Chômage des jeunes : trois pistes et des annonces en juin…

Publié: mars 8, 2009 dans 1

Débat à l’Assemblée nationale mercredi 4 mars…

M. Daniel Garrigue (député non inscrit). « Monsieur le Premier ministre, la progression très forte du chômage s’accompagne d’une progression encore plus forte du chômage des jeunes après une augmentation de 23 % en 2008.

Nous savons que le plan de relance ne produira ses effets que lentement et que, dans les prochains mois, nous risquons de connaître de nouvelles aggravations du chômage et des aggravations plus que proportionnelles du chômage des jeunes.

Face à une telle situation, il convient de mettre en place des dispositifs appropriés. Après les emplois-jeunes, le « contrat jeune en entreprise », créé en 2002, mais supprimé le 1er janvier 2008, a concerné 240 000 jeunes.
Monsieur le Premier ministre, au-delà des mesures tendant à renforcer l’efficacité du pôle emploi, n’est-il pas désormais indispensable de mettre en place un dispositif d’une ampleur vraiment significative pour apporter aux jeunes de l’activité et aussi de la formation ? En effet, le chômage des jeunes devient, de nouveau, la première préoccupation des Français. »

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi : « Je vous remercie d’avoir posé cette question, Monsieur Garrigue.

Vous avez raison, la situation de l’emploi des jeunes est particulièrement préoccupante. Oui, du fait de la crise, la situation de l’emploi se dégrade, tout le monde le sait, mais les principales victimes en sont les jeunes qui ont connu, au cours de l’année qui s’est écoulée, une augmentation du taux de chômage des moins de vingt-cinq ans de 23 %.

Nous travaillons sur ce sujet très étroitement avec Martin Hirsch, Xavier Darcos et Valérie Pécresse parce que tous les leviers, y compris ceux de l’orientation, doivent être utilisés.

Nous disposons, à ce stade, de trois pistes de travail.

Tout d’abord, et vous y avez fait allusion, comment développer tous les systèmes de formation par alternance permettant d’assurer aux jeunes une bien meilleure insertion professionnelle ? Nous pensons, notamment, à l’apprentissage, mais aussi aux contrats de professionnalisation. Il convient, en effet, de développer les places en entreprises parce que l’insertion et l’accès à l’emploi sont ensuite bien meilleurs.

Ensuite, comment faire en sorte que les jeunes, qui enchaînent souvent tout au long de leur parcours des contrats très courts, puissent être mieux accompagnés et mieux pris en charge par l’assurance chômage ? De ce point de vue, la convention d’assurance chômage négociée avec les partenaires sociaux permet une nette amélioration en ramenant le plafond de six à quatre mois, en complément des mesures annoncées le 18 février, y compris à partir de quatre mois. Ces mesures bénéficieront d’abord aux jeunes, principales victimes de la crise.

Enfin, comment favoriser les outils qui peuvent vraiment accompagner les jeunes face au dédale auquel ils se heurtent ? Je cite, à ce titre, et vous y avez fait référence, les missions locales, les contrats autonomie pour lesquels Fadela Amara se débat avec énormément d’énergie ou, enfin, les écoles de l’égalité et les écoles de la deuxième chance.

Aucun de ces outils ne doit être négligé. Une grande concertation a été menée, conjointement avec Martin Hirsch, auprès de tous les acteurs concernés par ces questions. Cela devrait nous permettre, d’ici au mois de juin, d’annoncer des dispositifs immédiats et d’autres mesures plus fondamentales, que nous piloterons en concertation avec les parlementaires. »

Annoncer des dispositifs immédiats ?

Par exemple, comme le propose Michel Abhervé dans son article « M.Wauquiez, tirez maintenant les conséquences des constats que vous acceptez enfin » (26 février 2009) : « Pour les Missions locales, confrontées à des jeunes de plus en plus nombreux (ce sont eux qui souffrent le plus de la situation), il n’est pas concevable que l’Etat n’augmente pas les moyens qu’il consacre à l’accueil et à l’accompagnement de ces nouveaux jeunes, alors que l’intérim qui offrait à nombre de ceux-ci une possibilité d’entrer dans le monde du travail ne le permet plus. Le F.I.P.J. doit, pour le moins,  retrouver le niveau des années précédentes, la (très modeste) allocation interstitielle CIVIS doit pouvoir être versée toute l’année et bien sûr le niveau de financement de l’accueil et du suivi doit tenir compte du nouveau contexte. » (http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/2009/02/26/mwauquiez-tirez-maintenant-les-consequences-des-constats-que-vous-acceptez-enfin/)

Une contribution de Jean-Christophe…

« M. Abherve a raison de souligner le manque de moyens des missions locales. L’Etat préfère financer l’insertion des jeunes en rémunérant des opérateurs privés au rendement avec le contrat d’autonomie. Pour justifier ce contrat, on évoque le nombre conséquent de jeunes par conseiller. Si les millions distribués aux opérateurs privés étaient investis dans les missions locales, il serait possible de désengorger les permanences des conseillers, de réduire les délais de RDV et de ralentir le rythme des entretiens. En plus, l’insertion professionnelle ne serait pas privatisée et on ne troublerait pas l’action des missions locales.

D’un côté, l’Etat finance le privé et, de l’autre, elle rationalise les crédits du public. Les crédits pour le CIVIS sont de plus en plus maigres, surtout avec le mode de répartition. Chaque mission locale se voit attribuer des crédits répartis équitablement entre les conseillers. Ces derniers divisent leur budget CIVIS en fonction du nombre de jeunes reçus en entretien. Les jeunes ne peuvent toucher au maximum que 900 euros par an, si ils ont 18 ans, sans emploi ou ne touchant pas d’allocation de la part de la CNASEA pour une formation Il n’y a pas une allocation fixe… pourtant, dans le CIVIS, on parle d’engagements mutuels, on est bien dans le donnant-donnant prévu dans le contrat d’autonomie. Plus on divise le gâteau et plus il reste des miettes à la fin. Quant on pense qu’à l’origine en 2005 dans la loi Borloo, il était prévu d’octroyer aux jeunes entrés dans le CIVIS, un financement pour leur permis ! On est bien loin des ambitions de départ et plutôt dans des effets d’annonce.

La perplexité demeure dans la capacité de l’Etat a financer la bourse de 600 euros par mois prévu dans le contrat d’autonomie. L’allocation CIVIS est misérable à côté… »

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commentaires
  1. jean-christophe dit :

    M Abherve a raison de souligner le manque de moyens des missions locales. L’état préfère financer l’insertion des jeunes en rémunérant des opérateurs privés au rendement avec le contrat d’autonomie. Pour justifier, ce contrat, on évoque le nombre conséquent de jeunes par conseiller. Si les millions distribuées aux opérateurs privés seraient investis dans les missions locales, il serait possible de désengorger les permanences des conseillers, de réduire les délais de RDV et de ralentir le rythme des entretiens.
    En plus, l’insertion professionnelle ne serait pas privatisée et on ne troublerait pas l’action des missions locales.
    D’un côté l’état finance le privé et de l’autre elle rationalise les crédits du public. Les crédits pour le CIVIS sont de plus en plus maigres surtout avec le mode de répartition. Chaque mission locale se voit attribuer des crédits répartis équitablement entre les conseillers. Ces derniers divisent leur budget CIVIS en fonction du nombre de jeunes reçu en entretien. Les jeunes ne peuvent toucher au maximun que 900 euros par an, si ils ont 18 ans, sans emploi ou ne touchant pas d’allocation de la part de la CNASEA pour une formation Il n’y a pas une allocation fixe pourtant dans le CIVIS on parle d’engagements mutuels, on est bien dans le donnant-donnant prévu dans le contrat d’autonomie. Plus on divise le gâteau et plus il reste des miettes à la fin. Quant on pense qu’à l’origine en 2005 dans la loi Borloo, il était prévu d’octroyer aux jeunes entrés dans le CIVIS, un financement pour leur permis… On est bien loin des ambitions de départ et plutôt dans des effets d’annonce.
    La perplexité demeure dans la capacité de l’état a financé la bourse d’autonomie de 600 euros par mois prévu dans le contrat d’autonomie. L’allocation CIVIS est misérable à côté.

  2. jean-christophe dit :

    Excusez moi c’est jean-christophe et non jean-michel. J’espère que je ne monopolise pas trop ce blog. Les missions locales sont un sujet passionnant.

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