Trêve des maillots de bain…

Publié: juillet 14, 2008 dans Inclassable

Interlude…

L’été est là, ça n’est pas une nouvelle. L’été, c’est plus souvent le sudoku sur la plage, le magazine feuilleté distraitement – d’autant plus qu’il est, hélas, trop tard pour « maigrir en quatre jours » – , le roman dans lequel on pique du nez au moment de la sieste… bref ce qui permet d’accompagner l’émollience estivale sans trop de tracasseries avec le plaisant postulat philosophique que « demain sera un autre jour ».

Jusqu’à présent, la fréquentation de ce blog témoigne d’une relative régularité du lectorat, entre 200 et 300 visites par jour, avec des pointes au-delà 500. Cependant, prudence étant mère de la porcelaine, il vaut mieux anticiper : l’ordinateur supporte assez mal les grains de sable et il faut s’attendre à un relâchement. Le repos des synapses à défaut d’être celui du guerrier auprès de La belle du seigneur (Albert Cohen). C’est pourquoi, sauf « accident » (désir compulsif d’écriture, événement justifiant de se jeter corps et âme, doigts et cerveau sur le clavier), ce blog prend ses quartiers d’été. Ce sera l’occasion, côté rédaction, de faire le plein des lectures (moins cher que celui d’essence) qui nourriront ces chroniques dès la rentrée.

Lire, écrire… et communiquer…

Il faut dire que l’autodiscipline d’un article par jour est exigeante, parfois épuisante. Celle-ci recouvre trois temps successifs :

– Trouver et sélectionner l’information… ce qui n’est pas le plus difficile compte-tenu de la qualité de blogs tels que Docinsert, Emploi et Création, etc. Pour les conduites addictives de l’information, il est toujours possible de les satisfaire en s’y inscrivant.

– Lire et analyser l’information… ce qui peut être long, certains rapports étant copieux… et les rapports étant pléthore : il s’agit aussi d’éviter des traitements cloisonnés et, tout au contraire, il faut les relier, trier l’essentiel-bon grain et le marginal-ivraie, mettre à jour les invariants qui permettent de comprendre les mouvements de fond et de souffler sur l’écume des mots pour la disperser.

– Rédiger… ce qui, selon l’entrain, l’humeur ou l’inspiration, est parfois court ou parfois long, a fortiori lorsque l’ambition n’est pas exclusivement d’informer (beaucoup de sites font cela excellemment) mais de proposer une lecture décalée, sans doute partiale mais publique, donc sujette à critique et contributive du débat citoyen, guère éloignée de « l’agir communicationnel » d’Habermas, une discussion libre et équilibrée entre citoyens qui contre la logique positiviste dominatrice. Un travail délibératif du social en opposition au réductionnisme économique.

On pourrait ajouter un quatrième temps, celui de la mise en forme sur le blog… d’autant plus que votre serviteur, pour reprendre le vocabulaire de Mac Luhan, est un enfant de la Galaxie Gutenberg (l’écrit) et que la Galaxie Marconi (les signaux électroniques) recèle encore pour lui bien des mystères (« flux RSS », etc.).

Amitié celte…

Désormais, je comprends mieux un vieil ami breton d’Esquibien (Finistère, le plus beau département), Bernard Thomas, ex-rédacteur en chef du Canard enchaîné, toujours vaillant dans l’hebdomadaire – à la rubrique « Théâtre » – et bon pied – bon oeil à l’émission Le Masque et la Plume. Des années durant et deux jours avant la remise de son éditorial – succédant à Morvan Lebesque – Bernard souffrait, jusque dans son corps : « qu’écrire ? », sachant que la sanction de chaque écrit approximatif éradique en un jour les louanges, rarement exprimées, pour tous les éditoriaux hebdomadaires réussis. Toute proportion gardée, c’est un peu ce que j’ai vécu ces derniers mois. Pas de regret cependant ! L’écriture est un lien avec beaucoup d’inconnus (pas tous cependant) qui, au hasard de leurs réactions et commentaires, ne le sont plus. S’il est un thème essentiel aujourd’hui et pour demain – sur le même registre que l’objet que l’on emporterait avec soi sur une île déserte – c’est bien celui de la reliance : relier ce qui est épars, opposer la transversalité à la pensée disjonctive, être un tour operator de la migration des concepts, faire fonctionner ensemble ses deux hémisphères.

En sommeil pour se réveiller…

Tout cela pour dire que ce blog entre dans sa phase de sommeil récupérateur, avec peut-être deux-trois insomnies scripturales, et qu’il se réveillera tout début septembre, disons vers le 10, après avoir passé quelques jours avec mes amis piou-piou réunionnais de la mission locale sud (travail et sociabilité). Nous tenterons, si vous le voulez bien, une expérimentation : une ou deux journées par semaine seront réservées à vos contributions. Vous préparez puis m’envoyez votre contribution et je la publie. Chiche ? Je participe, tu participes, il participe… nous (en) profitons ! (2)

Recharger les batteries…

De mon côté, je vais baguenauder du côté des chansons et de la poésie, réécouter Changing of the guards (1),  lire – enfin ! – Atelier 62 de Martine Sonnet (3) rangé dans la bibliothèque depuis deux mois sans encore avoir été ouvert, préparer la rentrée – chargée et passionnante avec la révision et l’opérationnalisation du référentiel des missions de service public des missions locales pour le CNML, la recherche-action sur le micro-crédit personnel avec l’ANDML, etc.

En attendant, bonnes vacances !

 

(1) « Gentlemen, he said,
 I don’t need your organization, I’ve shined your shoes. I’ve moved your mountains and marked your cards
. But Eden is burning, either get ready for elimination
. Or else your hearts must have the courage for the changing of the guards. », Bob Dylan, 1978.

(2) Tout-à-fait concrètement, si vous avez envie d’exprimer une analyse, de la publier et de la partager, vous pouvez d’ores et déjà m’adresser votre texte à labbe.geste@wanadoo.fr

(3) 2008, éditions Le temps qu’il fait.

 

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commentaires
  1. Le concombre dit :

    je sens déjà sur mon estomac délicat
    la note de la DARES qui ne passe pas

    bonne(s) vacance(s)

  2. Notre relation ne développant pour l’instant que des liens affectivo-professionnels, j’ai donc été gentiment laissé à la porte du secret des dieux concernant la date de la fin de cette mise en jachère de vos synapses qui nous sont si chers. Cette situation reste préjudiciable à la suite du contenu de ma déclaration, car je ne pourrais point en guise chute coucher sur les touches de mon clavier si je dois vous souhaiter : une continuations fertiles de vos sudokus avec vérification du témoin de charge de vos batteries, ou une terminaison joyeuses de cette période ou même un noir corbeau à des allures de merle moqueur et de gai rossignol.
    Reste alors pour moi, en attendant le réveil de Labbé’s blog programmé pour « le tout début septembre, disons vers le 10 », -(l’inflation va même se loger dans les notions calendaire)- la reprise dudit blog, et même avec pour nous une longueur d’avance sur la métropole (A vérifier s’il ne s’agit pas d’un pléonasme)- avec une présence physique, cognitive et pluridimensionnelle, de l’esthète breton sur nos cotes et nos pitons, de décliner la mer de bols d’air apportée par les mots de ce blog et qui sont pour le tirailleur Scène&Galet (traduction insulaire des piou-piou breton), que je suis de véritable sources de jouvences professionnelles et culturelles.
    Stop aux lamentations, des murs ont été conçus pour, et pour rester dans le BTP de mai, avec les murs ont la parole : sous le labbé, la classe !

    Reviens nous vite pour nos plaisirs et les tiens.

    Amitiés certes,
    mais de la Petite-Île.

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