Les articles du Monde auxquels vous avez échappé cet été. 2/2

Publié: août 25, 2008 dans Au gré des lectures

1er août. Tension. Avec un titre construit dans le style sémantique soixantuitard, « Droits économiques, droits sociaux, même combat ? », la chronique de Thomas Ferenczi en page deux pose la contradiction perçue mais également effective entre les deux qualificatifs du slogan d’une « Europe compétitive et solidaire ». Il fût un temps où la réussite du premier volet permettait par la redistribution l’atteinte du second volet et, si pour Xavier Bertrand « Il n’y a pas de contradiction entre l’espace économique et l’espace social », force est pourtant de constater que « cette contradiction est pourtant ressentie en Europe par tous ceux qui subissent les suppressions d’emplois, les délocalisations, la précarité. » Ferenczi avance une tension entre les États de l’Union, les plus libéraux qui veulent limiter les contraintes, et les plus avancés en matière sociale, « qui redoutent une harmonisation par le bas », concluant par « Les débats à venir départageront ceux qui sont attachés à l’Europe sociale et ceux qui s’en méfient. » Reste que, si la Commission européenne peut multiplier les directives, on est en droit de s’interroger sur une autre tension où les États ne sont pas les seuls protagonistes mais où les pouvoirs se jouent entre ceux-ci et la machine économique emportée d’ailleurs plus que guidée par sa seule « logique ». In fine, le débat est-il aujourd’hui encore entre les mains des États ?

1 août encore. Devezh mat ! L’article 75 de la Constitution a fait entrer l’appartenance des langues régionales « au patrimoine de la France ». Les élus bretons (Jean-Yves le Drian, Marylise Lebranchu, Marc Le Fur…) se réjouissent : « … une forme de réparation, par rapport au combat mené contre les langues régionales sous la Troisième République. » A l’époque, les hussards noirs de la République accrochaient un sabot au cou des petits bretons qui s’oubliaient en breton sur la cour de récréation. Chaque région, l’Alsace, la Réunion… a connu des variantes de ce sabot. Preuve que les instituteurs ne manquaient pas d’imagination. Autres temps… (devezh mat = bonjour).

2 août. Mauvais esprit. « L’Europe coincée entre inflation record et croissance faible » donne raison aux économistes qui ne suivent pas François Fillon dans sa subtile stratégie des vases communiquants (cf. « 31 juillet encore. Vases communicants »). L’inflation a atteint 4,1% en juillet dans la zone euro, « la hausse des prix ne cesse de s’accélérer », et le chômage augmente : en France, le nombre de demandeurs d’emploi en CDI inscrits à l’ANPE a augmenté pour le deuxième mois consécutif, de 0,2%, et atteint 1,906 million. Le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires, Joaquim Almunia, fait quatre « suggestions » aux autorités nationales dont « éviter les hausses de salaires dans la fonction publique » et « améliorer la concurrence, en particulier dans les services. » Pour les fonctionnaires, cela équivaut compte tenu de l’inflation à travailler autant pour gagner moins. Quant à la concurrence, gageons qu’elle ne pourra être effective et performante que sous condition de flexibilité accrue. On s’interroge sur cette « Europe sociale »… mais c’est probablement du mauvais esprit. Pendant ce temps, 200 parlementaires sont engagés dans l’opposition à la suppression du numéro de département sur les plaques d’immatriculation des véhicules. Ça ne mange pas de pain. Mauvais esprit encore.

2 août encore. Mauvais esprit toujours. Sous le titre « Les soutiers du nucléaire », Le Monde pointe l’activité des sous-traitants d’EDF : « La situation est devenue insupportable, assure la CGT mines-énergie, car les directions ne cherchent qu’une chose : réduire les coûts de maintenance et d’exploitation. » Chacun a pu observer dans les incidents du début de l’été un des effets de cette diminution des coûts, en parfaite adéquation avec la quatrième suggestion du commissaire européen. Pour le reste, c’est-à-dire l’introuvable compatibilité entre le nomadisme salarial des intérimaires du nucléaire et l’exigence d’une haute spécialisation déterminée par la sûreté, il ne faut pas trop s’en inquiéter : une particularité française est que les nuages radioactifs s’arrêtent à nos frontières comme ce fût le cas pour Tchernobyl. Nous sommes remarquables.

3-4 août. Blindés. En page deux, « Les gars de Leclerc passent en chantant », une rapide histoire de la 2ème DB (division blindée) Leclerc, qui a libéré Paris le 24 août. Quel rapport avec l’insertion ? Aucun. Sinon que Bertrand Schwartz était officier dans cette 2ème DB. Rober Galley aussi.Et alors ? La solidarité des « compagnons de la Libération » sera profitable quarante ans plus tard, en 1987, aux missions locales pour lesquelles Jacques Chirac, nouveau Premier ministre, n’avait pas les yeux de Chimène. Robert Galley était président de la mission locale de Troyes… et trésorier du RPR.

3-4 août encore. Prozac. Nicolas Baverez, économiste, signe un billet qui augure bien mal de l’avenir même si, soucieux de ne pas laisser son lectorat comme une méduse sur le sable (il y en a eu suffisamment cet été, cf. « 18 juillet. Méduses »), il conclut par « Les Français ont compris que l’économie mondiale a basculé dans l’inconnu depuis 2007, changeant radicalement les termes du débat sur le pouvoir d’achat mais renforçant l’urgence de moderniser. Ils sont prêts à travailler plus, non pour gagner plus, ce qui relève aujourd’hui d’une illusion, mais pour l’avenir de la nation et de leurs enfants. » Cet épilogue en forme d’ouverture est précédé de sombres constats : « La France est frappée par toutes les dimensions de la crise et avec une intensité équivalente, voire supérieure, à certains autres pays développés… {…} Pour l’économie française, 2008 et 2009 se présentent comme les années de tous les dangers. Avec pour perspective une croissance de 1,5% en 2008 et 1,2% en 2009, une inflation de l’ordre de 3,5%, un chômage en hausse, un double déficit commercial autour de 50 milliards d’euros et public autour de 3% du PIB. Entrée dans la crise avec un an de décalage par rapport aux Etats-Unis, la croissance française ne redémarrera pas avant 2010. » Ceci étant dit, les conclusions qu’en tire l’économiste sont très largement discutables : « … la poursuite du processus de réforme, en dépit de l’impopularité du président, de la rude défaite de la majorité aux élections municipales et de la dégradation de la conjoncture, constitue un signal très positif. » On pourrait estimer que tous ces indicateurs au rouge sont l’occasion de repenser le modèle de croissance. Mais, probablement, le seul facteur capable d’opérer ce renversement de paradigme sera le chaos. Reste le Prozac. Ou l’engagement.

5 août. Incommunicabilité. « Dans un entretien au Parisien du dimanche 3 août, Julien Dray, porte-parole du PS, appelle Bertrand Delanoë, François hollande et Ségolène Royal à « travailler ensemble » dans la perspective du congrès de Reims et souhaite que ce « contrat de direction » soit élargi à Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, la gauche du PS. » Information tellement habituelle lorsqu’il s’agit du PS qu’on n’y prend garde. Pourtant, à la réflexion, même pas : avec un peu de bon sens, on serait en droit de se demander pourquoi le porte-parole du PS se sent obligé d’interpeller cette brochette socialiste par le canal du Parisien. Problème d’agendas respectifs ? Pas de salle de réunion rue Solferino ? « On ne peut pas ne pas communiquer », disait-on dans les années 70 à Palo Alto. Le PS démontre l’inverse : on peut ne pas communiquer.

5 août encore. Violence. « L’UMP accuse les collectifs de défense des sans-papiers d’incitation à la violence. » Mais quelle est la première violence ? Peut-être celle d’être sans-papiers ?

6 août. Microcrédit et kalashnikov. On apprend qu’un grand procès – « Angolagate » – aura lieu à la rentrée sur fond de trafic d’armes, d’argent blanchi, de pots de vin… Aux côtés de Pierre Falcone et d’Arcadi Gayadamak vont défiler des prévenus tels que Charles Pasqua (qu’on ne présente plus, ce n’est pas une casserole qu’il traîne mais une cuisine intégrée), Jean-Charles Marchiani (le préfet ex-tôlard), Jean-Christophe Mitterrand (le rejeton), Paul-Loup Sulitzer (l’écrivain-manager de nègres), Jacques Attali… Ce dernier s’était vu confier une mission sur le microcrédit en Angola payée 200 000 dollars par… Pierre Falcone, trafiquant d’armes. Qu’attend l’ANDML pour se faire financer son étude actuelle sur le microcrédit ? On se le demande.

6 août encore. Enfants boomerang. Une étude sur les jeunes « incasables », dirigée par Jean-Yves Barreyre (CEDIAS), vient d’être remise à l’Observatoire nationale de l’enfance en danger. Quelques milliers de mineurs seraient concernés dans l’Hexagone, les services sociaux se les renvoyant, « ce que les chercheurs résument à travers l’image de l’« enfant boomerang » ou de la « patate chaude ». »

7 août. Jupes. L’association HeJ (Hommes en Jupe) s’inspire du combat mené par les femmes pour porter le pantalon et se mobilise pour que les hommes puissent porter des jupes sans être victimes de préjugés. Les femmes qui inspirent les hommes, c’est dans la logique des choses et, de toute façon, ça ne fait de mal à personne.

9 août. Socialiser les pertes. « Pour l’économie, la crise est un tsunami qui approche. » L’ex-mitterandôlatre Jacques Attali, auteur d’un rapport remis à Nicolas Sarkosy pour « libérer la croissance française » (1), dans lequel il était entre autres préconisé d’enseigner l’économie dès les premières années d’école, estime que « le système financier s’en tirera en reportant sur d’autres le solde de ses erreurs. » Quels autres ? Les contribuables. La chanson est une rengaine, l’histoire repasse les plats : privatisation des bénéfices, socialisation des pertes. A-t-on besoin d’Attali pour le pronostiquer ?

9 août encore. Économie, écologie et prince Charles. Selon l’Institut de recherches britannique Chathom House, le monde connaîtra une crise de l’offre pétrolière dans les cinq à dix ans à venir et le prix du baril pourrait monter jusqu’à 200 dollars. C’est donc bien « le temps de l’économie durable qui est arrivé » selon Corinne Lepage dans un article de la rubrique « Débats ». « En réalité, ce à quoi la récession nous appelle est une révolution des valeurs. L’effacement de l’avenir dans nos sociétés qui se traduit notamment par une hyper-matérialité, une valorisation extrême du court terme, voire de l’immédiat, est la cause de nos maux. Nous n’avons plus le choix d’un changement de paradigme.  L’économie durable est le seul remède qui permettra à la planète à la fois de répondre aux limites physiques que rencontre la croissance et à la nécessité de permettre un développement harmonieux et plus solidaire de nos générations. » Rien à redire. Ah, si, juste une réflexion. Il y a vingt ou trente ans, celles et ceux qui parlaient d’énergies renouvelables, de décroissance, d’écologie, étaient raillés par les mêmes qui, aujourd’hui, affirment cette conviction comme s’ils l’avaient eu en onction au berceau. Autre chose, les Verts vont probablement se rallier à Daniel Cohn-Bendit pour les élections européennes de mars 2009. Dany – qu’Évariste (de son vrai nom Joël Sternheimer, physicien) chantait dans les années 70 – monte une liste de rassemblement écologiste allant des Verts à Nicolas Hulot, de José Bové à… Corinne Lepage. Proposition à Dany : encore plus ouvrir en s’associant « le prince Charles qui dénonce les OGM, la pire catastrophe écologique à venir » (Le Monde, 15 août).

10 et 11 août. Bouddhisme. Incroyable, le bouddhisme tibétain est la quatrième religion en France ! Je ne l’imaginais pas. A vrai dire, j’aurais été incapable de dire quelle était cette quatrième religion qui dispose de cinq millions de sympathisants et de six cent milles pratiquants… pour l’essentiel d’origine asiatique. Ouf…

10 et 11 août encore. Technocrates parisiens. Un avant-projet de loi du ministère de la culture visant à « dessiner un cadre juridique précis aux pratiques des amateurs » suscite de l’émoi dans les chaumières {penty} bretonnes. « La Bretagne compte le plus grand nombre d’artistes amateurs de tout l’Hexagone, 40 000 répartis entre les cercles de danse {kevrenn}, les ensembles musicaux {bagadou}, les chorales ou les comités des fêtes. » La quasi-totalité de ces danseurs et musiciens est bénévole. Les contraindre à devenir salariés, c’est, partant d’un bon sentiment (lutter contre le travail au noir), produire un effet pervers et une double peine : tuer le bénévolat et la culture. « C’est une idée de technocrates parisiens ». A leur décharge, peu d’entre eux sont venus en Bretagne cet été, c’est en tout cas le constat dépité des hôteliers, des restaurateurs et des offices du tourisme. De l’effet de l’héliotropisme.

12 août. SDF, tôlard. Aurélien, 30 ans, SDF, est tombé accidentellement dans le canal Saint Martin (Paris, Xè) et est mort noyé. Un collectif de trente-cinq associations, Les morts de la rue, a recensé 12 000 décès dans les rues françaises depuis 2002, 90 à Paris depuis janvier 2008. Les SDF meurent en moyenne à 48 ans (l’espérance de vie en France est de 80 ans). Ce même jour, un jeune détenu de 21 ans s’est suicidé par pendaison à Fleury-Mérogis. Il était en prison depuis avril pour « destruction de biens par substance incendiaire ». L’un et l’autre ignoraient probablement que d’autres moyens de se loger existent à Paris : « Trois nouveaux hôtels de luxe sont en construction à Paris » et la suite impériale du Ritz est accessible moyennant 12 000 euros la nuit (Le Monde, 16 août). Le SDF et le tôlard n’étaient sans doute pas informés.

12 août encore. Travailler plus. Le Conseil Constitutionnel a validé la loi portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail. Concrètement, sur la base d’un accord collectif, les entreprises ont dorénavant la possibilité d’augmenter les horaires de travail. Le partage du travail n’a pas bonne presse. Désormais ceux qui ont du travail doivent travailler plus. Les autres ? On verra.

12 août enfin. Précariat. Toujours du côté du travail, « Le Japon s’inquiète de l’augmentation du travail précaire. » Kazuya Ogura, chercheur de l’Institut japonais pour la politique du travail et de la formation – on imagine l’équivalent de notre Centre d’études de l’emploi – observe que « le salaire horaire d’un travailleur non régulier équivaut à 60 % de celui d’un salarié en CDI » et « regrette que les entreprises privilégient la rémunération des gestionnaires par rapport à celle de leur personnel. » De l’Occident à l’Orient, le soleil ne se couche jamais sur le précariat. C’est la globalisation.

13 août. Plan Espoir Banlieue. Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Le revenu moyen par habitant n’a cessé d’y diminuer depuis 1990 et la ville a été durement touchée par les émeutes de 2005. Depuis, plusieurs épisodes de violences urbaines. L’Inspection académique y supprime dix classes. Mais le Plan Espoir Banlieue promet le développement des écoles de la seconde chance. « Si on supprime des moyens à l’école aujourd’hui, on prépare une nouvelle génération de jeunes sans qualifications. Et donc une nouvelle génération de plans banlieues dans dix ou vint ans, qui coûteront beaucoup plus cher que les postes supprimés aujourd’hui ! » proteste le maire Georges Ségura. Moins au système de formation initiale, plus aux dispositifs de rattrapage, c’est une conception originale : le curatif plutôt que le préventif. Éponger l’aval plutôt que tarir l’amont : le syndrome Shadok ou du Tonneau des Danaïdes. Au choix.

14 août. Biodiversité et récession. « Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes sont en péril » estime une étude américaine de l’Université de Stanford qui ajoute que l’avenir de la biodiversité se jouera au cours du siècle. Donc, après les prochaines élections. D’ici là, on ne bouge pas. Le Japon, lui aussi, est menacé de récession. Il n’y a pas que nous : le malheur des uns…

15 août. Russe. A la Une, « La menace de récession en Europe se précise ». Le PIB français a reculé de 0,3 % au deuxième trimestre. C’est ennuyeux pour le candidat du pouvoir d’achat que d’être « le dos au mur et les poches vides ». Juste en dessous, en première page, « Une montagne russe d’euros pour une villa de la Côte d’Azur » avec explications en page 3. Un oligarque russe (« playboy à la réputation sulfureuse ») vient d’acquérir pour 300 ou 500 millions d’euros – on ne sait pas exactement, des broutilles – la villa Léopolda à Villefranche-sur-Mer. Soit 300 années de budget annuel pour trois structures que je conseille dans une perspective de mission locale départementale. Cette mission locale et ces deux PAIO accompagnent annuellement 3 200 jeunes. La villa vaut donc grosso modo l’accompagnement durant une année d’un million de jeunes. Projection assez juste : en 2006, les 500 structures du réseau ont reçu 469,9 millions d’euros de subventions et ont accompagné 1,2 millions de jeunes (Bilan d’activité 2006 des missions locales et PAIO, CNML, DARES). Mieux vaut être russe, riche et sulfureux que jeune, pauvre et honnête.

15 août encore. Allemand alarmiste. Belle contribution dans la rubrique « Débats » d’Harald Welzer, « La démocratie occidentale, un avenir incertain ». Extraits : « La dégringolade sociale qui, dans le pays du miracle économique, n’était autrefois le lot que de quelques laissés pour compte devient une possibilité que tout le monde peut redouter. {…} Que va-t-il se passer si les petits salaires ne peuvent plus payer leur chauffage ? Et qu’espérer si même la fiction de solidarité sociale ne peut être maintenue parce qu’il est désormais clair que la génération sortante et celle qui a précédé ont vécu sans le moindre scrupule aux frais de celle qui va encore à l’école aujourd’hui ? » Harald Welzer est sociologue à Essen, en Allemagne. Ah, un Allemand ! ça ne nous concerne pas.

16 août. Amoureux. Du Maroc, il est plus facile de venir en France lorsqu’on est une orange que lorsqu’on est un humain. Un collectif Amoureux au ban public lutte pour le droit d’aimer la personne de son choix qui, phénomène extraordinaire, peut ne pas être française. Patrick Braouezec a interrogé en juillet le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du (?) développement solidaire : « Des milliers de couples franco-étrangers sont aujourd’hui privés du droit de mener une vie familiale normale en raison du durcissement constant des lois sur l’immigration et des pratiques administratives. Difficultés pour se marier, mariages célébrés à l’étranger non reconnus et refus de visas d’entrée en France provoquant des séparations forcées, multiplication des obstacles pour l’obtention d’un titre de séjour entraînant des situations de précarité et de clandestinité, familles déchirées par des mesures d’expulsion, intrusion dans l’intimité des couples par des enquêtes de police abusives sont quelques-unes des injustices vécues. » (JO du 15/07/2008 page : 6070).  On peut signer en ligne l’appel soutenu par la Cimade, Emmaus, la FASTI, le GISTI, la Ligue des Droits de l’Homme, le MRAP, RESF, SOS Racisme, le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature… (http://amoureuxauban.net/).

18 août. Surdité. Une nouvelle rubrique estivale, « Rétrolecture », zoome sur un ouvrage ayant connu un succès particulier et/ou ayant eu une influence forte sur la vie des idées. Ce jour, Le Principe responsabilité : une éthique pour la civilisation technologique de Hans Jonas (Flammarion, 1991), philosophe (entre autres) de « l’agir communicationnel » dont les règles devraient être connues de tous les acteurs qui oeuvrent en partenariat. Extraits : « Il s’agit d’infléchir la trajectoire sur laquelle la révolution industrielle a placé l’humanité. Ce ne sera pas facile, Jonas ne le cachait pas, parlant de « l’époque d’exigences et de renoncements âpres qui nous attend », évoquant un « esprit de frugalité étranger à la société capitaliste » et, compte tenu de l’inégalité planétaire, invitant les pays riches à « renoncer à la prospérité au bénéfice d’autres parties du monde. » Le Monde poursuit par cette délicate euphémisation : « Il n’est pas sûr que cette partie du message de Jonas soit passée dans la conscience commune. » Il n’est pire sourd…

 Mission accomplie…

Voilà, terme de ce « résumé » absolument partiel et partial d’un mois d’actualité à partir de la lucarne du Monde. On a évité les Jeux Olympiques, les déchirements au sein de Charlie-Hebdo, l’Ours russe en Géorgie et l’histoire qui se répète (1956, Budapest, 1968, Prague, Tbilissi, 2008…), le décès de Soljenitsyne, « une vie d’infortune, un destin exceptionnel » (Le Monde, 5 août), l’échec commercial du disque de Carla Bruni-Sarkozy… A l’occasion cependant, je reviendrai sur cette très-très heureuse initiative, la rubrique quotidienne « Rétrolecture » qui a révisé des ouvrages que tous nous avons connus, souvent lus, toujours « entendus causer » en se disant « il faudra un jour que je m’y mette », de L’homme unidimensionnel de Marcuse {1968} à La fin des paysans de Mendras {1967} en passant par Mythologies de Barthes {1957}, Tristes Tropiques de Levi-Strauss {1955}, Les Héritiers de Bourdieu {1964}… Rien que du très bon.

Pour les mauvais citoyens et réfractaires qui font durer les vacances en dépit du slogan « Travailler plus… », plutôt que de replonger dans ces ouvrages fondamentaux mais souvent austères, je recommande les vidéos de la série de l’ascenseur social sur Daily Motion, particulièrement les vidéos n°2, « Le cours », et n°4, « Les J.O. Du précaire » avec, en guise de médaille… un CDI dans la fonction publique (http://dailymotion.com/darkelevator/). « L’humour est une révolte de l’esprit », écrivait André Breton.

  (1) Sur ce blog, « Attalilang ou le désespoir de Jaurès », 12 février 2008.

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