Tiré par les cheveux

Publié: mai 3, 2009 dans Insertion/missions locales

Une contribution de « BD » sur « Écoles de la deuxième chance et insertion : un surprenant rapport parlementaire » avec laquelle, aussi bizarre que cela puisse paraître puisqu’elle conteste cet article, je suis somme toute assez d’accord. Oui, l’analyse peu sembler « un peu tirée par les cheveux » mais… avant de reprendre la parole, la contribution avec toutefois une précision : il me semble que BD veut parler tout du long des EPIDe mais les E2C se sont glissées à leur place. Je profiterai de cette permutation involontaire pour redire un mot sur les E2C.

BD. « Il me semble que votre analyse comparative est un peu tirée par les cheveux. Les missions des ML et de l’EPIDe sont complémentaires sans pour autant se superposer.

Certes, le coût d’accompagnement des jeunes en E2C {sans doute EPIDe} est bien plus élevé, ce qui s’explique par deux grandes raisons :

– un dispositif de formation, d’hébergement ( gîte et couvert )

– un dispositif d’insertion pro.

Par ailleurs, les E2C (id… EPIDe} correspondent plus à des jeunes rencontrant des difficultés « de comportement » et dont les niveaux de formation sont plus proches de VII que de V.

Par ailleurs, les E2C (ibid… EPIDe} sont en recherche d’identité. La conjugaison du corps militaire à celui de l’inclusion sociale nécessite une négociation permanente pour les salariés.

N’oublions pas non plus que les prescripteurs de ces parcours sont avant tout les ML. La réactivité de celles-ci est aussi à prendre en compte.

L’expérience est en cours, il faut certainement plus de temps pour en mesurer non pas le coût mais le retour sur investissement. »

PL. Reprenons point par point ces observations.

Pot-au-feu…

« Les missions des ML et de l’EPIDe sont complémentaires sans pour autant se superposer… plus proches de VII {je croyais que le niveau le plus bas était VI} que de V. » Certes, tant les caractéristiques des jeunes que les modalités – que j’ai esquissées dans mon article : problèmes de justice, internat, allocation très au-delà de celle du CIVIS… – distinguent ce qui est cependant, dans le rapport parlementaire, traité sur le même plan sous le terme de « dispositifs de deuxième chance ». C’est d’ailleurs cette présentation « choux et navets », à la différence près que le volet économique est absent pour les missions locales, qui m’a incité – peut-être trop rapidement – à redonner des ordres respectifs de grandeur.

Du temps au temps…

Par ailleurs, les EPIDe « sont en recherche d’identité. La conjugaison du corps militaire à celui de l’inclusion sociale nécessite une négociation permanente pour les salariés. » et « L’expérience est en cours, il faut certainement plus de temps pour en mesurer non pas le coût mais le retour sur investissement. » Absolument ! Loin de moi l’idée de ne pas laisser du temps au temps alors que je constate à peu près partout que « lenédanleguidon » devient la notion la plus partagée par les intervenants sociaux aux dépens d’un travail de qualité qui appelle nécessairement réflexion et réflexivité… a fortiori lorsque l’expérimentation ne s’est pas encore sédimentée en expérience.

Bavard…

Et puis, tiens, puisqu’on se dit tout, avouons une chose. Lorsque les EPIDe ont été créés, bavard impénitent, j’ai donné mon avis qui a été publié dans un article de Lien Social en septembre 2005 (n° 764) sous le titre de « Mobilisation générale ». Le voici. C’est un peu long mais on rediscute après.

Mobilisation générale…

« D’un côté, le chômage qui n’en finit pas : après les trente glorieuses, on n’ose plus compter combien de dizaines de piteuses se sont glissées en douce dans la couche sociale pour une triste partouze. D’un autre côté, indéniablement, ça se débat: un plan d’urgence pour l’emploi succède à un autre, la cohésion sociale remplace la lutte contre l’exclusion, et désormais la grande muette parle le langage de l’insertion : « Défense deuxième chance ».

Ainsi donc, après des critiques qui se sont faites de moins en moins discrètes sur l’efficacité des structures d’insertion (contribution à la déstabilisation du contrat de travail ordinaire, gestion de la file d’attente, « handicapologie »… ), l’armée, dernier rempart, arrive en renfort. Espérons qu’il ne s’agit pas simplement de la cavalerie, que l’on sait claironnante mais toujours en retard. Ce débarquement est, semble-t-il, négocié : l’Éducation nationale est de la partie ainsi que le Conseil national des missions locales. Après tout, l’armée pour l’armée de réserve, cela est cohérent.

Traiter d’un tel sujet exige un effort d’objectivité: l’armée, on est pour ou contre, rarement sans opinion et, il faut l’avouer, je n’ai qu’une sympathie pondérée pour ce qui se trimbale avec l’idée d’armée. Question, probablement, de génération. La mienne a produit sa part de réfractaires, fils spirituels de Louis Lecoing et de May Picqueray. Ceci étant, allant jusqu’au fond des choses, je dois aussi confesser qu’avant d’être sociologue j’avais un vrai métier, éducateur spécialisé. Et que, travaillant en internat auprès de jeunes « cas sociaux» et « délinquants », j’ai maintes fois constaté, dépité, que tous les efforts éducatifs, pourtant bien perfusés de Summerhill et charpentés théoriquement de Mendel ( Gérard, pas Ernest : « L’autorité est le masque de la violence », écrivait-il dans Pour décoloniser l’enfant ), pesaient bien peu de choses à côté de l’effet du service militaire. Combien de jeunes ont été de bêtises en ruptures de ban jusqu’au jour où, avec la fin d’un service militaire peu encombré de pédagogie, ils décidaient de se ranger ? Et, pire, s’y tenaient. Ce serait abusif d’en déduire une extraordinaire capacité socialisante de l’armée. Intervenant après un temps, adolescence et jeunesse, largement exploité par les jeunes ( « on en profite ») -, on peut imaginer que ce stockage d’insouciance leur permettait d’envisager repus la perspective des temps plus austères de la responsabilité. D’autre part on le sait, une grande différence entre avant et maintenant, est qu’hier le passage de la jeunesse à l’adultéité était ritualisé – avoir un emploi, se marier, décohabiter du logement familial, faire son service pour les garçons – alors qu’aujourd’hui les frontières sont brouillées, désynchronisées, réversibles : la soupe épaisse – dix-huit puis douze mois – du service s’est dilué dans un brouet – viatique JAPD ; on stationne dans sa famille, on s’en échappe ou l’on y revient au rythme des contrats de travail précaires et des liaisons amoureuses, les deux en CDD.

Ce qui est proposé avec cette « Défense deuxième chance », reconnaissons-le, ne s’embarrasse pas de subtilités. Même civils, les jeunes porteront l’uniforme « pour gommer les disparités sociales ». Il y a peu, sur fond de l’air des Choristes, l’uniforme scolaire (la blouse) trouvait des prosélytes… la nostalgie des vieilles recettes ( les meilleures soupes dans les vieux pots ) a décidément ces temps-ci et partout le vent en poupe. Tous volontaires, ces jeunes stagiaires civils « en grande difficulté » recevront, dans le cadre d’un internat et outre 300 euros par mois (ce qui est certes mieux que les anciennes « troupes »), une formation de base sur les connaissances fondamentales (lire – écrire – compter), des éléments de formation professionnelle et « l’apprentissage de la discipline par des professeur du secteur privé et d’anciens militaires. »

Il ne faudra certes pas longtemps pour que l’armée, nouvel opérateur de l’insertion, s’approprie la vulgate pédagogique : savoir, savoir-faire, savoir-être. Il faudra peut-être plus de temps, par contre, pour que son budget soit soumis aux mêmes règles d’obligation de résultat que celles qui s’imposent à l’insertion… d’autant plus que, si les crédits de la Défense l’avaient été depuis quelques décennies pour ce qui était sa mission principale (défendre le pays, gagner les guerres), nous aurions fait de substantielles économies. Il y a, soyons honnêtes, d’assez bonnes raisons pour faire de nécessité vertu. C’est-à-dire, tout en n’étant pas un fan de l’armée, de considérer que, les sauvageons étant ce qu’ils sont, un retour aux bonnes vieilles méthodes n’a finalement pas que des inconvénients. Un hiatus cependant, sans même entrer sur le fond dans la signification de cette entreprise de morale, est que, agissant sur les jeunes « en grande difficulté » en les isolant (internat), on s’exonère de la réflexion – donc de l’action et de la possibilité de changement – sur les causes de cette difficulté Que la société continue à produire de l’exclusion, qu’elle stratifie les individus en les déplaçant de plus en plus d’une position d’ « inclus » (. insiders) à celle de précaire, voire de surnuméraire, est hors-sujet. Simple bavardage de travailleur social ou de sociologue. Coquetterie d’humaniste décalé vis-à-vis de la désormais seule valeur cardinale, l’économie, dont l’effet de perpétuelle tension sur les personnes ne peut qu’alimenter la machine à exclure : « la fatigue d’être soi », seIon l’expression d’Ehrenberg, est le portillon d’entrée du décrochage, de la déqualification, de la disqualification et de la déliaison. Bref, isolant une partie infectée du corps social et la traitant, on fait comme si celle-ci avait secrété sa propre maladie. Et tournez manèges : continuons d’un côté à produire l’injustice, de l’autre la soldatesque pompe. En d’autres termes, c’est le syndrome du Shadok.

Interrogeant sur le plan « Défense deuxième chance » un ami directeur de mission locale, celui-ci me répondit « Spontanément, je suis évidemment intéressé par toute novation ouvrant de nouvelles opportunités aux jeunes, a fortiori dans un contexte durable de disette ! » Parole sage où l’éthique de conviction – je le soupçonne pourtant d’une appétence pour l’armée aussi modérée que la mienne – cède à l’éthique de responsabilité. C’est bien vrai qu’il n’y a pas grand-chose pour les jeunes plus cabossés par la vie que dotés en capitaux. Nous verrons si ce contrat parviendra à combler ce pas grand-chose… mais, quels que soient ses moyens, un programme suffit-il si en amont – l’éducation – continue à alimenter la machine à insertion comme, en aval, l’offre de la société – les entreprises – s’en charge ?

Alors tentons, parions, si ce n’est à partir du pessimisme de la raison, avec l’optimisme de la volonté… Cependant, plutôt que de s’en remettre à une « pédagogie » – le mot est osé – sommaire, matinée de discipline, de comportementalisme et de leurres ( tous égaux sous l’uniforme ), on serait bien inspiré d’aller rechercher du côté de ce qu’écrivait Bertrand Schwartz dans le rapport qui, il y a plus de vingt ans, porta les missions locales sur les fonds baptismaux : « … faire en sorte que le service national joue un rôle efficace en matière de formation générale et professionnelle. » Offrir les conditions d’une situation avec des repères stables, alors que les jeunes vivent dans le flux de l’immédiateté, avec des relations intergénérationnelles, alors qu’ils ne se socialisent qu’entre eux, avec des possibilités de formation qualifiante, alors qu’ils sont abonnés aux stages-parking… Tout cela ne peut être refusé sur la seule base d’une position peut-être méfiante avec raison, mais également trop confortable parce que d’adulte. Cependant Schwartz ne parlait pas que de formation professionnelle. Sa vision était globale – on dirait aujourd’hui « systémique » – et, en particulier, ne faisait jamais l’économie de la responsabilité des jeunes et de leur citoyenneté : « Responsabiliser les jeunes, c’est, dans l’armée comme dans la vie civile, les considérer comme des citoyens à part entière. » Là est le saut qualitatif. Car, si le plan « Défense deuxième chance » en reste à la conception d’une socialisation comme un vase à remplir, on ne fera que recréer des internats disciplinaires pour le lumpen prolétariat. Si, par contre, la formation professionnelle s’inscrit dans un apprentissage de la citoyenneté, durant le temps militaire pour continuer à s’exprimer après celui-ci, alors peut-être verrons-nous ces jeunes autrement que comme des objets à civiliser mais comme des sujets qui, se socialisant, contribuent aussi à civiliser la société. Qui, soit dit en passant, en a bien besoin. Il va falloir que la Grande Muette apprenne à parler un autre discours que la pédagogie du doigt sur la couture, du « un muscle (le cerveau), deux cerveaux (les biceps) », que le partenariat et les interdépendances se substituent à la culture du règlement entre soi. Bref, des deux, sauvageons et armée, rien n’est moins sûr que l’enjeu de l’acculturation soit principalement pour les premiers. On y sera attentif. »

Deming…

L’important est de dire « d’où l’on parle ». C’est dit dans l’article qui précède. Mais, cette posture exprimée, il est écrit aussi qu’il faut laisser à cette « Défense deuxième chance », devenue « EPIDe », la possibilité de sa propre acculturation pour qu’elle parvienne à socialiser des jeunes qui, sans nul doute, flirtent avec la désocialisation voire plus. Donc oui sur « L’expérience est en cours, il faut certainement plus de temps… » mais réserve sur «  pour en mesurer non pas le coût mais le retour sur investissement. » Car que serait un retour sur investissement dès lors que le coût ne serait pas pris en compte ? Si l’on parle de « retour sur investissement », ceci se traduit en termes d’évaluation par le critère (et des indicateurs) d’efficience et, ici faute de plus dans le rapport parlementaire, par le croisement des sommes consacrées, du nombre de jeunes accompagnés et de leurs sorties en formation et en « emploi durable ». Comparant EPIDe et EC2, le rapport évalue d’ailleurs : « Les autres dispositifs tels que les centres EPIDE… affichent des résultats moins concluants que les écoles de la 2ème chance au regard du taux de « sorties positives ». Ils continuent toutefois d’apparaître comme adaptés à certains jeunes. La poursuite de cette expérience se justifie donc malgré un coût de revient plus élevé… etc. » Certes, tous ces indicateurs sont eux-mêmes sujets à discussion, ce dont, particulièrement pour les missions locales et plus largement pour le secteur de l’insertion, on ne se prive pas dans ces colonnes. Mais enfin pourquoi pour les uns la pression de l’obligation de résultat (50% d’accès à l’emploi durable…) et, pour les autres, une exonération au seul titre de l’expérimentation ? Car, précisément, l’expérimentation est une phase de la dynamique d’innovation qui inclut son évaluation pour être adaptée et possiblement retenue pour devenir un fonctionnement ordinaire. C’est en tout cas ce que nous apprend la « Roue de Deming » : « PlanDoCheckAct », c’est-à-dire « Préparer – Développer – Contrôler – Agir ». Dans le débat en annexe du rapport, il est rapporté que Marie-René Oget fait valoir qu’ « une évaluation des expérimentations doit être menée pour remédier aux problèmes d’empilement et de pérennisation des dispositifs existants. » (p. 88). Dès lors que cette évaluation est robuste, y compris en explicitant des enjeux sociaux qui peuvent justifier des efforts financiers exceptionnellement élevés, elle est non seulement fondée mais un point de passage obligé de l’action.

E2C, une belle unanimité…

J’en viens maintenant et rapidement aux E2C. Ces écoles accueillent et accompagnent des jeunes de très bas niveaux de formation et, puisqu’elles ont depuis quelques années le vent gouvernemental en poupe, on peut être étonné de lire que « les systèmes de financements croisés entraînent souvent des incertitudes sur la pérennité des structures, comme on le voit pour les écoles de la deuxième chance, dont les directeurs passent beaucoup de temps à rechercher des financements et dont plusieurs sont aujourd’hui menacées de disparition faute de ressources assurées. » (p. 42). Les directeurs de mission locale doivent se sentir moins seuls…

Toujours selon une logique d’efficience qu’il faudrait bien sûr retravailler avec des variables plus fines, leurs résultats en termes de sorties positives sont bons sachant que 93% des jeunes ont un niveau infra V. Leur coût est élevé mais on pourrait dire que celui-ci est inversement proportionnel au niveau de formation des jeunes. Elles obtiennent de la commission, selon l’expression de Jean-Patrick Gille, « une belle unanimité » (p. 78) et sans doute Christian Eckert synthétise-t-il assez justement les ingrédients de cette réussite : « Elles fonctionnent sur la base du volontariat des jeunes… Le système est déconnecté de l’éducation nationale… Elles associent les organismes consulaires… {leur} succès tient à leur ancrage local. » (pp. 82-83). On peut ajouter à ces quatre caractéristiques deux autres, guère étonnantes compte-tenu de la proximité de leurs acteurs professionnels – parfois ce sont les mêmes – avec ceux des missions locales : d’une part, une approche globale (théâtre, par exemple, dans l’une d’elles que j’ai connue) et, d’autre part, celle de l’alternance.

Partie du discours du président sur le « Plan Jeunes » peut être rappelé : « Je crois beaucoup aux Ecoles de la deuxième chance. Elles forment des jeunes faiblement qualifiés et obtiennent de bons résultats. Grâce à elles, deux-tiers des jeunes accèdent à un emploi ou à une formation. Or, malgré un développement rapide ces deux dernières années, le réseau des Ecoles de la deuxième chance ne couvre qu’imparfaitement le territoire et les besoins. Elles n’accueillent que 4 700 élèves et ne sont présentes que dans un quart des départements. Je nous avais fixé pour objectif d’atteindre 12 000 places d’ici 2010. Cela signifie qu’il faut plus que doubler la capacité d’accueil. Et bien je le dis aux régions, qui soutiennent ou sont prêtes à soutenir ces Ecoles, si utiles pour  les jeunes, l’Etat s’engage à leurs côtés et va devenir un partenaire durable du réseau des Ecoles en assurant un tiers de leur financement. » Il est à espérer que ce saut désormais – puisque le qualitatif est déjà là – quantitatif sera suivi d’effets. A ce moment, avec 12 000 jeunes, l’évaluation de l’efficience des E2C reposera sur un peu plus de consistant. Et l’on « découvrira », grâce aux E2C, que l’insertion professionnelle est indissociable de l’insertion sociale : ce sera tout bon pour les missions locales.

Biblio…

Note : deux contributions proposent de nouveaux ouvrages à inclure dans la bibliographie dont Jean-Cristophe qui signale Cécile Vandevelde, Devenir adulte, 2008, PUF, « Le lien social ». La contribution de Régis est plus elliptique, parlant d’un accord cadre signé en 2001. Compte-tenu du nombre d’accords, cadres ou non, signés cette année, une petite précision ne serait pas superfétatoire… Un autre ouvrage va être à inclure très prochainement, celui d’Anne Le Bissonnais, Les missions du possible, que j’ai le plaisir d’accueillir aux éditions Apogée dans la collection « Les panseurs sociaux » et qui sera disponible d’ici un mois.

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