Esquisse d’un débat sur les fondamentaux des missions locales

Publié: octobre 15, 2008 dans Insertion/missions locales

A la suite de la deuxième contribution sur le Protocole 2000, Jean-Philippe Revel (CGT CPNEF) a adressé un premier puis un second commentaires que je reproduis in extenso. Il sont disponibles en cliquant à droite sur l’icône correspondante mais c’est plus lisible ainsi et je souhaitais dans la foulée y ajouter un point…

(lundi 13 octobre) J-P. Revel : « Lors de son intervention à l’Assemblée Générale de l’UNML (Syndicat employeur de la Branche ML/PAIO) le 6 octobre dernier,  la CGT a appelé de ses voeux une mobilisation large autour d’un projet que nous qualifions de politique qui prendrait la forme d’un « Manifeste pour l’insertion des jeunes ». La charte de 1990 devrait en être un des éléments fondateurs. Revenir aux fondamentaux devient de plus en plus URGENT pour le réseau des ML/PAIO, et ce, dans un contexte où la LOLF et ses contraintes ont  tendance à prendre le pas sur les valeurs induite par cette charte … Quand il est question de former à tout va les directions des ML/PAIO à l’intégration de cette logique LOLF, on oublie de former  l’ensemble des salariés et des Directions sur ce qui a constitué ses valeurs fondatrices … Nous attendons que des intentions on aboutisse enfin aux actes ! »

(mardi 14 octobre) PL : Effectivement, « revenir aux fondamentaux » est essentiel. Pour plusieurs raisons dont trois rapidement rappelées.

Première raison, conjoncturelle : avec les nouveaux conseils d’administration, il n’est pas inutile de garantir aux élus, qui pour une large partie ne maîtrisent qu’approximativement l’histoire, la philosophie et les missions des missions locales, une connaissance de la structure dont ils vont être les pilotes politiques. S’il y a une chose que l’on attend des élus c’est prioritairement d’être porteurs du projet associatif de structure. Ca, c’est politique et c’est aussi éviter des ambiguïtés avec des fonctions purement techniques. Dans chaque mission locale ou à une autre échelle (comme c’est le cas pour la région Champagne-Ardenne), une telle proposition devrait être faite, sorte de déclinaison adaptée de « Culture Commune ». Rater cette opportunité, c’est mettre en place les conditions d’une prophétie autoréalisatrice selon laquelle « les élus ne s’intéressent pas à la mission locale. » Il serait toujours temps de gémir après…

Deuxième raison, identitaire : la tendance actuelle est à ce que le référentiel des missions locales soit de plus en plus déterminé de façon hétéronome, de l’extérieur. Ce qui n’est pas exactement synonyme de démocratie associative. Tel est le cas avec la CPO… même si Jean-Philippe et moi-même ne partageons pas exactement la même opinion sur celle-ci : il me semble en effet que la CPO offre des possibilités d’innovation et de mise en cohérence avec les fondamentaux, singulièrement à partir de ses axes 4 et 5. Encore faut-il que les missions locales en soient conscientes et se glissent dans ces interstices. Toujours est-il que les « fondamentaux » (Charte et Protocoles) sont des textes cosignés : État et collectivités territoriales bien sûr, mais également le réseau via le CNML. L’autonomie associative est là. L’identité des missions locales aussi. Donc leur avenir.

Troisième raison, projectale : l’histoire fermente le projet. Et si une directrice de mission locale, presque la plus australe du monde, m’écrivait dans un courriel il y a quelques jours « L’avenir c’est du passé en préparation », reconnaissons aussi que le passé c’est de la préparation de l’avenir. Ceci signifie que, si les fondamentaux ne sont bien sûr pas les Tables de la Loi, ils doivent être le socle à partir duquel demain sera redéfini, adapté, le « référentiel » des missions locales. Il ne s’agit donc pas de nostalgie mais de sens. On en a besoin, n’est-ce pas ?

(mercredi 15 octobre) J-P. Revel : « Une petite précision de ma part …

1) Bien évidemment c’est en tant que syndiqué CGT du réseau ML/PAIO que je m’exprime. En aucune manière mes commentaires sont à prendre comme des déclaration de ma Fédération, ni du collectif CGT MLPAIO auquel j’appartiens. Même si je ne doute pas que mes camarades partagent mes avis. C’est la raison pour laquelle je précise « syndiqué CGT MLPAIO » plutôt que « représentant CGT ML/PAIO », les deux mentions sont vraies, mais c’est en tant que syndiqué que j’écris et participe aux échanges.

2) CGT CPNEF : cela mérite des éclaircissements pour les béotiens du paritarisme, du dialogue social, de la démocratie, bref du syndicalisme.

La CPNEF ML/PAIO est la commission Paritaire Nationale Emploi/Formation de la branche ML/PAIO, c’est à dire la commission qui réunit les représentants des organisations syndicales de salariés et ceux de l’UNML (syndicats employeurs du Réseau ML/PAIO).

Je préside cette commission jusqu’au 31 décembre 2008 (après 2 ans de mandat). 

3) Enfin s’agissant des axes 4 et 5 de la CPO; si l’on peut volontiers considérer qu’ils pourraient constituer une des voies d’entrées pour une « Renaissance » ou « un Manifeste » fondés sur la charte de 1990, la précipitation avec laquelle les Directions se focalisent sur les axes 1,2,3 que je qualifie de comptables, ne laisse rien augurer de bon, ni d’intelligent pour le réseau, ni pour les jeunes. »

 

A suivre…

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commentaires
  1. Jean Philippe REVEL (syndiqué CGT ML/PAIO) dit :

    Une petite précision de ma part …

    1) bien évidemment c’est en tant que syndiqué CGT du réseau ML/PAIO que je m’exprime. En aucune manière mes commentaires sont à prendre comme des déclaration de ma Fédération, ni du collectif CGT MLPAIO auquel j’appartiens. Même si je ne doute pas que mes camarades partagent mes avis.

    c’est la raison pour laquelle je précise « syndiqué CGT MLPAIO » plutôt que « représentant CGT ML/PAIO », les 2 mentions sont vraies, mais c’est en tant que syndiqué que j’écris et participe aux échanges.

    2) CGT CPNEF : Cela mérite des éclaircissements pour les béotiens du paritarisme, du dialogue social, de la démocratie, bref du syndicalisme.

    La CPNEF ML/PAIO est la commission Paritaire Nationale Emploi/Formation de la branche ML/PAIO, c’est à dire la commission qui réunit les représentants des organisations syndicales de salariés et ceux de l’UNML (syndicats employeurs du Réseau ML/PAIO).

    Je préside cette commission jusqu’au 31 décembre 2008 (après 2 ans de mandat).

    3) Enfin s’agissant des axes 4 et 5 de la CPO; si l’on peut volontiers considérer qu’ils pourraient constituer une des voies d’entrées pour une « Renaissance » ou « un Manifeste » fondés sur la charte de 1990, la précipitation avec laquelle les Directions se focalisent sur les axes 1,2,3 que je qualifie de comptables, ne laisse rien augurer de bon, ni d’intelligent pour le réseau, ni pour les jeunes

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