Bienvenue au RIJ !

Publié: septembre 12, 2008 dans Insertion/missions locales

L’union fait la force…

Le Réseau Insertion Jeunes (RIJ), déclaré au Journal officiel du 21 juin 2008 (p. 2957), a été présenté le 11 septembre à l’occasion d’une conférence de presse. Le RIJ, dont le nom complet est « Réseau Insertion Jeunes. Fédération des associations nationales pour l’insertion des jeunes », a été créé par quatre associations :

– L’Union nationale des missions locales, PAIO et organismes d’insertion sociale et professionnelle (UNML), représentée par son président Jean-Raymond Lepinay (maire PS et conseiller général de Saint-Gaudens).

– L’Association nationale des directeurs et directrices de missions locales et PAIO (ANDML), représentée par sa présidente, Annie Jeanne (directrice de la mission locale de Rouen).

– L’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (AFIJ), représentée par son président Stéphane Boucard (http://www.afij.org/ ).

– L’Union nationale des comités locaux pour le logement autonome des jeunes (UNCLLAJ), représenté par son président Hervé Mahl. (http://www.uncllaj.org ).

Le RIJ, qui a son siège à l’adresse de la mission locale de Haute-Garonne à Toulouse, regroupe les associations nationales qui développent « une action globale pour l’insertion des jeunes » et « une action territorialisée s’appuyant sur la volonté des élus locaux, des pouvoirs publics et des acteurs locaux, pour construire les solutions d’insertion appropriées. » Trois objets sont poursuivis : « Fédérer ses membres pour renforcer et amplifier leurs actions », « Représenter ses membres auprès des pouvoirs publics et des partenaires » et « Promouvoir l’expertise acquise en matière d’insertion et l’approche globale des problématiques des jeunes ». On retrouve donc, à partir du concept central des missions locales, l’approche globale, des objectifs dont les réseaux ont bien besoin : mutualisation des pratiques, force de propositions et interlocuteur des pouvoirs publics (l’union fait la force), professionnalisation. Rien à redire sur les statuts très complets (huit pages, dix-neuf articles), l’article six permettant qu’aux membres constitutifs composés d’associations nationales « dont le champ d’action porte exclusivement sur l’insertion professionnelle et sociale des jeunes » puissent se joindre des membres associés, c’est-à-dire des « organisations {…} dont une partie du champ d’action porte sur l’insertion professionnelle et sociale des jeunes ». Les centres sociaux, par exemple et via leur fédération, pourraient parfaitement adhérer au RIJ (ce qui serait judicieux). Mais également l’UNHAJ, Union nationale pour l’habitat des jeunes (les foyers de jeunes travailleurs, http://www.ufjt.org/), et l’ANAJ (Association nationale des auditeurs jeunes, http://www.anaj-ihedn.org/joomla/index.php) qui, cités par Jean-Raymond Lepinay, pourraient élargir la base du réseau et, ainsi, accroître sa visibilité et son audience auprès des pouvoirs publics.

Contrat d’autonomie

Lors de la conférence de presse, Jean-Raymond Lepinay a évoqué le contrat d’autonomie, regrettant notamment la méthode d’élaboration du contrat d’autonomie et critiquant un manque de concertation avec les acteurs associatifs intervenant sur le terrain auprès des jeunes… même si l’AFIJ avait répondu à l’appel d’offres de la DGEFP concernant les 35 lots et devrait remporter deux ou trois marchés. Selon l’AEF (dépêche n° 101168, du 11 septembre 2008), « En revanche, il semblerait que les demandes des missions locales n’ont pas retenu l’attention du gouvernement. » Ceci reste à vérifier car d’autres informations indiqueraient que des missions locales ont été retenues, par exemple à la Réunion où trois structures (sur quatre) se sont positionnées.

Spécificité jeunes…

Toujours selon l’AEF, « le RIJ suit avec attention la réorganisation du service public de l’emploi qui se concrétisera, début janvier 2009, par l’installation officielle de l’opérateur unique incognito (cf. « Missions locales : elles ne peuvent pas ne pas communiquer ») regroupant ANPE et Assédic. Les membres du Réseau émettent quelques réserves quant à la capacité de cette nouvelle structure à aborder avec pertinence les problématiques d’insertion du public jeune. « Une réponse unique n’est pas adaptée. Le critère d’évaluation reposant sur l’accès à l’emploi durable n’est pas suffisant », explique Jean-Raymond Lépinay. » Ce sur quoi l’on ne peut être que d’accord. Annie Jeanne a poursuivi sur ce thème de la « spécificité jeunes » : « Ils diffèrent des générations précédentes et ce constat vaut pour tous, qu’ils soient sans qualification ou étudiants. La situation de l’emploi a évolué. L’intérim et les CDD ont considérablement progressé. Les jeunes n’accèdent plus directement au CDI. Ce n’est pas normal de considérer que cet état de fait est devenu la norme. » On peut à ce propos beaucoup débattre puisque le CDI demeure une norme à l’échelle de l’ensemble de la population des actifs occupés (cf. « Cadre mâle et diplômé (à Porto Vecchio) ») même s’il ne l’est pas pour les actifs jeunes. Cependant, en tout état de cause, le fait que le contrat stable ne soit pas ou soit de moins en moins une norme pour les jeunes impliquerait logiquement une révision des critères de l’insertion réussie… au même titre que l’allongement de la jeunesse et corrélativement celle de l’insertion appellent à bouger les frontières : pourquoi jusqu’à 25 ans alors que sociologiquement c’est aux alentours de 32 ans que l’on peut désormais considérer le terme des parcours en dents de scie ?

RSA

En ce qui concerne le RSA (revenu de solidarité active), le Réseau se satisfait de la non-extension du dispositif au moins de 26 ans. Pour Jean-Raymond Lepinay, « Il faut indéniablement améliorer les ressources financières des jeunes, mais le RSA ne peut apporter une réponse aux parcours fractionnés des jeunes. » « Quelle est l’utilité de faire entrer les jeunes dans un dispositif d’assistance avant même que les problèmes d’insertion ne soient pas réglés ? », a ajouté Hervé Malh. Pour Daniel Lamar, « un énorme chantier » reste à mener : « Il existe une forte inadéquation entre les formations et les emplois. Cela suppose un travail de fond qui ne correspond pas aux politiques actuelles. Nous devons pouvoir mettre en oeuvre des projets qui s’inscrivent dans des périodes de trois à cinq ans. » Problème : la tendance actuelle est de favoriser l’entrée rapide des jeunes dans des contrats aidés dont la durée moyenne oscille autour de huit mois.

En tout cas, bon vent au RIJ !

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s