Approche globale : suite

Publié: mars 29, 2009 dans 1

En réponse à Manuel, Jean-Christophe…

« Si la mission est clairement définie, cela signifie que tous les conseillers ont une même vision de l’accompagnement. Or je demande que l’on me le prouve. Je fais l’hypothèse que la pluralité des profils implique autant de vision de l’insertion professionnelle. Dans la définition de la convention collective, on parle d’un accès durable à l’emploi. Néanmoins très peu accèdent à ce statut et les conseillers sont des intermédiaires d’un marché secondaire du marché du travail.

Je dis que c’est flou car je veux qu’on m’explique :

Qu’est ce que l’insertion sociale en mission locale ? Et quelle part elle constitue dans le travail des conseillers ? C’est par la mission locale qui règle les problèmes de logement, c’est un tiers. Dès lors, les conseillers sont des médiateurs.

Vous dîtes les conseillers n’ont pas d’outils pour lutter pour la discrimination à l’embauche, pourtant c’est une mission locale.

L’approche globale c’est prendre en compte toutes les dimensions du jeune logement, santé, loisirs. On ne peut pas dire que les jeunes se rendent en mission locale pour ces thématiques. Ils veulent avoir un travail et seulement quelques jeunes participent aux ateliers. Vous parlez du handicap. Combien de travailleurs handicapés sont inscrits en mission locale ? Les conseillers sont-ils capables de communiquer avec un sourd signant ?

A quoi sert de mettre avant une gestion de l’insertion sociale, alors qu’elle est épisodique ?

Pourquoi dans le contrat CIVIS, on parle en page 3 du parcours professionnel en étapes et il n’y a pas un parcours social en étapes. Si l’approche globale existait, l’insertion sociale serait au même niveau de l’insertion sociale. Les conseillers mission locale sont des experts en insertion professionnelle et des médiateurs du social.

Je veux juste rappeler que les jeunes ne sont pas désocialisés et passifs, ce n’est pas à la ML de leur faire accepter un parcours, c’est au jeune de construire son parcours. »

Ce à quoi répond Manuel…

« Je pense que l’on peut avoir une mission claire et des visions différentes. Cela ne me semble pas être paradoxal, mais bien complémentaire et indispensable, c’est d’ailleurs ce qu’on appelle la politique, déclinée localement en mission locale.

Si l’approche est différente d’un conseiller à un autre (vouvoiement/tutoiement, prescription ou pas au 1er RDV, approche psy ou par l’expérience de terrain…), la finalité est la même : accompagner le jeune dans le temps vers une insertion dans l’emploi durable (autonomie). Se pose d’ailleurs la question de la date limite de 25 ans un peu juste.

Il doit cependant à mon sens y avoir une harmonisation minimum des pratiques par structure afin de garantir aux jeunes un égal accès aux services et prestations.

Attention à ne pas confondre approche globale et prise en charge globale !

Les missions locales ne font pas à la place des jeunes mais les accompagnent dans les étapes de leur parcours et doivent s’appuyer sur le réseau (le fameux RESEAU ) des partenaires compétents en matière de logement, de santé, de mobilité…

Les champs non couverts sont travaillés à l’initiative des missions locales dans le cadre de l’ingénierie par l’intermédiaire par exemple des chargés de projets (métier encore clairement défini par la convention collective).

Les jeunes veulent peut-être un travail (d’ailleurs la demande des jeunes est peut-être à ce moment là de 90% pour l’emploi), mais le métier de conseiller est bien de repérer les problématiques du jeune qui l’empêchent de trouver du travail, de le convaincre de l’aider à trouver des solutions dans le temps à ses problématiques et de l’accompagner et que son insertion professionnelle ne sera pas à envisager avant quelque temps : diagnostic du conseiller à partager avec le jeune.

Je ne pense pas, comme vous le dites, que le plus important soit combien de jeunes handicapés (rappel de la charte des ML « Une place pour tous les jeunes », ou différemment pas de jeunes sans solution) sont inscrits en mission locale, mais comment les conseillers arrivent à travailler avec un jeune qui relève du handicap, qu’ils prennent conscience de ses difficultés, qu’ils les acceptent et qu’il fassent la démarche d’accès aux droits type COTOREP. C’est un processus long et complexe.

Le conseiller ne dit pas à un jeune : « Vous avez un problème de jujotte, il faut prendre rendez-vous avec la COTOREP. » Dans certaines missions locales, une psychologue salariée ou non par la ML mais prescrit par le conseiller va faire le travail de prise de conscience des difficultés afin d’aider le jeune à accepter son handicap et envisager une orientation vers la COTOREP. »

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