Conférence de presse de l’UNML : avis de gros temps…

Publié: mai 23, 2008 dans Insertion/missions locales, Politiques d'emploi

L’AEF rapporte dans une dépêche datée du 22 mai 2008 la conférence de presse tenue la veille par Jean-Raymond Lépinay, président de l’UNML, portant sur le contrat d’autonomie, la réforme du SPE et la création du Réseau Insertion Jeunes.

Contrat d’autonomie et Plan Espoir Banlieues…

 Le gouvernement, en choisissant la procédure de l’appel d’offres pour la mise en oeuvre du contrat d’autonomie « s’assoit sur vingt ans d’expérience des missions locales ». Cet appel d’offres « ouvert au secteur marchand, en lieu et place d’une sollicitation du réseau des missions locales et sans concertation avec ses partenaires dans la démarche globale d’insertion des jeunes (conseils régionaux, conseils généraux, commune ou établissement public de coopération intercommunale) » est « une décision d’autant plus surprenante que le contrat d’autonomie relève pleinement du champ de compétences des missions locales. »

« Nous sommes dans l’incompréhension la plus totale, d’autant plus que le Plan Espoir banlieues laisse entendre que les missions locales ne connaissent pas les jeunes des zones concernées », a poursuivi Jean-Raymond Lépinay, soulignant que « près de 180 000 jeunes de moins de 26 ans habitants en ZUS ont été reçus en entretien individuel par le réseau en 2006 (constitué de 3 950 points d’accueil sur tout le territoire), alors qu’il est prévu de proposer un contrat d’autonomie à 45 000 jeunes sur trois ans. Parmi les jeunes reçus par les missions locales, un quart, soit plus de 43 000, ont trouvé au moins un emploi, 12 500 ont bénéficié d’un emploi aidé ou d’un emploi en alternance et 41 000 ont commencé au moins une formation. »

Les missions locales sont « les structures les plus expérimentées et les mieux adaptées » pour mener à bien l’objectif affiché dans le Plan. « Pour ces jeunes éloignés de l’emploi et de la formation, l’accès au marché du travail passe par un accompagnement global dans une démarche d’insertion tant sociale (santé, logement…) que professionnelle. Et il s’agit bien là du coeur d’activités des missions locales. » D’après le président de l’UNML, ce qui se prépare, ou a d’ores et déjà cours dans certains endroits, c’est le « débauchage » des personnels des missions locales par les structures privées qui se positionnent sur le contrat d’autonomie, et « pourquoi pas à terme le rachat des missions locales par ces mêmes structures? »

Par ailleurs, l’UNML redoute une concurrence entre le Civis et le contrat d’autonomie, « qui s’adressent au même public mais dont les modalités de mise en oeuvre n’ont pas été coordonnées » d’autant plus que le bénéficiaire d’un contrat d’autonomie pourra toucher jusqu’à 1 800 euros en six mois alors que les bénéficiaires d’un Civis ne toucheront « pas plus » de 900 euros sur un an et « seulement » pendant les périodes interstitielles, c’est-à-dire durant lesquelles ils ne perçoivent ni rémunération au titre d’un emploi ou d’un stage, ni aucune autre allocation. « Le risque est donc réel que le Civis attire moins les jeunes, alors même que ce dispositif a déjà permis d’accompagner 105 175 jeunes vers un emploi durable. »

 L’autre « danger » relevé par l’UNML est « le risque de déscolarisation des jeunes », qui pourraient préférer s’inscrire dans un dispositif lucratif que de poursuivre leurs études. « C’est la première fois qu’une bourse d’un tel montant est proposée à des mineurs ». En outre, il existe dans le cas d’un Civis une période de latence d’un an entre la sortie des études et l’entrée dans le dispositif, que sont tenues de respecter les missions locales, alors qu’un jeune pourra bénéficier sans délai d’un contrat d’autonomie. L’UNML redoute que les missions locales ne « récupèrent » en bout de course tous les jeunes mal orientés, qui abandonneraient le contrat d’autonomie faute d’un accompagnement suffisant.

De plus, « Pourquoi lancer un dispositif beaucoup plus coûteux pour l’État que le Civis ? », s’interroge l’UNML. « Le coût actuel d’un jeune placé par une mission locale est de 550 euros, contre 5 555 euros par jeune dans le cadre du contrat d’autonomie, bourse comprise ».

 Enfin, les missions locales viennent de signer avec l’État des CPO qui conditionnent l’attribution des financements de l’État à l’atteinte d’un certain nombre d’objectifs. « L’accompagnement à l’emploi des jeunes issus des ZUS est un de ces objectifs. » L’État tiendra-t-il compte de la concurrence qui risque de se créer entre les deux dispositifs, au moment d’étudier les résultats des missions locales sur ce critère à la fin de l’année 2008? « Si ce n’était pas le cas, il est à craindre que le nombre de missions locales se voient amputées d’une partie de leur financement en 2009 ».

 

Réforme du SPE…

 Fin 2008, l’accord de co-traitance qui lie les missions locales à l’ANPE prendra fin. Pour l’heure, l’UNML n’a « pas d’information sur la suite » et sur son fonctionnement avec le nouvel opérateur issu de la fusion ANPE/Assédic.

Pour l’Union, la réforme de SPE engagée par le gouvernement doit « maintenir et même afficher l’entrée par publics spécifiques, notamment pour les jeunes ». Les réponses à apporter à un demandeur d’emploi « sont différentes suivant qu’il ait 25 ans ou 55 ans, qu’il bénéficie d’une expérience professionnelle ou non, qu’il soit diplômé de l’enseignement supérieur ou sans qualification, porteur d’un handicap ou cadre expérimenté, etc. » Notons que cette analyse rejoint la nécessité d’une politique dédiée, comme l’indique le rapport du Grenelle de l’insertion (sur ce blog : « Une nouvelle stratégie pour l’insertion, 22 mai)

Pour l’UNML, « l’accueil du public ne peut être assuré que par le nouveau SPE et par ses co-traitants qui gèrent des publics spécifiques (missions locales pour les jeunes de 16 à 25 ans, Cap Emploi pour les personnes handicapées, l’Apec pour les cadres) ». Pour le moment, « cette coordination marche ». Pour l’UNML, le souhait émis par Jean-Paul Anciaux, président de la Commission nationale de labellisation des maisons de l’emploi, et Marie-Christine Dalloz, présidente de la mission d’information parlementaire relative aux maisons de l’emploi, de regrouper les missions locales au sein des maisons de l’emploi résulte d’un « fantasme récurrent », celui du « guichet unique ». « On ferait marche arrière » en retenant cette solution, insistant sur l’accompagnement global qu’assurent les missions locales auprès des jeunes.

 

Un Réseau Insertion Jeunes…

 Enfin l’UNML et trois de ses partenaires « spécialisés dans l’accompagnement des jeunes », l’ANDML (Association nationale des directeurs de missions locales), l’UNCLLAJ (Union nationale des comités locaux pour le logement autonome des jeunes) et l’Afij (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés), viennent de s’accorder sur la constitution d’un réseau commun : le RIJ (Réseau insertion jeunes), qui sera chargé de communiquer sur leurs actions communes et de servir d’interface avec les pouvoirs publics. Le RIJ sera présenté officiellement en juin prochain.

 

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