Jeunesse et crise. 4

Publié: décembre 13, 2008 dans 1

Ci-dessous une nouvelle contribution qui, manifestement, n’adhère guère à l’appel de l’UNEF, en réponse au communiqué transmis par l’animateur de DocInsert… Pas de prénom, ni de nom pour signer cette contribution. A l’avenir, au moins le prénom serait souhaitable. Il serait par ailleurs intéressant, sur la base du projet de ce blog et sans que cela remette aucunement en cause la possibilité d’exprimer un point de vue politique, d’extraire de ce dernier ce que cela implique dans le monde de l’insertion. Ou, formulé différemment, comment agir pour les jeunes face à cette perspective de précariat ? L’enjeu, certes, n’est pas nouveau mais assurément il devient crucial. D’autant plus que Laurent Wauquiez, dans une interview accordée hier au Figaro – ce n’est pas exactement Le Monde Libertaire – revient sur une de ses idées récurrentes (pour ne pas dire « fixes »), l’efficacité des politiques de l’emploi qui « n’est pas assez mesurée ». Ainsi il annonce – et ce sont bien les missions locales qui sont explicitement concernées – « On donne des millions à des organismes sans chercher à connaître leur véritable efficacité. Il n’y a aucune raison. À partir de janvier, je rendrai public un tableau de bord avec des indicateurs simples. Par exemple, le nombre de jeunes suivis, à budget équivalent, par chaque mission locale. Et, à nombre de jeunes équivalent, le nombre de formations, contrats d’apprentissage,CDD,CDI trouvés. » Notons chemin faisant que l’efficacité devient synonyme d’efficience, ces deux critères n’ayant pourtant pas la même signification : l’efficacité est l’atteinte des résultats, l’efficience est la juste proportionnalité entre l’efforts financier consenti et les résultats obtenus.

Clair à défaut d’être simple…

Indicateur simple… l’expression mérite que l’on s’y attarde quelque peu. Car, si l’on doit mesurer l’efficacité des missions locales sur cet indicateur (1) – nombre de jeunes/subvention – et que in fine seul l’accès à l’emploi est considéré comme le résultat à prendre en compte, inévitablement toutes les actions des catégories « social » et « vie sociale » vont constituer des quasi-handicaps : moins on consacrera de temps – donc d’argent – à la résolution des problèmes de logement, de santé, etc. plus on en disposera pour l’emploi. Sans même évoquer qu’il est plus que difficile mais biaisé d’évaluer « toutes choses étant égales par ailleurs », les ressources des territoires étant variables, on constatera que la « simplicité » de l’indicateur n’est que rhétorique. L’étau de la commande sectorielle, purement préoccupée d’insertion professionnelle et évacuant l’autonomie sociale (ne parlons pas de citoyenneté, désormais utopie schwartzienne à reléguer au magasin des souvenirs aussi touchants qu’obsolètes), se resserre sur les missions locales. Ca, au moins, c’est simple et, pour le coup, clair.

La contribution anonyme…

«L’Unef, pouponnière à Parti « socialiste » (cf M. Julliard), est à mille lieux des idées politiques des jeunes mobilisés en Grèce. Le mouvement libertaire grec, comme celui d’ici, n’apprécierait pas ces appels opportunistes… Malheureusement les médias ne relaient que ces appels d’organisation de gôche et pas celles des mouvements qui partagent le même fond idéologique que les camarades grecs…

Ca me rappelle la propagande des partis communistes en soutien à Sacco and Vanzetti, alors que dans le même temps ils butaient leurs propres anarchistes !

Mais autre temps, autres moeurs, et l’Unef n’a même pas le quart du début de la radicalité de ces partis d’alors…

« Après la « génération CPE » en France, c’est aujourd’hui aussi la « génération 600 euros » en Grèce qui manifeste un même refus de la précarité et son inquiétude face à l’avenir. » On admirera le PATERNALISME de la part de jeunes petits-bourgeois…

NON LES CAMARADES GRECS NE SONT PAS INQUIETS, ILS LUTTENT ET SONT CONFIANTS. ET EUX SONT IMPLANTES DANS LEUR FAC, LEURS QUARTIERS ET LEURS LIEUX DE TRAVAIL. Pas comme le groupuscule UNEF bien aimé des médias qui ne représentent qu’un pourcentage ridicule des étudiants.»

 

(1) indicateur que l’on peut accentuer avec le qualificatif de « rapide » (accès rapide à l’emploi), comme cela a déjà été évoqué sur ce blog…

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commentaires
  1. nomaster dit :

    Ne pensant pas qu’un nom est primordial – surtout dans une époque ou la dite-politique se résume à cela – je ne voyais pas l’intérêt de personnaliser outre mesure ma contribution. Le jour où ce seront (en politique) les idées qui compteront et non le nom, la cravatte ou le tailleur de la personne qui les avance, on aura avancé, justement. Puisqu’il n’y a de moyens de vérifier la vérité du prénom ou du nom d’une personne qui écrit, un surnom suffit bien selon moi. Non qu’il ne faille pas revendiquer ses idées, mais je pense le faire sur le terrain, quand je milite.

    Je ne fais toutefois pas de cela une question de principe et s’il m’arrivait à nouveau d’intervenir, pour respecter l’accueillant, je tâcherai de mettre un prénom.

    Sur mon intervention – il s’agissait d’une réaction à un communiqué hypocrite de l’UNEF, qui préfère les libertaires grecs aux libertaires français – certes elle n’était pas en rapport direct avec la thématique de ce blog.

    Cependant, de même que l’école n’est pas le sanctuaire que certains voulaient en faire, de même les missions locales ne sont pas de tels lieux : il sont des outils de gestion d’une bonne ou mauvaise politique mais pas le lieu d’origine des maux ou des biens. Je travaille dans une telle structure et je ne fais qu’utiliser au mieux, j’espère, les outils d’un système que je pense néanmoins injuste et non réformable. Je ne suis pas militant dans une mission locale, j’ y suis salarié.

    Je pense que c’est à l’extérieur des missions locales qu’il faut lutter, en tant que salarié de celles-ci ou non, contre la précarité, les conditions de logement des jeunes, la criminalisation des sans-papiers (qui ne peuvent être reçus en mission locale), etc. Il s’agit d’un combat politique et il nécessite un rapport de force. Comme c’est à l’extérieur des missions locales que se prennent les décisions, c’est vers ces décideurs extérieurs qu’il faut orienter la lutte – ne serait-ce que pour être rejoint par toutes les forces de bonnes volontés. Car si ce qui se passe en mission locale peut être amélioré, les jeunes concernés, les chômeurs en général et toutes les personnes qui le souhaitent doivent pouvoir lutter ensemble sur la place publique, même si les décisions se prennent dans de riches salons, parfois privés – en tout cas jamais accessible directement par le peuple…

  2. Bravo pour toutes les initiatives.

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