Plan Jeunes : il faut sauver l’entreprise !

Publié: avril 26, 2009 dans Actualité: pertinence & impertinence, Politiques d'emploi

Barre

Comme annoncé, Nicolas Sarkozy a donc présenté à Jouy-le-Moutier son plan qui vise à endiguer le chômage des moins de 25 ans. Option Hirsh « emplois dans le secteur marchand » plutôt qu’option Wauquiez « emplois dans le secteur non-marchand », l’accent a été mis sur le développement des formations en alternance dans les entreprises sur la base d’exonérations et primes multiples rappelant le « pacte pour l’emploi » de Raymond Barre… en 1977 dont Pierre Mauroy disait, quatre années plus tard dans sa lettre de commande du « rapport Schwartz » que « les aides au premier emploi ne procèdent pas d’une conception d’ensemble mais de la juxtaposition de dispositions parfois contradictoires et souvent conjoncturelles ».

Alzheimer

Le président a parlé de « désastre français », à propos de l’emploi des jeunes, avec un sur deux sans emploi : « C’est un malheur français, j’allais dire un désastre français : 150 000 jeunes qui sortent chaque année du secondaire sans diplôme. » Cette situation, qui ne constitue certes pas un scoop pour les piou-piou de l’insertion, est considérée comme, c’est le moins, « parfaitement inacceptable ». Pour qui n’est pas frappé d’Alzheimer, c’est aussi un constat d’une banalité déprimante… ce que le président a d’ailleurs confirmé : « Un premier défi structurel qui ne date pas d’hier… » Car voilà un « désastre » qui dure depuis vingt-cinq ans. Cependant le poser d’emblée comme le cœur de cette problématique de « malheur » signifie deux choses : d’une part, considérer que la cause sinon unique du moins principale est à rechercher du côté du système de formation initiale alors que rien ne garantit que, si ces 150 000 jeunes – chiffre d’ailleurs contestable et surestimé – étaient diplômés, ils accèderaient au marché du travail ; d’autre part et corrélativement, exonérer les entreprises qui, pourtant, sont bel et bien les entités déterminantes dans le fait d’avoir ou non un emploi. Rappelons que, parmi les principaux facteurs de risques d’entrée dans l’exclusion (l’accident de vie, le destin familial…), le premier est celui de l’hyper-sélectivité du marché du travail, phénomène possible du fait du déséquilibre entre l’offre et la demande qui crée une « armée de réserve » (K.M.). Dans Le Monde du 24 avril (« Chômage des jeunes : le mal français »), Jean-Patrick Gille, membre du bureau du CNML, dit justement « La société fait une erreur de diagnostic. On dit que le problème, ce sont les jeunes. Alors que le problème, ce sont les dysfonctionnements du marché du travail que l’on fait supporter aux jeunes. Avec la défiscalisation des heures supplémentaires, on est allé au bout de l’erreur : cela tue l’emploi des jeunes. Avec la crise, c’est le coup de grâce. » Dans un très récent ouvrage, mars 2009, le solide couple Christian Baudelot et Roger Establet renvoie à la bonne source cette problématique associant trop spontanément faible niveau de formation et chômage : « On peut juger infamante la part des jeunes sortant aujourd’hui de l’école sans le moindre diplôme, soit un peu plus de 10%. Mais il faut reconnaître que cette proportion n’a jamais été aussi faible, puisqu’elle n’a cessé de baisser au cours des vingt dernières années. Ce taux spectaculaire nous est insupportable pour une raison étrangère à l’univers scolaire : hier les 30 ou 40% qui sortaient de l’école sans le moindre diplôme trouvaient facilement du travail ; ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ce n’est pas tant l’école qui aurait « démissionné » que le marché du travail qui est devenu plus exigeant. » (1)

Sucre…

Nicolas Sarkozy a rappelé que la France, « depuis des décennies », a un taux d’emploi des jeunes parmi les « plus faibles de l’OCDE ». Il aurait pu ajouter – mais il ne l’a pas fait – que le choix de tous les gouvernements a été de caresser dans le sens du poil leurs insiders de votants et administrés cotisants, adultes insérés et bénéficiaires d’un contrat à durée indéterminée, l’accès au marché du travail étant au contraire pour les jeunes une sorte de purgatoire : ou ils acceptaient le déclassement, le deuil des aspirations et autres friandises avec l’hypothèse de moins en moins certaine (2) d’une intégration très progressive dans un modèle plus stabilisé, ou ils rejoignaient la classe dangereuse, objet de deux stratégies concomitantes, le stigmate et/ou la répression. En d’autres termes, le « désastre » français est d’avoir organisé en toute rationalité, à défaut de conscience, une iniquité qui, depuis un quart de siècle, a pesé sur les jeunes puis, au fur et à mesure que le modèle fordiste s’effondrait, sur les seniors (frappés d’obsolescence), sur les moins qualifiés jusqu’à métastaser les classes moyennes qui « sont un peu comme un sucre dressé au fond d’une tasse : si la partie supérieure semble toujours intacte, l’érosion continue de la partie immergée la promet à une déliquescence prochaine et inéluctable. Si les catégories populaires ne vont pas bien en France, elles pourraient se sentir moins seules dans quelques années. » (3)

Tonton Cristobal est de retour

« Nous allons déployer des moyens importants du fonds d’investissement social. Concrètement, nous allons investir 1,3 milliard d’euros dans l’emploi et la formation d’ici juin 2010 afin d’aider plus de 500 000 jeunes ». Bien, il fût un temps, guère éloigné, où « un milliard » pouvait impressionner péquin et vulgum pecus. Cependant, crise aidant, on a entendu parler de trente milliards pour les banques et, avec un petit effort de mémoire, on se souviendra que le bouclier fiscal coûte annuellement au contribuable 15 milliards d’euros, que la baisse de la TVA pour l’industrie hôtelière « représente un cadeau de 2,5 milliards d’euros » (M. Hirsh). Tout est donc affaire de proportion et, si 1,3 milliard d’euros sont le calibrage pour répondre à un désastre, on peut s’interroger sur la notion à employer lorsque ce sont trente milliards qui sont débloqués.

Non-partage du travail…

Pour le président, les pré-retraites sont « une fausse solution », « un mensonge » contre lequel il se battra puisque « S’il suffisait de dire on retire un vieux – si tant est que ce soit vieux d’être « quinqua » – pour mettre un jeune, si ça suffisait, si c’était vrai, mais il n’y a pas un seul d’entre vous qui serez au chômage. ». Hormis les difficultés syntaxiques du président – qui n’aime pas La princesse de Clèves – à tel point récurrentes qu’elles en deviennent excusables sinon touchantes, on retrouve ici la position de principe radicalement hostile au partage du travail et hypnotisée par l’entreprise : « Votre avenir, c’est d’aller vers l’entreprise, de vrais métiers. » Les fonctionnaires apprécieront. Mais si permettre à des salariés de se retirer du marché du travail ne libère pas de places, cela signifie que ceux-ci ne produisent rien ou du moins produisent ce dont on pourrait parfaitement se passer et que, choisissant de les maintenir en activité jusqu’à soixante ans et plus, on opte pour le maintien d’un travail objectivement inutile tout en étant rémunéré au bénéfice des seniors alors que les jeunes, eux, n’ont aucun espoir d’insertion professionnelle sinon au goutte-à-goutte. Quels sont, parmi ces derniers, ceux qui parviendront malgré tout à picorer quelques miettes de ce qu’on n’ose appeler un festin ? Ceux qui disposent d’un meilleur capital culturel et qui bénéficient par leur milieu, leur famille, d’un capital social faisant la différence. Olivier Galland déclare ainsi, toujours dans Le Monde du 24 avril, que « certains dispositifs, comme l’alternance, ont certes mieux marché. Mais ils sont souvent préemptés par des jeunes qui ont déjà un certain niveau, ce qui renvoie les autres à la précarité. Globalement, toutes ces politiques sont des cautères sur une jambe de bois : on n’a jamais traité les problèmes structurels. »

Urgence à long terme…

Le président souhaite l’embauche de 320 000 apprentis entre le 1er juin 2009 et le 1er juin 2010, soit 35 000 de plus qu’en 2008. « C’est un objectif très ambitieux … Nous faisons le pari de l’apprentissage. Il n’y a aucune raison que la France ne développe pas massivement l’apprentissage, qui est une filière de réussite. » Il n’y a aucune raison… sauf que, objectivement, « les entrées ont diminué de 25% ». On est donc plus sur une tentative d’enrayer le déclin de l’apprentissage. L’écart entre la réalité de l’apprentissage, exprimée en contrats signés et poursuivis jusqu’à leur terme, et l’objectif présidentiel est donc abyssal, non compris le fait que ce plan est dit « d’urgence » alors que l’apprentissage est un dispositif de travail et de formation en alternance impliquant dans la perspective des employeurs une stratégie à moyen-long terme. Comme je le déclarais à Politis, « si l’alternance est incontestablement une bonne formule d’acquisition et d’intégration professionnelles, qui d’ailleurs est appréciée des employeurs, elle implique une temporalité longue : deux ans, trois ans pour l’apprentissage. Peut-on raisonnablement songer qu’en période d’incertitude les employeurs vont s’engager sur de telles temporalités ? Sauf effet d’aubaine – les aides publiques vont être renforcées – cela semble improbable. » (4). Ajoutons à ceci, simple opération mathématique, que 35 000 apprentis supplémentaires représentent moins du quart de ces 150 000 jeunes sortis sans diplôme du système de formation initiale. Mais, bon, nous aurons prochainement une « charte de l’alternance » (je dois en avoir une bonne douzaine dans mes dossiers) qui réglera tout cela.

Aubaine…

Précisément, effet d’aubaine… car, soulignant en toute simplicité et modestie la « puissance » et la « simplicité » de son dispositif, le président a annoncé une exonération de cotisations sociales pour l’embauche d’un apprenti avant le 30 juin 2010, ajoutant que « toutes les entreprises de moins de 50 salariés qui embaucheront des apprentis supplémentaires bénéficieront d’une prime de 1800 euros par apprenti. {…} Concrètement, cela revient à une prise en charge intégrale du coût du travail pour tout jeune apprenti. » Subséquemment, on ne s’étonnera pas de la réaction enthousiaste du Medef qui « approuve sans réserve le plan pour l’emploi des jeunes. En privilégiant l’alternance, ce plan fait clairement le choix de l’entreprise pour donner les moyens à chacun de participer activement à l’économie de notre pays », pas plus que de celle de l’UPA (Union professionnelle artisanale) qui « accueille avec beaucoup d’intérêt ces mesures.
L’aide de 1800 euros accordée à chaque entreprise de moins de 50 salariés qui formera un apprenti supplémentaire soutient clairement l’effort de formation des petites entreprises. »… L’inverse eût été étonnant.

Soins palliatifs

Résumons l’équation : 1) jusqu’à preuve du contraire, la rémunération est le mode de reconnaissance d’un travail effectif négociable dans une logique de valeur d’échange. 2) l’apprentissage, qui est un contrat de travail, était rémunéré graduellement par l’employeur, cette progressivité correspondant à l’acquisition d’un savoir-faire capable de contribuer également de façon progressive à la viabilité économique de l’entreprise. 3) l’apprentissage ne coûtera rien aux employeurs alors qu’on ne voit pas pourquoi les apprentis seraient désormais moins productifs que ceux qui les ont précédés. 4) dès lors que l’on pense que celui qui paye est l’employeur, l’apprentissage n’est plus un contrat de travail entre l’employeur et son salarié mais entre l’État et celui-ci, l’employeur bénéficiant d’une main d’œuvre gratuite, dégageant conséquemment des marges bénéficiaires plus élevées. On rétorquera que l’État employeur c’était déjà le cas, directement ou indirectement, par exemple pour les emplois jeunes… Mais, précisément, la différence est qu’il s’agit dans un cas du secteur marchand et, dans l’autre, du secteur non-marchand, public et para-public. Que l’argent public des citoyens soit injecté au titre de l’intérêt général est une chose, qu’il alimente pour son propre bénéfice le secteur marchand dans un autre cadre que celui des marchés publics est la démonstration que quelque chose est fondamentalement vicié dans ce capitalisme en soins palliatifs. Bien sûr, ce raisonnement peut être élargi à toute la politique d’injection de fonds publics dans des caisses privées et particulièrement aux milliards engloutis pour apurer des fonds « toxiques »… dont la toxicité a été créée par ceux-là mêmes à qui l’on donne sans guère de garanties l’argent des impôts. Imaginez que vous récompenseriez vos cambrioleurs. Socialisation des pertes, privatisation des bénéfices. D’autre part, alors que le président a déclaré « J’ai été élu sur l’idée de la revalorisation du travail » et qu’il se déclare opposé à un sous-droit social pour les jeunes (« C’est pourquoi j’ai toujours été opposé au contrat première embauche »… une pierre dans le jardin de Dominique de Villepin), on peut s’interroger sur la cohérence entre une « valeur travail » et le fait que, pour l’employeur, le travail d’un jeune soit gratuit ou presque.

Ripailles

De ceci, on peut malgré tout en tirer une optimiste conclusion : les entreprises, grandes consommatrices d’apprentissage, particulièrement l’hôtellerie – restauration, gagnant plus vont – un peu – répercuter cette aisance auprès de leurs clients ; les additions étant moins salées – a fortiori parce que la restauration vient de bénéficier d’un allègement de la TVA -, on peut donc s’attendre à plus souvent ripailler au restaurant. Et, après ces agapes, à prendre des antalgiques : « Je mets les mesures de droite comme de gauche dans le même sac. C’est de l’aspirine », dixit Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Scheider Electric.

Inspiration

« Pour l’instant, les stages n’ouvrent droit à gratification qu’à partir de trois mois. Nous allons abaisser ce seuil à deux mois », a annoncé Nicolas Sarkozy… sans aucun doute inspiré par la onzième proposition du Livre blanc sur la jeunesse. 24 propositions pour réussir l’autonomie des jeunes des « Jeunes populaires » (c’est-à-dire de l’UMP – 5) : « Augmenter la rémunération minimum des stages de plus de 2 mois à 40% du SMIC et rémunérer les stages de moins de 2 mois à au moins 20% du SMIC, dans le public comme dans le privé. » L’inspiration est d’ailleurs plus globale puisque la dixième proposition de ces jeunes (toujours populaires) est que « les entreprises versant un salaire à un jeune en contrat d’alternance bénéficient d’une incitation fiscale supplémentaire allant de 1000 à 2000 euros (selon la situation du jeune apprenti). » De là à croire qu’il y a des accointances entres les « jeunes populaires » et le président, il y a un pas que je ne franchirai pas.

Gâtés

Décidemment gâtés, les employeurs toucheront une prime de 3000 euros pour l’embauche en CDI avant la fin septembre 2009 d’un jeune déjà en stage. « Cette aide sera ouverte si le jeune était en stage avant le 1er mai 2009 et si l’embauche est réalisée avant fin septembre 2009 », a précisé le président. C’est sans doute une des aides qui produira le plus rapidement d’effets ainsi que le seul dispositif d’inspiration « emplois jeunes », les 30 000 « contrats passerelle», subventionnés à 90 % par l’Etat et que les collectivités et associations seront invitées à proposer aux jeunes pour leur offrir une première expérience dans des domaines où le secteur privé serait ensuite susceptible de les embaucher (dans «l’informatique, la comptabilité, mais aussi la petite enfance »).

Happy Christmas

Enfin, c’est Noël, « pour faciliter l’insertion des jeunes, 50 000 contrats initiative emploi (CIE) supplémentaires seront proposés au second semestre 2009, c’est un doublement pour cette année ». S’adressant aux « personnes en difficulté », ces CIE seront attribués en priorité dans les secteurs porteurs, notamment dans les « métiers du développement durable ». Et, venant compléter les contrats d’apprentissage, 170 000 contrats de professionnalisation, donc en alternance, vont bénéficier d’une aide de 1000 ou 2000 euros selon le niveau de qualification initiale. Cette formule d’alternance concernant déjà 145 000 jeunes, l’impact positif net de la mesure sera limité au maximum à 20 000 ou 25 000 contrats supplémentaires.

Calculs

Faisant les comptes, on peut additionner ces objectifs s’agissant « d’aider plus de 500 000 jeunes » sur la base d’1,3 milliard d’euros, soit 2600 euros par jeune en moyenne. 35 000 apprentis supplémentaires + 50 000 CIE, cela fait 85 000 jeunes en emploi… si le secteur marchand embauche. Allez, pour faire bon poids, ajoutons 15 000 heureux stagiaires cédéisés et 20 000 contrats de professionnalisation afin d’atteindre 120 000 jeunes… « supplémentaires » à la condition qu’il n’y ait aucun effet d’aubaine et de déplacement catégoriel (6), ce dont, même très euphoriptimistes, on peut douter. Or, dans quelques mois, six cent milles jeunes vont sortir du système de formation initiale, dont encore une fois une fraction sans diplôme, et il ne faut pas s’attendre à une amélioration de la situation économique : dans le Journal du Dimanche de ce jour, Laurent Wauquiez, estime que « les chiffres du chômage seront mauvais au moins jusqu’à la fin de l’année ».

Je tiens le pari que, d’ici moins d’un trimestre, on observera le « go » du stop and go des emplois aidés du secteur non-marchand. Métronomiquement.

Roussi

Alors que les écoles de la deuxième chance sont gratifiées (« Il faut plus que doubler leur capacité d’accueil », soit parvenir à 12 000 élèves contre 4700 aujourd’hui), pas une seule fois les missions locales n’ont été évoquées, ni prononcés… mais on peut s’interroger sur les « 50 000 places de plus dans les programmes d’accompagnement et de formation » ( ?) « ciblés sur les métiers porteurs », les jeunes bénéficiant du statut de stagiaire de la formation professionnelle. Que seront ces programmes ? Mystère. On apprend que des « opérateurs, qui seront chargés de sélectionner et de former ces jeunes, seront sélectionnés sur appel à projets. » Cela rappelle étrangement quelque chose. Ces opérateurs « auront l’obligation de réaliser un diagnostic individuel, de définir avec chaque jeune un parcours de formation adapté à ses besoins, de le suivre pendant son stage de façon personnalisée et de rendre compte à Pôle emploi des résultats atteints. » Cela sent le roussi, la concurrence ou me trompe-je ?

Lessive

Pour conclure, on peut fureter sur le net pour y lire quelques commentaires à chaud d’internautes. Celle-ci, de Sanctus et sur Nouvelobs.com, m’a bien fait rire. Par les temps qui courent, pourquoi s’en priver ?

« Mieux !!! Et moi, je vous promets une augmentation du smic de 200%, une voiture de fonction à chacun et tous les mois une boite de lessive « grosmenteur » ! »

(1) Christian Baudelot, Roger Establet, L’élitisme républicain, 2009, Seuil, « La République des idées », p. 31.

(2) Hypothèse de moins en moins certaine parce que le passage du capitalisme industriel au capitalisme cognitif et financier s’est accompagné d’une inversion des possibilités de mobilité. Auparavant, il y a une trentaine d’années, le progrès social était une perspective et un moteur ; désormais les indicateurs convergent vers une mobilité sociale descendante : « Aujourd’hui, au contraire, même avec deux ou trois années d’études supplémentaires, la jeune génération, en particulier celle des enfants des soixante-huitards, peut s’attendre en moyenne à un sort moins favorable que celui de ses propres parents. » Louis Chauvel, Les classes moyennes à la dérive, 2006, Seuil, « La République des idées », p. 74.

(3) Louis Chauvel, id., p. 10.

(4) Politis, « Emploi des jeunes : la crise a bon dos », 14 avril 2009. http://www.politis.fr/article6702.html

(5) http://www.jeunesump.fr/etudes/livre_blanc_sur_la_jeunesse.pdf

(6) L’effet d’aubaine correspond au fait que l’entreprise touche la subvention pour des embauches qu’elle aurait de toute façon réalisées. L’effet de déplacement catégoriel correspond au fait que l’entreprise substitue une catégorie de salariés à une autre afin de bénéficier de la subvention.

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commentaires
  1. Réaction qui vient compléter celle à chaud faite sur le sujet précédents : Le Contrat d’Autonomie.

    Claude François
    C’est la même chanson ! Toute annonce de plan présidentiel, est basée sur des constats empiriques, fourre-tout et d’une grande banalité, doublée par un noircissement et un grossissement du trait.
    Pour le cas qui nous concerne un couplet-constat sur : le taux d’inactivité chez les jeunes, le chômage des séniors, et les effets sur l’emploi des salaires déchargés, et comme refrain : « pas diplôme pas d’emploi » pour noircir le trait.
    Avec cette stratégie de communication avec des constats issus tantôt de Lapalissade, tantôt du café du commerce et un coup de zoom grossissant et déformant sur des dérapages, le tour est joué et le plan est adopté. Pour les Universités, pour les Hôpitaux, pour le Pole-Emploi, pour la justice, et plus si affinité.

    Et avec ça, vous prendrez bien un apprenti ?
    Demain on embauche gratis. C’est encore mieux que : deux apprentis signés, le troisième est offert. Je passerai sous silence l’exigüité des certains CFA, qui comme les prisons sont déjà en sureffectifs, pour m’arrêter le tutorat.
    C’est sur lui que doit reposer l’apprentissage, et même si l’idée du compagnonnage n’a de commun avec l’apprentissage que la terminaison, l’acquisition, voire la transmission de savoirs repose pour sa partie pratique sur le maitre d’apprentissage. Comment accompagner deux, trois voire quatre apprentis dans environnement où la production prime sur l’humain, où l’humain ne coute plus rien et où enfin le jeune apprenti va se retrouver faire tout ce que les autres salariés ne veulent plus faire. Une sorte de sous commis.

    Face à la MEC.
    La Mise En Concurrence.
    La aussi c’est la tarte à la crème du Sarkoroi. On affaibli financièrement le public que ca soit l’enseignement, les soins, ou l’insertion pour le mettre concurrence,
    Là aussi je préfère m’abstenir de donner mon sentiment sur la poignée de Missions Locales renégates qui pour quelques euros ont mis dans la balance éthique, déontologie et solidarité. Cette fois la barre monte d’un cran, en plus de l’accompagnement, les soumissionnaires devront pour reporter le marché prodiguer de la formation. Qu’à cela ne tienne on trouvera bien quelque Mission Locale pour s’accoupler avec des organismes de formation, là où il y a de la peine y a du plaisir. Ce n’est plus le crocodile qui s’extasie devant la beauté des sacs, c’est la dinde qui se déguise en Père-Noël.

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