Supprimer le CNML. Suite.

Publié: janvier 7, 2009 dans Insertion/missions locales

Une ouate épaisse…

Un courriel de Michel Abhervé à la suite de l’article « Supprimer le CNML ? » Accord sur ses deux points, tant pour le contrôle de l’exécutif et qu’en ce qui concerne l’étonnante lenteur du métabolisme du CNML qui, une fois de plus, crée une zone d’incertitude pour les missions locales. Entre la crise, les rapprochements-fusions-absorptions avec/par les maisons de l’emploi, l’opérateur unique Pôle Emploi, la prochaine renégociation de la CPO… il ne manquait plus que cela ! Hervé Sérieyx, qui fût Délégué interministériel à l’insertion des jeunes, écrivit en 2003 un ouvrage au titre prémonitoire, Boussoles pour temps de brume (Village Mondial). Passé le prologue (on peut également éviter le cd-rom glissé dans la 4ème de couverture sauf  si l’on est nostalgique de Graeme Allwright époque « Petites boîtes »), on peut y lire : « Il y a du brouillard dans l’air ; comme une nuée bizarre qui rendrait tout le paysage flou, noierait les reliefs, brouillerait les repères, cacherait les horizons et placerait le voyageur au cœur d’une ouate épaisse qui,  à la fois, le paralyserait et l’empêcherait de percevoir le chemin à suivre. » Ce diable d’homme, quasi-stakhanoviste de l’écriture depuis de nombreuses années (j’avais bien aimé Colère à deux voix, co-rédigé avec Gabrielle Rolland et paru en 1995 chez Interéditions -1), parle juste, n’est-ce pas ? Il y a du brouillard dans l’air. Pas de la rumba.

La parole à Michel…

« Deux remarques suite à cette interpellation.

La première concerne l’exercice de la mission de contrôle par les parlementaires, en l’occurrence un député UMP : elle m’apparaît fondamentalement saine en démocratie. Les  élus du peuple ont une double mission, faire la loi, ce qu’ils font trop peu, tant le pouvoir de l’exécutif est contraignant en ce domaine (attendons de voir si la modification de la Constitution change quelque chose), et contrôler l’exécutif : qu’ils demandent des comptes rendus de l’action des nombreux conseils et comités existants doit traduire de l’intérêt, ce qui est mieux que l’indifférence.

La deuxième concerne la situation actuelle du CNML : sa présidente, Françoise de Veyrinas, est décédée au mois d’août, et elle ne pouvait déjà plus exercer sa responsabilité depuis que les électeurs toulousains avaient, en mars, décidé un changement de majorité municipale.

Voilà neuf mois que le gouvernement, seul habilité à le faire, n’a pas procédé au renouvellement de ce conseil, laissant une équipe au secrétariat général sans légitimité et sans orientations. Cet attentisme conduit à s’interroger  : comment l’expliquer ? Il s’était déjà produit en 2002 et le gouvernement de l’époque (Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, François Fillon ministre du travail) avait retardé la nomination  des membres du CNML pour pouvoir supprimer la DIJ en fin 2002 sans susciter de protestations. Y a-t-il un nouveau coup fourré en préparation ou sommes-nous simplement dans une incompétente inertie ? Nous devrions le savoir bientôt.

En tous cas ce retard permet à ceux qui s’interrogent sur le rôle respectif du CNML et de l’UNML d’avoir un éclairage. L’UNML dépend pour son rythme de travail, pour ses moyens et pour sa capacité d’expression de ses seuls adhérents. Le CNML dépend pour son existence et ses moyens du bon vouloir du gouvernement. »

C’est dit.

 (1) On peut consulter la bibliographie d’Hervé Sérieyx sur son site : http://herveserieyx.nexenservices.com/  

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