Contrat d’autonomie : c’est (presque) parti…

Publié: juillet 9, 2008 dans Insertion/missions locales

Selon Les Échos (1) et transmis par le réactif docinsert.over-blog.com/ « Les secrétaires d’Etat Laurent Wauquiez (Emploi) et Fadela Amara (Ville) lanceront jeudi les premiers « contrats d’autonomie » pour des jeunes des quartiers défavorisés, dans un cabinet privé de ressources humaines sélectionné par l’Etat à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Ce « contrat d’autonomie » entend remédier au taux de chômage élevé des 18-25 ans dans ces quartiers (près de 40%). Il devrait être proposé chaque année à 15.000 jeunes, pour un coût attendu de 250 millions d’euros sur 3 ans.

Selon une source proche du dossier, l’appel d’offres a pris du retard dans d’autres départements parce que les opérateurs privés ont demandé un tarif « assez élevé » {en tout cas, nettement supérieur à celui des quelques missions locales qui se sont positionnées…}. Les opérateurs, comme les agences d’intérim, estiment prendre un risque car ils seront payés au résultat { « opérateurs privés de placement = efficacité » ne serait donc qu’un postulat ?} et doivent mobiliser leur trésorerie pour avancer le pécule mensuel de 300 euros versé au jeune pendant six mois.

L’opérateur touchera au départ 25% de la somme due par l’Etat, puis 40% si le jeune décroche un CDD de plus de six mois ou un CDI, le reste s’il se stabilise. Pour s’assurer que les opérateurs viennent bien en aide aux jeunes qui en ont le plus besoin, l’Etat a ciblé des quartiers très défavorisés.

Amertume des missions locales

Le choix du privé n’est pas sans susciter de l’amertume au sein des 480 Missions locales, le service public déjà chargé d’aider au quotidien un million de 16-25 ans, avec un budget annuel limité à 253 millions d’euros. Certaines {97 %} missions ont en effet renoncé à participer au contrat d’autonomie faute de présenter la taille critique {surtout pour d’autres motifs, dont l’attachement à la mission de service public}. Ainsi, pour Christine Beguinot, directrice d’une mission à Reims : « Il n’y a pas de conflit, mais la démarche est différente. Je ne sais pas s’ils ont des performances supérieures, mais nous nous avons d’office déjà beaucoup de jeunes dont il faut s’occuper ».

En juin, l’Association nationale des directeurs de missions locales (ANDML) avait critiqué ce recours au privé, la CGT y voyant, elle, une « amorce de privatisation de l’accompagnement global des jeunes ». Le contrat d’autonomie serait a priori plus cher que le « contrat d’insertion dans la vie sociale » (Civis) lancé par Jean-Louis Borloo en 2005 et mis en oeuvre par les missions locales. Le Civis {165 millions d’euros en 2008} coûte à l’Etat environ 4.500 euros par jeune aidé.

Le ministère souligne qu’il ne touche pas au budget des missions locales et qu’il n’y a pas de concurrence puisque le Civis porte sur 100.000 jeunes par an. »

Pas de concurrence ? il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre.

 (1) http://www.lesechos.fr/info/france/300279207.htm?xtor=RSS-2094

 

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