Contributions et débats parlementaires : absorber ou pérenniser ?

Publié: mars 28, 2009 dans 1

Une contribution de Manuel au débat succédant à « Travailler en mission locale : un métier flou ? » J’en profite pour répondre à Joachim : « Ne serait-il pas possible de doter ton blog d’un flux RSS sur les articles qui y sont publiés ? Ce serait plus commode pour suivre l’actualité toujours très pertinente de ton blog. » Aie, aie, aie… « les flux RSS » ! Il ne manquaient qu’eux… Peut-être, sans doute même, l’artisan de Docinsert saura-t-il apporter la réponse…

Absorber les missions locales. Last but not least.

Je sais, je sais… Ces temps-ci ont été pauvres de contributions, le climat tropical (d’où j’écris), certes chaud, n’y étant cependant pour rien. Pour compenser, à venir une contribution à la suite du deuxième rapport (11 mars 2009) de Marie-Christine Dalloz, député UMP, et des débats parlementaires qui lui ont succédé (24 mars 2009). Pour vous mettre en bouche, un extrait de ce rapport… quelque peu orienté : « Il est aujourd’hui nécessaire de fusionner en leur sein non seulement les plans locaux pour l’insertion et l’emploi (PLIE) et les comités de bassins d’emploi (CBE), mais également les missions locales. Outre une clarification du paysage institutionnel, une telle mesure mettrait fin à une dispersion de deniers publics entre des institutions poursuivant des politiques semblables – quand elles ne mettent pas en place des actions similaires – et se subventionnant parfois, les unes les autres. Toutefois, pour rendre véritablement effective cette coordination territoriale, il ne suffit pas de prévoir le refus de l’agrément préfectoral à toute demande présentée par l’une ou l’autre de ces trois structures qui ne prouverait pas son intégration à la maison de l’emploi territorialement compétente. Il appartient au Gouvernement d’imposer l’établissement d’échéanciers de fusion des éventuels PLIE, CBE et missions locales avec les maisons de l’emploi, échéanciers variables en fonction des réalités de chaque territoire. Leur non-respect serait sanctionné par une diminution ou une perte de leurs subventions. » (en gras dans le texte original). Voilà ce que l’on appelle une démarche concertée et partenariale !

Coexistence avec Pôle Emploi…

Rassurons-nous, la proposition de Mme Dalloz, qui en appelle à l’État père fouettard, n’obtient pas un plébiscite, même dans ses rangs. Le lendemain, M. Élie Brun, sénateur UMP, posait une question au gouvernement (JO Sénat du 12/03/2009) : « M. Elie Brun attire l’attention de M. le secrétaire d’État chargé de l’emploi sur les Missions locales, qui constituent un réseau de 490 associations regroupant plus de 11000 salariés. Confrontées quotidiennement à l’insertion professionnelle des jeunes, elles œuvrent depuis 25 ans de façon efficace pour l’améliorer. Cependant, le taux de chômage des jeunes en France, aux alentours de 15%, reste très préoccupant. Il est donc primordial de reconnaître le rôle important que jouent les Missions locales dans la réinsertion des jeunes dans les circuits professionnels et de mettre tous les moyens en œuvre pour améliorer leurs actions. Par ailleurs, avec la création de France Emploi, fusion de l’ANPE et de l’UNEDIC, se pose la question de sa coexistence avec les Missions locales. Attaché à la qualité
 des services délivrés qui représentent un volet social important de l’action locale, il souhaiterait être rassuré, comme les administrateurs et le personnel, quant à leur devenir. La question est d’autant plus d’actualité que la création récente d’un Haut-commissariat à la jeunesse renforce le caractère prioritaire que le Président de la République a souhaité accorder à ce domaine. 
Il souhaiterait connaître les moyens que le Gouvernement entend mettre en œuvre pour optimiser et pérenniser les actions des Missions locales ainsi que les modalités précises de collaboration entre France Emploi et les Missions locales que le Gouvernement envisage. »

A venir également, une contribution sur… oui, « la crise » ou plutôt « les crises ». Elle est faite (conférence), écrite (article) mais, écoutant la radio, je n’y entends que cela et hésite : risque de saturation ?

Manuel et l’approche globale

« Drôle de titre et de questionnement : travailler en mission locale : un métier flou ? Il n’y a pas qu’un seul métier mais bien plusieurs définis par la convention collective (de l’accueillante au directeur). Aurait-il voulu dire une mission floue ? Là encore, la mission est claire : accueil, orientation, information et accompagnement des 16/25 ans pour que les jeunes deviennent autonomes. La finalité des missions locales est donc évidente, l’emploi durable pour gagner cette autonomie (puisqu’en France, on s’intègre par la valeur travail). Le moyen alors pour y parvenir est celui de l’approche globale. La mission et le rôle des conseillers (si c’est le sujet évoqué) qui est « le coeur de métier » sont clairement définis par cette même convention collective. Simplement, l’approche globale mise en oeuvre par les conseillers dépend de ce que la mission locale possède comme offre de service à destination des jeunes : en fonction de ses besoins (rural, zus, quartier plus favorisés…), en fonction de sa politique, des valeurs/ambitions portées par la direction et le bureau, mais aussi de l’environnement institutionnel (collectivités, maillage associatif…). Un conseiller mal outillé abordera probablement moins (ou prendra moins le risque d’aborder) les sujets non couverts car il n’aura pas de réponse à lui apporter. Prenons un exemple, un sujet important mais souvent peu évoqué par les missions locales : un jeune qui vient voir son conseiller se disant victime de discrimination à l’embauche. Quelles sont les missions locales (donc les conseillers en face-à-face) préparées à traiter la problématique du jeune? Est-ce un sentiment de discrimination lié à ses échecs ? Comment le traite t-on ? Est-ce une véritable situation de discrimination au travail qui relève de l’infraction ? Sujet difficile si la mission locale n’a pas d’outils. L’approche globale en mission locale existe forcément. Elle est au moins due à la relation de confiance que cherche à établir le conseiller pour permettre au jeune d’accepter d’intégrer un parcours d’insertion (se projeter dans la durée). La différence entre la demande du jeune, qu’il exprime, et son besoin, évalué par le conseiller, s’appelle l’approche globale. Ce sera alors (en dehors des réponses de projet de formation et d’emploi), la mobilité locale, régionale, européenne, la santé physique (diététique, handicap, soins dentaires, …) ou mentale, la discrimination, l’accès aux droits, la justice, la citoyenneté, le logement, les finances et la maîtrise du budget, le logement (urgence, insertion, durable)… et j’en passe encore beaucoup d’autres. Réduire donc l’accompagnent social au FAJ ou au FIPJ est un manque de connaissance énorme de terrain. Félicitations, M. Labbé, pour cet espace d’enrichissement et de débats. Cela me rappelle ce séminaire très riche avec la ML des Bords de Marne… »

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commentaires
  1. Docinsert dit :

    …et ce qui est valable pour le blog de Mr Labbé, l’est tout autant (après vérification), par exemple, pour celui de Mr Abhervé, savoir : http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/feed

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