Rapport de l’Observatoire national de la Pauvreté et de l’Exclusion sociale

Publié: mai 13, 2008 dans Au gré des lectures

L’Observatoire national de la Pauvreté et de l’Exclusion sociale vient de publier à la Documentation Française son rapport 2007-2008. Ce document – téléchargeable (http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/084000261/0000.pdf) et copieux : plus de 200 pages – est structuré en trois chapitres : « Mesures de la pauvreté et de l’exclusion sociale », « Des états aux trajectoires » et « Droit et pauvreté ». Selon la formule usuelle, c’est une mine d’informations dont le moindre des intérêts n’est certainement pas le souci de clarification méthodologique et conceptuelle.

Le chapitre consacré aux trajectoires, particulièrement, est riche de typologies (« pauvreté transitoire / pauvreté récurrente / pauvreté persistante », typologie du Céreq concernant les jeunes peu qualifiés : trajectoires « sans anicroche », « à stabilisation retardée », « d’entrées-sorties », « avec très peu d’emploi » et « emploi précaire long »…).

Concernant les informations, notons au passage « l’augmentation du taux de demandeurs d’emploi non indemnisés qui augmente dans un contexte de baisse des demandeurs d’emploi », cette même baisse s’accompagnant d’un développement de la pauvreté en emploi, un total de 7,1 millions de personnes pauvres (60% de la médiane des niveaux de vie, 817 €) : si « Occuper un emploi continue de protéger contre la pauvreté », « l’emploi est de moins en moins protecteur » et ainsi s’impose le thème des travailleurs pauvres qui ne permet plus – si tenté que cela l’a été un jour – d’appréhender l’emploi de façon dichotomique « actifs occupés/actifs inoccupés ».

La communauté professionnelle des missions locales trouvera dans ce rapport des informations spécifiques pour les jeunes (pp. 71-72, 115-121).

On regrettera simplement que, cette année et contrairement au rapport précédent, les territoires ultramarins ne soient pas étudiés dans les pages consacrées aux disparités territoriales en matière de pauvreté (pp. 76-80, hormis les allocataires des minima sociaux). Tant le sujet, la pauvreté, que l’instance, L’Observatoire national de la Pauvreté et de l’Exclusion sociale, n’inspirent en principe que peu de réjouissance. Mais que l’on se rassure, on trouvera page 48 une nouvelle rassurante… pour certains : « Les inégalités ont fortement augmenté entre les très hauts revenus et le reste de la population. Le dernier centile correspond aux personnes dont le revenu moyen en 2005 était supérieur à 201 423 €, qui ont enregistré une augmentation de 19,4% de leur revenu en sept ans. Cette évolution est encore plus nette Šouf !‹ lorsqu’on considère le revenu réel des 0,01% de foyers les plus riches : entre 1998 et 2005, il a augmenté de 42,6% contre une augmentation de 4,6% pour les 90% de foyers les moins riches. »


Réel ? A vérifier : cf. les compléments de retraite invisibles puisque versés en liquide aux ex-dignitaires nécessiteux du CNPF-Medef (lire ici « Maximum vieillesse et bateau ivre »).

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