Jeunesse et crise. 2.

Publié: décembre 11, 2008 dans Illusionnisme, Insertion/missions locales, Politiques d'emploi

Dans la continuité du débat lancé par Régis Barbier concernant la révolte des jeunes en Grèce, une contribution de David Bévière, directeur de la mission locale de Poitiers, faisant référence à la Une du Monde des 30 novembre et 1er décembre 2008, « Le bonheur est-il réservé aux sexagénaires ? » Rappelons sur ce thème l’ouvrage La France prépare mal l’avenir de sa jeunesse par l’Académie des sciences morales et politiques (2007, Seuil) : court (118 pages), clair et pas cher (12 euros).

La parole à David…

Merci Régis d’exposer quelques sujets à réflexion, motifs à faire un peu chauffer les neurones quand le froid hivernal saisit tout le monde !

Sans avoir eu la possibilité jusqu’alors d’aller m’informer plus avant sur les « évènements » grecs, l’impression dominante réside dans le parallèlisme des enchaînements selon lequel l’explosion sociale est déclenché brutalement par le décès d’un jeune sous les balles, les coups ou les menaces de la police nationale. Ce qui nous est relaté de ce qui se passe en Grèce ne peut que nous rappeler les tragiques évènements de 2005 dans notre pays ou encore, plus loin, les émeutes de Los Angeles en passant sur d’autres épisodes du même acabit qui ont bousculé la plupart des pays occidentaux ces dernières années… Quel est le projet de civilisation qui unit ces différents pays pour produire une telle distance, puis une telle défiance et, enfin, une telle violence entre une société dite organisée et sa jeunesse ? Et qu’apprenons nous de l’expérience si ce n’est d’aller toujours plus loin dans la conflictualité qui attise rancoeur et rancune ? Pourquoi n’arrivons-nous pas à inverser la vapeur et investir de toute la confiance à laquelle ils aspirent ces jeunes et, ils nous le démontre chaque jour, qu’ils savent nous rendre ? Les possédants d’aujourd’hui, ces fameux baby-boomers qui, comme l’INSEE et la Cour des comptes viennent imparablement de l’expliquer, captent de manière totalement disproportionnée les richesses, les pouvoirs… ont-ils peur à ce point de perdre un tant soit peu de ce qu’ils auraient tant mériter de conquérir (cf. la première page du Monde de ce week-end des réactions outragées de quelques représentants de cette génération globalement argentée) ? Désolé, j’ai peur ne pas avoir de réponse mais suis preneur des analyses des uns et des autres.

Je reviendrai une fois avec vous sur le sujet de la formation.

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commentaires
  1. Docinsert dit :

    Un nouvel élément pour alimenter le débat :
    Jeunesse grecque, jeunesse française, même combat – Mediapart.fr du 22/12/2008
    [Extrait] : « Ce « modèle » socio-économique latin s’appuie sur un puissant substrat culturel catholique centré autour de la famille et se traduit par le développement de ce que la sociologue Cécile Van de Velde appelle le « familialisme politique » : soit une protection sociale de la jeunesse particulièrement limitée, qui par défaut est donc assurée par la famille proche… quand elle en a les moyens. Très concrètement, cette politique se manifeste en France par l’exclusion du bénéfice du RMI, et bientôt du RSA, avant l’âge de 25 ans ; de la légalisation du travail quasi-gratuit et sans protection juridique pour les jeunes avec la généralisation de l’utilisation des stagiaires ; ou encore par un système de bourses universitaires peu généreux et qui, surtout, ne bénéficie pas aux classes moyennes.
    L’écart de niveau de vie s’est ainsi considérablement creusé suivant la génération à laquelle on appartient. Au point qu’il vaut mieux aujourd’hui avoir entre 50 et 70 ans qu’entre 20 et 35 ans. »
    http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/221208/jeunesse-grecque-jeunesse-francaise-meme-combat

    A lire aussi, bien entendu, les commentaires s’y rapportant…

  2. Docinsert dit :

    Toujours à propos de la jeunesse, un autre point de vue…
    « Les jeunes Français pessimistes » – L’Humanité du 23/12/2008
    [Extraits] : « Pour le sociologue Olivier Galland, il n’y a pas de « génération sacrifiée ». Mais, assure-t-il, l’écart se creuse entre la jeunesse diplômée et celle qui ne l’est pas. (…) Y a-t-il, selon vous, une parenté entre le mouvement lycéen français et les soulèvements observés dans la jeunesse grecque ?
    Olivier Galland. Je ne suis pas un spécialiste de la Grèce, mais il me semble que la situation sociale, et notamment les conditions d’insertion dans le monde du travail des jeunes Grecs sont beaucoup difficiles qu’en France. Cela étant, on l’a vu en 2005, les explosions de la jeunesse en France sont toujours possibles, notamment de la jeunesse non diplômée, de la jeunesse des cités sensibles, de la jeunesse d’origine immigrée, qui connaissent des formes d’exclusion très graves. Ce sentiment d’être mis au ban de la société et la frustration née de l’impossibilité de consommer comme les autres peuvent susciter de la révolte. Or si la grogne lycéenne s’amalgame à la colère des banlieues, cela peut dégénérer très vite. C’est visiblement ce dont a eu peur le gouvernement, qui a été obligé de reculer. »
    http://www.humanite.fr/2008-12-23_Societe_-Les-jeunes-Francais-pessimistes

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