditions de marché difficiles. Cet appel aux employés de la compagnie en Grande-Bretagne leur demande de se porter volontaires pour une période allant d’une semaine à un mois de congé sans solde ou de travail non payé.

Le directeur général de British Airways, Willie Walsh, qui a promis aux côtés du directeur financier, Keith Williams, de travailler gratuitement en juillet, a précisé que ce projet s’inscrivait dans le vaste programme de réductions de coûts de la compagnie aérienne britannique. « Nombre d’entre vous entendent aider la société », a déclaré M. Walsh. « J’espère que chaque entité de la compagnie contribuera d’une certaine manière à ce moyen efficace financièrement pour aider au plan de survie de la société. Cela compte vraiment », a-t-il ajouté.

British Airways, troisième compagnie aérienne européenne par le chiffre d’affaires, a publié une perte opérationnelle annuelle de 220 millions de livres sterling (260 millions d’euros) et renoncé en mai à verser un dividende, souffrant du retournement du marché aérien mondial, dont elle ne prévoit pas de redressement dans l’immédiat. » Gratias pro deo. L’histoire ne dit pas si directeur général et directeur financier ont eu le temps de mettre un peu d’argent de côté pour assurer leurs arrières et voir venir.

Outre-Rhin : ne plus travailler, même pas gratuitement…

Toujours sur Le Monde.fr aujourd’hui, « Le numéro un allemand de l’énergie, EON, prévoit de se séparer de près de 10 000 salariés en Europe, a dénoncé lundi 15 juin le syndicat allemand des services Verdi, qui a lancé un appel à une manifestation. Dans le cadre d’un programme d’économie baptisé « Perform-to-win », EON veut économiser 1,5 milliard d’euros d’ici à 2011, ce qui pourrait toucher près de 10 000 emplois, selon les calculs du syndicat Verdi. Jusqu’à 6 000 seraient supprimés en Europe et 4 000 seraient délocalisés. Selon EON, rien n’a encore été décidé. Les négociations avec les syndicats ont été interrompues et devraient reprendre fin juin. » Ah, oui : « perform-to-win » veut dire « performance pour gagner ». Seule certitude, ce ne sont pas ces 10 000 qui gagneront.

France : Dur, dur d’être un piou-piou…

De Denis par courriel : « On nous demande des résultats : nous devons prescrire des CIE, des CAE passerelle (donc aller plus en entreprise alors que les agendas des conseillères sont surchargés de RDV). Comment dit-on ? Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse… mais je n’ai jamais dit que mes collègues conseillères étaient des cruches, c’est juste une expression !!!
Ca + le livre vert + les mesures sur l’apprentissage + les fonds Civis déjà consommés (« Ah, pas de chance Monsieur, vous veniez en janvier, vous aviez le droit, là maintenant y a plus de sous, désolé »). C‘est quoi déjà notre fondement : l’accompagnement global ? » Pas de commentaires. Surtout quant aux cruches.

L’Elysée connaît pas la crise…

Même jour, cette fois l’agence de presse Reuters : « Dans un document présenté à la presse, le député de l’Aisne René Dosière, qui épluche depuis des années le budget de l’Elysée, a expliqué que les crédits de la présidence de la République avaient augmenté de 18,5% l’an dernier pour atteindre 113,182 millions d’euros alors que le budget de l’Etat n’a augmenté que de 2,8%. « Les promesses d’économies et de transparence ne sont pas tenues », a-t-il dit. « Les restrictions budgétaires imposées aux administrations de l’Etat ne s’appliquent donc pas aux services de la présidence de la République. » L’Elysée dément. Non, non, c’est un verbe, pas un qualificatif.

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