Scoop, buzz, pschittttt, home et autres considérations

Publié: juin 5, 2009 dans Actualité: pertinence & impertinence

Les missions du possible…

Décidemment, Benoît Willot va être certifié en ISO quelque chose pour sa réactivité puisque, sur son site Emploi et Création, il annonce l’ouvrage d’Anne Le Bissonnais Les missions du possible qui vient de paraître aux éditions Apogée dans la collection « Les Panseurs sociaux »… que j’ai le plaisir de diriger. Avec, en bonus, une reproduction de la couverture que je serai bien incapable techniquement d’incruster sur ce blog qui, on le sait, n’est pas assez « buzz », ni « sexy ». Pour la signification de « buzz », voir sur ce blog « Buzz et égalité hommes-femmes », le 4 janvier 2009. A chacun sa croix.

Scoop…

Côté scoop, Benoît Willot ne s’en sortira toutefois pas vainqueur à la Pyrrhus puisque j’annonce une conférence « L’insertion : enfoncer un clou dans un jet d’eau ? » que j’aurai le plaisir de faire le 11 juin à 17h30 et à l’EMAP. Où ? A Saint-Pierre de la Réunion. L’essentiel était de le dire avant lui. Départ de Roissy ou d’Orly, selon la compagnie aérienne. Vous êtes attendus nombreux d’autant plus que, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la prise de risque est minime : les piou-piou de l’hémisphère sud n’ont pas la tête en bas, ni ne tombent dans le vide de cet espace infini sous le globe. Etonnant mais vrai.

RSA : pas probant…

La Lettre de l’insertion par l’activité économique (Alternatives économiques) publie un article « Mauvais départ pour le RSA » et, dans un autre article, « RSA : les conclusions du comité d’évaluation », Denis Clerc fait état des résultats du rapport final du comité d’évaluation du revenu de solidarité active (RSA), rendus publics le 21 mai dernier, qui « sont sujets à caution, les 33 départements qui ont expérimenté le RSA n’ayant pas proposé les mêmes aides aux bénéficiaires. » Choux et navets.

C’est Pierre Concialdi, économiste à l’Ires, qui signe le premier article s’appuyant sur une enquête de la Drees (service statistique des ministères de la Santé et du Travail) qui « a comparé les taux de retour à l’emploi entre les zones tests, où était expérimenté le RSA, et les zones témoins, sans expérimentation, mais avec les mêmes caractéristiques socio-économiques. » Et bien, « contrairement à l’objectif affiché, les taux de retour à l’emploi ne sont pas significativement plus élevés dans les zones expérimentales. » Ce qui justifie que le travail évaluatif soit poursuivi dans la mesure où, qui dit expérimentation, dit temps nécessaire d’ajustement.

Patatoïdes…

Mais, plus significatif, la réaction de Martin Hirsch qui, selon La Lettre de l’insertion par l’activité économique, « a immédiatement publié un communiqué critiquant ces chiffres » alors que toutes les conditions requises de fiabilité de l’évaluation étaient remplies. Et Pierre Concialdi d’interroger « Faut-il, pour trouver grâce aux yeux des décideurs, que l’évaluation des politiques publiques soit toujours en phase avec la communication gouvernementale ? » Bonne pioche… et judicieuse question que l’on peut sans aucune réserve élargir à toutes les évaluations des actions d’insertion. En effet, si personne ne conteste l’intérêt de l’évaluation, qu’il s’agisse de la bonne utilisation des fonds publics, de la mesure de l’utilité sociale ou de l’amélioration de l’efficacité des intervenants dont pas un ne contesterait la nécessité de répondre aux deux questions « comment mieux travailler ? » et « comment mieux travailler ensemble ? », on peut (on doit) s’interroger sur la logique qui en amont guide ces évaluations. Celles-ci sont surdéterminées par deux paramètres, les chiffres et le programme. Les chiffres réduisent l’intervention sociale en peau-de-chagrin comptable, épuisent les piou-piou, parviennent à faire de la saveur du social le goût d’un « nutrialiment » allégé à 0% de matière grasse. Le programme signifie que l’on mesure moins le bénéfice des actions pour les usagers que la pertinence dudit programme : la priorité prioritaire est de valider celui-ci… encore une fois faire entrer de force des sujets patatoïdes dans des moules parallélépipédiques. Hélas.

Big pschittttt…

Une contribution charentaise de David sur le Livre noir du Livre vert : « Toutes ces réflexions sont en effet inquiétantes pour un processus dans lequel, personnellement, je fondais quelques espoirs avec le postulat de considérer la (les) jeunesse(s) de manière étendue, le non rejet a priori de la complexité (tellement rare à une ère où tout doit être entrepris pour simplifier, rationaliser, etc.), et la mobilisation de représentants de mondes divers et diversement intéressés au sujet. Ceci étant, était-ce bien raisonnable d’imaginer produire de l’intelligence en aussi grand nombre et en aussi peu de temps, a fortiori sous l’emprise de l’urgence économique et sociale, du rythme imposé par le cirque médiatico-sarkozien, et de la disponibilité forcément limitée d’un haut-commissaire et de ses équipes en pleine improvisation (et oui, c’est se qui se dégage de ce qui se passe sur le terrain) de l’avènement du RSA (chronique annoncée d’un big bang appelé à se transformer en big pschittttt) ? »

Perdre son temps…

Et, toujours sur ce Livre noir du Livre vert, une autre contribution cette fois de Michel : « Ce qui pose le plus de problèmes dans ce fonctionnement, c’est l’absence de comptes-rendus des séances de travail. Entre les documents introductifs, faits, comme leur nom l’indique, pour introduire un débat et les conclusions de celui-ci, qui peuvent être consensuelles pour partie, divergentes pour une autre, il est nécessaire que les points forts de débats soient actés.

Sinon, nous sommes évidemment dans une logique où les participants perdent leur temps à exprimer des idées, à formuler des propositions qui ne sont transcrites nulle part. »

Home…

Évidemment, le « rendez-vous avec la planète » c’est aujourd’hui avec Home, le film Yann Arthus-Bertrand, produit par Luc Besson et financé par François-Henri Pineau, ce qui nous vaut en début de projection la liste des entreprises du milliardaire breton (Gucci, Puma, FNAC, Printemps-La Redoute, etc.). Prenons plaisir aux belles images du film, restons lucides sur les motifs (dont ceux de Pineau qui, dans Match de cette semaine, n’en fait pas secret : « Le marché de l’environnement sera plus important que celui des nouvelles technologies »)  et espérons qu’il ne s’agira pas que d’un rendez-vous sans suite. Une occasion pour inviter à concevoir des « agendas 21 » (déclinaisons des engagements de Rio pour le développement durable) dans les structures d’insertion : c’est le cas aujourd’hui d’au moins une mission locale. Peut-être d’autres ?

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