Les parlementaires et la réforme du SPE

Publié: mai 11, 2009 dans Insertion/missions locales, Politiques d'emploi

Mammouth et gazelle…

Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi, a été entendu mercredi 6 mai 2009 par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. On trouvera l’audition complète dans le rapport d’information parlementaire n° 1651 relative à la réforme de l’organisation du service public de l’emploi de ce même jour.

« Donnez-nous un espoir, une bonne raison de croire qu’avec Pôle emploi c’est mieux » {qu’avec l’organisation précédente en deux opérateurs, ANPE et Assédic}. C’est ainsi que, rapporté par l’AEF, cette audition a commencé… sur fond « de multiples dysfonctionnements » dont la presse s’est faite l’écho, selon Dominique Tian, rapporteur (UMP) pour la commission. Dans le débat qui a suivi la présentation de Christian Charpy, ces dysfonctionnements ont permis une jolie métaphore de Jean-Patrick Gille (député PS, administrateur du CNML) : « Lorsque vous nous avez présenté le projet de fusion, l’an dernier, vous nous avez expliqué que vous ne vouliez pas d’un mammouth, mais plutôt d’une gazelle : il me semble que la gazelle a les jambes bien lourdes… » Après s’être présenté comme « un chef d’entreprise », ce qui a irrité quelques députés, Christian Charpy a reconnu que la crise « amène à décaler quelques mesures ».

Du simple au triple…

Ainsi et compte-tenu de l’augmentation du nombre de chômeurs, l’objectif d’un conseiller pour soixante demandeurs d’emploi ne devrait ainsi pas être tenu en 2009… sauf pour les « cas les plus lourds ». Aujourd’hui, la moyenne tourne autour de « 90-92 demandeurs par conseiller », avec des disparités très fortes. Christian Charpy a reconnu que le portefeuille des conseillers pouvait atteindre « jusqu’à 180 demandeurs ». Le déploiement des plates-formes de prospection des offres en entreprise est également ralenti, compte tenu de la conjoncture. De même, avec une hausse des demandeurs d’emploi jeunes, de 38 % sur un an et même 50% » s’agissant des hommes, la mise en place du suivi mensuel dès le premier mois de ce public est retardée.

Pôle emploi embauche…

Pour faire face au surcroît d’activité, 1 840 ETP vont renforcer les effectifs de l’opérateurs, soit 1 000 pour tenir compte de la progression du chômage et 840 dans le cadre de la mise en oeuvre du plan de relance, etc.). S’y ajouteront des recrutements au fil de l’eau pour faire face au turn-over naturel. 2 500 recrutements sont ainsi programmés d’ici mai-juin 2009 (on y est) pour une prise de fonction au plus tard en septembre.

Co-traitance, sous-traitance, OPP…

Autre moyen de faire face à l’afflux des demandeurs, le recours aux co-traitants, sous-traitants et aux opérateurs privés. Le tout selon une recherche maximale de « complémentarité », en particulier avec les maisons de l’emploi ou les missions locales. « Il faut éviter les doublons », a souligné Christian Charpy. Pour l’heure, les conventions passées par l’ANPE ont été reprises par Pôle emploi et sont prorogées jusque fin 2009 avant la conclusion de nouvelles conventions pour la période 2010-2012. Rappelons qu’en 2008, l’ANPE a délégué le suivi de 130 000 jeunes aux missions locales, de 17 500 cadres à l’Apec et de 64 000 travailleurs handicapés aux Cap emploi.
 Christian Charpy a indiqué par ailleurs qu’un appel d’offres a été lancé pour déléguer aux opérateurs privés le placement de 320 000 demandeurs d’emploi en deux ans.

MdE…

« En ce qui concerne les maisons de l’emploi, il me semble que nous avons besoin de plus de lisibilité. Elles gagneraient à se placer davantage dans une  démarche de coordination des intervenants. Afin de favoriser la territorialisation des politiques, j’ai donné pour instruction à tous nos responsables de travailler en partenariat étroit avec elles. » Christian Charpy a poursuivi : « Je ne pense pas que les maisons de l’emploi doivent se lancer systématiquement dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi car c’est plutôt le rôle de Pôle emploi, avec les partenaires que sont pour lui les missions locales, les plans locaux pour l’insertion et l’emploi (PLIE), l’Apec et Cap emploi. En revanche, elles doivent jouer un rôle de coordination des interventions, d’analyse en matière de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et de relation avec les entreprises. La situation est différente lorsque la maison de l’emploi a incorporé en son sein le PLIE ou la mission locale ; dans les autres cas, il n’y a pas lieu de doublonner les effectifs. »

Augmentation des PPAE…

« Nous proposerons également aux missions locales d’augmenter le nombre des personnes qu’elles suivent et nous relèverons en proportion les montants que nous leur versons. » A la question de M. Bernard Perrut (président du CNML), « Quelle est votre position à l’égard des 30 propositions adoptées par le Conseil national des missions locales, le 29 avril dernier, en vue de rendre plus complémentaires les offres de services du réseau des missions locales et celles de Pôle emploi ? », Christian Charpy a répondu « … nous comptons appliquer l’ensemble des conclusions retenues par le Conseil national des missions locales. Nous considérons en effet ces structures comme des partenaires essentiels. Les missions locales accueillent des jeunes qui ne viennent pas s’inscrire à Pôle emploi ; en commençant par les accompagner dans leur projet de vie, elles parviennent par la suite à les accompagner dans la vie professionnelle. » Notons la question étonnamment formulée d’Yves Bur, député UMP du Bas-Rhin : « … ne pensez-vous pas que les personnes qui sont aujourd’hui parquées (sic) dans les missions locales pourraient, elles aussi, profiter de l’efficacité de Pôle emploi ? Pourquoi a-t-on laissé ce dispositif en dehors de la fusion ? »

AFPA…

Enfin, concernant l’AFPA, Christian Charpy a précisé que les 920 personnels chargés de l’orientation professionnelle qui doivent être transférés de l’Afpa vers Pôle emploi « ne seront pas disséminés dans les agences du réseau », mais seront intégrés dans « un service spécifique », de type « plate-forme régionale ou départementale, pour prendre en charge l’orientation des demandeurs d’emploi ». Les modalités de ce transfert seront arrêtées dans le cadre du projet de loi relatif à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie qui devrait être adopté avant fin juillet par le Parlement.

A suivre…

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