Tout azimut

octobre 7, 2009

Droit du sol…

Un commentaire de Michel sur « du bruit dans Landerneau ». Je ne suis pas d’accord avec lui, le lui ai indiqué, mais le débat démocratique (sans guère d’incidence majeure) exige sa publicité : « L’explication de l’origine de « Faire du bruit dans Landerneau » ne me semble pas exacte. L’expression viendrait de la pratique locale de faire un chahut bruyant sous les fenêtres des veuves qui se remariaient. » A son actif, Michel est finistérien. Moi aussi. Ca ne va pas être simple de créditer l’un ou l’autre à partir de l’argument du droit du sol. Evadé ou veuve ? That’s the question… Essentielle.

Cohérence (cherchez la)…

Toujours Michel qui me signale un article sur son blog traitant toujours du même sujet que la troisième partie de l’article « Expérimentations Hirsch… » : « Et sur le fond, on peut lire « Non à une société d’assistance, oui à une prime pour fréquenter le lycée. Cherchez la cohérence. » C’est sur http://blog.educpros.fr/michelabherve/ Allez-y voir. Comme d’habitude, c’est bien argumenté, bien charpenté. C’est Michel.

Sourire…

Bertrand, un ami lorrain, me signale un lien qui n’épuisera personne mais fera sourire beaucoup. On est toujours sur cette histoire de prime aux élèves assidus : http://www.hector-bd.com/index.php?tag/Dessin%20presse

Vivre, agir ensemble…

Reçu d’ADELS, dont je suis adhérent, un message annonçant la publication d’un ouvrage de Philippe Verdier, urbaniste et sociologue, Le projet urbain participatif. Apprendre à faire la ville avec ses habitants. Ce doit être la quatrième de couverture, je la reproduis comme telle :  « Élus locaux, militants associatifs, urbanistes, sociologues et intervenants sociaux, architectes, paysagistes, aménageurs et habitants… Tous, nous pensons être les maillons essentiels pour construire la ville, la comprendre, la faire vivre, l’embellir, la dessiner… Tous, nous avons un jour partagé l’intuition que l’amélioration de notre cadre de vie pouvait être le point de départ d’un mieux être, collectif comme individuel.

Les uns et les autres, nous éprouvons cruellement la difficulté d’une telle ambition : nos efforts se heurtent à l’incompréhension du grand public, à la frilosité de quelques élus ou à la persistance de problèmes sociaux lourds, trop lourds. Et pourtant, la ville, notre ville ne se fera pas sans nous !

Pédagogique et accessible tout en faisant découvrir la complexité des faits et des enjeux, cet ouvrage propose à tous ceux qui s’intéressent à la préparation des projets urbains une double initiation, sociale et spatiale, et une boîte à outils complète pour comprendre ce qu’est la ville et la notion très actuelle de projet urbain. Pas à pas, il nous emmène dans la complexité de la construction d’un îlot, d’un quartier, d’une Cité, sans jamais perdre le lecteur en chemin.

Au fil des pages et des étapes illustrées d’un projet urbain partagé, c’est aussi un point de vue critique qui apparaît sur les conditions de production de la ville, et l’ambition de refuser les facilités des recettes d’imageries urbaines marchandisées au profit d’une démarche de projet à la fois exigeante et proche des gens.

Rarement urbanisme et sociologie se sont complétés avec autant de sens, dessinant au final une philosophie pratique d’action pour la ville, avec ses habitants, présents et à venir. »

Dont acte. De toute façon, publié par l’ADELS (qui publie aussi l’excellente revue Territoires), ça ne peut être a priori que bon. On peut commander l’ouvrage en cliquant sur http://www.boutique-adels.org

C’est dit.


Jeune diplômé cherche emploi. Et commentaires « PLF 2010 »

octobre 4, 2009

G vain…

S’appuyant sur une enquête de l’APEC, Le Monde de samedi 3 octobre titre « Une rentrée difficile pour les jeunes diplômés ». Cette enquête a été réalisée entre avril et mai 2009 auprès de jeunes de niveau bac + 4, ce qui signifie que ne sont pas pris en compte ceux sortis en fin de cette année scolaire. Après les pistes de danse en bord de plage, les halls de Pôle emploi.

On peut craindre que le pire n’est pas dit et constater– une fois de plus – entre les fonctionnement du marché de l’emploi et de la spéculation, la déconnection entre économies réelle et virtuelle… car, tout change, rien ne bouge, les boursicoteurs s’en sont une nouvelle fois donnés à cœur joie : au cours de troisième trimestre, le CAC 40 a rebondi de plus de vingt points comme le Footsie (indice britannique) pour qui « il s’agit du gain trimestriel le plus élevé depuis vingt-cinq ans » (Le Monde, même date, « Après plusieurs mois d’euphorie, les Bourses occidentales marquent à nouveau une pause »). La « moralisation du capitalisme », on le sait, est un slogan pour gogos culpabilisés prêts à payer plus cher le forfait hospitalier pour contribuer à ne plus creuser le déficit de la sécurité sociale : de l’autre côté, cynique, le profit ne peut se satisfaire de limites et les spéculateurs ont largement les moyens de payer des armées de fiscalistes pour détourner une réglementation aussi minimaliste que communiquée à grand renfort d’autosatisfaction. Du G20 à Pittsburg sensé refonder le capitalisme, Jacques Attali a conclu par un « G vain » : il est vrai que, partant avec l’objectif de « plafonner » les bonus des apprentis sorciers de la finance, on en est arrivé à la notion beaucoup plus vague – et tellement plus acceptable pour Wall Street – d’ « encadrement ». Pendant la crise, pas d’emplois pour les jeunes, diminution des fonctionnaires donc des services pour les piou-piou, etc. Les grands, eux, recommencent de plus belle, ne prenant même pas le soin d’un minimum d’exemplarité : Henri Proglio, jusque-là PDG de Veolia, devient patron d’EDF tout en restant président du conseil de surveillance de Veolia. Pas bénévolement, qu’on se rassure. « D’ordinaire, l’eau et l’électricité, quand on les mélange, font des courts-circuits… », commente le Canard enchaîné (30 septembre). Pas chez nous.

Les jeunes, eux, ne cumulent pas les postes de pédégé : « Huit mois après leur sortie du système éducatif, seuls 68% occupaient un poste contre 82% un an auparavant. » Nous parlons toujours, bien sûr, des jeunes diplômés et, selon l’APEC, « on peut craindre que les effets de la crise se fassent encore plus durement sentir pour la promotion qui arrive sur le marché du travail. » Leurs représentations vis-à-vis de la crise dénotent deux tendances : ils sont 84% à la juger « inquiétante », 78% « grave », 68% « angoissante » et 66% « révoltante ».

Confiants…

Première tendance, tout compte fait heureuse, malgré la dureté des conditions d’accès à l’emploi, la période de jeunesse dispose d’une sorte de capital de confiance pas encore érodé par la récurrence des échecs : « Paradoxalement, quand ils évoquent l’avenir, 83% des jeunes diplômés, qu’ils soient en poste ou en recherche d’emploi, sont confiants. Ils n’ont pas le sentiment de faire partie d’une génération sacrifiée et oublient qu’en juin 2010 c’est une autre cohorte de 400 000 diplômés qui arrivera sur le marché du travail. »

Chacun pour soi…

Seconde tendance, l’individualisation : le rapport au marché du travail appelle des stratégies individuelles, struggle for life,  pas de révolte générationnelle même si les deux tiers estiment la crise « révoltante » car il y a plus qu’un pas de cette opinion à l’engagement… Le syndrome de la jeunesse grecque ne semble pas diffuser comme le virus grippal. L’épanouissement personnel par l’émancipation collective, base de l’éducation populaire, n’est pas à l’ordre du jour et la distance vis-à-vis du collectif, hormis quelques situations festives ou cathartiques, est bien une tendance lourde, massive, qui s’exprime dans le travail (avec les effets que l’on connaît – 1) et partout dans tous les registres de la vie. Chacun pour soi et dieu (le marché) pour tous. Ceci étant, un battement d’aile de papillon…

Diagnostics convergents…

Le 12 avril 2009, Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, écrivait « Le mal-emploi a pour conséquence un raccourcissement des horizons de vie. Un phénomène qui prend une consistance particulière chez les jeunes, à un âge où l’on doit assurer son indépendance et quitter le domicile des parents.

Il maintient notamment des formes de dépendances parfois vécues difficilement par les intéressés. Les solidarités entre les générations et en particulier entre parents et enfants jouent un rôle essentiel pour éviter que la crise ait des effets encore plus graves. Elles ne doivent pas être idéalisées, car la solidarité financière demeure très inégalement répartie. Du point de vue des valeurs, l’écart est immense entre les discours officiels de la République autour de l’égalité, de l’investissement dans la jeunesse, et la réalité du marché du travail à laquelle les jeunes sont confrontés. »

« Pour les jeunes, il y a d’ailleurs précarité et précarité. Certains contrats temporaires fonctionnent comme des périodes d’essai qui servent de tremplin vers un emploi durable. D’autres en revanche, souvent ceux occupés par les moins diplômés, installent durablement les jeunes dans l’insécurité de l’emploi, notamment par le biais de CDD renouvelés en contradiction avec le droit du travail, mais dans l’indifférence générale… » (2) L’étude du Céreq sur les jeunes sortis du système scolaire en 2001 révélait que 44% des diplômés du deuxième cycle (même population que celle de l’enquête de l’APEC) commençaient leur travail avec un contrat précaire. Pour les non-qualifiés, ce taux atteignait 63%. Le Monde écrit ce jour : « Les conditions d’embauche se sont elles aussi dégradées. 54% des jeunes ont signé un contrat à durée indéterminée (CDI) contre 61% l’année précédente et 64% ont accédé au statut de cadre, contre 70% en 2008. Enfin le salaire médian a diminué de 3,4%. » Finalement, à supporter tout cela, les jeunes ont un bon fond. Embrassons-nous, Folleville !

PLF 2010, suite : Jean-Philippe.

Une contribution de Jean-Philippe Revel (CGT ML-PAIO) sur « PLF 2010 » appelle un peu plus que l’emplacement peu visible (en bas, à droite) des commentaires…

« 1) Sur la revalorisation des salaires : « 15 points pour tous » !

Les organisations syndicales ont pour vocation première de s’occuper des conditions de travail des salariés. De ces conditions de travail (qui ne sont pas forcément idéales) dépendent aussi les conditions d’accompagnement des jeunes. Cette vocation première n’exclut absolument pas d’autres champs d’intervention relatifs à la vie du réseau ML/PAIO. La rédaction du « manifeste », sa diffusion et sa poursuite en sont en partie la démonstration. Concernant nos collègues des « régions ultrapériphériques » ( je laisse Philippe Labbé nous faire l’histoire de ce terme - 3), si les patrons du Medef ont signé l’accord Bino (4), savez-vous que ceux dits de « l’économie sociale », dont l’UNML fait partie, sont restés discrets et n’ont même pas eu le courage de l’appliquer, alors qu’ils réclament d’être reconnus au même titre que les autres syndicats patronaux ! La CGT vient de leur signifier officiellement la semaine dernière, lors d’une rencontre avec l’Usgeres. L’UNML suivra-t-elle ?

2) Sur la R & D, la déontologie et la qualité.

Je partage l’avis de Philippe Labbé et regrette autant que lui, et même plus encore, que la branche ne se soit pas emparée de ces questions (le rôle du CNML est aussi à questionner en la matière), la CGT ayant déjà écrit à plusieurs reprises, lors notamment de l’ébauche du Protocole 2005, pour que ces thèmes y soient inclus.

Quelques questions – réponses :

- Est-ce que la Branche doit faire ? Oui

- Est-ce qu’elle veut faire ? Sans doute

- A-t-elle les moyens « financiers » de faire ? Nous le pensons.

- A-t-elle la structure pour conduire ce projet ? Eventuellement.

- Y-a-t -il les compétences actuellement en termes d’ingénierie pour conduire ce projet ? Non.

- Est-ce un projet réalisable ? Oui. »

C’est dit.

Une question de Régis, toujours sur « PLF 2010 »…

« Intelligence collective et partagée… Tout à fait, mais aussi financements et gouvernance partagés. Comment faire vivre l’approche globale en ne dépendant que de fonds tournés vers la formation ou l’emploi et comment imaginer que ces financeurs acceptent une évaluation qui s’appuie sur des champs pour lesquels ils ne sont pas compétents ? »

PL. Vaste débat ! Allons immédiatement à la réponse : une conférence des financeurs. Il n’y a pas d’autre alternative, ceci étant la condition d’une mise en cohérence à l’échelle institutionnelle de tout le discours sur le partenariat. Autrement dit, il ne peut y avoir dans les faits une approche globale sérieuse si, en amont, la commande publique n’est pas interinstitutionnelle. Tant que les institutions passeront commande en ordre dispersé, arc-boutées sur leurs domaines de compétences, l’accompagnement se résumera à une addition de réponses… alors que le tout (le sujet, le jeune, l’usager, etc.) n’est pas la somme des parties. Mais ça, c’est une autre histoire… maintes fois contée : d’un côté, le sectoriel, la complication et la pensée disjonctive ; de l’autre, l’holistique, la complexité et la reliance.

Oui, c’est épuisant.

(1) Hier, sur ce blog : « Mal-être au travail jusqu’à ne plus être… » Dans Le Canard enchaîné de cette même semaine et au sujet de la proposition de Jean-François Copé concernant la fiscalisation des accidents du travail, on peut lire, sous le titre « Accidentés du travail, morts ou fisc » : « Pour contenir les déficits, taxons donc les mutilés du boulot ! Ils souffrent, qu’ils paient. Ils se blessent et finissent à l’hosto, qu’ils se mangent en retour une hausse du forfait hospitalier puis une ponction du fisc sur leurs indemnités. Une double peine, censée décourager le salarié à l’esprit mal tourné qui voudrait se mutiler pour échapper à son job. » Enfin à noter : la Fondation Copernic (on peut y adhérer, c’est bien et ce n’est pas cher : de 30 à 60 euros l’année pour un revenu mensuel compris entre 900 et 2300 euros ) vient d’éditer un petit ouvrage, Travailler tue en toute impunité (éditions Syllepse), dont le premier chapitre fait le point sur la santé au travail (« Une organisation du travail qui met le salarié sous pression », « Du côté des femmes, le déni », etc.) et dont la conclusion recouvre plusieurs propositions telles que « En finir avec la précarité », « Pour une loi sur la sous-traitance », etc. Si on ne veut/peut pas adhérer à Copernic, ni même acheter (7 euros) cet ouvrage, on peut au moins signer en ligne la pétition de la campagne nationale « Travailler tue ».

(2) Louis Maurin, « L’emploi des jeunes ».

(3) L’existence des régions ultrapériphériques (RUP), « ultrapériphériques » s’entendant vis-à-vis de l’Europe, est reconnue par l’article l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Quatre départements d’Outre-Mer sont, pour la France, régions ultrapériphériques : la Martinique, la Guyane, la Guadeloupe et la Réunion.

(4) L’accord dit « Jacques Bino », du nom du syndicaliste guadeloupéen membre du LKP et mort par balles en février 2009, fait suite aux mouvements sociaux dans les Antilles et, avec un peu moins de pugnacité, à La Réunion. Cet accord régional interprofessionnel sur les salaires a été signé pour la Guadeloupe le 26 janvier 2009 par quatre organisations professionnelles d’employeurs d’une part et sept organisations  syndicales représentatives de salariés d’autre part, avec pour principal objet de compenser les importantes pertes de pouvoir d’achat des salariés, par la revalorisation des bas salaires. L’objet principal de l’accord, élargi aux autres DOM, porte sur l’augmentation mensuelle de 200 € bénéficiant principalement aux plus bas salaires (du SMIC à 1,4 SMIC) ; pour les autres rémunérations (de 1,4 à 1,6 SMIC), l’accord renvoie en substance à la négociation de branche et/ ou d’entreprise (article II de l’accord). L’accord fixe par ailleurs les conditions de financement de cette augmentation des salaires (articles III et IV). Prise en charge par les entreprises tout d’abord ( de 25% à 50% de la revalorisation selon l’effectif de l’entreprise), par l’Etat ensuite, par le biais du Revenu Supplémentaire Temporaire d’activité (50% de la revalorisation quelle que soit la taille de l’entreprise), par les collectivités enfin (25% de la revalorisation pour les entreprises jusqu’ à 100 salariés).


PLF 2010

octobre 1, 2009

Le projet de loi de finances (PLF) 2010 vient d’être présenté par Christine Lagarde et Éric Woerth. Fondé sur une estimation de croissance de 0,75%, il prévoit une poursuite de la dégradation de l’emploi : 580 000 destructions d’emplois dans le secteur marchand cette année, 190 000 en 2010. On devrait donc observer un repli de la masse salariale, donc moins de rentrées et un déficit du régime général devant dépasser 30 milliards d’euros en 2010. Selon Les Échos, « Le déficit budgétaire prévisionnel 2010 ressort à 116 milliards d’euros, la dette publique bondit, et atteindra en fin d’exercice 84% de la richesse nationale. »

Le PLF 2010 prévoit de doter la mission « Travail et emploi » de 11,41 milliards d’euros, contre 11,82 milliards d’euros dans le PLF 2009. Aux crédits de la mission « Travail et emploi » s’ajoute une partie des moyens confiés à la mission « plan de relance de l’économie » pour soutenir l’emploi et l’activité, soit 2,05 milliards d’euros dont le « plan jeunes » qui coûtera 500 millions d’euros en 2010. On se souviendra que, pour 2009, le PLF prévoyait une diminution de 5% des crédits de cette mission et de 15% d’ici 2011. Entre temps, la crise est passée par là.

Quatre programmes budgétaires composent cette mission.

« Accès et retour à l’emploi »

Avec 5,886 milliards d’euros contre 5,81 en 2010 (+ 1,3%, progression modeste mais sur des sommes conséquentes), le programme « Accès et retour à l’emploi » concentre l’essentiel des actions de l’État consacrées à la lutte contre le chômage et à l’insertion professionnelle, notamment en faveur de publics en difficulté. Il comprend les subventions à Pôle emploi et aux autres organismes apportant leur concours au service public de l’emploi, en particulier l’Afpa (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes), les missions locales, les maisons de l’emploi. Il finance les actions de construction de parcours vers l’emploi durable, via les contrats aidés et l’accompagnement des publics fragiles (jeunes, personnes handicapées), ainsi que le régime de solidarité des demandeurs d’emploi.
L’État reconduit en 2010 la subvention principale de fonctionnement à Pôle emploi, soit 1,36 milliard d’euros, sachant que le nouvel opérateur doit intégrer au 1er avril 2010 environ un millier de conseillers d’orientation en provenance de l’Afpa. Ce qui revient mathématiquement à une diminution de la subvention.

Par contre, il est prévu de renforcer les missions locales à hauteur de 40 millions d’euros et d’augmenter de 80 millions d’euros le budget dédié aux Civis (Contrat d’insertion dans la vie sociale). Dans son Flash d’information de mercredi, la CGT ML-PAIO se félicite d’ailleurs que « les missions locales {soient} enfin reconnues » : « Le travail accompli par les salariés (-ées) des ML-PAIO auprès d’un millions de jeunes chaque année est reconnu à sa juste valeur »… La CGT propose, entre autres, « la pérennisation des budgets complémentaires accordés, la fin du contrat d’autonomie et son remplacement par un CIVIS spécifique ZUS (1) confié aux missions locales, l’arrêt du processus de disparition des missions locales en Picardie… » (2). Notons en passant qu’au sein de la mission « Ville et logement » le programme budgétaire « Politique de la ville » accuse une baisse de 86 millions d’euros. Ce programme finance en particulier les dispositifs mis en place dans le cadre du plan « Espoir banlieue ». Dur pour les cabinets et autres ETT à vocation sociale qui vont chercher les jeunes au bas des tours (…).

Les trois autres programmes…

Diminution sensible du budget du programme « Accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi » doté 4,637 millions d’euros contre 5,13 dans le PLF 2010, soit – 9,6%. Ce programme regroupe, en complément des financements apportés par les régions et les entreprises, les dépenses actives allant de la formation professionnelle et de l’apprentissage jusqu’aux dispositifs permettant d’anticiper et de prévenir les difficultés des entreprises en cas de restructuration. Il finance également les aides et exonérations ciblées de cotisations sociales en faveur de certaines zones géographiques et de secteurs d’activité prioritaires (services à la personne, notamment).

Diminution également sensible (-10,3%) du programme « Amélioration de la qualité de l’emploi et des relations du travail » doté de 78 millions d’euros (87 dans le PLF 2010), qui regroupe les crédits consacrés à la promotion de la santé et de la sécurité au travail, au développement du dialogue social et de la démocratie sociale, ainsi qu’à l’amélioration de la lutte contre le travail illégal.

Par contre, augmentation modique (+ 2,5% ) du programme « Conception, gestion et évaluation des politiques de l’emploi et du travail » avec 813 millions d’euros (793 dans le PLF 2009). Ce programme regroupe les moyens en personnel et en fonctionnement du programme précédent ainsi que des services déconcentrés qui contribuent à l’ensemble des actions de la mission « Travail et emploi ». Bercy précise que la création des Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence et de la consommation, du travail et de l’emploi), qui doit être effective au 1er juillet 2010, permettra une réduction de 166 équivalents temps plein dans les services déconcentrés chargés de l’emploi et du travail. Au total, la mission « Travail et emploi » devrait disposer de 10 680 équivalents temps plein l’année prochaine, contre 10 860 programmés en 2009.
C’est étonnant comme on s’habituerait, si l’on n’y prenait garde, de se féliciter d’une réduction d’effectifs : « permettra »…

Et encore…

Notons enfin que…

- Le gouvernement prévoit de financer 360 000 contrats aidés dans le secteur non-marchand, contre 330 000 prévus en 2009.

- L’année 2010 sera marquée par la mise en oeuvre du contrat unique d’insertion prévu par la loi du 1er décembre 2008 généralisant le RSA. Composé de deux volets (marchand et non marchand), ce nouveau contrat doit succéder aux quatre dispositifs créés par le plan de cohésion sociale : CAE (contrats d’accompagnement dans l’emploi), contrats d’avenir, CI-RMA (contrat d’insertion – revenu minimum d’activité), CIE (Contrat initiative emploi).

- Conformément aux annonces gouvernementales, l’exonération totale de charges sociales pour les nouvelles embauches dans les entreprises de moins de dix salariés est prolongée sur le premier semestre 2010 pour un coût évalué à 410 millions d’euros.

- L’expérimentation du CTP (Contrat de transition professionnelle) sera amplifiée l’année prochaine pour accompagner la hausse des licenciements économiques. Le nombre de bassins d’emplois bénéficiaires passera à 40 contre 25 aujourd’hui.

- Enfin, le PLF 2010 prévoit de financer la montée en charge des exonérations spécifiques aux services à la personne (+101 millions d’euros) et le régime de l’auto-entrepreneur (+17 millions d’euros).

Vous savez tout.
Ou presque.

(1) Pierre André, sénateur de l’Aisne et président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), et le député d’Eure-et-Loir Gérard Hamel, membre de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus), préconisent, dans un rapport remis le 23 septembre 2009 au Premier ministre de supprimer le zonage des zones urbaines sensibles (ZUS) et mettre en œuvre à la place une politique de contrats passés entre le préfet et le maire…

(2) La CGT propose également « la prise en compte de la valeur ajoutée des ML-PAIO dans les critères de financement ». Tout d’abord, félicitons-nous de cette expression, « valeur ajoutée », bien plus pertinente que celle de « plus-value » pourtant (trop) commune. Puis constatons, en accord avec Jean-Philippe Revel et, on l’espère, bien d’autres, qu’ « Il y a encore du boulot et nous ne désespérons pas de faire évoluer la CPO différemment… » (commentaire « Evaluer la qualité de l’accueil et du reste »). Enfin interrogeons-nous sur la fonction R&D (recherche et développement) à l’échelle du réseau : si on ne peut que se féliciter que l’ANDML y consacre une partie de ses efforts, on ne peut synchroniquement que s’étonner que la branche n’ait pas trouvé – depuis le temps ! – les moyens d’y investir contrairement aux autres grands et moins grands réseaux. Déontologie… référentiel qualité propre (comme Qualirei pour les EI, Cèdre pour les chantiers d’insertion, etc.)… corpus théorique professionnel stabilisé… mutualisation des bonnes pratiques… modèle organisationnel de pôle ingénierie répondant aux axes 4 et 5 de la CPO… harmonisation d’outils tels que le diagnostic socioéconomique glissant – premier pas vers la fonction d’observatoire territorial des jeunesses – ou le comité consultatif jeunes – cohérence interne au regard du discours sur la citoyenneté… objectivation à côté des valeurs ajoutées « individuelles directes » (l’insertion des jeunes) des valeurs ajoutées « collectives directes » (les contributions au développement du territoire, les réponses aux entreprises…) et des valeurs ajoutées « indirectes » (« l’assurance de la qualité », c’est-à-dire les garanties d’organisation et de professionnalisation)…

Le contraste entre ce qui serait à faire, sans attendre, pour légitimer le réseau et ce qui est fait est saisissant. On a sans doute raison de demander la revalorisation des salaires, « 15 points d’indice pour tous ! » (songeons à nos collègues piou-piou des DOM où la vie est 50% plus chère, à celles et ceux de la région parisienne où un loyer ampute de moitié le salaire…) ; on a sans doute également raison de demander « la pérennisation des budgets complémentaires accordés »… mais toutes ces revendications n’auraient-elles pas plus de crédibilité si elles étaient étayées par une intelligence collective et partagée ? Enfin, ce que j’en dis…


Quelques premières réactions au plan Sarkozy pour la jeunesse…

septembre 29, 2009

Comparatif, Benoît Hamon, porte-parole du Parti Socialiste, juge que  « Nicolas Sarkozy est un menteur », ajoutant « On creuse les déficits par le bouclier fiscal et on n’investit pas dans l’emploi des jeunes. » Pour mémoire, le plan jeunes mobilise(rait) 650 millions d’euros, soit un peu plus que les sommes remboursées par l’administration au titre du bouclier fiscal qui se sont élevées à 458 millions d’euros.… mais pour la seule année  2008.   Le même Benoît déclare « Il aurait fallu une allocation d’autonomie pour les jeunes. » C’est évident. Ethiquement.

Judicieux, Jean-Baptiste Prévost, président de l’UNEF, estime qu’ « on est loin de l’objectif affiché qui était de redessiner un nouveau pacte entre les jeunes et la société. {…} Les jeunes n’ont pas besoin d’incitation à travailler mais ils ont besoin de boulot. » Ce en quoi, il n’a pas tout-à-fait tort… si l’on exclut l’argument du regretté Coluche : « On ne veut pas travailler, on veut juste un salaire ! »

Insatisfait, Gérard Aschieri, secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU, premier syndicat de l’éducation), estime que les annonces de Nicolas Sarkozy ne sont pas « à la hauteur d’une vraie ambition pour la jeunesse. {…} Les questions financières sont très limitées. Il y a une mesure intéressante qui est le 10ème mois de bourse, mais ça ne fait pas une politique. {…} On ne répond pas à la question de l’autonomie des jeunes, notamment sur la question financière. » 20% des jeunes vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Pour mémoire.

Prudent, Thierry Cadart est le secrétaire général du SGEN-CFDT. Pour lui, « il y a des éléments, des mesures intéressantes », citant notamment l’extension du RSA aux moins de 25 ans, le dixième mois de bourse étudiante ou le doublement de l’aide complémentaire santé. « Mais il faudra examiner le financement », a-t-il ajouté. Avec autant d’attention que celui des cafetiers bénéficiaires de la baisse de la TVA ? Soit, pour ceux-ci, 2,35 milliards d’euros : 4,7 fois plus que le « plan Marshall » pour la jeunesse. Les jeunes n’ont qu’à devenir bistrotiers. CQFD.

Exigeante, la CFDT considère que « dispersées dans leur mise en oeuvre, et restrictives, en particulier sur le RSA, ces annonces n’ont pas le souffle d’une grande ambition pour la jeunesse. {…} L’ouverture partielle du RSA aux jeunes salariés répond à l’exigence de la CFDT de mettre un terme à la discrimination injuste subie par les jeunes de moins de 25 ans dans l’accès aux prestations sociales. Cependant, la restriction apportée (avoir travaillé deux ans dans les trois dernières années) risque de limiter très fortement la portée de cette mesure. » Avantage collatéral : peu de dossiers RSA à monter en mission locale, c’est toujours ça de pris.

Poétique (le bouquet), la CGT déclare que « Les mesures annoncées par le président de la République en faveur des jeunes ressemblent plus à un bouquet de propositions mal ficelées qu’à une politique qui favoriserait véritablement l’insertion des jeunes dans le monde du travail.{…} Même si certaines mesures annoncées peuvent aider certains jeunes à percevoir une indemnité comme le RSA, les conditions requises pour en bénéficier sont si restrictives (…) que très peu de monde au bout du compte en bénéficiera. » Idem CFDT : unité syndicale. Tous ensemble, tous ensemble, tous…

Aux ordres, Rémi Martial, délégué national de l’Union nationale inter-universitaire (UNI, syndicat étudiant classé à droite) applaudit : « Il a tourné le dos à l’assistanat. Il oppose l’assistanat et la dépendance à la liberté et à la responsabilité. {…} Une grande partie de son discours est tournée vers les jeunes en grande difficulté », notamment « la lutte contre les décrocheurs », la « dédramatisation de l’orientation » ( ?) et « la volonté de développer l’alternance ». Dédramatiser l’orientation ? Un lecteur pourrait-il l’expliquer ?

Énervé, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) : « Encore une solution au rabais ! {…} Le RSA est un alibi pour les entreprises peu scrupuleuses de sous-payer des sous-salariés. Et autoriser le sous-paiement des jeunes via un RSA Jeunes n’aura qu’une seule utilité : trafiquer les chiffres du chômage à la baisse alors que les emplois à temps très partiels ou payés au lance-pierre feront loi. » Pas faux.

Littéraire, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, pour qui  « Sarkozy fait du vieux avec les jeunes » puisque, entre autres, « L’interdiction des stages hors cursus existe déjà », Egalement réaliste, Cécile note que « le RSA jeune limité aux jeunes ayant travaillé deux ans est un petit pas, mais concerne de fait une petite minorité. La timide expérimentation d’un revenu d’autonomie est intéressante, mais n’est suivie d’aucune précision. Il faut aller plus loin et généraliser un revenu d’autonomie englobant les multiples aides aux effets controversés (bourses, quotient familial, allocations familiales, APL). » Cf. Benoît Hamon : l’union de la gauche progresse.

Mécontent, le Parti communiste condamne : « Les mesures annoncées aujourd’hui, loin de constituer un Plan Marshall, nous inspirent une seule réflexion : décidément, on achève bien les jeunes !  {…} La multiplication prévue de contrats aidés à temps partiel sera inefficace, injuste et renforcera la précarité. Et, après le contrôle des chômeurs par la réforme de Pôle emploi, c’est le contrôle des jeunes que veut organiser le président par sa réforme du service public d’orientation. L’extension annoncée du RSA aux jeunes de 18 à 25 ans sous condition d’avoir travaillé deux ans sur les trois dernières années concernera quant à elle moins d’un jeune sur dix. L’octroi d’un dixième mois de bourse ne concernera lui qu’un étudiant sur dix. » Les statistiques ne sont pas que la science de l’erreur.

Mécontents aussi, les Jeunes Verts pour qui « Ce dispositif très limité montre un flagrant manque d’ambition. C’est une mesure qui n’est pas à la hauteur de la précarité des jeunes. {…} Pour toucher le RSA jeunes, il faut avoir travaillé au moins deux ans. Le nombre de jeunes concernés est évalué à 160.000, soit un peu plus de 2% des 8,18 millions de 16-25 ans en France. Rien n’est prévu pour les 1,2 million d’étudiants. Rien pour les 350 000 jeunes en IUT ou en STS.. »

Pschitt ?


Billet UMP. Une fois n’est pas coutume.

septembre 29, 2009

Plan Marshall pour la jeunesse ? Suspens…

C’est donc ce jour mardi que notre président va déclarer sa flamme à la jeunesse. Gageons qu’il saura trouver les mots : pour une fois, Hervé Guaino ne lui écrira pas son discours puisque, selon Le Figaro, Carla Bruni-Sarkozy « lui a fait rattraper son retard » : interrogé avant son élection sur les ondes de SkyRock, Nicolas Sarkozy avait avoué qu’il ne savait pas ce que « oinj » voulait dire en verlan. « Joint », avait traduit l’animateur Difool, surpris d’une telle ignorance du « parler jeune ». Il parlera donc jeune, c’est entendu avant même d’être émis, et probablement tout cela commencera par une séquence émotions illustrée de constats qui n’étonneront que ceux qui veulent être étonnés (« Ils ont les dettes des vieux sur le dos, et le taux de pauvreté est deux fois plus élevé pour eux que pour les autres tranches d’âge», comme le rappelle le haut-commissaire à la Jeunesse), à laquelle succèdera une séquence interpellation critique (« impératif national », « devoir d’avenir », etc.), ouvrant la voie à une séquence propositions. On saura donc, entre autres, si le RSA va être élargi aux moins de vingt-cinq ans, si le droit au travail – affirmé pour la première fois, en 1848 par la IIe République et repris dans le préambule de la constitution de1946 qui affirme « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi » et par notre constitution actuelle – va être effectif. Bref, quel va être « le Plan Marshall pour la jeunesse » promis par celui qui n’était que candidat. Il y a donc deux ans. Un Plan Marshall à retardement. Mieux vaut tard…

Un milliard l’idée…

Le Figaro cette fois Magazine publie « 50 idées pour économiser 50 milliards en cinq ans » par Sophie Roquelle, rédactrice adjointe du même journal, et Cécile Crouzel, journaliste économiste toujours au même quotidien. Ces dames, à coup sûr plus proches de l’UMP que du NPA, semblent bien inspirées par les thèses distillées de l’IFRAP (1), plus proches du sélect Club de l’Horloge (2) que du champ de bataille de la rue Solferino. Il y en a pour tous. Florilège… et encore, ne sont cités que des extraits pour une quinzaine d’idées. C’est (largement) suffisant et, après, à chacun de se faire son opinion.

1ère idée, « Revoir les hausses de salaires des fonctionnaires » : « … les fonctionnaires restent des privilégiés : protégés du chômage par leur statut, leur masse salariale augmente en moyenne chaque année de 3%… »

2ème idée : « Halte aux faux arrêts maladie ! » : « L’absentéisme est plus élevé dans la fonction publique que dans les entreprises : 13 jours en moyenne contre 12… »

8ème idée : « Supprimer les doublons » : « Il n’y a plus de secrétariat d’Etat à la Condition féminine, mais son administration subsiste. Le Service des droits des femmes et de l’égalité (SDFE), c’est une vingtaine de millions d’euros de budget… »

9ème idée : « Faire maigrir les mastodontes parapublics » : « Ces organismes, aussi divers que Pôle emploi, les universités, les musées, les agences de l’eau, le CNRS, les agences régionales d’hospitalisation, totalisent 28 M€ de budget. Au CNRS, par exemple, une baisse d’effectifs de 10 % économiserait 200 M€… »

10ème idée  : « Profs : décharge horaire, charge budgétaire » : « Le mammouth fait des efforts pour perdre sa graisse (16 000 postes en moins en 2010), mais il subsiste des gisements d’économies à l’Education nationale… »

19ème idée : « Multiplier les franchises et dérembourser » : « Les déremboursements de ces dernières années n’y ont rien fait : le taux de prise en charge des dépenses de santé par l’assurance-maladie reste proche de 80 %, le même depuis des années et le plus élevé au monde… »

23ème idée : « Refondre le système des affections longue durée (ALD) » : « Il existe une liste de 32 maladies au long cours (diabète, cancer, maladies cardio-vasculaires…) pour lesquelles tous les traitements sont remboursés à 100 %, sans ticket modérateur. Avec le vieillissement de la population, le système explose… »

24ème idée : « Réformer l’aide médicale d’État (AME) » : « Depuis 2002, tous les gouvernements ont renoncé à réformer en profondeur ce mécanisme qui prévoit la gratuité des soins pour les sans-papiers… »

36ème idée : « Recentrer les aides à l’emploi » : « Près de 28 M€ d’allègements et d’exonérations de charges sociales et toujours plus de chômage. N’y a-t-il pas quelque chose qui cloche ? La Cour des comptes a recommandé de « mieux les cibler sur les emplois les moins qualifiés et sur les entreprises qui en ont le plus besoin et d’engager de nouvelles évaluations de leur effet sur l’emploi ». Parmi les aides à l’utilité douteuse : celles liées aux créations d’emplois dans certains territoires (zones franches, zones rurales, DOM-TOM…). »

37ème idée : « Réduire le coût des heures sup » : « Travailler plus pour gagner plus, c’est bien. Mais pourquoi ne pas avoir carrément supprimé les 35 heures ? »

39ème idée : « Travailler plus longtemps » : « Les Pays-Bas l’ont fait, les Allemands y songent : repousser l’âge de la retraite à 67 ans est une idée qui gagne du terrain en Europe… »

45ème idée : « Plafonner les aides sociales à Mayotte » : « Plus de 17 M€ de transfert d’argent public vers les DOM-TOM et combien en plus demain ? Car les habitants de Mayotte ont voté cette année la transformation de leur île en département… »

48ème idée : « Pompiers : halte au feu ! » : « Ils sont intouchables et pourtant… Les députés ont mis les pieds dans le plat cet été. Selon eux, tout est à revoir dans l’organisation des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) : sureffectifs (+ 25 % en dix ans pour une hausse des interventions de 5 %) et sous-travail (89 gardes de 24 heures par an) caractérisent la profession… »

50ème idée : « Appliquer au minimum le Un sur Deux » : « Bientôt, il y aura autant de fonctionnaires territoriaux (1,7 million) que de fonctionnaires d’Etat (2,2 millions)», s’inquiète le député Charles de Courson. A l’heure où l’Etat applique à ses agents la norme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, on voit mal pourquoi les collectivités locales s’en exonéreraient… »

Avenir radieux…

Enfin… à chacun de se faire son opinion mais n’empêche : on voit ce qui exalte ces dames qui ont sans doute l’oreille présidentielle. Travailler jusqu’au burn-out complet (n°39), en étant moins payé (n°37), avant de vider notre plan d’épargne populaire – bien entamé par les déremboursements (n°19) – pour soigner notre affection longue durée (n°23) à l’hôpital où les pompiers ne nous auront pas amenés (n°48), etc. etc. Quant aux piou-piou des mastodontes parapublics (n°9), ils rejoindront les enseignants dégraissés (n°10), les chargées de mission droits des femmes virées (n°8), les fonctionnaires éjectés (n°1), etc. Tous vrais surnuméraires qui partageront une communauté de destin avec les Mahorais (n°45), les sans-papiers et sans-soins (n°24).

Et un Plan Marshall pour calmer Sophie Roquelle et Cécile Crouzel, ça ne serait pas envisageable ?

(1) L’IFRAP d’était distingué il y a quelques années avec un numéro titrant « Les jeunes, prisonniers des missions locales ».

(2) « Le Club de l’Horloge se définit comme un cercle de réflexion destiné à apporter des idées à la droite française. Il prône une « synthèse national-libérale [pour] faire pièce à l’idéologie dominante » Il défend le « libéralisme intégral » en matière économique… » C’est tout dire.