Les missions locales en déshabillé de soie.

Publié: octobre 4, 2008 dans Insertion/missions locales

Sous le titre, « Les contrats d’autonomie lancés à Lille-Sud » , La Voix du Nord publie mardi 30 septembre un article, « Rencontre avec les jeunes, discussions à huis clos… La secrétaire d’État a pris le temps de cerner leurs envies, de les motiver. » Ben voyons…

Le journal poursuit : 

 « Les contrats d’autonomie, piliers du plan Espoir banlieues, sont lancés à Lille. La société privée Ingeus a remporté le marché pour le Nord et vient d’ouvrir une agence rue du Faubourg-des-Postes. Sept Lillois y sont déjà suivis {sept, quel exploit !}. 

La moquette est épaisse et l’ambiance studieuse. Les jeunes lèvent à peine le nez lorsque, hier matin, la secrétaire d’État à la Politique de la ville, Fadela Amara, entre dans ce local d’Ingeus. Il vient d’ouvrir au 162, rue du Faubourg-des-Postes (Lille-Sud), en zone urbaine sensible. C’est là que seront suivis les demandeurs d’emplois de 18 à 25 ans qui ne sont plus inscrits à l’ANPE, et ne vont plus à la mission locale.


Ingeus, société privée, a remporté le marché dans le Nord. « On a été un peu méfiant au début », confie Bernard Charles, adjoint à l’emploi et à l’insertion. « Des privés venaient sur notre corps de métier, celui de la mission locale. Et l’indemnisation proposée est plus intéressante que ce que nous avons les moyens d’offrir. » 300 € par mois pour le contrat d’autonomie, 450 € maximum par an pour les jeunes en insertion. Ingeus sera payé au résultat (75 % de ses revenus dépendent d’un retour à l’emploi ou une formation) et aura un conseiller pour 40 jeunes (un conseiller pour 150 à la mission locale). « Nous ne voulons pas faire à la place de la mission locale ou cueillir sur leur arbre les demandeurs d’emplois les plus mûrs », répond Érik Pillet, directeur d’Ingeus France. La société a engagé deux agents de terrain qui parcourront les quartiers, associations, clubs de sport, à la recherche de ces jeunes en dehors de tout dispositif d’aide. Ville, mission locale et Ingeus se rencontreront régulièrement. Les inquiétudes sont presque levées. Pas de concurrence, mais une « complémentarité  »

Tout cela rappelle étrangement le crocodile qui, s’extasiant devant les sacs dans la vitrine du maroquinier, pénètre dans sa boutique pour s’enquérir des modes de fabrication (« bonnes pratiques » en nov-langue bruxelloise). Dans le rôle du crocodile, la mission locale. Dans celle du maroquinier, Érik Pillet. Le tout dans une ambiance « Embrassons-nous, Folleville », version « complémentarité » et, probablement d’ici peu, « partenariat ». Qui festoie ?

Parfois, les missions locales m’apparaissent comme de belles jeunes filles en déshabillé de soie transparent qui se promèneraient, ravies, en zone urbaine sensible passé minuit. Délicieuses et inconscientes. Désirables et stupides.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s