De choses et d’autres…

Publié: janvier 29, 2009 dans 1

Météorologistes réunionnais…

Cela n’aura échappé à personne, en tout cas pas à moi, blog inhabituellement silencieux… mais les explications ont été données dans un précédent article. Blog ouvert aux contributions des uns-unes et des autres, alors j’attends – ni impatience, ni désespoir – celles-ci. D’autant plus qu’il y a à dire et écrire en ces temps chaotiques… et il ne s’agit pas seulement de la tempête Klaus à partir de laquelle Le Monde du 28 janvier évoque la différence de comportement entre citoyens hexagonaux et de La Réunion… précisément d’où j’écris ces lignes : « A La Réunion, aussi rituellement que des vœux, le préfet répète jusqu’au rabâchage les consignes de sécurité au début de chaque saison cyclonique. Les journaux locaux publient également des cartes de la zone sur lesquelles les lecteurs, transformés en météorologistes amateurs, reportent consciencieusement les coordonnées des phénomènes afin d’anticiper leur trajectoire. » Rassurons-nous, s’il y a des particularismes comportementaux, la continuité républicaine est assurée au moins dans sa version franchouillarde « système D » puisque « à La Réunion, un des sports locaux consiste à se procurer un laissez-passer pour pouvoir circuler en période rouge. »

Foot-ball et J6M…

Cataclysme donc tout-à-fait prévisible comme l’avait annoncé il y a quelques mois Carlos Ghosn, le président de Renault Nissan : « La crise financière va se transformer en crise économique puis sociale enfin politique. » Ceci sur fond de « panique morale » (Ruwen Ogien, 2004, Grasset) que ne viendra pas combler la levée de l’excommunication de Mgr Richard Williamson, évêque antisémite et négationniste. Même dans l’hémisphère sud au climat moins rigoureux, la lecture de la presse – « un grand quotidien du soir » – laisse peu de place à l’optimisme. Quand ce n’est pas à la colère puisque, en cette journée de mobilisation sociale et s’il fallait trouver des raisons à l’ire, il suffirait d’ouvrir la page « Sport » (que je consulte rarement) : l’article « Le salaire des footballeurs flambe dans le championnat de France » révèle que Yoann Gourcuff se contente d’un salaire mensuel de 175 000 €… un gagne-petit face à Thierry Henry qui, juste de l’autre côté de la frontière espagnole, à Barcelone, perçoit 672 000 €. De quoi flâner et faire les boutiques sur les Ramblas. Décidément, je ne suis pas prêt à mettre les pieds dans un stade ou à m’émouvoir devant l’étrange lucarne : panem et circenses… L’illusion a encore de beaux jours devant elle et l’on peut parier sur elle pour la sortie de crise. Baudrillard nous a quitté – hélas – il y a presque deux ans et Le système des objets {1968} ainsi que La société de consommation{1970} sont remplacés par Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête {2009, Seuil}… de Jean-Marie Messier… oui, « J6M », « Jean-Marie Messier moi-maître-du-monde », Vivendi Universal. J6M, donc, invité le 15 janvier à France-Inter au micro de Nicolas Demorand à qui un auditeur a lancé en direct « Je n’ai jamais demandé à un virus de soigner mes enfants ; pourquoi viendrait-il nous donner des leçons sur la moralisation de l’économie ? » Bien vu. Le même type d’argument pourrait être avancé à celui qui promettait l’augmentation du pouvoir d’achat. Entre autres promesses.

Jeunes surdoués…

Retour sur la crise… financière. Caterpillar (les tractopelles, les engins de chantier…) va réduire ses effectifs de 18 %, soit 20 000 personnes qui vont perdre leur emploi. Communiqué du groupe : « Nous pensons que les bénéfices 2009 chuteront par rapport à 2008 ; nous prenons des mesures pour atteindre notre objectif de bénéfice par action de 2,50 dollars. » Heureusement, peu de gens lisent la presse économique : des têtes seraient inéluctablement au bout des piques. En France, « le pire de la crise reste devant nous » (Le Monde, 28 janvier) et « la vague de licenciements n’en est sans doute qu’à ses débuts ». En décembre 2008, les intérimaires ont diminué de 25 %. Logique : les intérimaires sont en linguae GRH (gestion des ressources humaines, ne pas inverser les deux derniers termes) « une variable d’ajustement ». On n’aura pas à attendre longtemps pour que le « noyau dur » du salariat soit grignoté, slogans à l’appui : « flexi-bi-li-té ! » pour ceux du privé et « moins d’État, mieux d’État » pour ceux du public. Tant qu’à faire, cela commencera par les jeunes, on s’y est habitué. Pas eux ? Ils s’y habitueront. La frustration étant le moteur de l’intelligence, nos jeunes ont de fortes probabilités de devenir surdoués. Consolation, pendant la crise la vente continue puisque « Louis Vuitton poursuit sa croissance en Chine ». Caterpillar est terrassé mais Vuitton s’envole : belle métaphore pour une société sans fondations qui s’étourdit de paillettes.

Souriant, alerte et bronzé…

Quant à notre secrétaire d’État à l’emploi Laurent Wauquiez, grand expert pour battre le chaud et le froid, il nous réserve probablement une surprise rhétorique pour la communication des chiffres du chômage : en septembre 2008, il avait annoncé quelques jours avant leur publication « le pire chiffre mensuel depuis mars 1993 », en septembre de cette même année « un chiffre pire qu’en août »… Pour cause de grève, il dispose d’un petit délai de réflexion pour affiner ses qualificatifs (cf. sur ce blog « Pas de gargouzettes pour Laurent Wauquiez » …). Le même, toujours souriant, alerte et bronzé, interviewé par Alliance Villes Emploi (AVE) en janvier, revient sur les maisons de l’emploi dont le nouveau cahier des charges est attendu pour mai 2009 avec « des indicateurs de performance ». On n’a pas fini de tordre les statistiques… A noter cette formule, « L’intégration systématique des PLIE devrait être recherchée » : marier un impératif – « systématique » – et un conditionnel – « devrait » – c’est flirter avec l’oxymore. Et c’est, une fois de plus, l’indication que la boussole est déréglée avec, à l’échelle des territoires, là où le chômage ne se résume pas à l’acronyme « DEFM » (demandeurs d’emploi fin de mois) mais recouvre des situations humaines, une lisibilité de la politique de l’emploi comparable à celle d’un EEG (électro-encéphalogramme) perturbé. Stop and go.

Shadock…

Heureusement, il reste AVE à qui l’on ne saurait reprocher un manque de constance, ni une désertion du champ de la communication : dans La Gazette du 19 janvier 2009, l’article « Intégrer les PLIE dans les maisons de l’emploi ? » est faussement interrogatif puisque c’est un plaidoyer pour ce pseudo-scénario qu’illustre un tableau des « intérêts » et « limites » avec, pour les premiers six patents et pour les seconds deux par définition dépassables… comme nous y invite en conclusion Marie-Pierre Establie, déléguée générale d’AVE : « PLIE, créez une MDE lorsqu’il n’en existe pas sur votre territoire ! » Ce qui, somme toute, correspond à une sorte de logique (en remplaçant le « r » par un « t ») : à défaut de disposer d’une maison de l’emploi pour intégrer le PLIE, créez-en une pour ensuite y intégrer le PLIE. Créer une structure pour une structure, aussi clair que « Plus tu pédales moins vite, moins t’avances plus doucement. Et réciproquement. » Emboîter des petites boîtes dans des grandes boîtes ou la visée packaging des dispositifs et des structures alors que faire travailler ensemble c’est raisonner et agir en transversalité. Pas en verticalité.

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