Au fait, des nouvelles du contrat d’autonomie

Publié: avril 24, 2009 dans Insertion/missions locales, Politiques d'emploi

0,25%

Sur la base d’un pôvre point de 18 diapositives intitulé sobrement « Réunion de pilotage du contrat d’autonomie. Le 3 mars 2009. Bercy », on dispose de quelques données sur l’évolution de ce dispositif qui, au 2 mars 2009, affichait 5086 contrats signés « dont 3083 en 2008 pour un objectif de 4500, soit 68,5% de l’objectif ». Rappelons que Mme Fadela Amara vise 45 000 non pas contrats d’autonomie mais « jeunes en emploi dans les trois ans ». On en est aujourd’hui à 114 « sorties positives dont 92 en emploi ». Soit 0,25% de l’objectif de jeunes en emploi à exactement un tiers de ces trois ans, la circulaire de mise en œuvre du contrat d’autonomie datant du 24 avril 2008.

Cages d’escalier

L’âge moyen des jeunes est de 21 ans, 60% étant des hommes (plus de 80% dans certains départements… dont, une nouvelle fois, l’Ille-et-Vilaine). 50,6% ont un niveau infra V, taux légèrement supérieur à celui des premiers accueils (44%) en mission locale. 30% des jeunes sont orientés par les missions locales, 17% par Pôle emploi, soit la moitié des bénéficiaires connus du SPE. Anticipons les esprits chagrins qui croyaient avoir entendu qu’il s’agissait d’aller chercher les jeunes dans les cages d’escalier, ceux qui n’étaient pas connus des structures : au paragraphe « Rappel des grands principes du dispositif », il est écrit « Le public : des jeunes suivis ou non par le SPE ».

Un par département

Malgré force publicité pour son lancement, le contrat d’autonomie du PEB (plan espoir banlieues) démarre façon diesel d’autant plus que, face à ces 114 sorties positives, on trouve 158 ruptures de contrat dont 104 du fait du bénéficiaire et 54 du fait du prestataire. 114 sorties positives. Un résultat national (en moyenne un jeune par département) à comparer au « 446 000 contrats de travail classiques signés en 2007 via les missions locales » (DARES, Premières informations, Premières synthèses n° 51.1, décembre 2008) et qu’il serait judicieux, au regard du critère d’efficience tant et tant rabâché, de rapporter au coût de l’opération incluant le marché public pour les 35 départements et les temps consacrés en manifestations de lancement et comités ad hoc (de suivi, de pilotage…)… sans oublier les temps de déplacement des mauvais élèves – 16 départements « rencontrant des difficultés » – reçus (admonestés ?) par le délégué général à l’emploi. Si l’on continue à ce rythme, plus de ruptures que de sorties positives, le bilan global de la période triennale risque fort d’être très-très discret. Mais soyons optimistes et laissons du temps au temps : on vérifiera que, l’insertion prenant du temps, comme les missions locales le savent de longue date sans pour autant qu’on les croit, l’indicateur d’ « accès rapide à l’emploi durable » est fantaisiste.

SNCF

Côté jardin, à la distribution des prix, les départements de la Moselle, des Yvelines, de la Haute-Garonne, de l’Hérault et du Maine-et-Loire. Côté cour, le bonnet d’âne pour les « cinq départements les plus en retard » : Loire-Atlantique, Rhône, Gironde, Sarthe et… Ille-et-Vilaine. Concernant ce dernier département, je n’y suis pour rien… mais il faut dire que, l’OPP s’étant implanté dans le quartier rennais pas du tout CUCS, à deux pas du très beau Parlement de Bretagne, il n’est pas certain que les jeunes des ZUS aient trouvé le chemin, ni aient souhaité de Saint-Malo prendre le train pour Rennes. De toute façon, « L’organisme de placement, qu’il soit public ou privé, s’engage à aller chercher les jeunes dans les quartiers… » (http://www.espoir-banlieues.fr/article.php3?id_article=119). A défaut de trouver des emplois, cela fait circuler les consultants et renfloue la SNCF.

Lucarne

Aujourd’hui, le président présente son plan d’urgence pour la jeunesse. Même fort des talents littéraires d’Henri Guaino, il n’est pas certain que le contrat d’autonomie soit emblématiquement saisi pour illustrer l’effort national en direction des jeunes excentrés spatialement et socialement. L’étrange lucarne nous l’apprendra.

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commentaires
  1. Le piton de pierre dit :

    C’est tout chaud, ca vient de sortir du four : notre Komunikator vient de s’exprimer sur l’emploi des jeunes : « L’argent public, je veux qu’il finance l’emploi, pas le chômage. Je suis venu vous dire que vous aurez une formation et un emploi, pas que vous allez survivre avec une allocation sociale pour rester chez vous ». Juste une petite question : est ce une allusion maligne au contrat d’autonomie ?

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